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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:10

democratie-en-danger.jpgLa plus grande puissance au monde, les Etats-Unis, un pays de moindre importance l’Italie, mais aussi la Grèce font ployer dangereusement la démocratie qu’ils sont censés incarner et représenter aux yeux du monde entier.

La réforme du système de santé appelé Obamacare a été voulue par le Président Obama lors de son premier mandat, il a persisté à l’occasion de sa réélection, il a été réélu. Il l’avait fait adopter en 2010. Et pourtant faisant Fît de tout cela, les républicains n’ont pas hésité, lors de la discussion budgétaire, à réintroduire un amendement repoussant la mise en œuvre de cette importante réforme sociale, (dont l’application est prévue pour 2014) à un horizon très lointain, sans doute en  espérant reprendre le pouvoir entre temps et abroger définitivement cette disposition qu’ils jugent trop « socialistes ». Aux Etats-Unis il faut entendre le mot socialiste comme celui de communiste…

Cette prise en otage a pour conséquence de paralyser le gouvernement fédéral et d’envoyer au chômage près de 800 000 fonctionnaires. Ils en été informés par un simple mail, sans aucune indication sur la durée de ce chômage.

C’est une bien triste image de la conception de la démocratie que le parti républicain transmet au monde entier. C’est dire que la double élection d’Obama, ainsi que l’adoption par la Chambre de cet important texte, ne représentent rien à leurs yeux.

Au même moment, coup double pour les partisans d’une démocratie mise à genoux, l’Italie, ou plutôt Silvio Berlusconi jette à bas le fragile équilibre obtenu dans son pays par le gouvernement Letta. Furieux de se voir condamné par la justice démocratique de son pays, il intime l’ordre aux ministres de son parti de démissionner quitte à mener le gouvernement dans une impasse, une ingouvernabilité (un peu structurelle) totale. La réforme institutionnelle prévue, pour parer à l’avenir cette situation d’instabilité gouvernementale n’a pas encore été adoptée.

Berlusconi, avec son égo démesuré, n’hésite pas à jouer à la roulette russe, non seulement l’avenir de son pays, mais aussi par effet domino celui de l’Europe tout entière. Imbu d’une toute puissance qu’il s’est accordée, il s’estime au-dessus des losi et des juges. Condamné, entre autre, pour fraude fiscales il jette le bébé avec l’eau du bain. Il va perdre son immunité de sénateur et devrait payer dans un premier temps une amende de 490 millions d’euros (c’est dire l’ampleur des détournements à son profit !)

Pendant ce temps-là, non loin de l’Italie la Grèce joue aussi un drame majeur, la poussée de l’extrême droite avec le parti «Aube dorée ». Le gouvernement, en urgence, a été amené à opérer l’arrestation, du dirigeant de ce parti Nikos Michaloliakos et surtout six des 18 députés de ce parti élus à la chambre. Nous sommes loin des simples dissolutions de partis extrémistes qui ont déjà eu lieu en France.

Au cœur de l’Europe, un parti néo-nazi a pris place dans la chambre des représentants. La police a saisi dans l’appartement d’un des députés d’Aube dorée incriminé, des photos d’Hitler, des drapeaux affichant des croix gammées, un pistolet de calibre 38. La Grèce traverse une grave crise institutionnelle, le gouvernement en place d’Antonis Samaras (parti conservateur qui gouverne avec le Pasok) ne souhaite pas des élections anticipées, à un moment où la crise économique pèse de tout son poids sur le pays

La démocratie est loin d’être un long fleuve tranquille…

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 15:43

Francois Hollande 15-8d519François Hollande et son équipe sont en passe d’obtenir des résultats sur plusieurs fronts et pourtant jamais un président n’a été aussi bas dans les sondages. Comment expliquer ce hiatus ? Défaut d’autorité, communication cafouilleuse, quiproquo sur le » deal » de l’élection ?

Les résultats économiques, 14 mois seulement après son élection sont là et pointent timidement le bout de leur nez. Le regain inattendu de croissance de 0,5% au printemps, que vient de confirmer l’Insee, est une bonne surprise. Il provient d’un sursaut de croissance inattendu au sein de l’Union européenne. Mais sans conteste, il marque une sortie de récession après deux trimestres consécutifs (fin 2012 et début 2013) de repli du PIB (–0,2% à chacun de ces trimestres). N’en déplaise à l’UMP, c’est le taux le plus significatif depuis le 1er trimestre de 2011.

S’il va dans le bon sens, il faut qu’il se confirme dans les mois à venir pour inscrire nettement dans l’opinion publique, le fait que le gouvernement de M. Hollande a réussi à relancer la machine économique en France

De son côté il faut bien noter que l’autre indicateur, scruté à la loupe par les observateurs économiques, qu’est le baromètre du moral des ménages poursuit sa hausse depuis juillet et août, il s’établit en septembre, selon l’INSEE, à 85 points, soit encore un point de plus par rapport à août.

Quant au chômage, après deux mois consécutifs où la courbe s’est aplanie, marquant une rupture avec plusieurs années consécutives sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le mois d’août a été aussi une autre surprise avec une baisse significative de 50 000 demandeurs d’emploi sans activité qui sont sortis des listes. Le chiffre surprend, on le conteste ici et là, attendons de voir sur une séquence un peu plus longue … mais pour l’instant les résultats sont plus qu’encourageants.

Voilà trois indicateurs : la croissance, le moral des ménages et le chômage qui tranchent nettement avec les résultats de l’équipe précédente au pouvoir durant cinq années. Par ailleurs sur le front des réformes et du contrat social, le gouvernement a modifié la texture du droit du travail, en l’assouplissant légèrement, et il engage une petite réforme des retraites sans grande contestation sociale.

