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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 11:19

http://s1.lemde.fr/image/2014/04/03/534x0/4395191_5_0d0f_7-chiffres-qui-racontent-l-histoire-des_eef77fe3e896262c8889e18d05d1785a.png

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 09:00
Comment Manuel Valls est devenu Premier ministre.

La composition du gouvernement, si celle-ci s’est faite essentiellement sous l’autorité du Président de la république, qui a placé « ses hommes » à presque tous les ministères régaliens, porte néanmoins la marque de Manuel Valls. Il avait dit aux représentants d’EELV, lors des tractations, que s’ils refusaient d’entrer au gouvernement il ne ferait pas appel à des personnalités écologistes. C’est, sans conteste, la marque d’une conception de la politique qui préfère les lignes droites aux méandres et aux courbes.

Pour autant, il sait aussi louvoyer et mener sa barque à bon port. Anticipant le poids qu’Hollande mettrait dans la répartition des ministères, il a préparé très tôt le terrain, en rencontrant dès samedi les deux poids lourds de la gauche du PS que sont Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Ils sortent d’ailleurs gagnants et renforcés dans leurs prérogatives ministérielles, Hamon décroche le ministère de l’Education nationale, des universités et de la recherche, Montebourg celui de l’Economie. Le fait que Benoît Hamon est un ancien rocardien a facilité le rapprochement, l’ambition de Montebourg a fait le reste.

De la même manière, il avait su se mettre dans la poche Jean-Yves Le Drian, à tel point que ce dernier refuse le poste de Premier ministre et propose à François Hollande de nommer plutôt Manuel Valls. Il met de la même manière dans son camps, deux protégées du Président de la république Aurèlie Filippetti et Najat Vallaud-Belkasem, qui en œuvrant pour sa nomination se sont assurées, pour l’une son maintien au Ministère de la culture et de la communication, ce qui était loin d’être acquis, et pour l’autre une belle promotion comme Ministre Des droits de la femme, de la ville, de la jeunesse et des sports.

En fin connaisseur du Parti socialiste, il a su accompagner le subtil dosage des courants qui est la marque de fabrique de François Hollande. Le seul qui pourrait se plaindre est celui de Martine Aubry, laquelle n’a plus que Marylise Lebranchu pour la représenter dans ce gouvernement et reste, à 64 ans, barricadée et isolée dan son fief de Lille.

Celui, qui s’est trouvé juste derrière Ségolène Royal à la primaire des présidentielle avec 6 %, a réussi l’exploit de décrocher la timbale : l’Hôtel Matignon. Il a donc franchi une étape de taille dans sa course à l’Élysée, ce dont il ne s’est jamais caché. François Hollande, qui a été d’une certaine manière contraint dans ce choix, devra veiller au grain, s’il ne veut pas se retrouver dépassé par ce poulain de course à l’échéance de 2017. En même temps en se l’associant pour le reste du quinquennat, il le condamne à son échec ou à son succès. La partie sera donc serrée pour les deux hommes. En cas d’échec, il sera difficile à Manuel Valls d’apparaître comme l’alternative à Hollande, en cas de succès il aura les mains liées.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:48
Trombinoscope du gouvernement (source Journal le Monde)

Dis moi qui tu es et je te dirais ce que tu feras … il est toujours utile d’en savoir un peu plus sur qui sont nos gouvernants. Un tel profilage est la source de bien des explications, l’âge, le profil professionnel, le patrimoine. Globalement c’est un gouvernement paritaire, mais plutôt âgé, riche et très très très fonction publique…

Après la conquête de la parité, il faudrait encore « ouvrir »la politique aux jeunes générations, aux ouvriers et aux employés. Où sont les médecins, les artisans, les commerçants et les paysans etc … ?

Bref la composition du gouvernement est loin de refléter celle de la population française.

