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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 11:41

Qui l’eût cru… Jean-Louis Farvaque nous livre avec son dernier roman un véritable livre fantastique. Lui le professeur de physique, le savant, le rationaliste, l’athée ouvre une brèche sur l’au-delà et les interrogations qui s’y nichent.

La deuxième vie de Charlotte.

Il fait très fort et tranche avec ses précédents romans, comme s’il s’affranchissait enfin de sa pudeur, de sa retenue à écrire, comme s’il n’avait pas tout à fait sa place dans le monde de la littérature, comme s’il agissait en intrus. Certes, il s’amuse et il ne s’en cache pas, ne dit-il pas lui même qu’après toute une vie de physicien à l’université et avec à la clef nombre d’ouvrages scientifiques de références, la retraite lui ouvre le chemin d’une écriture où il peut s’affranchir des règles immuables du monde tel qu’il l’a enseigné.

Peut-être fallait-il un peu de temps et deux romans à son actif pour qu’il laisse exprimer une seconde nature que la vie avait jusque là enfouie au plus profond de lui même.

Le hobby n’est plus, c’est un auteur au sens fort du terme qu’il a su accoucher avec de la ténacité, beaucoup de travail, peut être un travail sur lui même.

Je ne vous donnerai que le pitch de l’histoire, comment un homme parvient-il à surmonter les lois de la vie pour renouer avec l’amour de sa vie et leur donner une seconde chance.

L’écriture est souple, les articulations du récit fonctionnent tellement bien qu’elles aimantent l’attention du lecteur. Difficile de laisser tomber le livre une fois prisonnier de l’intrigue.

Le style est factuel, on reconnaît la patte du professeur, peu d’envolée lyrique, le lyrisme est ailleurs, il n’est pas dans les mots, mais dans l’idée que l’on se fait de l’histoire…

Il y a du Marc Levy et du Guillaume Musso dans « La deuxième vie de Charlotte », tant la poésie de l’étrange se prolonge par une quête sincère de l’autre, une forme d’humilité à raconter pas à pas ce voyage incroyable au pays de la mort.

La chute du livre est une véritable beauté angulaire… à la croisée de H.G.Wells et de Stendhal.

« La deuxième vie de Charlotte » aux éditions Vents Salés (Web : édition-vents.com)

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 18:12
« Juste avant l’oubli » D’Alice Zeniter – Editions Albin Michel/Flammarion

Le titre du roman est prometteur… et les promesses sont tenues. Alize Zeniter, jeune auteur, possède un don. Son écriture, portée par un style léger et plein de fulgurances, porte un véritable récit. C’est à un double voyage qu’elle nous convie. Celui de l’aventure d’Émilie et de Franck destinée à se déliter, et le récit troublant, entretenu autour de Galwin Donnell… auteur mondialement connu du polar pour lequel ses affidés se réunissent une fois par an sur l’île où il a fini par disparaître dans de mystérieuses circonstances.

Bien sûr Donnell n’existe pas et encore moins son détective factice Adrian Dickson Carr… et pourtant, la magie d’Alice Zeniter, c’est de faire vivre aussi bien cette légende que le couple d’Émilie et de Franck.

C’est un livre pour les lecteurs amoureux des mots et des belles phrases… ceux-ci portent avec délice le déroulement fatal d’une double intrigue où l’on s’enfonce pas à pas, déterminés à combler les vides et les manques, juste avant l’oubli.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 17:35
« Réforme de l’orthographe », un recentrage est nécessaire.

Beaucoup de bruits pour pas grand-chose, mais c’est surtout l’occasion pour les réactionnaires de tous poils de se manifester et faire entendre leur voix. Je suis donc allé voir à la source de l’information, à savoir le Journal Officiel, ce que tout le monde devrait faire avant de lancer des affirmations, souvent péremptoires, mais surtout fausse.

Tout d’abord il ne s’agit pas à proprement parler d’une réforme de l’orthographe, mais de la parution au J.O. d’un décret qui date de 1990… ce qui a laissé le temps, théoriquement à tous d’y réfléchir, d’abord les premiers intéressés, les éditeurs de livres et de manuels scolaires et les enseignants bien sûr. Quand on voit ce qu’ose déclarer Jean d’Ormesson, homme de talent, mais surtout de mauvaise foi. Il était en 1990 favorable aux recommandations du conseil supérieur de la langue française, validées par l’Académie française. Aujourd’hui, sans rire, il dit : « À l’époque, j’étais plutôt favorable à cette tendance réformatrice. Parce qu’il y a vingt-cinq ans, les gens n’étaient pas malheureux comme aujourd’hui, et le pays dans cet état. »

Rappelons que le français est une langue vivante qui n’a pas cessé au fil des siècles d’évoluer et de s’adapter intégrant même des pans entiers de langues étrangères…

Ces fameuses rectifications orthographiques concernent environ 2000 mots, qui soulignons-le accepteront les deux orthographes.