Mais voilà… le président est au plus bas des sondages, il s’approche du record de la 5ième république détenu par François Mitterrand, à 23 % d’opinion favorables, il frôle les 22 % obtenu par ce dernier. Ce ne sont pas moins de 76% de français qui déclarent officiellement leur insatisfaction. Difficile de ne pas en tenir compte.

Les cafouillages en tout genre qui se multiplient au fil des semaines, et ceci depuis 16 mois n’y sont pas étrangers. On peut réellement parler d’un défaut d’autorité du Président. Ils étaient peu nombreux à contrer ou contredire Mitterrand. Même le très populaire Michel Rocard a plié l’échine à chaque fois, quant à Chevènement il est sorti du gouvernement. Les institutions de la 5ième  sont ainsi faites qu’il faut à la tête de l’état un chef de parti, un chef de guerre…on ne peut pas dire que ceci soit inscrit dans les gènes de François Hollande, bien au contraire…

La valse entreprise entre le PS et les verts est aussi remarquablement à contretemps ! Les contentieux s’accumulent : Fessenheim, l’aéroport supplémentaire de Nantes, le budget du Ministère de l’écologie, la question des Roms  etc… débats entre les membres  d’Europe Ecologie sur la ligne à tenir… tout cela discréditent terriblement un gouvernement qui, outre le fait qu’il commence à obtenir des résultats, entreprend de réduire les dépenses de l’état et le déficit endémique, comme aucun autre gouvernement ne l’avait fait avant lui.

Le dossier des impôts a été une preuve de plus d’une incompétence manifeste à communiquer et à échanger entre les différents niveaux du gouvernement de la France. Enfin, le Président n’a pas suffisamment  clarifié le « deal » entre lui et les français résultant de son élection. Nous en sommes restés à un simple rejet du président sortant, cela ne fait pas un contrat en soi !

Nous en sommes à attendre avec impatience, les élections municipales et européennes, lesquelles devraient produire un électrochoc et donner au Président François Hollande une nouvelle énergie avec un gouvernement plus convaincant et nettement resserré. Il aura devant lui une nouvelle période de trois ans pour, à la fois confirmer les résultats obtenus, et tenir une barre gouvernementale avec plus de constance et de clarté. Edgard Pisani disait qu’il fallait gouverner les yeux mi-clos… pour mieux discerner les énigmes de l’avenir, ne pas s’embarrasser des détails du présent, et ainsi tracer correctement son chemin. On ne peut que souhaiter une pareille cécité (partielle) au chef de l’Etat. La bataille du quinquennat est loin d’être perdue pour François Hollande et le parti socialiste.

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 13:51

hollande-president1.pngJe reviens sur l’affaire de M. Doligé sénateur UMP. 24 heures se sont passées et je constate que dans une démocratie comme la France, on laisse passer l’incident, comme si de rien n’était, juste quelques propos indigné en provenance du PS. La police des mots devrait bien faire son ouvrage…

Ces propos factieux et fascistes ne sont pas dans la bouche d’un homme jeune qui ne maitrise pas encore sa langue ou sa colère, ils sont ceux d’un homme de 70 ans, Sénateur et Président d’un conseil général. Il n’y aura donc personne pour rappeler que lorsqu’on est élu de la République on se doit d’être un modèle d’intégrité et de morale. Un modèle, dont tous les propos se doivent d’être mesurés.

L’impétrant de surcroit a confirmé ses propos… il persiste et signe son appel au meurtre. Certains diront que c’est du second degré…, que s’indigner relève de la police des mots. C’est bien le plus inquiétant, non seulement on laisse passer… sans rien dire, qu’un notable de droite s’amuse à faire une bonne phrase en engageant ses militants à tirer sur le Président et ses Ministres, mais il faudrait ne pas relever.

Chaque renoncement, et ce n’est pas le premier est un pas de plus vers la catastrophe générale, la contamination du pays et son acceptation des idées d’extrême droite. Des idées aux actes … le passage sera facile, puisqu’encouragé par les tenants de ce type de débat politique et par l’anesthésie de tous les autres.

Ce n’est quand même pas monter sur ses grands chevaux que de demander à un notable politique de respecter les règles en vigueur dans le débat républicain et marquer le minimum de respect à l’égard d’un président de la république, élu il y a peu, et de son gouvernement. Du HollandeBashing on est en train de passer au Hollande shotting… faut-il se taire ?

Non, bien sûr, il faut réclamer du Président du Sénat Jean-Pierre Bel une intervention et une convocation, de M. Doligé pour qu’il vienne s’expliquer… Quant à l’UMP, on aimerait que ses portes paroles les plus républicains s’insurgent et demande des comptes, comme Alain Juppé ou Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Lemaire… et d’autres.

Enfin il doit bien exister encore quelques démocrates républicains dans le département du Loiret pour le poursuivre inlassablement et lui demander des comptes.

Marine le Pen doit bien se marrer, il ne se passe pas une journée sans qu’un notable de l’UMP fasse un mauvais mot, un faux pas, dont elle et le Front National se sentent renforcer. Elle n’a pas besoin de manier l’outrance, puisqu’elle dispose d’une UMP à sa botte prête à toutes les tirades les plus extrêmes...

S’il se trouve un simple d’esprit (et il y en a) qui tire prochainement sur le cortège présidentiel ou un ministre de ce gouvernement, on en reparlera, on parlera cette fois-là de la Police des Mots.