L’âge

Moins de 50 ans : 4

Najat Vallaud-Beljacem

Sylvia Pinel

Aurélie Filippeti

Benoit Hamon

De 50 à 60 ans : (6)

Bernard Cazeneuve

Stéphane Le Fol

Arnaud Montebourg

Marisol Touraine

Manuel Valls

Plus de 60 ans : 8

Laurent Fabius

Jean-Yves Le Drian

Marylise Lebranchu

Michel Sapin

Christiane Taubira

George Pau-Langevin

François Rebsamen

Ségolène Royal

Ils sont donc 14 à avoir plus de 50 ans et seulement 4 moins de 50 ans, le profil est donc orienté plutôt « vieux ». Le vétéran est Laurent Fabius avec 67 ans et les benjamines sont Sylvia Pinel et Najat Vallaud-Belkacem, 36 ans.

L’origine professionnelle

Haute fonction publique : 8

Laurent Fabius

Benoit Hamon

Michel Sapin

Marisol Touraine

Najat Vallaud-Belkacem

Jean-Yves Le Drian

Marylise Lebranchu

François Rebsamen

Enseignement : 3

Aurèlie Filippetti

Stéphane Le Foll

Christiane Taubira

Privé : 4

Bernard Cazeneuve

Arnaud Montebourg

George Pau-Langevin

Manuel Valls

Politique : 1

Sylvia Pinel

Cela fait tout de même 13 fonctionnaires, pour … 4 venants du privé. C’est la critique récurrente à l’encontre des socialistes. Un jour peut être … une prise de conscience … et l’on verra bouger les lignes !

Patrimoine

Plus de un million d’euros : 4

Laurent Fabius

George Pau-Langevin

Michel Sapin

Marisol Touraine

Entre 500 00 et 1 000 000 d’euros : 3

Jean-Yves Le Drian

Marylise Lebranchu

Arnaud Montebourg

Entre 200 000 et 500 000 euros : 5

Aurélie Filippetti

Stéphane Le Foll

Sylvia Pinel

Christaine Taubira

Manuel Valls

Moins de 200 000 euros : 3

Bernard Cazeneuve

Benoît Hamon

Najat Vallaud-Belkacem

Sous réserve de vérifications … ils sont plutôt riches quand on compare au patrimoine moyen des français : 355 000 euros en moyenne en 2010, selon l’INSEE.

En conclusion, la politique reste encore un club très fermé, réservé à une élite. Les gouvernements de Sarkozy n’étaient guère éloignés de ce profil. Il faut dire que pour faire de la politique, il faut des moyens et du temps, ou du moins de la disponibilité, n’oublions pas que les fonctionnaires disposent de cet avantage extraordinaire de pouvoir se mettre en disponibilité le temps de la politique et en cas d’échec la chance de retrouver automatiquement leur poste. Pour les autres c’est la prise de risque absolue…

Pour Changer la politique, il faudrait « ouvrir » celle-ci plus largement à toutes les représentations de la société française.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 10:52

Le nouveau gouvernement de Manuel Valls est enfin connu, son accouchement a été laborieux avec le refus des Verts d’y participer, malgré l’offre alléchante d’un grand Ministère de l’Ecologie, des transports et de l’énergie. Mais sa composition a été aussi l’occasion de tractations extrêmement serrées entre les Hollandistes et le Premier Ministre. Ce qui donne déjà une idée des relations entre l’Elysée et Matignon.

Résultat des courses :

Ministre des affaires étrangères et du développement international: Laurent Fabius

Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie: Ségolène Royal

Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche : Benoit Hamon

Ministre de la justice : Christiane Taubira

Ministre des finances et des comptes publiques: Miche Sapin

Ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique : Arnaud Montebourg

Ministre des affaires sociales : Marisol Touraine

Ministère du travail, de l’emploi et du dialogue social : François Rebsamen

Ministre de la Défense : Jean-Yves Le Drian

Ministre de l’intérieur : Bernard Cazeneuve

Ministère des droits de la femme,, de la ville, de la jeunesse et des sports : Najat Vallaud-Belkacem

Ministre de la décentralisation, de la réforme de l’Etat et de la fonction publique: Marylise Lebranchu

Ministre de la culture et de la communication: Aurélie Filippetti

Ministre de l’agriculture, de l’industrie agro alimentaire, de la forêt et porte parole du gouvernement : Stéphane le Foll

Ministre du logement et de l’égalité des territoires : Sylvia Pinel,

Ministre des outre-mers : George-Pau-Langevin

La parité est respectée, ainsi que le principe historique d’un gouvernement resserré (16 Ministres), une dizaine de secrétaires d’Etat devrait être nommée la semaine prochaine.