Quant à l’accent circonflexe, les réseaux sociaux ont répercutés de gros malins : comme Landezy Yves : « Je vais me faire un petit jeûne » « Je vais me faire un petit jeune » De l’importance de l’accent circonflexe. Ou bien cet autre @j_nij2015 qui proclame « Courage à tous les Jerome qui vont perdre leur accent circonflexe ».

Et nous avons eu des tonnes de bêtises de ce genre. Eh bien non les mots jeune/jeûne ne sont pas concernés et les noms propres non plus.

Et enfin pour ce qui est des enseignants il n’y a aucun caractère obligatoire à enseigner cette orthographe revisitée en 1990. Ainsi le hashtag #JeSuisCirconflexe n’a pas lieu d’être.

Sur cette histoire d’accent circonflexe on ne peut pas éviter de citer le texte lui même, parfaitement clair :

« 4. Accent circonflexe.

Si l’accent circonflexe placé sur les lettres a, o et e peut indiquer utilement des distinctions de timbre (mâtin et matin ; côte et cote ; vôtre et votre ; etc.), placé sur i et u il est d’une utilité nettement plus restreinte (voûte et doute par exemple ne se distinguent dans la prononciation que par la première consonne). Dans quelques terminaisons verbales (passé simple, etc.), il indique des distinctions morphologiques nécessaires. Sur les autres mots, il ne donne généralement aucune indication, excepté pour de rares distinctions de formes homographes.

En conséquence, on conserve l’accent circonflexe sur a, e, et o, mais sur i et sur u il n’est plus obligatoire, excepté dans les cas suivants :

a) Dans la conjugaison, où il marque une terminaison :

Au passé simple (première et deuxième personnes du pluriel) :

nous suivîmes, nous voulûmes, comme nous aimâmes vous suivîtes, vous voulûtes, comme vous aimâtes.

À l’imparfait du subjonctif (troisième personne du singulier) :

qu’il suivît, qu’il voulût, comme qu’il aimât.

Au plus-que-parfait du subjonctif, aussi nommé parfois improprement conditionnel passé deuxième forme (troisième personne du singulier) :

qu’il eût suivi, il eût voulu, comme qu’il eût aimé.

Exemples :

Nous voulûmes qu’il prît la parole ; Il eût préféré qu’on le prévînt.

b) Dans les mots où il apporte une distinction de sens utile : dû, jeûne, les adjectifs mûr et sûr, et le verbe croître (étant donné que sa conjugaison est en partie homographe de celle du verbe croire). L’exception ne concerne pas les dérivés et les composés de ces mots (exemple : sûr, mais sureté ; croître, mais accroitre).

Comme c’était déjà le cas pour dû, les adjectifs mûr et 6 décembre 1990 Documents administratifs 13.

sûr ne prennent un accent circonflexe qu’au masculin singulier.

Les personnes qui ont déjà la maîtrise de l’orthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette nouvelle norme. (Voir Analyse 3.3 ; Recommandation 4.)

Remarques :

— cette mesure entraîne la rectification de certaines anomalies étymologiques, en établissant des régularités.

On écrit désormais mu (comme déjà su, tu, vu, lu), plait (comme déjà tait, fait), piqure, surpiqure (comme déjà morsure) traine, traitre, et leurs dérivés (comme déjà gaine, haine, faine), et ambigument, assidument, congrument, continument, crument, dument,

goulument, incongrument, indument, nument (comme déjà absolument, éperdument, ingénument, résolument) ;

— sur ce point comme sur les autres, aucune modification n’est apportée aux noms propres. On garde le circonflexe aussi dans les adjectifs issus de ces noms (exemples : Nîmes, nîmois.) »

Ainsi si moi j’adopte nénufar et ognon, je garde l’accent circonflexe.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 15:37

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 18:42
Lettre de Victor Hugo à Lamartine : "Pourquoi j'ai écrit Les Misérables"

Mon illustre ami,

Si le radical, c'est l'idéal, oui, je suis radical. Oui, à tous les points de vue, je comprends, je veux et j'appelle le mieux ; le mieux, quoique dénoncé par le proverbe, n'est pas ennemi du bien, car cela reviendrait à dire : le mieux est l'ami du mal. Oui, une société qui admet la misère, oui, une religion qui admet l'enfer, oui, une humanité qui admet la guerre, me semblent une société, une religion et une humanité inférieures, et c'est vers la société d'en haut, vers l'humanité d'en haut et vers la religion d'en haut que je tends : société sans roi, humanité sans frontières, religion sans livre. Oui, je combats le prêtre qui vend le mensonge et le juge qui rend l'injustice. Universaliser la propriété (ce qui est le contraire de l'abolir) en supprimant le parasitisme, c'est-à-dire arriver à ce but : tout homme propriétaire et aucun homme maître, voilà pour moi la véritable économie sociale et politique. Le but est éloigné. Est-ce une raison pour n'y pas marcher ? J'abrège et je me résume. Oui, autant qu'il est permis à l'homme de vouloir, je veux détruire la fatalité humaine ; je condamne l'esclavage, je chasse la misère, j'enseigne l'ignorance, je traite la maladie, j'éclaire la nuit, je hais la haine. Voilà ce que je suis, et voilà pourquoi j'ai fait Les Misérables. Dans ma pensée, Les Misérables ne sont autre chose qu'un livre ayant la fraternité pour base et le progrès pour cime. Maintenant jugez-moi. […]

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 13:01

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 18:14

Quel bonheur!