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 12:34

Dolige-senateur-UMP1.jpgLa volte-face de François Fillon vis-à-vis du Front National et surtout à l’égard des propos d’extrême droite a bel et bien ouvert en grand les vannes à un déferlement de haine et de violence à droite, qui n’est pas sans rappeler les années 1936. Sa responsabilité, comme celle de Nicolas Sarkozy qui tout au long de sa campagne a ouvert largement le bal aux idées fascistes, est belle et bien engagée. Les propos de M. Eric Doligé, sénateur UMP sont, hélas, là pour en témoigner.

D’abord qui est M. Doligé, pour situer la hauteur de sa responsabilité ? Un militant surexcité, ayant abusé de la boisson au fond d’une salle surchauffée ? Non, c’est un notable bien installé et cumulard, comme il se doit. Né en 1943, il est entré dans sa 70ième année, il siège au Sénat depuis 2001 et préside le Conseil général du Loiret depuis 1994. Bien occupé, il est préside aussi l’Etablissement Public Loire, de même celui du conseil d’administration, du service départemental d’incendie et de secours du Loiret.

Nous n’avons donc pas à faire à n’importe qui. Est-ce son expérience d’élu au service de la prévention des incendies qui l’a poussé à mettre le feu aux poudres ? Pourtant son expérience de chef d’entreprise et de président du CEPRI, centre européen de prévention des risques d’inondation aurait dû le rendre prudent, en maniant l’eau contre le feu.

7759225002_ec58cf77ee.jpgSes propos ont été enregistrés et sont donc vérifiables. Il a déclaré, hier, au cours des journées parlementaires de l’UMP qui se sont tenues à l’Assemblée nationale :

 « Moi je dois vous dire que j'ai un instinct meurtrier en ce moment. Je suis comme la plupart des citoyens, moi je ne supporte plus Hollande et sa bande !.... Mais il faudrait qu'on évite de se tirer dessus entre nous et qu'on fasse tout pour tirer plutôt... enfin moi j'ai une liste de gens que je peux vous donner, sur qui il faut tirer, hein. Il y en a une quarantaine, c'est tous ceux du gouvernement. »

Circonstance aggravante, le propos n’a suscité aucun recul, aucune indignation dans l’assemblée des élus UMP, pire le sinistre maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a cru faire un bon mot en rajoutant : « Je peux donner les kalachnikovs ! ».

Malgré la gravité des propos, tenus par un parlementaire de la Haute Chambre, on aurait pu s’attendre à un recul, à défaut d’excuses. Nenni, ce fût pire. C’est à son journal régional, La République du centre qu’il a déclaré ne pas renier ses propos.

Nous en sommes donc là… Tristement là. Alors que l’UMP et le PS pourraient débattre de leurs propres orientations politiques et souligner leur différence, apporter leurs arguments, critiquer le gouvernement, c’est à un appel au meurtre, dirigé principalement contre le chef de l’Etat, que nous assistons ! Les mots, la syntaxe, le ton … je peux donner une liste de gens s r qui il faut tirer… une quarantaine… rappelle une sinistre époque que l’on croyait révolue. Même au front national on n’a jamais osé appeler à l’assassinat du chef de l’Etat.

Le plus triste, c’est que j’ai beau observer autour de moi… je ne vois nulle colère, aucun démenti, une atonie des médias… seuls bien sûr les députés PS s’insurgent. L’indifférence et l’appel à la délation  et au meurtre sont les ingrédients d’une aube aux couleurs de crépuscule, sombre jusqu’à en être noire et tachée de sang.

Pour finir, bien qu’hélas inaudible, je rappellerai la mise en garde du PS, ou du moins d’une partie du PS, son aile gauche dite la gauche Forte : « "Les Français ont élu François Hollande président de la République, les parlementaires UMP se doivent de respecter ce choix. (...) Les élus républicains, dans l'opposition ou non, se doivent de respecter les institutions garantes de leur propre légitimité. La Gauche forte attend de la part de l'UMP une réponse ferme et proportionnée à la gravité de la situation qui doit être l'exclusion d'Eric Doligé et de Jean-Claude Gaudin du parti ».

A cette heure… silence radio, aussi attendons nous en pire dans une société qui tolère cela.

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 11:29

3965595555_07e1a0df87.jpgNotre puissant voisin allemand suscite l’attention, chaque soubresaut est décortiqué pour en tirer toutes les leçons utiles. Trois jours après le vote, la brume se dissipe un peu, les ardeurs pro-Merkel se calment, le temps de l’analyse s’installe. Evènement peu commenté lundi matin, l’élection dans le Länder de La Hesse mérite que l’on s’y arrête un peu. Les allemands de ce Länder ont aussi voté pour leur parlement régional. Dans un pays aussi fédéral que l’Allemagne, ce fait politique est de la plus haute importance.

La Hesse est l’un des Land les plus riches des seize Länder composant l’Allemagne, placé au centre du pays. Il concentre la plus grande partie de l’industrie et de l’économie allemande grâce à la Ruhr : Sanofi-Aventis, Merck, Opel, la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la DBV-Winterthur, SparkassenVersicherung, le Delta Lloyd etc … . Si Wiesbaden en est la capitale régionale, Francfort en est la plus grande ville. Le résultat des élections n’y est pas plus clair qu’à l’échelle nationale. Les hypothèses de coalition sont tout aussi multiples. Par contre le comportement des partis à l’échelle de la Hesse n’est pas le même

Le Parti social-démocrate (SPD) n’exclut pas une alliance avec les verts et Die Linke…ce qui n’est pas à l’ordre du jour à Berlin, on l’a bien compris. De même La CDU y est ouverte à un dialogue avec les Verts. Les résultats électoraux y sont aussi sensiblement différents : le SPD y fait un bien meilleur score avec 30,7%, juste derrière la CDU 38,3%%. Les Libéraux avec le FDP échappent de justesse à leur élimination du Landtag avec 5%, les Verts font 11,1% et Die Linke 5,2%. De fait la majorité sortante CDU/FDP n’a plus la majorité absolue.