L’équilibre politique est bien celui qu’indiquaient les tractations de lundi et mardi, EELV n’en fait pas partie et Manuel Valls a respecté sa parole de ne pas prendre d’écologistes indépendants, c’est donc Ségolène Royal qui en est la grande gagnante. La promotion de Benoit Hamon à l’Education Nationale garantit au Premier ministre un appui d’une partie de l’aile gauche du PS, de même Arnaud Montebourg qui obtient l’économie.

Michel Sapin, un proche du Président renforce son influence et obtient le ministère des finances et des comptes publics. Les partisans du Président on obtenu gain de cause en gardant les ministère clef : des finances, de l’intérieur, de la défense, de l’agriculture et d’une certaine manière l’écologie.

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 16:07

Alors que le gouvernement de Manuel Valls n’est pas encore connu, si ce n’est qu’il sera extrêmement resserré, il ne disposera pas à l’Assemblée de la même majorité que son prédécesseur. Les désaffections se multiplient déjà.

Les députés communistes et ceux du parti de Gauche s’étaient abstenus pour une bonne part lors du vote de confiance pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, cette fois ci, ils annoncent la couleur, ils voteront contre, (15 députés).

La participation des écologistes au gouvernement est loin d’être assurée, Cécile Duflot ayant déjà claqué la porte, refusant même une position de numéro 2 au gouvernement, ce sont potentiellement 17 députés verts votant contre ou s’abstenant.

L’Assemblée nationale comprenant 577 députés, Manuel Valls a besoin de 289 votes favorables. Le groupe socialiste et apparenté en comptent 291. On voit combien la marge de manœuvre est faible, elle s’est réduite depuis juin 2012 au fil des élections partielles, toutes perdues par le PS.

Heureusement la réforme constitutionnelle de 2008 a prévu que les anciens ministres récupèrent automatiquement leur siège de députés ou de sénateurs, sans avoir à les remettre en jeu, ceci un mois après leur départ du gouvernement.

Toutefois, il n’est pas dit que l’ensemble des parlementaires socialistes vote la confiance à Manuel Valls d’un seul homme.

Déjà Henri Emmanuelli a fait savoir ce matin qu’il ne la voterait pas, s’abstenant ou votant contre.

Pascal Cherki a réagi ce matin au discours du Président de la république par « Des mots, ça ne veut rien dire », fredonnant l’air de la chanson Parole, Parole, caramels, bonbons et chocolats.

Des députés socialistes sont en train de se réunir pour prendre position et envisagent de ne pas voter la confiance au gouvernement, on y trouve même les amis de Benoit Hamon. Ce sont l’aile gauche du PS conduite par Emmanuel Maurel, les parlementaires de la gauche populaire de Laurent Baumel et le club de la gauche durable proche de Martine Aubry. On y trouve aussi le député de la Nièvre Christian Paul. Mais aussi le tonitruant Pouria Amirshahi qui n’hésite pas à proclamer : « Je n’accorde pas ma confiance à une politique qui n’a pas la confiance des Français. ». De son côté Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice a fait savoir son désaveu. Simple Bronca, à voir ?

Le risque est donc bien réel de voir un certain nombre de députés du groupe PS ne pas voter la confiance. Heureusement il reste la réserve de voix des 17 députés du groupe radical, républicains, démocrates et progressistes pour venir boucher les trous laissés béants par les députés PS réfractaires.

On comprend mieux la rumeur attribuant un beau poste ministériel à Jean-Michel Baylet, président du PRG.

Mais il ne faudrait pas que la fronde PS aille au-delà de ce nombre de 17, car dans ce cas Manuel Valls ne passerait pas le cap de la chambre.

