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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 17:03
Parenthèses imaginaires.

Voilà un village de vacances atypiques, au creux des collines de Milhac-de-Nontron et au cœur du Périgord vert, … propice à la rêverie, au repos et ouvert sur un milieu naturel sauvegardé, qui mérite que l’on s’y attarde un peu. C’est aussi une belle histoire de reconversion professionnelle et de sauvegarde d’un pan du patrimoine naturel de la Dordogne.

Parenthèses imaginaires.

Un peu d’histoire.

Avant de devenir Parenthèses imaginaires, le lieu connu son heure de gloire sous l’appellation Les Fontaines. C’est un certain Henri Brives, qui en plein mai 1968 décide, en amoureux de la Dordogne de créer ce vaste village de vacances. De 1969 à 1999 ce paradis de repos et d’activités de pleine nature voulu par Henri Brives, se développe et connaît un grand succès. Pendant quarante années, des milliers de vacanciers vont y venir s’y ressourcer.

Mais la nature n’est pas toujours reconnaissante et peut se rebeller contre ses zélateurs. Décembre 1999, une tempête historique balaye la France et détruit tout sur son passage. Et sur son passage il y a ajustement le village de vacances les Fontaines qui prend de plein fouet la bourrasque. Il faudra reconstruire. Ce sera fait, mais le village va péricliter et son fondateur disparaître.

L’histoire n’est pas finie.

C’est de la rencontre entre la fille de Henri Brives et Stéphan Pelletier que le site, tel un phœnix, va sortir de sa torpeur progressivement avec beaucoup d’ardeur, d’imagination, de travail, et de nombreux amis. Août 2010, sur une plage le couple imagine pouvoir … le faire, comme en échos à mai 68. Il s’agit de trouver le concept, 1 000 questions, 1 000 obstacles, un site de 27 hectares en ruine envahi par la végétation.

D’abord, vient les Parenthèses enchantées qui en octobre deviendront les Parenthèses imaginaires. La nature se marie avec l’art et organise sa rencontre avec les êtres humains.

Quelques actes forts, Stephan quitte son emploi, vend sa maison été 2012 et rejoint sa compagne dans le Périgord vert.

Avril 2014 « Parenthèses imaginaires » ouvre ses portes et affronte sa première saison qui s’achèvera le 2 Novembre 2012, Pâques 2015 le site ouvre à nouveau …

Pour vous poètes, sportifs, rêveurs, famille, couple d’amoureux …

C’est un pays vert composé d’un petit vallon traversé par un ruisseau aux rebonds lascifs d’étangs à étangs. Regardé de part et d’autres par de douces forêts tapissées d’osmondes royales et de fraises des bois le moment venu et d’une symphonies de plantes et arbustes qui colorient l’horizon au fil des saisons : genêts dorés, aulnes et bouleaux blancs et gris, houx aux baies rouges, peupliers et chênes majestueux auxquels répondent les pins et les châtaigniers.

Dans cette cathédrale, les bruits éphémères des hôtes des bois percent parfois le silence de la contemplation : en parade les pics verts toquent au bois, puis le doux bruissement des tourterelles amoureuses passe comme un souffle, la grive musicienne fait entendre son chant harmonieux, enfin ce sont les jaillissement des mésanges bleues et jaunes, des bouvreuils rouges et noirs, des sitelles torchepots au autres troglodytes, dont le mignon… parmi eux règne aussi l’écureuil rebondissant à la tombée de la nuit et qui, rareté suprême croisera son cousin le loir gris.

Plus rarement le chevreuil et le renard frôlent les sous bois, évitant le sanglier ombrageux et surtout le train altier du cerf …

Pour les plus heureux ce sera la rencontre d’une salamandre noire et jaune qui vous fera cadeau de sa sortie humide. Les rives des étangs feront entendre le concert incessant des grenouilles, avec un peu plus loin les sauts de quelques poissons. Les demoiselles, petites libellules aux tons bleus, ors et verts virevoltent ici et là.

Sur les rives des ces eaux calmes, propres et peu profondes le magnifique Martin-Pêcheur y fait son marché.

Une chance, ici les moustiques ne font pas de long feu, tant les chauves souris, d’un ballet incessant la nuit venue se gavent de tout ce qui vole, les chouettes et hiboux donnant l’assaut final.

Enfin, il ne faut pas oublier ces couples d’engoulevent qui croisent les cieux au coucher du soleil sur des étangs plats et lisses aux reflets d’argents.

Pour vous accueillir.

Tout est insolites … à l’accueil c’est la « cabane qui dit bonjour » qui vous renseignera. Ici pas de maisons dans les arbres, de roulottes ou de yourtes, mais des cabanes capricieuses, bavardes, rêveuses ou rebelles, coquines … les pieds dans l’eau ou plus encore … terrestre.

J’ai fait un rêve …pour en savoir plus et qui sait … réserver :

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 11:41
Monument Valley
Monument Valley

Je participe à un concours photo, venez me donner un coup de main en votant.

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 12:52

Qu’il est loin le souvenir du Ministère du Temps Libre avec son objectif de faire partir un plus grand nombre de Français en vacances, sur les traces de Léo Lagrange., l’emblématique sous-secrétaire d’État aux sports et à l’organisation des Loisirs du Front populaire en 1936.

Selon le cabinet Protourisme, seuls 41 % des Français sont partis en vacances en 2013, ils étaient, en 2012, 45 %, soit une baisse de 4 points, la plus forte constatée depuis quinze ans.

La crise… a donc amené deux millions et demi français à renoncer à s’offrir des vacances (courts séjours payants).

En reprenant la définition même de la direction du tourisme, ils sont donc 29,5 millions de Français (adultes et enfants) à avoir séjourné au moins une nuit dans un hébergement payant l’an passé.

Ces niveaux, sont hélas, un record qui exprime à quel point les Français sont touchés par la crise :

- pour les foyers aux revenus supérieurs à 3 500 euros, 75 % se sont offert un hébergement payant d’au moins une nuit, en recul de 2 points par rapport à l’année 2012,

- pour les foyers aux revenus entre 2 500 euros et 3 500 euros, ils sont 56 %, le recul est de 1 point,

- pour les foyers aux revenus entre 1 500 euros et 2 500 euros nets, 38 %, le recul est de 4 points,

- pour les foyers aux revenus inférieurs à 1 500 euros, ils sont seulement 23 %, le recul est de 2 points.

En 2013, un sondage de TNS Sofres pour l’observatoire des loisirs avait déjà donné la tendance, six Français sur dix annonçaient préférer s’offrir des loisirs et des « petits plaisirs » tout au long de l’année que de s’octroyer des vacances une fois l’an en économisant 11 mois de l’année.

Le sondage les annonçait à 48 % prêts à partir en vacances, la réalité sera un peu inférieure : 45 %.

Certes, la France reste, à ce jour, la première destination touristique au monde, en accueillant 83 millions d’étrangers, mais elle prend une pente fatale. Parc d’attraction patrimoniale mondial, la France en exclut de plus en plus les sien.

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:01

San Francisco est une ville en attente, on la sent suspendue, éparpillée. Elle est san-francisco-vues.jpgd’essence gracquienne, Julien Gracq aurait pu en faire une de ses destination littéraire, lui qui a travaillé sur « la forme d’une ville ». Peut-être aurait-il pu en lever une partie de ses mystères. Sa découverte est un événement, là aussi au sens que met Julien Gracq dans ce mot, un évènement, non pas un fait qui se pose là dans son insolente certitude, mais quelque chose de l’ordre de l’incident, de l’aventure, de l’épisode… On n’en sort pas indemne. Quelque chose est arrivée…

Oui, ce sentiment de l’exceptionnel, ne peut rendre à lui seul la force du sentiment éprouvé. C’est l’arrivée finale, le lieu, l’endroit et pourquoi pas la ville où je devais inévitablement me trouver, ne serait-ce que le moment venu. Pas d’hébétudes, d’indolences, ni de troubles quelconques, mais la connaissance intime, intérieure d’une vérité rencontrée. Toute ma vie, ce qui faisait mon essence profonde, chaque apprentissage, chaque découverte trouvaient leur légitimité d’un seul coup, comme cela d’un simple regard sur la ville.