L’analyse des relations et des rapports de force dans ce Land est révélatrice des évolutions possibles en Allemagne. Déjà Volker Bouffier (CDU) fera tout pour empêcher une coalition SPD/Verts/Die Linke qui a bien failli se produire dans le passé en 2008. C’est dire que ce tropisme-là est bien réel dans le pays. Par ailleurs dans ce contexte local la CDU entretient des relations très difficiles avec le SPD et les Verts. Mais de leur côté les Verts pourraient être sensibles à un rapprochement avec la CDU pour y former un gouvernement. Tout est possible dans les semaines à venir Dans le Länder de la Hesse, comme à Berlin.

Impossible de ne pas songer à la France, même si Le PS n’est pas le SPD, les verts français pas tout à fait sur le même plan que les Verts allemand, et le Front de Gauche n’est pas Die Linke. La différence majeure de contexte entre les deux pays c’est que le SPD doit trouver une solution pour reprendre la main et contrer la CDU. Alors qu’en France, si le PS devra bien mener une réflexion en termes d’alliance, qui comprendrait le Front de gauche, ce sera pour contrer un Front National (FN) au fait de sa puissance et non pas l’UMP.

Cette instabilité, due au fractionnement politique, affaiblit les grands partis et fragilise l’équilibre européen, précaire par nature.

Bien que les systèmes électoraux soient radicalement différents dans les deux pays, l’incertitude politique s’y dessinent de la même manière. En France avec un scrutin majoritaire à deux tours, et en Allemagne avec une proportionnelle intégrale pour les partis ayant dépassé 5 % des voix….les grands partis majoritaires à vocation de gouverner que sont le PS, l’UMP, Le SPD et la CDU ne sont plus en mesure de dégager de nettes majorités à leur profit comme dans le passé. Les écologistes et les partis à la gauche de la gauche (FDG et Die Linke) ont pris nettement place dans leurs paysages politiques respectifs. Différence notoire entre l’Allemagne et la France, l’émergence progressive et constante d’une extrême droite avec le Front national de Marine le Pen.

Pour les temps qui viennent Paris sera très attentif aux choix que retiendra Mme Merkel et aux signaux ainsi envoyés. Il est vrai que François Hollande souhaite fortement l’arrivée du SPD aux côté de la CDU. Les ministres sortant libéraux ne facilitaient pas sa tâche à Bruxelles en particulier, leurs remplacement pas des ministres SPD serait une véritable délivrance. L’Elysée table sur ce scénario pour une relance de la politique européenne. La très très lente Mme Merkel pourrait se voir dopée par ce cocktail précis et redémarrer une politique européenne plus forte, en avançant sur l’intégration politique et le gouvernement financier.

Mais rien n’est fait… gouverner pourrait devenir impossible pour Mme Merkel…

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 15:37

2835782736_334e3d479d.jpgAprès les billets sous ecstasy de nos principaux chroniqueurs français, on en revient au principe de réalité. Les lendemains d’élection déchantent et la « femme la plus puissante du monde », comme a osé la nommer le journal le Monde, est bien embarrassée. Tout d’abord c’est l’hécatombe dans les états-majors des principaux partis, hormis le sien. Et enfin cette « belle victorieuse »  est dans les faits, sans majorité à la chambre et avec, en face d’elle 319 députés (3 de plus que la majorité) qui peuvent tout bloquer.

C’est donc une large victoire, si l’on en croit les médias, mais qui la laisse sans interlocuteurs pour le moment. Le Parti libéral, premier parti à être éliminé du Bundestag, est confronté au reclassement de ses élus et de ces permanents (600 personnes dit-on !), son président Philipp Rösler a donc démissionné, c’est le moins qu’il pouvait faire. Il méditera sur les bienfaits d’une stratégie de gouvernement avec Mme Merkel, l’ogresse.

Quant aux Verts, ils doivent faire leur examen de conscience, leur résultat est plus que décevant (8,4%), juste en deçà de celui de Die Link (8,6%). On est très loin de l’objectif assigné des 20 %. C’est donc toute la direction des Verts et les deux têtes de liste de campagne qui ont donné leur démission. Un congrès extraordinaire en novembre devrait remettre les pendules à l’heure entre les modérés, éventuellement prêts à faire un accord de gouvernement avec Mme Merkel et les plus durs, plus nombreux et enclins à un rapprochement avec Die Linke.

Le SPD est plutôt en phase d’indigestion…  la campagne de sa tête de liste Peer Steinbrück a été détestable, et même s’il progresse d’un scrutin à l’autre, le parti est en état de paralysie. Même si sur le papier la gauche a la majorité au Bundestag, aucun travail n’a été fait en ce sens. Le SPD se prépare donc à un mini congrès, très vite, le vendredi 27 septembre pour étudier la situation.

Mais cette victoire à la Pyrrhus de l’ogresse Merkel fait peur à tout le monde pour le moins. Quel avantage pourrait tirer le SPD d’un gouvernement d’union nationale, dans lequel, à coup sûr, il ne tirerait aucun bénéfice et ne serait pas en mesure d’infléchir la politique actuelle de la CDU-CSU. Il a déjà fait la malheureuse expérience d’un tel gouvernement (de 2005 à 2009).Et l’exemple épouvantable du Parti libéral, réduit à néant après une gouvernance commune avec la CDU-CSU, refroidit plus d’une ardeur, même si des maroquins sont à la clefs.