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:34
Monsieur le Premier ministre : Un choc de solidarité !

Les expulsions pour loyers impayés reprennent depuis ce mardi 1er avril matin 6 heures, voilà un beau sujet que François Hollande et son nouveau premier ministre pourraient prendre à bras le corps. Ils sont à la recherche d’un marqueur à gauche pour compenser leur politique économique, il est tout trouvé.

C’est le printemps, pas pour tout le monde, d’une part les SDF sont en train d’être remis à la rue, pendant que les familles les plus démunies reprennent peur face à leurs loyers impayés et les prochaines menaces d’expulsions. Ce ne sont pas moins de 34 associations, qui réunies dans un collectif, dénoncent cette situation. On y retrouve la Croix Rouge, La Fondation Abbé Pierre, l’Armée du salut, la fédération de l’entraide protestante et la coordination nationale des professionnels de l’urgence sociale.

Ils dénoncent à juste titre le fait que la 5ième puissance mondiale ne réagisse pas à cette situation d’urgence intolérable. Mourir dans la rue, c’est encore le cas aujourd’hui, et nombreuses sont les familles aux revenus les plus modestes qui ne trouvent pas à se loger décemment.

Il faut les incendies meurtriers de quelques immeubles investis par les marchands de sommeil, pour réveiller les bonnes consciences le temps d’un ou deux journaux télévisés. Puis plus rien …

Au moment où le Président de la république réitère ses propos sur le choc de compétitivité et la nécessite de redonner du punch aux entreprises, il ferait bien pour sa crédibilité auprès de la gauche qui l’a élue, d’écouter Christophe Robert, le porte parole de ce collectif, qui a des mots justes et percutants : « la lutte contre la précarité et l’exclusion attend aussi qu’on parle autant de ce combat que de la compétitivité et appelle aussi un choc de solidarité. »

Il est temps que le gouvernement prenne des mesures, et pour commencer, décide immédiatement d’un moratoire sur les expulsions pour loyers impayés.

La loi Dalo (Droit au logement opposable) est un leurre … et ne protège en rien les exclus de la vie… En effet, ce sont les accidentés de la vie (maladie, décès, chômage, séparation) qui sont les plus exposés. La Confédération national du Logement relève que seul 2,5 % des loyers représentent des impayés. S’ils sont la conséquence de situations précaires, ils le sont aussi en raison de loyers trop élevés et la pénurie de logements sociaux.

De son côté la Fondation Abbé Pierre relève qu’en dix ans les décisions judiciaires d’expulsions pour impayés ont augmenté de 37 %, elles ont été de 115 000 en 2012. Elles se sont traduites par une expulsion physique orchestrée par les forces de l’ordre pour 13 000 cas !

Bref, quant on connaît les scandales de logements sociaux attribués à Paris à des personnes qui n’en n’ont pas besoin on ne peut qu’exprimer une saine colère et interpeller vivement le nouveau premier ministre Manuel Valls.

Le collectif s’est dit « enfumé » par le gouvernement qui n’a pas respecté ses promesses. Il faut proclamer « l’urgence sociale » à tout prix.

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 17:31
Manuel Valls, portrait.

Manuel Carlos Valls est né le 13 août 1962. Quel chemin parcouru, je me souviens encore quand il cherchait sa voie à Argenteuil où il a essuyé les plâtres, il lui a fallu beaucoup de constance et d’ambition pour s’accrocher. Finalement c’est la ville nouvelle d’Evry qui sera son tremplin politique, succédant à Jacques Guyard.

Nous nous sommes connus dans les années qui ont précédé l’élection de François Mitterrand en 1981. Collaborateur d’Edgar Pisani, je travaillais dans l’équipe censée préparer la candidature de Michel Rocard à la présidentielle, avec entre autre Christian Blanc. C’est en 1980 que Manuel Valls adhère au PS, il a 17 ans et rejoint les équipes de Michel Rocard. Il en sera le conseiller pour les affaires étudiantes, étant lui même à l’Université Paris1 - Panthéon-Sorbonne (en histoire) et membre très actif de l’UNEF-ID. D’origine espagnole, il n’avait pas encore la nationalité française et n’a donc pas pu voter en 1981.