San Francisco inspire le sentiment de la pause, de l’escale. Un port elle fût, un port pour les âmes en vagabondages elle reste. Est-elle mystérieuse ? Pas tout à fait, juste un peu vaporeuse, elle donne le sentiment d’abonder, au contraire de promesses. San Francisco reste encore empreint de son histoire, au XIXe siècle, à ses débuts, elle n’était qu’un amas de tentes et de baraque en bois que prolongeait un océan de bateaux à perte de vue. Juste un début de landes et de collines abandonnées qui s’offraient aux yeux du voyageur.

Je vois encore la « folie » de ses collines se bousculer sur un si petit promontoire pour prendre leur place, « exister » semble-t-elle murmurer. Ville à priori San-francisco-musee-de-Young.jpgimpossible, ville inaboutie, et pourtant ville tout court ! Je ferme les yeux, je suis en haut de la tour du musée de Young, dans l’embarras de ce panorama infini, je sens les forces telluriques à l’œuvre et les esprits qui ont nourri cette terre de leurs créations et de leurs désirs. Mes pensées s’égarent dans des pérégrinations incertaines… je remonte le passé et je sens la proximité sauvage de ce qui fait San Francisco…

Ville fatigante, éprouvante, je monte et je descends, je m’enivre de ces secousses. Je sens sous mes pieds l’histoire des incendies et des tremblements de terre, la dévastation n’est pas loin, mais le sentiment de la renaissance plane à jamais sur ces terres bénies. Ville fragile, posée là au hasard des voyages de colons à la recherche de leur Eldorado et de leur Eden.

Ville patchworks, nécessairement, elle est l’aboutissement  de destins bâtards et hasardeux qui se confondent et dont les gênes construisent ainsi un monde au hasard de leurs mémorances. C’est un peuple de souvenirs qui se met à l’ouvrage dans une nuit qui s’étend sans ombre, véritable et authentique.

Ville liberté, où ses entrailles ne sont pas des ventres repus, mais de nombreuses et folles sédimentations de sentiments contradictoires. Les pas peuvent s’égarer en toute liberté, sans entraves. Celui que je ne suis pas n’est pas très loin de moi, d’une rencontre improbable la ville fera un festin d’entrevues festoyantes.

Ville façade, chaque pas est une aventure qui se doit, se mérite. Les maisons se répètent et s’égosillent dans un murmure incessant, bleues, roses, jaunes pâles, elles semblent se serrer dans un empressement serein, aux seuls fins d’accueillir la suivante qui ne manquera pas de venir à son tour ; Leur murmure est un appel au foisonnement.

Aux façades répondent de vastes avenues et des rues qui s’entrecroisent selon un plan inconnu. Rectangles et carrés dominent cette architecture, parfois fastidieuse à la régularité monotone. Mais cette uniformité n’est qu’un semblant, un geste juste san-farncisco-la-plage.jpgposé-là qui d’un seul coup conduit à une grève insensée, la ville est là, installée sur le bout des lèvres d’une promesse venue de l’océan, du Pacific.

Plages immenses qu’agite un rivage de soubresauts, plages dorées par une lumière de fin du jour, douce et parfumée     d’où montent les brumes froides et ondoyantes qui finissent par peupler la ville d’un linceul provisoire. Celui-ci va et vient, sa mécanique est obscure, mais il occupe les pensées des habitants de San Francisco et ceux qui y viennent là, pour chercher à comprendre cette fin probable de l’histoire.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 15:51

Les français sont le premier groupe de touriste étranger à visiter la Californie. san-francisco-chercheur-d-or.jpgSan Francisco, après Londres est la ville qui comprend la plus grande communauté française. Ils seraient  de 70 000 à 100 000 à San Francisco. Etudiants ou travailleurs ils ont fait un choix parfois temporaire, le plus souvent définitif. Le charme exceptionnel de la ville, la baie, l’océan Pacific et les grands parcs opèrent presque instantanément sur l’esprit du voyageur.

Les jeunes populations sont les plus captives. La ville regorge de lieux à leurs mesures et d’évènements incroyables. L’un d’entre eux a lieu chaque année à Pâques, il consiste en une phénoménale descente de tricycles sur Lombard Street, plus excentriques les uns des autres. Le quartier français n’y est pas bien important, contrairement aux autres nationalités. On le surnomme parfois Little France. C’est un espace qui se situe le long de Bush Street et autour de Belden Place et Claude Lane. Il comprend surtout des cafés, des restaurants et des hôtels.

Mais les français n’ont pas le réflexe de se concentrer urbanistiquement, ils se noient dans la ville, ils s’y confondent. Plusieurs repères sont nécessaires : le Minna, un mixte de bar, galerie d’art et boite de nuit est l’un des points fixes où se retrouvent les jeunes français, qui se trouve dans Downtown, à deux pas du Financial District. Ensuite il existe aussi des French Tuesday, soirées plutôt chics où se donnent rendez-vous les français les plus branchés. Selon Le Chronicle, principal journal de San Francisco, il y aurait une cinquantaine de restaurants français (Le Café Tartine, la Fringale, le Ticouz, le Garçon French Restaurant, le Café Claude,Le Florio Bar & Cafe  …).  Comme souvent à l’étranger, le 14 juillet est l’occasion de se rappeler à sa citoyenneté. C’est au Café de la presse que revient le soin d’y célébrer notre fête nationale, sur Belden Place, entre Plouf et le Café Bastille.

Le consulat de France recense environ 1 500 étudiants inscrits dans les universités de Berkeley ou Standford… ce sont aussi 8 000 français qui travaillent dans la Silicon Valley.

Mais ce temps présent est loin de refléter la réalité historique et l’importance que la communauté française joua dans l’établissement de la ville. La petite France, comme on dit couramment occupait dans le passé une zone géographique bien plus importante, que le quartier chinois contiguë n’a eu de cesse de grignoter. Ainsi existait-il un grand magasin City of Paris qui connut un succès notable jusqu’à sa disparition en 1981, on y visite encore la verrière centrale du magasin.

On ne peut passer sous silence  l’église Notre-Dame-des-Victoires, qui date de 1856. Mais passablement détruite par le grand tremblement de terre de 1906, elle fut entièrement reconstruite en 1908. C’est aussi un rendez-vous important, chaque dimanche matin, on y célèbre une messe en français.

Au départ la baie de San Francisco fût espagnole du XVIIe au XVIIIe siècle. C’est à partir de 1776 que les colons espagnols ont commencé à bâtir la ville, essentiellement un village de toiles dans un premier temps au milieu duquel trônaient le Presidio et la mission espagnol (construite par Juan Bautista de Anza). Mais c’est déjà en 1741 que la première ruée sur le site se produit à l’initiative de navigateurs russes qui y trouvent nombre de fourrures de loutres de mer. Ceux-ci descendaient de l’Alaska pour peu à peu s’intéresser à la côte californienne. Ce sont les espagnols qui, les premiers, mirent fin à cette tentative russe en s’implantant sur la baie. Puis les anglais firent une percée en la personne de James Cook.