Le SPD est depuis quelques temps traversé par un courant qui cherche le rapprochement avec Die Linke (issu d’une scission avec le SPD), ne va-t-il pas plutôt privilégier une alternance à venir en cherchant un accord avec les Verts et Die Linke, ce qui lui donne déjà la majorité dans la pire conjoncture électorale qui soit. Alors avec un peu de travail et d’effort, il s’agit bien de la seule alternative possible à la politique de Mme Merkel, dont on se souviendra dans le futur, de la même manière que l’on revisite aujourd’hui les années Thatcher au Royaume Uni.

Aussi rien n’est fait à ce jour… et les allemands ne se sont pas alignés aussi massivement que le journal Le Monde veut nous le faire croire derrière la rassurante Mme Merkel. L’Ogresse s’est imposée dans tous les esprits dominants, mais le petit peuple lui n’a pas dit son dernier mot. Ces élections , si brillantes, a-t-on assez dit, risquent de finir dans une impasse à l’Italienne, faute de voir les trois partis de gauche s’assoir autour d’une table et travailler ensemble à un redressement de l’Allemagne, qui ne soit pas seulement celui des entreprises et des capitalistes, mais aussi celui des travailleurs.

 

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 12:00

 

La présentation, des résultats électoraux en Allemagne est très étrange… pour ne pas dire incomplète, par la plupart des organes de presse. Mme Merkel et le CDU-CSU, son parti serait vainqueur ! Oui c’est le parti qui arrive premier en voix et qui fait une belle percée. Mais l’équilibre Droite/gauche n’est pas celui que l’on veut nous faire croire.

Regardons les chiffres de plus près en pourcentage de voix obtenus et en siège. La CDU-CSU fait 41,5% et obtient au parlement 311 siège, la majorité est à 316 sièges, il lui en manque donc au moins 5 pour pouvoir gouverner.

Mais si l’on poursuit les résultats, on s’aperçoit que la gauche (d’une manière générale) obtient :

Le SPD 25,7 % (il en avait obtenu 23 % au précédent scrutin), et 192 sièges

Die Linke 8,6% (en perte de vitesse, ils avaient obtenu 11,9%), et 64 sièges,

Les Verts 8,4% (en perte de vitesse aussi, ils avaient obtenu 10,7%) et 63 sièges

Bien sûr il est artificiel de totaliser ces trois partis, Die Linke (qui provient d’une scission du SPD) refusant de gouverner avec le SPD, trop à droite à son goût. Pour autant les trois totalisent 319 voix, soit 3 voix de plus que la majorité requise à 316..

Quant à leur total en voix, cela représente 42,7%, contre 41,5% au CDU-CSU de Mme Merkel, soit 1,2 % en plus.

Bien sûr Mme Merkel va sans doute passer un contrat avec le SPD comme cela s’est déjà passé. Mais je ne comprends pas bien le discours général saluant sa performance et la large confiance que les allemands lui auraient accordée. En vérité, c’est bien le message contraire que les allemands lui ont signifiée. Les trois principaux partis de l’opposition font mieux qu’elle, en siège en particulier.

D’autres partis sont à prendre en considération, notons :

Le parti pirate, qui fait un bond avec 6,3 % des voix (il avait eu 2% précédemment), il passe la barre des 5% et devrait avoir une représentation en siège. Vu sa nature contestatrice de la société et ses revendications, il est difficile de le ranger du côté de Mme Merkel

Les libéraux, le FDP, sort du parlement avec seulement 4,8% au lieu de 14,6%, soit une perte de 9,8% pour cet indispensable allié de Mme Merkel. On salue sa victoire qui a consisté à faire passer la CDU-CSU de 33,8% à 41,5%, soit un gain de seulement  7,7%, elle n’a donc pas récupéré la totalité des pertes de son allié libéral.

Enfin notons le résultat d’un nouveau parti, anti européen l’AID, qui fait une rentrée remarquée avec 4,7 % des voix, mais qui ne lui donnent aucun députés.

Et pourtant le Monde a écrit dans son édition d’aujourd’hui : « Angela Merkel a remporté un triomphe historique, dimanche 22 septembre, lors des élections législatives allemandes, et devrait être reconduite pour un troisième mandat de chancelière pendant quatre ans »

En vérité seuls les chiffres comptent et dans cette élection l’ensemble de la presse française a sans aucun doute oublié de compter.

Qu’en aurait-il été si le SPD avait eu à sa tête un dirigeant plus compétent et adroit que Peer Steinbrück et si les Verts ne s’étaient pas pris les pieds dans le tapis sur une affaire grotesque de pédophilie ?

Oui l’Allemagne des bas salaires, record absolu d’Europe, avec une situation sociale explosive qui menace l’ensemble de son système de retraite, un taux de natalité au plus bas, l’Allemagne de la pauvreté a fait savoir qu’elle ne donnait pas majoritairement sa confiance à Mme Merkel. Ce n’est que par une combinaison politicienne entre la droite et un SPD, bien complaisant, qu’elle pourra garder le pouvoir encore pour quatre ans et se prévaloir d’âtre la femme la plus puissante aux monde, en vérité ce n’est qu’un colosse aux pieds d’argile.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 10:46

Retraites 1La retraite, mot ambigu, qui évoque alternativement un sentiment de liberté, la retraite qui a été un élément de la lutte ouvrière, une conquête sociale, mais la retraite qui est aussi devenue un élément de fragilisation des individus, une menace pour certains d’entre eux. C’est un moment charnière dans la vie des individus avec des ressentis très différents et des situations disparates. La France entretient une relation particulière avec ses séniors et donc ses retraités. Elle est l’un des pays du monde occidental à exclure le plus ses séniors du monde du travail. Il en résulte beaucoup de souffrance, un gâchis et une perte réelle de compétitivité pour les entreprises et l’économie française.