L’histoire n’a pas voulu que Michel Rocard se présente en 1981, nous avons donc tous rejoint le staff de la présidentielle rue de Solferino. Jeunes nous étions, c’est donc cette partie que nous avons jouée avec la bienveillance de Nicole Questiaux à la commande et le peu d’argent que Pierre Joxe nous octroyait. J’ai croisé aussi à cette occasion ses deux bons amis que sont Stéphane Fouks (Actuel vice-président d’Havas) et Alain Bauer (professeur de criminologie et consultant en sécurité).

Il sera attaché parlementaire de l’excellent Robert Chapuis, député de l’Ardèche de 1983 à 1986.

C’est en 1988, qu’il est parachuté à la section PS d’Argenteuil-Bezons pour y faire son trou. Il sera élu au conseil régional d’Ile-de-France à 24 ans.

Il poursuit son bonhomme de chemin :

  • délégué interministériel aux Jeux olympiques d’hiver d’Albertville (1991 à 1993)
  • en même temps, il est nommé secrétaire national du parti socialiste à la communication
  • en même temps, encore, premier secrétaire de la fédération du Val d’Oise
  • de 1989 à 1998, il est adjoint au maire communiste d’Argenteuil
  • 1997, il se lance à la députation et échoue devant Robert Hue
  • De 1997 à 2002, il est à Matignon auprès de Lionel Jospin, en charge de la presse et de la communication,

Il trouve enfin sa voie à Evry, comme maire en mars 2001 et ensuite comme député de la 1er circonscription de l’Essonne, réélu en 2007 avec 60,12 % des voix, l’efficacité Valls est en marche, Il a 39 ans.

Ensuite il se distingue régulièrement, en bon rocardien, à appeler à une refondation du PS, il se risque imprudemment à demander son changement de nom. Beaucoup d’inimitiés datent de cet instant.

Ainsi positionné à la droite du PS, il sera sollicité par Sarkozy pour entrer dans le gouvernement de François Fillon. Il a la sagesse de refuser et se fera réélire brillamment maire d’Evry en 2008 avec 70,28% des voix.

Il fait activement la campagne de Ségolène Royal en 2007, la suivant pas à pas, contrôlant sa communication. Encore à ses côtés au congrès de Reims, il enrage de voir les partisans de Martine Aubry truquer les résultats, et tente d’obtenir en vain de sa part une contestation devant les tribunaux.

La partie de bras fer avec la nouvelle première secrétaire du PS Martine Aubry va loin, cette dernière s’adresse à lui dans une tribune du Parisien pour lui dire : « Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste ». Gérard Collomb, et Jean-Pierre Mignard le soutiendront.

Iconoclaste, il reviendra plus tard à la charge le 2 janvier 2011, en réclamant que l’on déverrouille les 35 heures, il accumule désormais les ennemis au PS.

Il tente en 2011 sa chance à la primaire organisée par le PS en vue des présidentielles, et suit la débandade de Ségolène Royal avec 6% des voix. Puis, il rallie la candidature de François Hollande, dont il devient le directeur de la campagne pour la communication. Comme en 2007 avec Ségolène Royal, il est omni présent au point de se faire surnommer le « Kommandatur ».

Le 16 mars 2012, il devient ministre de l’Intérieur et démissionne de ses fonctions de maire d’Evry et de député.

C’est donc un homme classé à l’aile droite du PS, que François hollande vient d’appeler à Matignon pour tenter un sursaut, suite à la débâcle des municipales. C’est un social-démocrate, dans la lignée des allemands et des suédois. Il a, à plusieurs occasions, affirmé se reconnaitre dans le Blairisme et avoue son admiration pour Bill Clinton. En France, il se recommande de Pierre Mendès-France, Michel Rocard et Lionel Jospin.

Ce n’est donc pas un révolutionnaire que le président a appelé, mais un réformiste à tout crin, décider à tout faire pour concilier la gauche avec la pensée libérale.