Les français franchissent le seuil en la personne d’inconnus : Pedro Prat, qui sera le chirurgien de l’expédition espagnol de Juniero Serra en 1769 et Pedro Roy (de Lorient) dont les archives indique qu’il sera le parrain d’un indien. Mais c’est en 1786 qu’il faut attendre l’arrivée du célèbre François Galaup de la Pérouse qui jette l’ancre dans la magnifique baie de Monterey au sud de San Francisco. Son récit de voyage démontre qu’il passa devant le promontoire de San Francisco et sa baie sans voir ni l’un ni l’autre, déjà cachés par une brume tenace. C’est donc un gouverneur espagnol qui lui fit un chaleureux accueil à son escale à Monterey, alors capitale de la Californie

La description de La Pérouse du site est enthousiaste : « "Nul pays n’est plus abondant en poisson et en gibier de toutes espèces"…, …"Nos cultivateurs d’Europe ne peuvent avoir aucune idée d’une pareille fertilité"…, parlant de la baie " couverte de pélicans, et emplie de baleines. On ne peut exprimer ni le nombre de baleines dont nous fûmes environnés, ni leur familiarité ; elles soufflaient à chaque minute à demi-portée de pistolet de nos frégates, et occasionnaient dans l’air une très grande puanteur." .

Cette arrivée de La Pérouse, avec son prestige et sa notoriété marquera les esprits en France. Le reporter de l’époque Gaspard Duché de Vancy, qui était l’artiste officiel de l’expédition fit un compte rendu magnifique de la réception de la Pérouse et de son entourage par la mission, franciscaine de Carmel, livrant à l’histoire la toute première image de la future Californie.

Il faudra presqu’une quarantaine d’années pour que les premières voiles françaises fassent leur apparition et que les colons français débarquent de toutes sortes : marins officiels ou déserteurs, trappeurs, baleiniers, artisans et commerçants. Le métissage est déjà à l’œuvre, la plupart arrivent célibataires et fondent leur famille sur place. C’est le Mexique qui contrôle alors la région, et son gouvernement facilite cette émigration en octroyant assez facilement des concessions de terre. Cette arrivée française se fait massivement sur Los Angeles, Monterey, Santa Barbara…

Mais du côté de San Francisco, tout reste à faire pour les français. On note tout simplement l’établissement de Victor Prudon sur un petit lopin de terre, avec juste une cabane en 1839. C’est à cette époque que les capitaines Abel Aubert Dupetit Thouars et Cyrille Pierre Théodore Laplace abordent la baie de San Francisco avec La Vénus et l’Artémise. . Leur description est éloquente : "Qu’on se figure un immense lac d’eau salée, séparé de l’océan par de hautes falaises et ne communiquant avec ce dernier qu’à la faveur d’un canal, large à peine de quelques centaines de toises et assez profond pour donner passage aux plus forts bâtiments." Cette petite Méditerranée, est un bassin "assez vaste, assez profond pour contenir à l’aise toutes les flottes du monde !"

Second chroniqueur connut de l’histoire, Edmond Paris, lieutenant de cette expédition fait quelques croquis qui rendent déjà compte du déclin de la mission espagnol.

Les années 1830 et 1840 sont celles d’une déferlante française qui se fixe et se convertit au mode vie local alors que l’Espagne perd définitivement pied, ceci au milieu d’un cosmopolitisme absolu, la Californie s’ouvre au reste du monde.  

Parmi cette population, hybride, un français surgit Louis Pichette, il franchit l’obstacle des montagnes en 1821. Autre nom français célèbre et controversé de cette période trouble, Michel Laframboise, ce trappeur canadien français avait pour base l’Orégon et faisait des incursions accompagné d’importants équipages, pour piller généralement la fourrure 

Le Général Sutter relate les intrusions du trappeur dans son territoire baptisé Nouvelle Helvétie : "J’ai défendu à Laframboise à pêcher le Castor mais malgré cela il fait tout ce qui lui plait…. Ils font ce qu’ils veulent parce qu’ils sont cette fois 60 hommes, et cela est assez pour ruiner le Castor tout à fait ; parce qu’ils sont si forts, ils font ce qu’ils veulent et ne respectent pas du tout les Ordres du gouvernement et je peux vous assurer que mes Vaches sont en grand Danger car avec ces 60 hommes il y a au moins 40 femmes et une quantité d’enfant et des chiens et tout cela veut manger…" C’est le début de la légende du Grand Ouest américains. Près de Stockton, Laframboise organise une petite ville dite de French Camp, où s’organisent les premiers marchés d’échanges de fourrures contre de la nourriture, des chevaux et des armes.

Joseph Yves le Limantour est un, breton célèbre, qui posséda longtemps une large partie de San Francisco. Jean-Jacques Vioget fit en 1837 la première peinture de San Francisco qui s’appelait alors encore Yerba Buena. Témoignage exceptionnel puisqu’on y voit les collines encore sauvages avec en tout et pour tout deux maisons : Celle de William A. Richardson et de Jacob Primer Leesse.

Deux ans plus tard, notre aquarelliste s’installe dans la maison de Jacob Leese et parcourant les collines à cheval, il fit le premier relevé topographique du site.  On lui doit un second compliment pour y avoir créé la première taverne. Possédant de nombreuses terres, ce suisse-français s’enrichit considérablement dans ce qui allait devenir la ruée vers l’or.

C’est par le traité de Guadalupe Hidalgo que les Etats-Unis achètent la Californie le 2 février 1848 au Mexique. Dans la foulée Johann Sutter, suisse allemand découvre de l’or sur ses terres… c’est la ruée à laquelle participent de nombreux français, on les estime alors à vingt-cinq mille. C’est considérable, ils prennent l’habitude de se regrouper dans les rues dites Montgomery et Commercial, surnommées French Town. La ville pousse, on comble les abords de la baie pour mieux s’établir. On construit, les espaces se définissent en fonction de leur usage économique, social, politique et très vite ethnique.

Revenons à Jean-Jacques Vioget, on le surnomme à l’époque Don juan Vioget. Il incarnera l’esprit et le costume californien : courte veste bleue, pantalons noirs, épaisse moustache. Il fait des émules : Don Luis, un bordelais du nom de Jean-Louis Vignes fonde les vignobles californiens, en améliorant les cépages  des franciscains. En 1851 à la tête du vignoble El Aliso il produit 1 000 barils par an de vin, mais aussi des oranges et des pêches.

La Meuse fut le 1er navire en provenance directe de France qui atteint la baie de San Francisco le 14 septembre 1849. Puis ce sont des dizaines de navires français qui se suivent, le spectacle est insolite, un encombrement incroyable de bateaux jetés, pèle mêle, dans la baie, et une mer de tentes sur le rivage.

Voilà le témoignage d’un français participant à cette épopée :

« Peu à peu, l’horizon s’élargit, à travers la forêt de mâts, nous apercevons une partie de la ville et les camps d’émigrants établis sur les flancs de la montagne qui domine la baie, l’océan, le goulet et la presqu’île où s’élève San Francisco inconnue, déserte, il y a deux ans ; aujourd’hui couverte de maisons en planches, en tôle, de toutes formes et de toutes grandeurs, de tentes de toutes couleurs, s’étageant en amphithéâtre, abritant une population d’aventuriers, de vagabonds, de banqueroutiers, de repris de justice, de marchands, de banquiers, de marins déserteurs, de croupiers, de gens sans nom, sans patrie, clairsemée d’honnêtes chercheurs d’or, ouvriers ou spéculateurs venus de toutes les parties du monde. C’est donc en face, et à deux kilomètres de ce grand champ de foire cosmopolite, au milieu de 300 navires, arrivés, arrivants, forcés de stationner pendant de longs mois après le déchargement, faute de frêts et de matelots qu’à 5 heures 1/2, aujourd’hui 14 décembre, la Cérès jette l’ancre. »

San Francisco pousse encore, restaurants, cafés et maisons de jeux se multiplient. Les français sont essentiellement banquiers, importateurs et courtiers en gros, marchands au détail, artisans, médecins, mais aussi spéculateurs et manœuvres.