 

Il existe, en simplifiant trois situations :

 

Celui qui part au moment où il le décide, avec la totalité de ses trimestres, voir plus, ce qui lui permet d’encaisser un bonus conséquent 5 % par année de plus.

Celui qui est en poste, mais auquel on fait comprendre que plus tôt il partira mieux ce sera.

Celui qui est exclu du monde du travail, passé la cinquantaine, et qui subit l’humiliation de se voir fermer toutes les portes.

 

Le premier cas de figure ne mérite pas de développement, il est largement minoritaire, voire inexistant. Pour atteindre ce nirvana, il faut être un tueur né qui a passé sa vie professionnelle à gravir les échelons en flinguant ses collègues. Il arrive à un point de responsabilité où il est intouchable. Son éventuel départ est l’occasion de lui signer un chèque astronomique.

 

Le second cas représente une situation malheureusement courante, il suffit de regarder autour de soi. Malgré la réforme initiée par Nicolas Sarkozy qui a retiré aux employeurs la possibilité de mettre à la retraite d’office les salariés ayant atteint le nombre de trimestres requis, les employeurs se « débarrassent » de leurs seniors avec des méthodes scandaleuses.

Dans un premier temps, on retire peu à peu les dossiers, les responsabilités, on isole le salarié de son environnement professionnel. On fait bien sentir que celui-ci est « vieux », inutile, dépassé, qu’il ne sert à rien, en général on lui pousse dans les pattes un jeune loup aux dents longues pour le remplacer. Parfois même, on nie ce qu’il a pu faire dans le passé pour l’entreprise. On appuie très fort sur le fait qu’il serait dépassé. 

Avec un régime de ce type sur plusieurs mois, voir quelques années, on amène le salarié à perdre l’estime de soi, de glisser peu à peu, soit dans la dépression, soit dans l’amertume et l’aigreur qui le mineront jusqu’à sa mort. Il devient fragile, perd l’intérêt à son travail. Il est mûr pour une négociation qu’entreprendra l’employeur en situation de force.

Car à bout, amoindri, le salarié lâchera facilement pour en « finir ».

On ne peut pas s’empêcher de penser aux contrats solidarité promis et mis en place avec un fracas d’annonces par François Hollande. La formulation abstraite d’un couple ancien/jeune dans l’entreprise, le plus vieux formant le plus jeune, avec à la clef des exonérations de charges. Leur échec cinglant est la démonstration s’il en fallait une de la situation des entreprises françaises et de la mentalité qui y règne.

Sur le papier on aurait pu imaginer, en effet, une préparation à la retraite qui consisterait à ce quelques années à l’avance, un salarié transmette son savoir-faire, son expérience à l’entreprise ou directement aux salariés concernés. Cette valorisation faciliterait le départ et la rupture que représente la retraite, mais aussi l’entreprise y gagnerait à une continuité de son savoir-faire.

Faut-il ici évoquer le poison mortel que distille cette manière de faire ? Se lever chaque matin pour se rendre sur le lieu de son supplice, y subir journalièrement l’humiliation publique de son inutilité ! Qui peut survivre longtemps à un tel régime, il faudrait une force d’âme peu commune.

Le pire dans cette situation, c’est que l’on ne peut pas incriminer le seul chef d’entreprise, car pour mener à bien son projet il dispose de « collaborations » précieuses de la part des collègues de la victime en puissance. Ceux qui peuvent hériter de ses attributions, de son poste de travail et ceux qui règlent enfin des vieux comptes. Du haut de la hiérarchie, jusqu’aux bureaux jouxtant le sien, tous s’y mettent… la violence en est d’autant plus terrible.

On ne dispose pas d’étude sur le sujet… il est tabou. On ne dispose surtout pas d’études économiques mesurant l’impact de cette situation.

Non chacun agit sournoisement pour pousser dehors « l’ancien », en fermant les yeux pour ne rien y voir, et surtout ne pas penser à ce qu’il lui advienne quant son tour sera venu.

Enfin le troisième cas de figure est tout aussi alarmant. Le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans est de 39,7 % en France, ce sont donc 60,3 % des séniors qui sont au chômage. Nous sommes bien loin derrière la Suède, dont le taux d’emploi est de 70,5 %, l’Allemagne 57,7 %, le Royaume-Uni 57,1 %,…. Certes on peut se consoler avec l’Italie à 36,6 %... Mais j’aimerai connaître les chiffres sur les tranches précédentes 50 à 55 ans, voir 45 à 50 ans. On me dit que dans le secteur de l’informatique vous êtes déclarés « inemployables » dès 45 ans !

Que vont-ils devenir ceux qui perdent leur emploi à 55 ans par exemple ? Ils auront 3 années de couverture par pôle emploi, cela les mène à 58 ans et ensuite ... Rien, des allocations de misère. Souvent à cet âge on a encore des enfants qui font des études, pourquoi ne voit-on pas de reportage sur ces situations qui existent ? Poursuivons, selon leur parcours et la législation en cours ils atteindront l’âge légal de départ à la retraite, que le gouvernement se félicite d’avoir préservé, à disons au mieux 62 ans ! Dans ce cas, cela fait 7 années qui manquent, soit 28 trimestres qui ne seront pas la ! Imaginez la décote que cela représente. Le gouvernement met en avant la Grèce où les retraites ont été baissées de 20 %, eux ce sera encore plus.