Affaire à suivre …

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 11:19
Hollande a détruit en deux ans, ce qu’il avait construit.

Le président doit être bien amer, l’année 2014 signe la défaite du socialisme municipal. Alors qu’il était Premier secrétaire du PS (de 1997 à 2008) il a multiplié les victoires : cantonales, régionales, sénatoriales, puis bien sûr présidentielles et législatives en 2012. Il avait largement contribué à donner au PS une maitrise absolue de la vie politique de ce pays. C’est un véritable gâchis !

François Hollande s’attendait à une défaite, pas nécessairement à une débâcle historique : 68 villes de plus de 30 000 habitants et 155 de plus de 9 000 habitants perdues. Il doit donc faire face à une situation très difficile pour lui. Un remaniement ne sera pas la panacée universelle, quelque soit le 1er ministre et les membres du gouvernement, c’est une ré-écriture complète de ces deux années et demi de pouvoir qu’il devrait entreprendre. Mais est-ce encore possible ?

La presse est unanime, même celle de gauche, le PS est battu et l’UMP peut se prévaloir d’une victoire électorale (enfin…), le Front National fait une percée et accède à ce qui lui a toujours fait défaut : une implantation locale qui lui donnera les moyens d’avancer, hélas, encore plus loin.

Cette défaite est lourde de conséquence, au-delà des villes perdues : la perte du sénat et d’un nombre important de communautés d’agglomérations et surtout, c’est la présidence du Grand Paris qui est hors de portée désormais.

François Hollande a rendu un fier service à Jean-François Copé à la recherche d’une légitimité à la présidence de l’UMP qu’il cherchait en vain jusqu’ici.

Rappelons ici, que ce sont les victoires aux élections régionales qui avaient permis à François Mitterrand d’emporter la présidentielle de 1981 et à Hollande de faire de même en 2012. C’est un retour à la case départ que vient d’opérer le Parti socialiste.

Celui-ci vient d’un seul coup de perdre un réseau de grands élus et les vitrines locales de son action. On l’a bien vu même dans des villes où un travail avait été entrepris, les maires ont été pris au piège de l’effet gouvernemental. Paris y échappe, en même temps, Anne Hidalgo a perdu le 9ième arrondissement et a vu lui échapper le 5ième qui était pourtant à sa portée. Certes Strasbourg, Lille, Metz, Brest, Dijon, Rennes, Lyon, Rouen, Nantes, le Mans, Clermont-Ferrand et Villeneuve-sur-Lot sont restées socialistes.

A noter que si le PS gagne Avignon, Lourdes, Longwy, Douai, Dourdan, Verdun, Saumur et Vire, il voit des dissidents de gauche le battre à Montpellier et La Rochelle. De son côté EELV lui ravit la ville emblématique de Grenoble.

Il offre de belles victoires au Front national : Hénin-Beaumont dès le 1er tour, puis Beaucaire, Fréjus, Le Pontet, Cogolin, Hayange, Mantes-la-Ville, Villers- Cotterêts, le Luc et Béziers.

Privé de tous ses moyens, le Président doit faire face à ses responsabilités. Lui attribuer la seule responsabilité de l’échec serait injuste. Mais sous la Vème république c’est le président qui est responsable.

C’est donc à lui que revient le devoir de reprendre la main, si tenter que cela soit encore possible.

Pourtant, des signaux, il en a eu, le niveau historique de son impopularité aurait du l’amener à réagir plus tôt. L’impérieuse nécessité de reprendre des comptes totalement dégradés par une UMP au pouvoir ne saurait être une excuse.

Force est de constater qu’une forme incroyable d’amateurisme a frappé le PS et ses alliés. Les cafouillages dans la communication se sont multipliés, laissant entendre à l’opinion que le gouvernement ne savait pas où il allait.

Jean-Marc Ayrault s’en était fait l’écho à plusieurs occasions réclamant un gouvernement resserrée, donc plus contrôlable et la vérité sur la situation française. Hollande lui a systématiquement opposé une fin de non recevoir.