La communauté française est importante, elle acquière une renommée spécialement dans : la restauration (bien sûr), l’importation de vins (déjà), la coiffure, le commerce des fleurs… arrive alors le spectacle, et l’on attribue à un français la première représentation, théâtrale, en décembre 1849 par Jules de France et un acteur dénommé Jourdain. C’est une communauté essentiellement d’hommes qui s’installe, rejoint dans la foulée des salles de jeux et bars de toute sorte par les premières femmes : croupières, femmes dites galantes et actrices… le petit peuple des commerçants et artisans commence à avoir lui de son côté des épouses, essentiellement françaises.

Dans ce tournoiement passionnel et virevolté surgit encore un autre français célèbre de l’histoire de San Francisco, c’est Joseph-Yves Limantour. Face à cette ruée humaine, avide en terrains, il fait valoir ses droits sur la presque moitié de la ville, soit 17 756 acres ! Certains payent, d’autres non, les procès s’enchainent, il finira par perdre en 1858, lorsque la commission fédérale d’examen des titres lui donnera tort.

La ville s’installe de plus en plus durablement et les villages de toiles laissent la place à de jolies maisons en bois. Mais la ville est encore un centre de trafic, livré à la violence. En 1856, on relève la constitution d’un Comité de Vigilance chargé de remettre de l’ordre, 200 français y participent. Ils s’attaquent à tous les métiers. Les français réussissent plutôt bien et occupent le haut de la bourgeoisie naissante.  On cite quelques noms célèbres comme Abel Henri Barthélémy Guy (Banquier), les frères Sabatiè et surtout François Alfred Pioche avec Jules Barthélémy Bayerque qui vont fonder une très importante banque.

Alfred Pioche est un exemple, c’est le 20 février 1849 qu’il débarqua dans le port de San Francisco. C’est un pionnier, il a tout juste 32 ans. Il débute comme commerçant en ouvrant une boutique à Clay Street de produits français. Cette activité lui réussit bien. C’est dans cette période, entre 1849 et 1851 que le nombre de français passera de 12 à 20 000 ! Il fait fortune et fonde ainsi la Pioche Bayerque & Co. Mais lancé aussi dans l’immobilier il investit et ouvre de grand chantier de déboisement pour créer des rues et des maisons dans le quartier qui deviendra celui de La Mission et la Hayes Valley. Il obtient en 1857 la concession d’un chemin de fer et construit en 1860 la ligne de Market Street Railroad.

La réussite de ces français conduit le gouvernement de Paris à ouvrir un Consulat en 1850 à San Francisco. Le premier consul français fut Louis Gasquet, d’abord établit en 1845 à Monterey. Jacques Antoine Moerenhout lui succède et contribue à répandre en France la ruée vers l’or.

Le vingtième siècle s’ouvre  sur une large cité.  François de Tessan s’exprime ainsi en 1912 : "Naguère, nos compatriotes étaient réunis dans un quartier d’un caractère nettement particulariste. De même, il y avait la colonie espagnole, où se rencontraient Mexicains, Chiliens, Péruviens hispano-américains et de véritables Catalans ou Andalous… et les Italiens aussi avaient conquis tout un district. La ville nouvelle a disséminé ces colonies ou les a obligés à fusionner plus ou moins avec les Américains. Seule la Chinatown a gardé intégrale son originalité asiatique.… Le charme de San Francisco réside dans cette étrange mêlée des races - mêlée audacieuse qui se poursuit dans l’admirable décor dont la baie est l’ornement le plus grandiose. Sans peine on pourrait abriter là toutes les flottes du monde. S’étendant sur 677 kilomètres carrés, elle offre dans l’échancrure même, au bord de laquelle se dresse la reine du Pacifique, un champ de 22 kilomètres carrés dont la profondeur va de 8 à 90 mètres. Les rivières de Sacramento et de San Joachim, navigables pour les bateaux d’assez fort tonnage, complètent harmonieusement le système des communications par eau."

Texte inspiré des travaux de Claudine Chalmers et Annick Foucrier sur l’histoire de la Californie française.

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 15:50

 

AméricainsLes réactions à mon début de « carnet de voyage dans le Grand Ouest américain » ont suscité des réactions d’adversité et de rejet des Etats-Unis qui me laissent perplexe… C’est un sentiment largement partagé, dans le milieu bobo parisien (qui est le mien). Chaque élection présidentielle aux Etats-Unis apporte son lot de commentaires désobligeants, avec la sempiternelle sentence définitive : « les américains sont des gros cons ».

 

Et tout y passe, dès le 17e siècle l’activité exterminatrices des colons avec les populations locales, les indiens en l’occurrence. La violence, bien sûr, la floraison d’armes à feux, la constitution des Etats-Unis  qui autorise ces armes à feux. C’est le deuxième amendement qui garantit à tous citoyens américains de porter des armes (Bill of Rights). La violence sociale à l’égard des minorités. Les anciens G.I.’s, vétéran de la guerre du Vietnam abandonné sur le macadam, l’esclavage pas si vieux que cela, la crise qui engendre aussitôt le déclassement social.

 

Mais il y a aussi le libéralisme économique qui tue, la référence aux fameux Chicago’s Boys de Milton Friedman, la contamination de ces idées perverses en Europe. Le travail de sape pour ruiner la protection sociale et les acquis du Front Populaire en France.

 

Les Etats-Unis ignorerait la protection sociale que ce soit les retraites où la santé, mais aussi le coût exorbitant de l’éducation. Les salariés ne connaissent ni les congés payés (très réduits en fait) ni un code du travail qui les protégerait des patrons. Embauché du jour au lendemain, certes, mais virés aussi le soir même.

 

Bref cela tonne, cet impitoyable exercice de procureur, se fait sans que la parole soit donnée à la défense. Mais les français sont-ils les mieux placés pour instruire un tel procès ? Que ce soit dans le passé ou dans le présent il y aurait beaucoup à dire et à raconter. Il n’y a pas de quoi être fier de la société française d’aujourd’hui et je ne vois pas en quoi nous serions la lumière capable d’éclairer le monde.

 

La démocratie française est très récente, nous n’avons donné le droit de vote aux femmes qu’à la Libération alors que les américains le faisaient en 1920. C’est le président Wilson qui fit ce pas de géant. Certes les luttes actives d’Alice Paul et Lucy Burns, ainsi que le National Women Party avaient fait le nécessaire (voir le magnifique film Iron Jawed Angels). Il faudra attendre l’ordonnance du 21 avril 1944 pour qu’en France les femmes (et les militaires) votent pour la première fois aux élections municipales le 20 avril 1945. Quel beau pays !

 

La proclamation de l’Indépendance et de la république, a lieu le 4 juillet 1776, bien avant 1789. Si les pères fondateurs se sont inspirés du siècle des lumières en Europe, ils ont aussi puisé dans les racines de la Glorieuse révolution de 1688 en Angleterre. Nous mettons volontiers en avant nos propres penseurs : Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau, mais c’est vite oublié de que des Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Thomas Paine, Samuel Adams,  Robert Livingston mais aussi John Locke en Angleterre ont eux aussi largement contribué à édifier la notion de République, d’Etat de droit, et de Libertés individuelles…

 

C’est seulement seize ans plus tard le 21 septembre 1792 que les députés de la Convention, proclament l’abolition de la Monarchie en France. Ils ne proclameront jamais directement la république mais dès le lendemain ils décident de dater tous les actes de l’An 1 de la république.

 

Quand à revenir sur « ces gros cons d’américains » … on peut noter plus subtilement  que la critique vise à pointer la culture américaine comme une sous-culture, héritière d’une grand culture européenne (principalement britannique, allemande et française…). Il est vrai que le « nouveau monde » ne date que de seulement deux siècles… est-ce pour autant qu’il ne faut la voir que comme un sous-produit hégémonique imposés de force au monde entier avec comme seul symbole la bannière étoilée, la tarte aux pommes et la batte de baseball ?

Mais vraiment est-il nécessaire de rappeler, ne serait-ce que fugitivement, que les Etats-Unis d’Amérique loin de seulement copier ont eu de grands créateurs dans toutes les disciplines et qu’en 200 ans ils ont largement rattrapé leur retard en produisant :

 

La littérature.