Ce sont donc des bataillons de retraités qui se préparent à vivre encore longtemps, 20 ans en moyenne, avec des retraites insignifiantes. La durée de vie, dont on se félicite qu’elle ne cesse de croître (elle a cessé pourtant d’augmenter pour les hommes), risque de marquer fortement le pas. Car qu’en sera-t-il de leurs conditions de vie et de soins ? Quant au troisième âge, ce sera terrible, qui payera leurs maisons de retraite ? Leurs enfants devront payer, les mêmes dont on aggrave la situation en les faisant travailler toujours plus tard, peut être seront-ils déjà dans la situation de ne plus avoir d’emploi, c’est à l’état que reviendra la responsabilité de payer.

On aurait pu attendre d’un gouvernement de gauche qu’il intègre ces données afin d’y apporter des correctifs, ne serait-ce que d’exiger de la part du MODEF des compensations à l’augmentation des la durée de travail.

Les individus sont de plus en plus abandonnés à leur sort, livré à une société implacable et sans âme.

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 15:36

téléchargementAprès le renoncement à la taxe sur les objets connectés préconisés dans le rapport Lescure, il semble bien que le gouvernement ne craint décidemment pas le ridicule, ni de marquer du sceau du reniement le moindre de ses actes. Quant à Pierre Lescure il peut légitiment s’interroger sur la manière dont François Hollande l’a en quelque sorte attiré dans ce qui ressemble bien à un traquenard.

Alors qu’Aurélie Filippetti annonçait, il y a encore peu, le transfert des compétences de l’HADOPI (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet) en matière de lutte contre le piratage au CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), le gouvernement vient de trancher une fois de plus, ce transfert n’aura pas lieu pour l’instant. Pourtant il était prévu que le sénateur de Paris David Assouline présente un amendement, dans ce sens, à l’occasion de l’examen dans quelque semaine par le parlement du texte de loi relatif à l’indépendance de l’audiovisuel public dont il est le rapporteur avec l’appui du Ministre.

La filière cinéma avait fait clairement savoir son impatience à ce sujet, en particulier l’ARP (Société civile de perception et de répartition des auteurs, réalisateurs et producteurs indépendants) qui avait été reçu à l’Elysée et avait obtenu des garanties du Président de la République en personne.

C’était sans compter avec l’opposition farouche des socialistes au cœur de ce dossier depuis des années à savoir Christian Paul qui a fait savoir au Président de la République : « C’est Hadopi saison 4. Avec le gouvernement de gauche cette fois-ci, et un gros risque de ridicule ». Patrick Bloche, président de la commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale a mis en garde contre ce procédé du « cavalier législatif » (présenter un amendement en cours de discussion qui n’a rien à voir avec le texte) qui pourrait mettre le feu au poudre. L’unanimité est loin d’être faite au sein de la majorité pour créer ainsi, surtout à la sauvette, un mastodonte qui contrôlerai les contenus du Net en France.

Ce n’est pas demain que le CSA pourra devenir le régulateur du net. Et toutes décisions quant à l’avenir du Net et du financement de la création est de facto repoussé bien loin, au fin fond de l’année 2014… et je parierai assez sur 2015, voir aux calendes grecques.

Il ne se passera rien avant les municipales et les européennes. Les mauvais résultats attendus par le PS obligeront le président à remanier son gouvernement. Pour peu que la rue de Valois face partie des changements, on imagine comment avec un nouveau ministre on repartira de zéro… sans doute une nouvelle mission ou bien des Assises, bref tous ces trucs dont raffolent les politiques quand ils sont bien embarrassés par un dossier.

Bien évidemment la profession se déclare abasourdie par un tel revirement, ils ont encore à l’oreille les propos de François Hollande, il y a seulement quelques semaines, elle dénonce un « recul historique dans la régulation du monde numérique et demande  d’urgence ce transfert de compétence, ainsi que la mise en place d’amendes imaginées par la mission Lescure pour punir les internautes malintentionnés (souvent sous couvert de naïveté) vis-à-vis de la création et de son financement ». De son côté la puissante SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques)  a fait savoir son inquiétude et ses craintes de voir le sujet définitivement enkysté.

C’est un dossier de plus pour lequel les attentes étaient nombreuse et anciennes, avec des points de vues contradictoires, voir antinomiques. Comme nous sommes loin des années 1981 où les socialistes se lançaient avec audace dans des réformes de fond de l’audiovisuel français, abattant le monopole d’état et ouvrant la liberté aux ondes. C’est en 1983 que Jack Lang faisait adopter à l’unanimité au parlement la loi instaurant le principe de la copie privée pour répondre à la situation de copies alors illégales par les particuliers sur leurs magnétophones ou leurs magnétoscopes.

 

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 13:52

 

potager3-copie-1.jpgPotager… le mot fait rêver, il évoque l’enfance, la cueillette des fraises et des haricots, le temps des confitures, l’été les glaces aux fruits frais (framboise), les cornichons et leur mise en bocaux, la recherche au petit matin des premières asperges. Le potager, c’est avant tout le souvenir doux et sucré de mon père. Moi petit, toujours dans ses jambes à croquer une carotte nouvelle, moi un peu plus tard, faisant le tour du jardin en sa compagnie à chacune de mes visites. Le potager c’est la petite silhouette frêle de mon grand-père, toujours en noir … le potager c’est les vacances au rythme des saisons.

 

J’avais pris la décision de tenter un potager cette année. Donc dès l’automne dernier, j’ai entrepris de préparer le sol et au mois d’avril, j’ai essentiellement planté des petits plans achetés en jardinerie pour gagner du temps sur la pousse et donc la récolte. Et puis c’était un test, pour me donner une idée de ce qui était possible.