Mais qui sont les vrais perdants de cette affaire ? Ce sont les français et plus particulièrement les plus démunis.

Le chômage record limite la marge de manœuvre du gouvernement, ce ne sont pas une augmentation de 50 euros du smic et une légère baisse d’impôt aux ménages les plus pauvre qui feront l’affaire. Le pays est en faillite, Sarkozy y a largement contribué, Hollande n’a encore rien résolu. Les traités européens l’enferment dans une gaine de fer.

Seule une politique courageuse de réformes, bien au-delà de ce qui a été déjà entrepris peut lui permettre de reprendre la main. Mais il lui faudra aussi affirmer son étiquette de gauche pour remobiliser son électorat et redonner espoir aux pauvres, aux exclus, au chômeurs et aux retraités. Certes, seules les entreprises peuvent créer des emplois, mais les attentes de son électorat sont énormes.

Valls, Fabius, ou d’autres à Matignon enverront un premier signal, mais maintenant seuls les résultats compteront.

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 08:40
PS : une défaite à rebonds.

On a tord de présenter les municipales comme des élections à caractère local. Tout d’abord, parce qu’en tant qu’élections intermédiaires (entre deux présidentielles, la mère des batailles), elles permettent à l’opinion publique d’envoyer un signal. Mais, elles ont aussi un caractère national, à savoir une incidence directe sur les sénatoriales, et elles déterminent l’orientation des communautés d’agglomération et ont un impact sur la mise en place des grandes métropoles, voulues par le PS, dont le Grand Paris.

Manuel Valls l’a annoncé ce sont 155 villes de plus de 9 000 habitants que le PS a perdu, largement plus que nécessaire, pour envoyer un nombre important de grands électeurs qui participeront aux élections sénatoriales de septembre. L’actuelle et courte majorité de gauche a donc vécu. Ce sera une bien courte parenthèse qui se sera ouverte dans la Haute assemblée, qui retournera ainsi à son conservatisme naturel et consubstantiel à sa nature.

Mais que le Sénat se méfie, l’éventuelle réussite du président du conseil italien, qui entreprend la suppression de son propre Sénat, pourrait bien donner des idées à la France.

Il est vrai, que depuis la tentative en 1969 du général de Gaulle de retirer tout pouvoir au Sénat en le fondant dans le conseil économique et social, tentative qui a échoué, les ardeurs des réformistes de tout poil ont été paralysées.

Bref, une difficulté de plus, qui va entraver l’action gouvernementale, qui ne se verra plus seulement censuré par le conseil constitutionnel, mais aussi empêcher de réformer sur le terrain constitutionnel et ralenti dans son activité législative.

La perte de ces villes impacte directement les majorités des établissements publics de coopération intercommunale, les communautés d’agglomération, élections qui vont avoir lieu dans les jours qui viennent.

Enfin, le projet du Grand Paris devrait échoir à l’UMP et peut être même comme lot de consolation à NKM. Le lot serait conséquent, étant donné que le Grand Paris disposera de larges pouvoirs qui lui permettront de prendre le pas sur son historique rivale, Anne Hidalgo, maire de Paris.

C’est la loi du 27 janvier 2014 qui a décidé de cette nouvelle configuration, laquelle prendra effet, en 2016 pour Paris (d’autres métropoles sont prévues, dont Bordeaux, Aix-Marseille, Lille, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Rouen et Grenoble), elle regroupera Paris avec les Hauts-de-Seine, le Val de Marne et la Seine Saint-Denis, à savoir 123 communes.

L’UMP dispose ce matin d’une nette majorité sur les 337 conseillers métropolitains qui seront désignés par les communes membres. C’est la perte d’un nombre important de villes de la petite couronne de Paris qui donnera mécaniquement 54% à l’UMP et l’UDI, et 45% aux PS, Front de Gauche et EELV.

En province, la liste des communautés urbaines est imposante :

  • Marseille
  • Lyon
  • Toulouse
  • Bordeaux
  • Lille
  • Saint Etienne
  • Et peut être même Strasbourg.