Erskine Caldwell publie Le petit Arpent du bon Dieu en 1933, John Steinbeck Les Raisins de la colère, publié en 1939, reçoit le Prix Pulitzer en 1940. Malgré la période noire du maccarthisme, Arthur Miller écrit et fait jouer Les sorcières de Salem. On peut citer, mais il y en a tant …Ernest Hemingway, James Fenimore Cooper, Edgar Allen Poe, Margaret Fuller, Mark Twain, Edgar Rice Burroughs, Jack London , Ezra Pound, Howard Philips Lovecraft, F. Scott Fitzgerald, John Dos Passos, William Faulkner, Anaïs Nin, Eugene O’Neill, Paul Bowles, Tennessee Williams, Isaac Asimov, Ray Bradbery, Sam Shepard, Paul Auster,   etc… 

 

Le cinéma.

John Ford adapte au cinéma les raisins de la colère et en fait un chef d’œuvre de l’histoire du cinéma. Richard Llewellyn, lui réalise  Qu'elle était verte ma vallée, autre grande référence cinématographique qui retrace la vie des mineurs du Pays de Galles. L’immense Charlie Chaplin avec Le Dictateur en 1940 et Les Temps modernes en 1936, entre autre. Franck Capra, bien sûr avec Vous ne l'emporterez pas avec vous (1938), Mr. Smith au Sénat (1939).

 

La musique avec George Gershwin, mais c’est aussi l’invention du jazz, du Ragtime, du Rapp, du Négro Spiritual et du Gospel, la musique Country, le Blues, la Soul et le Funk, le Rock en Roll et la Pop Music

 

L’architectureavec immense Frank lloyd Wright, et Richard Buckminster Fuller, James Wines, Frank Gehry, I. M. Pei, Pietro Belluschi…

 

Mais il faudrait aussi traiter les peintres, les sculpteurs, les photographes etc…

Enfin je ne peux que conseiller la lecture de l’excellent ouvrage de Frédéric Martel De la Culture en Amérique qui fait plus que relativiser l’appréciation peu flatteuse des français à l’égard des américains. Le livre est une bombe dans les milieux intellectuels en France, la preuve par quatre est faite que les américains ont développé un mode d’organisation culturel tout aussi efficace, si ce n’est plus que notre système étatique et interventionniste. Quelques chiffres comme repère :

 

- Nombre d'artistes (2002) : 2 millions, soit plus qu'en Europe39 (ce chiffre comprend - les acteurs, les musiciens et les écrivains)

- Nombre de bibliothèques : 120 000 (soit un des plus hauts taux au monde par habitant)

- Nombre de musées : 17 500 (dont 1 000 musées d'art)

- Nombre de compagnies de danse professionnelles : 250

- Nombre d'orchestres symphoniques : 1 800 (dont orchestres permanents 900, dont - orchestres professionnels 350)

- Nombre de compagnies d'opéra : 96

- Nombre de théâtres professionnels à but non lucratif : 1 270

- Nombre de théâtres communautaires (Noirs, Hispaniques, Gays...): 7 000

- Scolarisation 2e degré pour 100 (en 2003) : 85,3

- Scolarisation 3e degré pour 100 (en 2003) : 81,4

- Pourcentage d'une classe d'âge entrant à l'université : 81 % (contre, 54 % environ en France sans compter les CPGE, les IUT/BTS et autres formations non universitaires) [Chiffre Unesco, 2001-2002]

- Nombre de téléviseurs pour mille habitants (en 2003) : 938

- Livres publiés (titres) (en 2006) : 150 000 (dont seulement 1 500 environ en traduction soit près de 1 %)

- Pratiques culturelles des Américains de plus de 18 ans en 200239 : 40 % ont fait une sortie culturelle dans l'année (hors cinéma : foire, concert de rock, artisanat)

- 3 % sont allés à l'opéra

- 12 % sont allés au théâtre (hors comédie musicale)

- 11 % sont allés à un concert de jazz

- 27 % ont fréquenté un musée d'art

 

Bon… on peut zapper et retourner à une investigation plus nuancée et plus balancée de la société américaine, vue du côté du Grand Ouest ?

 

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 14:03

San-francisco-Fisherrman-wharf-copie-1.JPGLa première journée à San Francisco…je dirai presque enfin ! Car le point d’orgue de ce circuit Grand Ouest américain reste pour moi la rencontre avec San Francisco. Ville fantasmagorique qui a nourrit pendant plus de 45 ans mon imaginaire et ma culture, l’attente fût longue, les rendez-vous plusieurs fois manqués.

Nous entrons dans la ville par le Sud, en provenance de l’aéroport international de San Francisco. Il n’est qu’à 12,9 km du centre de la ville. Par sa taille et son importance, il se situe juste derrière celui de Los Angeles pour la Californie et occupe tout de même la 23e place dans le classement mondial pour son trafic de passagers.

Nous quittons l’autoroute pour nous glisser dans la ville par la partie basse du port qui nous mène directement au Fisherman’s Wharf, littéralement le Quai des pêcheurs, ceux-ci ne sont plus qu’un lointain souvenir. L’        activité portuaire a quasiment disparu et se limite à accueillir dans sa partie basse les ferries qui communiquent avec l’ensemble de la baie. Le Ferry Building abrite le terminal de ces ferries et se situe dans le quartier d’Emabarcadero. Il a été construit et inauguré en 1898 sur le modèle de la tour Giralda (Séville, en Espagne). Sa haute tour surmontée d’une immense horloge est visible de tous les points dominants de la ville et donne ainsi un repère pour qui veut trouver le chemin du port.

San-Francisco-Ferry-building-copie-1.jpgAujourd’hui l’activité se concentre sur une nouvelle destination : le tourisme. La visite de l’île d’Alcatraz est au programme, ainsi que de nombreuses promenades dans la baie et jusqu’au Golden Gate. Et bien sûr la voile de plaisance qui connait cette année son couronnement avec l’accueil de l’American Cup. Il reste néanmoins une activité de croisière, le port accueille chaque année plus de 80 paquebots en route pour le Mexique ou l’Alaska.

Le port a conservé sa physionomie d’origine, à savoir un alignement de pontons (Piers) en bois, perpendiculaires à la côte, entrecoupé de vastes hangars servant à l’époque d’entrepôts. Jadis le port de San Francisco fût le plus important port de la côte occidentale, détrôné aujourd’hui, plus bas, par celui de Los Angeles et les cargos desservant désormais, à proximité, le port d’Oakland (en face de la baie).

Heureusement rien ne fût détruit et après une longue période d’obsolescence les hangars et les pontons retrouvèrent une activité et une destination. Avec la rénovation du port de Londres (les Docklands), celle de San Francisco est l’une des plus réussie au monde : bureaux, centres commerciaux, restaurants, musées et espaces d’exposition. Le Pier 39 est sans conteste le plus célèbre et a contribué à faire de Fisherman’s Wharf la 3ième attraction touristique des Etats-Unis, véritable point d’appui de la politique touristique de la ville, la 5e ville américaine en nombre de touristes étrangers accueillis.

Le Pier 39 est aussi fameux en raison des nombreux phoques et éléphants de mers, très démonstratifs qui donnent à toutes heures un spectacle très apprécié des touristes. L’autre attraction est sans conteste d’ordre gastronomique, puisque c’est là que se dégustent les crabes de Dungeness (un peu cher pour très peu de chairs…) et les clam chowder que l’on sert dans des boules de pain creusées.