 

L’objectif était de tester l’emplacement, la surface disponible et le type de culture qui pourrait réussir. Je n’avais aucune ambition économique à ce stade, juste le plaisir et peut être à la clef le goût réussi des légumes cultivés par mes soins. J’appartiens à une famille de jardinier : mon père, mes oncles, mon grand-père et mes frères, et une enfance à la campagne.

potager-2.jpgL’emplacement … au fond de mon jardin avec une exposition sud-ouest et le handicap d’être pas très loin d’un grand sapin…posté lui au nord, ce qui réduisait l’inconvénient. Mais je n’avais pas vraiment d’autre choix, à moins de réduire considérablement l’espace de pelouse et de jeux. Par manque de temps, ou par atavisme, je n’ai pas fait mon potager en carré, comme la mode nous y pousse actuellement. J’ai donc planté au ras du sol à l’ancienne, à la paysanne, en serrant beaucoup trop mes plants (première leçon), et oui une petite surface et l’envie de mettre beaucoup de choses, il est toujours difficile de projeter la croissance à venir !

 

Ce que j’ai planté :

Des tomates, de toutes variétés pour tester, cœur de bœuf, cornes des Andes, tomates-cerises etc…

Des salades (laitues)

Des radis en semis

Des petits pois

Des haricots

Des céleris raves

Des choux de Bruxelles

Des choux de Milan

Des betteraves

Des poireaux

Des oignons

Des navets

Des poivrons

Des aubergines

Des courgettes

Des cornichons

Un concombre

Un artichaut

Les aromates :

Thym

Romarin,

Basilic

Persil

Ciboulette

Estragon

Sauge (un pied faramineux…)

Oseille, plus on coupe, plus elle pousse

Menthe verte

Laurier (un arbre !)

Les fruits

Quatre pieds de framboisiers

Deux pieds de groseilles rouges

Un pied de groseille dite à maquereaux (vertes)

Deux rangées de fraises

Un pied de murier

 

potager-5.jpgJ’ai vu large pour tester ce qui marcherait bien dans les conditions d’exploitations requises. Bien entendu je n’ai fait que de petites plantations pour chacun de ces légumes.

Les échecs patents à ce stade de la saison :*

les radis, trop longs à pousser et donc immangeables.

Les cornichons ont séchés… fin de l’aventure.

Ce qui n’est pas si mal, pour le reste :

Les courgettes poussent encore et quatre pieds suffisent à notre bonheur (encore productif).

Les salades un sucés total, belle pousse rapide, un plaisir dans l’assiette, j’en suis à la deuxième génération en cours. Je leur accorderais beaucoup plus de place l’année prochaine. Je teste un semis à la volée de mâche de Nantes pour l’hiver.

Les petites pois (une planche), ont été un peu négligés un moment et n’ont donné qu’une récolte.

Les haricots nains, douze pieds, j’en suis à la 5ième récolte et ils sont encore couverts de fleurs et quel bonheur, fondants et parfumés à souhait.

 

Les oignons, je commence la récolte, taille moyennes, mais c’est encourageants, à renouveler en ajoutant des échalotes et de l’ail.

 

Les poireaux (40 pieds), déjà une récolte de petits poireaux, cuits à la vapeur et assaisonnés à la vinaigrette. Les autres après une petite coupe poussent vaillamment et se préparent à alimenter les soupes d’automne set d’hivers

 

Le concombre (juste un pied), il lui faut de la place pour courir. Deux beaux spécimens en début de saison, puis un début d’asséchement et une reprise avec le weekend dernier un concombre magnifique et trois autres en préparation.

 

Les poivrons (quatre pieds), ont fleuris, puis commencent à se former, c’est une bonne surprise, il faut attendre encore un peu pour voir jusqu’où ils iront.

 

C’est la même chose avec les aubergines, je n’y croyais pas du tout, d’autant plus que les pieds (trois) avaient tendance à sécher et les fleurs à tomber. Mais là aussi surprise deux aubergines se sont formées et poussent…

 

Pour les choux de Bruxelles et Milan, la croissance se poursuit, il faut attendre au moins novembre, décembre  pour savoir à quoi s’en tenir.

 

Les céleris raves (quatre pieds) le feuillage est très beau, j’attends encore deux à trois semaine pour en déterrer un et voir le résultat.

 

Même chose pour les betteraves, mais je vois déjà le col violet dépasser de terre.

 

L’artichaut (un pied) reste un mystère, toujours présents, sans plus.

 

Les navets ont été plantés, il y a peu, mais ils sont déjà en formation.

 

potager6.jpgJe réserve le plus beau pour la fin, les tomates (environs 20 pieds), je suis dépassé par les événements, la croissance a été forte, malgré mon élagage réguliers des gourmands, la production est énorme dans toutes les variétés, et surtout je n’ai jamais vue des tomates aussi grosses (jusqu’à 800 gr). Pas de maladies, ni de taches… et bien sûr nous avons commencé à les manger surtout en salade. Succès de table garanti, juteuses, charnues, parfumées, il faut juste un peu de sel et un filet d’huile d’olive. Pour la production à venir je ferai des conserves de sauce tomate. Il faudra à l’avenir que je soigne le tuteurage un peu mieux.

Les aromates, rien à dire, ils se développent harmonieusement et viennent enrichir salades et plats.

Les fruits : les framboisiers plantés à l’automne se sont bien développés en hauteur et commencent à produire leurs fruits, une belle récolte à venir, les fraises ont été décevantes, il faut que j’imagine un emplacement propre qui leur soit dédié. Les groseilliers sont encore petits et le pied de murier a donné quelques mûres.

Bref, le bilan est plus que satisfaisant et très encourageant. Il faut que je révise encore un peu la théorie, que j’agrandisse significativement la surface cultivée, que je la fume et continue à l’entretenir. Je crois que je vais rester sur un format classique à la paysanne. Mon regret ? Ne pas avoir planté de pomme de terre.

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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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