Pour le PS, largement majoritaire à toutes les élections ces dernières années, le reflux commence, le 25 mai ce seront les élections européennes, en septembre les sénatoriales et l’année prochaine en 2015 les régionales.

Le nouveau gouvernement, dont on nous dit qu’il est en gestation, ne disposera donc d’aucun répit politique, bien au contraire.

C’est là, qu’on se dit que François Hollande a gâché toutes ses chances, en ne risquant pas l’audace au lendemain de son élection.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 10:06
Hollande reconnaît le vote sanction.

Les fuites sont bien organisées, le président de la République a reconnu lors du conseil des ministres de mercredi que ce premier tour des élections municipales traduisait bien un « vote sanction » des électeurs à l’encontre de son gouvernement. Il a aussi beaucoup insisté sur l’ampleur de l’abstention, laquelle combinée avec le spectaculaire vote du front national présentait une forme de rejet de la vie politique.

La décision du remaniement serait donc prise, le président y travaille déjà avec ses principaux conseillers, il attend le résultat définitif du second tour pour faire ses ultimes arbitrages. En tout état de cause, il semble difficile d’imaginer un sursaut des électeurs et plus particulièrement des abstentionnistes en faveur des listes PS. Le désamour des Français et la colère des électeurs de gauche est bien trop importante.

J’ignore ce que François Hollande va faire, qui il va prendre comme premier ministre ? Toutefois, très modestement je lui donnerais les quelques conseils suivants :

- ne pas reconduire Jean-Marc Ayrault (le phénomène de rejet est total)

- opter pour un gouvernement très resserré (15 ministres ce serait pas mal)

- choisir les ministres en fonction de leurs compétences et non pas de leur poids politique

- il reste encore, à gauche, quelques poids lourds qui bénéficient d’une bonne cote de popularité : Martine Aubry, Ségolène Royal, Louis Gallois, Louis Schweitzer, Anne Lauvergeon, et quelques jeunes députés qui méritent qu’on leur donne une chance : Karine Berger, Jérôme Guedj, Olivier Faure

- taper fort en présentant un programme de réformes courageuses et une priorité absolue à la lutte contre la pauvreté.

Le changement de gouvernement ne portera ses fruits que si le président s’engage sur le chemin d’une politique audacieuse à la fois de réformes, mais qui donne aussi à la gauche des gages, la lutte conte la pauvreté et les inégalités sont des marqueurs de gauche. Qu’il prenne des décisions significatives !

Pour l’heure, les rumeurs qui circulent ne vont pas dans le bon sens. Valls à Matignon et c’est le virage à droite qui est entériné, populaire dans l’opinion, il l’est surtout chez les électeurs UMP, que l’on ne s’y trompe pas.

Des mesures fiscales seraient en préparation, on parle d’une enveloppe de 2 à 3 milliards d’euros sous forme de baisse d’impôt pour les ménages les plus modestes.

Bref, cela sent le conseil d’énarque… un peu de communication, une petite mesure ici ciblée sur les plus modestes et l’on poursuit son chemin. Si cela était le cas, plus rien ne pourrait sauver le parti socialiste d’une débandade spectaculaire.

Quel gâchis, après avoir gagné toutes les élections, comme aucun parti n’avait réussi à la faire (y compris le très réputé imprenable Sénat) le voilà aux portes de l’enfer ! Il ne manquait pourtant pas de moyens pour réussir depuis les communes, les départements, les régions, le Sénat, l’Assemblée nationale, la présidence de la république, le gouvernement…

Cet échec, s’il se confirme et s’amplifie au second tour, aux municipales aura des conséquences sévères, aux prochaines sénatoriales par exemple, ce sont les maires et les grands électeurs désignés par ceux-ci qui élisent les sénateurs. Le journal Libération signalait aussi, que projections faites, le Grand Paris voulu par le PS, va lui échapper, et comme la droite, qui décidément n’est pas meilleure et n’a pas anticipé le coup, n’a pas placé de candidats de poids, ce sera Nathalie Kosciusko-Morizet, félicitation !

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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