Pour les désargentés, juste en face du Pier 39 il y a de nombreuses boutiques où tout cela s’achète à la volée avec un petit square, et des bancs pour déguster le plus simplement possible ces fruits de mer et en accompagnement un chanteur à la guitare, voir un orchestre. Pour les mieux lotis et plus exigeants, il y a de nombreux restaurants, réputés et dans les mêmes mains depuis plusieurs générations (Pompeii's et Alioto's #8,..). Le point central est sans conteste le Bubba Gump Shrimp Co. (39 Pier Ste M210, San Francisco, CA 94133-1023), tout au bout de la jetée avec une vue superbe sur la baie et l’île d’Alcatraz. Il doit sa célébrité à l’hommage permanent qui y est rendu au film Forest Gump. La décoration est originale et reprenant les habits, les photos et les citations les plus connues du film, celui passe en boucle sur de larges écrans vidéo. L’ambiance y est animée, on y fête visiblement de nombreux anniversaires, donc c’est assez Bruyant, même si on arrive à se glisser dans des places plus intimes en bordures des baies et de la vue.

san-francisco-vue-sur-le-port-de-la-coit-tower.jpgNe manquez surtout pas en sortant, juste à gauche le célèbre banc du film avec les chaussures et la boite de chocolat, mise en scène gratuite pour la photo souvenir. Bref je le recommande, malgré son côté restaurant de chaine (il existe de nombreux restaurants Bubba Gump Shrimp dans tous les Etats), la nourriture est typiquement américaine (éviter tout de même le crabe, beaucoup trop cher), l’ambiance chaude et la vue superbe. De bons souvenirs garantis.

Tout le quartier fourmille de boutiques de toutes sortes, véritable caverne d’Ali Baba regorgeant de bibelots souvenirs et vêtements à l’enseigne de San Francisco. Faut-il pour autant y faire ses courses ? Non c’est assez cher… mais si le temps vous manque tout y est.

Pour les amoureux sincères de la mer n’oubliez pas de passer au Pier 45 visiter la petite chapelle en mémoire des pêcheurs disparus de Californie.

Même si le Fischer’s Wharf est incontournable, il est néanmoins le quartier type à touristes… cela peut en rebuter certains plus à la recherche de l’authenticité… qu’ils trouveront sans peine en s’écartant rapidement de cette fourmilière.

Justement, pas très loin se trouve un autre point dominant qui mérite le détour : la San-francisco-Coit-tower.JPGCoït Tower… la manière la plus attractive d’y accéder consiste de faire l’effort d’y monter à pied, en traversant le quartier italien, puis une volée d’escaliers traversant un petit parc ombragé. Au pied du monument, après avoir repris son souffle, une vue circulaire sur San Francisco s’offre à vous du port jusqu’au Golden Gate. C’est un moment de grande paix et de belle sérénité.

Avant d’y accéder, un peu d’histoire pour mieux comprendre ce monument au nom si surprenant. Le bâtiment de 64 mètres de hauteur a été construit en 1933. C’est avec l’argent et la volonté d’un personnage haut en couleur Lillie Hitchcock Coit (la veuve d’un riche banquier) qu’elle fût bâtie à l’honneur des pompiers de San Francisco, dont elle était la marraine. C’est un personnage particulièrement excentrique doté d’une belle fortune. Son amour des pompiers remonte à son enfance, quant à l’occasion d’un important incendie, âgée de 15 ans elle prêta main forte aux pompiers, rameutant la foule autour delle. Sa rencontre avec le feu et surtout la très célèbre Knickerbocker Engine Compagny number five fit d’elle la mascotte des pompiers de San Francisco, au point qu’elle a été enterrée avec leur non moins célèbre casque. Elle fût reconnue comme pompier honoraire et paradait à pied ou à cheval dans tous les défilés de compagnies de pompiers devant la Knickerbocker.

San-Francisci-lillie-Hitchcok.jpgTelle George Sand en France, elle fumait le cigare et portait le pantalon à une époque où seule sa fortune pouvait la faire admettre dans la société californienne. Elle a laissé un tiers de son immense fortune à la ville de San Francisco qui fit construire la tour à son nom à l’emplacement d’un sémaphore qui reliât toute une ligne sur la côte.

Elle a servi de décors à plusieurs films, dont L’Inspecteur ne renonce jamais, et surtout pour le film tout aussi célèbre Sueurs froides d’Alfred Hitchcock.

Accessoirement, moyennant quelques dollars vous pouvez accéder à son sommet (par un ascenseur) pour atterrir dans une salle à ciel ouvert où se révèlera le même spectacle que 74 mètres plus bas… Il faut aussi noter, bien que peu intéressantes, les nombreuses fresques murales à l’intérieur représentant des scènes de la vie quotidienne de la baie.

Pour les très courageux, c’est à gauche en sortant, redescendant les marches de la volée d’escalier que vous tomberez sur le départ de la très longue Lombard Street, avec une paire de jumelle vous apercevrez, très au loin, les méandres fleuris de San-francisco-Lombard-street.jpgchrysanthèmes de la partie touristique de la rue. Cela descend fortement dans un premier temps, puis cela remonte, redescend et remonte fortement.

Mais c’est déjà une autre histoire.

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 13:52

Nourris plus qu’abondamment par la culture américaine, nous décollons de san-francisco.jpgParis, direction San Francisco pour un vaste programme de visites dans le grand ouest américain. Les figures mythiques sont nombreuses : San Francisco est une allégorie à elle toute seule, la Maison Bleue, le Golden Gate, les rues qui montent et qui descendent (Bullit..) le berceau du jeans avec Levi Strauss & Co, La Silicon Valley, l’Université de Berkeley,  le Grand Canyon, Las Vegas, Los Angeles, Hollywood, les plages de Santa Monica, Venice , Malibu, Santa Barbara … Impatience manifeste pour ce rendez-vous crucial avec l’imaginaire incarné….

Trois thèmes majeurs dominent l’imaginaire de Frisco.

Le film Bullit et Steve McQueen ont ancré dans l’imaginaire collectif les décors de San Francisco. La folle course poursuite de la Ford Mustang GT Fastback de 1968 est un grand classique de l’histoire du cinéma. Elle érige les rues de San Francisco en images mythiques connues du monde entier. Les images s’affolent et l’on voit en accéléré les paysages de Potrero Hills, les rues de Russian Hills, de Marina District, les rues sont à pic, on aperçoit les célèbres cable cars. En fond de décors surgissent Coit-Tower.JPGfantasmatiquement l’île d’Alcatraz, la Coït Tower… le mythe de Frisco est né au rythme pétaradant de la Mustang conduite par Steve McQueen et de la Dodge plus sourde, la musique de Lalo Schifrin répétitive, puis assortie de cuivre entêtants, appuie cette initiation.

La Maison Bleue, pour les français essentiellement, est un point de passage obligé. Cette chanson de Maxime Le Forestier a été un immense tube dans les années 70 jusqu’à s’ancrer définitivement dans le top 10 des chansons françaises éternelles. Il est vrai qu’elle résume tout un pan de l’histoire de San Francisco et de l’épopée La-maison-bleue.jpgHippies. Avec le peu d’argent gagné grâce à ses premiers succès, Maxime Le Forestier part pour San Francisco. Il a une adresse comme point de chute, il y restera plusieurs semaines, partageant la vie d’une communauté hippie au nom mystérieux de Hunga Dunga … De retour en France pour remercier les habitants de la Maison bleue il leur composera une chanson, sans imaginer que celle-ci allait connaitre une telle destinée.

C'est une maison bleue

Adossée à la colline

On y vient à pied

On ne frappe pas  

Ceux qui vivent là ont jeté la clé

On se retrouve ensemble

Après des années de route

Et on vient s'asseoir

Autour du repas

Tout le monde est là

A cinq heures du soir

Quand San Francisco s'embrume

Quand San Francisco s'allume

San Francisco

Où êtes-vous

Lizzard et Luc

Psylvia

Attendez-moi

Le Golden Gate est à San Francisco ce qu’est la Tour Eiffel à Paris, un signe emblématique. « La Porte d’or » est le pont suspendu qui relie la ville de San Francisco à celle de Sausalito, il franchit le détroit qui délimite la baie avec le Golden gatePacific. Long (1970 m.), large (30 m. et élevé (230 m.) il domine la partie haute de la ville. Souvent la brume venue du Pacific l’ondoie d’un voile flottant qui parfois masque certaines de ses formes. Il est le fantôme de la ville, le gardien des mystères, la porte éternelle qui s’ouvre sur le pouvoir de l’imaginaire. Sa construction a débuté en 1933 et s’est achevés seulement en 1937.

C’est le cinéma qui a contribué à l’édification de sa légende. Ce sont des dizaines de films qui ont pris appui sur son légendaire tablier et ses deux tours dressées. En1958, Hitchcock i s’inspire de son décor pour « Sueur froide », Mickael Jackson l’enrôle dans son clip «  Can You Feel It » en 1980 et le voile d’un arc en ciel. Tous les grands du cinéma s’y mettent, James Bond en 1985 dans « Dangereusement vôtre » mène un combat homérique au sommet même du pont, 1994 « Entretien avec un vampire » se clôt dramatiquement sur le pont, l’une des scènes les plus célèbres est sans conteste celle de « Rock » en 1996 où Nicolas Cage et Sean Connery, pilotant deux avions de chasse passent sous le pont avant d’aller larguer leurs bombes sur la forteresse d’Alcatraz.

Le cinéma s’acharne à le faire disparaitre : dès 1955 « Le monstre vient de la mer », il affronte une pieuvre géante qui finit par le détruire, dans « X-Men » Magnéto le défait avant d’accéder à Alcatraz, « Magnitude 10,5 »  voit son effondrement suite à un gigantesque séisme, « Fusion » ce sont les rayons micro-ondes du soleil qui le fond fondre, enfin le film d’animation s’en empare dans « Monstres contre Aliens » c’est un énorme alien qui le détruit en apothéose du film…

Mystique, il est aussi le point de passage : en 2011 « La Planète des singes : Les origines » l’armée des singes le traverse en sentier de gloire, en 2010 « Le livre d’Eli » les deux personnages centraux se retrouvent enfin sur le pont. 2000 c’est la sortie de « Boys and girls » il est le trait d’union entre les deux adolescents…

Modernité oblige, les jeux vidéo les plus célèbres s’en inspire comme le jeu Grand Theft Auto, Midtown Madness 2 ou encore Woman’s Murder Club et bien d’autres

Nombreuses sont les séries américaines en vogue qui épousent sa cause : « Sliders », « Monk », « Charmed », ‘Raven » et bien sûr les célèbres « Chroniques de San Francisco » adaptée du roman qui a fait le tour du monde d’Armistead Maupin.

La littérature, le cinéma, l’architecture, la peinture et la musique… ont accompagné mon existence et les Etats Unis d’Amérique y occupent une place de choix. La Californie est manifestement un peu plus importante dans cette mythologie que les autres états. L’histoire des pionniers, la construction du cinéma à Hollywood, la génération beatnik ont créé cette centralité. J’ai toujours rêvé fortement l’Amérique, elle fait partie de ma construction intellectuelle. Dans mon milieu de Bobos parisiens, cet enthousiasme est de mauvais aloi. L’Amérique c’est le Grand Satan pour nombre d’intellectuels, pseudo ou pas.

Qu’importe, moi je me laisse guider et porter par le rêve américain. Un vol low cost avec la compagnie Xl-airways, bien moins désastreux qu’annoncé, onze heures de vol tranquille, la jeune fille assise à côté de nous fait partie de notre groupe, les autres sont répartis dans le reste de l’avion. C’est au compte-goutte que notre guide à l’arrivée dénombre ses futures brebis. Les quatre derniers se font attendre… cela commence bien. Il faudra pourtant que ces 39 personnes prennent l’habitude de respecter la règle commune du rendez-vous.

C’est enfin parti, il est 18h25, nous sommes partis de Paris à 15h50, drôle de manière de remonter le temps. L’impatience est totale et ce sera la frustration, avec laquelle il nous faudra bien nous habituer à vivre tout au long de ce voyage. Le temps de sortir, il est déjà bien tard et c’est l’atterrissage dans un motel un peu sinistre à deux pas de l’aéroport, un repas d’une tristesse infinie et le Golden Gate à quelques miles, toujours invisible. La star se fera désirer toute la nuit, nuit infinie d’attente et d’avidité impatiente.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 13:36

Avant de rapporter plus en détail le contenu et les enseignements de ce voyage, bus.jpgquelques conseils pratiques à mieux connaitre avant de s’aventurer dans un voyage organisé. Cela représente bien des avantages, mais aussi moult inconvénients, ou du moins il faut savoir s’y préparer, ce que je n’avais pas nécessairement bien fait.

En règle générale, le voyage organisé (où tout est prévu, jusqu’à la pension complète) se révèle bien moins cher qu’un voyage que vous allez organiser vous-même en faisant toutes les réservations. Sur le Grand Ouest américain en incluant Las Vegas et le Grand Canyon cela représente facilement plus de 4 000 km. Outre la différence de prix, il vous faudra conduire et donc prendre en compte la fatigue que de longues étapes vont nécessairement générer. Et le peu d ‘autonomie que vous allez en retirer, sera d’appuyer un peu plus sur le temps consacré à telle visite, ou bien de vous accorder une pause à une terrasse bien méritée. La réservation personnelle des étapes, vous impose aussi de respecter ces choix et donc de courir après le temps.

Première impression, le temps devient élastique, au bout de 15 jours j’avais le sentiment d’être parti depuis toujours… une immersion complètement réussie. Cela défile vite, très vite, l’organisation du Tour Opérateur prévoit de vous faire voir un maximum de choses, cela crée des obligations, celle en particulier de vous laisser à chaque fois très peu de temps pour chaque visite. Aussi est-il difficile d’échapper au groupe et au guide… heureusement dans ce cas précis le groupe et le guide étaient presque parfaits. La promiscuité était acceptable et les règles de vie communes respectées par tous.

Ce dernier point est particulièrement important. Un voyage organisé est de fait un voyage communautaire, et il faut être capable de le vivre comme tel. Cela veut dire que les horaires donnés doivent être impérativement respectés, toute dérive personnelle impacte le groupe en entier et peut générer d’importantes tensions. On imagine aisément, comment un tel voyage pourrait tourner au cauchemar… Le calendrier ne vous autorise que des espaces de libertés limités de 20 mn à 2 heures au grand maximum. Et c’est généralement plutôt 20 minutes…

Bien sûr cela génère de la frustration, on sent à certains moments poindre dans le groupe un début de colère envers le guide. Ce dernier étant le point de repère, l’horloge permanente, que dis-je le chronomètre de tout instant, c’est contre lui que se lèvent les récriminations. C’est de fait injuste, l’organisation générale lui étant déléguée, il se doit de prendre en compte les attentes de tout le monde.

Certes nous aurions aimé profiter d’un peu de temps pour se baigner à Malibu ou Santa Barbara, s’arrêter au moins un  quart d’heure à Venice… mais d’autres ont trouvé de leur côté que l’heure et demi pour les magasins d’usine était trop court !

38 personnes c’est presqu’autant d’états d’âmes et de goûts et d’envies différentes. Seul le guide est capable de les fédérer correctement. Les frustrations passent vite… avec le programme qui se met en place… on voit tant et tant de choses si belles, si magiques, il y a tellement de surprises et d’émotions…

Le guide n’aime pas, par définition, que l’on s’immisce dans son programme. Avec un peu de diplomatie, malgré ses réticences, on peut arriver à ses fins. Nous avons eu une ouverture à Santa Barbara qui permettait le choix entre une heure de visite en ville ou une heure de plage, non prévue initialement. C’est jouable, mais une fois, rien qu’une fois sur deux semaines, il faut donc bien jouer de ce joker-là.

Le guide, aussi bon soit-il et sympathique, est menteur. Il se le doit, sa mission, première étant de ne pas vous perdre (vous êtes 39 !), il se doit en effet de vous dissuader de toutes velléité d’indépendance qui sont autant de sources d’ennuis et de stress pour lui. Alors lorsque vous lui dites que vous aimeriez visiter l’aquarium de Monterey qui est le plus grand au monde, pendant l’heure du déjeuner, il vous dit que ce n’est pas raisonnable et que cela coûte très cher 80 dollar l’entrée par personne (c’est faux j’ai vérifié après). Vous voulez vous baigner ? Absurde personne ne se baigne même au sud de la Californie (Malibu par exemple) l’eau y serait glacée. Mais là vous jouez votre joker et la petite permission accordée à Santa Barbara vous fait découvrir une plage magnifique et une eau acceptable (mais pleine de méduses !). Bref le guide est prêt à tous les mensonges pour vous dissuader de vous éloigner du groupe.

On le comprend un peu plus tard lorsqu’en plein parc national des séquoias géants, le membre de votre groupe le plus technophile, il a un GPS avec lui, se perd dans la forêt et-ne se présente pas au départ… là pas question de partir à sa recherche, tout le groupe y passerait et s’y perdrait… mais il y a des petits malins qui s’y proposent. Le non du guide est catégorique et sans appel. Que lui est-il arrivé en définitive ? Erre-t-il toujours dans la forêt des séquoias géants? Non, le guide a pris l’initiative de mener le bus et le groupe jusqu’à l’aire d’accueil du parc pour y donner un petit quartier libre et pendant ce temps-là il est reparti sur le lieu de « la disparition » où l’infortuné promeneur a fini par apparaitre…tout penaud, le GPS à la main.

Du côté pratique il faut bien organiser son bagage, l’itinérance vous empêche de vous installer chaque jour. La valise ne reste qu’ouverte, il faut accéder facilement à la trousse de toilette, aux médicaments le cas échéant, et au linge de rechange.

Les lessives n’étant pas possible, il n’est pour autant pas nécessaire de charger sa valise, le voyage est l’occasion (particulièrement aux USA) d’acheter de nombreux vêtements. Le poids des bagages étant limités (généralement en charter à 20 kg en soute), prévoir une marge au départ pour accueillir sans stress les nombreux achats de toute sorte qui ne manqueront pas de survenir. Pour les petites lessives à la main qui ne manqueront pas de survenir, prévoir d’emmener les cintres qui vous permettront de faire sécher dans la nuit votre linge.

La route est longue, il s’agit d’un bus… difficile de demander pour soi un arrêt. Aussi règle générale, chaque fois que des restrooms(Toilettes) se présentent à vous les utiliser systématiquement. Cela vous libérera l’esprit, il n’y a rien de pire qu’une envie pressante non satisfaite !

Il faut pour bien gérer les étapes, un minimum d’organisation. Le numérique passant par-là, il vous faut un adaptateur pour les prises USA (prévoir de l’acheter avant de partir), une prise multiple pour recharger les smart phones, la ou les tablettes numériques, le ou les appareils photo (d’où la prise multiple). Premier geste à l’arrivée de l’hôtel, installer tous ses appareils pour ne pas se retrouver en panne le lendemain. Il existe bien dans les bus modernes une possibilité de prise USB pour les recharger, mais vous n’êtes pas seuls !

Le WIFI est pratiquement en accès libre dans tous les hôtels américains, même les plus modestes, ainsi que les cafés et les restaurants, n’hésitez pas à demander le password, il vous sera gratuitement offert. Ne pas oublier chaque fois que cela est possible de vous connecter et de charger ainsi vos emails. Skype est aussi une belle invention qui vous tiendra à proximité de vos proches en un tour de main, mais attention, à bien prendre en compte le décalage horaire.

Si vous êtes une famille nombreuse et voyageuse, facebook est aussi un moyen formidable pour rester connecté, avec le petit dernier parti de son côté en Thaïlande, par exemple et vos enfants restés en France ou bien votre mère âgée (que vous aurez initialement initiée aux technologies nouvelles, si… cela est parfaitement possible, un peu de pédagogie suffira …).

Enfin la nourriture, préparez-vous à manger de médiocrement à « pas mal ». Le tour opérateur fait des économies de ce côté-là, l’entrée « feuille de salade vertes » est abusive, mais en même temps les repas révèlent des surprises. Et au moment où votre frustration est au maximum, vous avez droit à l’arrêt dans le restaurant typiquement américain, décoré avec le bar, la serveuse qui vous verse du café généreusement, comme dans les feuilletons et films américains… Mais on ne peut pas tout avoir…, c’est un choix et le voyage organisé ne privilégie pas la gastronomie, même locale.

Pour les hôtels, même chose, le service est minimum, en même temps vous arrivez à votre chambre en fin de journée et vous vous levez à l’aube (Oui c’est aussi bon à savoir, oubliez les grasses matinées). Du moment que le lit est bon, les draps propres ainsi que la douche… et c’est le cas. Vous oublierez que pour vous loger le moins cher possible votre tour opérateur vous lâchera au fin fond de campagne improbable où il n’y a rien à voir le soir. Bien souvent ce sera la visite d’un super marché… mais c’est aussi riche en renseignements. D’abord parce que vous y trouverez de tout, y compris les médicaments de base.

Et l’eau… il est important de boire, même si vous n’êtes pas lâchés dans la vallée de la mort (Death Valley)… il faut boire régulièrement de l’eau. Cela représente beaucoup d’eau sur quinze jours. Si votre budget est serré cela vaut le coup de faire provision dans les supermarchés. C’est d’ailleurs là que votre chauffeur de bus a fait ses provisions pour mettre à votre disposition dans une grande glacière des petites bouteilles d’eau, moyennant une contribution dite « volontaire » de 1 dollar par bouteille !

Enfin à la fin du voyage en soyez pas surpris que l’on vous annonce un pourboire volontaire de 2 dollar/jour pour le chauffeur de bus et de 3 à 4 dollar/jour pour le guide. Et oui, bienvenue en Amérique, où les patrons ne rémunèrent pratiquement pas leurs employés, c’est au groupe de le faire… d’ailleurs les compagnies qui affrètent les bus réservent les groupes un peu importants comme le nôtre (39) à des chauffeurs méritants et ayant de l’ancienneté, les plus jeunes auront accès à de plus petits groupes 8 à 12… le pourboire s’en ressent nécessairement.

Mais vous aurez la joie d’entendre votre chauffeur de bus s’esclaffer à la remise de la petite enveloppe et à vous embrasser comme du bon pain, sans d’ailleurs avoir pris la précaution d’en voir le contenu exact. Car aux touristes français le guide remet des enveloppes à remplir, car parait-il nous sommes pudiques et gênés sur ces sujets-là.

Enfin dernières précautions, si pour une somme modique (c’est souvent le cas) on vous propose un séjour libre de deux à trois jours. Dans notre cas c’était à San Francisco, faites le et goutez au bonheur de flâner en toute liberté après 14 jours de visites guidées. Vous débarrasserez vos souvenirs de toutes les frustrations accumulées précédemment.

Pour le prix du voyage… les langues se délient au bout de quelques jours, ne vous étonnez pas des écarts de prix payés par les membres de votre groupe. Leçon tirée de notre subtile enquête, le prix fort est payé par ceux qui réservent un an à l’avance, les malins, ou les distraits comme nous qui se prennent par la main 8 à 10  jours avant le départ, bénéficient de prix imbattables jusqu’à 30 % de moins !

Voilà… maintenant place au voyage lui-même.

 

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Published by Jean Pelletier - dans Voyage
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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:13

Golden-gate.jpgAprès un voyage riche en découverte, je prépare une série d'articles pour partager mes impressions et mes apprentissages des USA.
En tout cas un voyage époustouflant, et la rencontre d'une réalité inattendue....
À suivre!

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  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook  et mon compte twitter
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Bonne lecture.
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