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 17:59
Jean-Louis Farvacque : de la physique à la littérature

Après des études au lycée Henri Wallon à Valenciennes de 1956 à 1963, il entreprend des études de physique qui le mènent au doctorat de troisième cycle en 1972 puis, en 1977, à une thèse d’état, soutenue devant l’Université Lille : « Influence des dislocations sur la conductivité du tellure ». Il consacre son activité de recherche à l’étude des propriétés des défauts dans les semi-conducteurs. Il a été directeur du « Laboratoire de Structure et Propriété de l’Etat Solide », Université de Lille –CNRS de 1990 à 2000 et il a assuré la direction de nombreuses thèses d’étudiants.

Parallèlement dans le cadre de son activité d’enseignement, il se passionne pour l’évolution des concepts de la physique occidentale qui aboutit aujourd’hui à la relativité générale et à la mécanique quantique.

Aujourd’hui, professeur émérite, il entreprend une nouvelle carrière d’auteur. Il le fait dans le prolongement de son travail de chercheur, là où les astrophysiciens essayent de comprendre d’où l’on vient et où on va.

Musicien amateur et brillant, il s’est consacré toute sa vie au piano, lequel accompagne sa recherche d’une certaine vérité. Généreux, ouvert au monde, il sait aussi bien manier les concepts scientifiques les plus complexes qu’une réflexion sur l’origine du monde et de la matière. Amateur d’art, il collectionne les œuvres artistes plasticiens contemporains. Il vit à Villeneuve d’Ascq, dans ce Nord dont il revendique avec fierté ses racines familiales.

Il vient de publier aux éditions Edilivre (http://www.edilivre.com/) Et l’Homme créa dieu. Ce roman qu’il qualifie de scientifiquement iconoclaste raconte les pérégrinations d’un physicien et de son étudiante qui découvrent non seulement le moyen de fabriquer des composants électroniques capables de résister aux radiations, donc au guerres nucléaires, mais aussi une technique expérimentale qui permet d’approfondir les connaissances sur la naissance et le devenir du cosmos, et pourquoi pas de s’en assurer la maitrise.

Ces travaux de recherche attirent aussi bien l’intérêt de l’espionnage industriel que celui d’une secte à la poursuite de l’existence de dieu. Ils devront affronter les pièges impitoyables de leurs poursuivants, et vivre des expériences au delà du réel.

Cette écriture, qui fait aussi bien appel à la réalité et à l’expérimentation du réel, que Jean-Louis Farvaque maitrise parfaitement, qu’à un imaginaire littéraire pourvu d’une certaine forme de philosophie, s’écoule naturellement, avec talent et originalité.

Il rejoint ainsi d’autres auteurs qui ont fait de la science leur champ d’investigation littéraire, comme Patrick Maurel, directeur de recherche à l’Inserm avec « La voix des autres » aux éditions de l’Harmattan. Ou encore de Denis Guedj, mathématicien à l’Université Paris VIII avec Le théorème du perroquet, éditions Pocket Point.

Pour la physique, n’oublions pas Colin Bruce, physicien avec « L’étrange affaire du chat de Mme Hudson et autres nouvelles policières résolues grâce aux progrès de la physique, éditions Flammarion

Bibliographie de Jean-Louis Farvaque :

  • Initiation à la théorie quantique des solides, éditions-ellipses, 2009
  • L’évolution des concepts de la physique de Newton à nos jours, éditions-ellipses, 2012
  • Physique des systèmes complexes, Editions-ellipses, 2013

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 16:54

Il y a des mythes qui durent… les livres de la Pléiade en font partie. Alors que le 6447593413_1ecb9eb957.jpglivre numérique pointe le bout de son nez, menaçant l’ensemble de l’édition…, il pourrait y avoir des ilots de résistance. L’édition phare de la maison Gallimard ne risque pas encore de prendre l’eau : livres, albums, agendas et encyclopédie entretiennent allégrement la légende.

C’est en 1931, qu’un jeune éditeur indépendant Jacques Schiffrin (née en 1892 à Bakou dans une famille aisée investie dans la pétrochimie), créée la bibliothèque reliée de la Pléiade. Deux ans plus tard, le 31 juillet 1933, il se fait racheter par Gallimard. Il en quittera la direction en 1940 à cause de ses origine juives, Jean Paulhan prendra alors la direction de la collection. L’idée, simple au départ, devient vite un objet culte : proposer au lecteur l’édition des grands classiques en format de poche, avec une couverture en cuir souple, et un papier fin, dit papier bible.

Le nom prend sa source dans une constellation d’étoiles, mais aussi en référence au groupe de poètes du XVIe siècle (Pierre de Ronsard et Joachim Du Bellay), et enfin, on l’ignore souvent, un groupe de poètes classiques russes, pléiade en russe signifiant « empaqueté ». Le 1er exemplaire, mythique et recherché des bibliophiles est paru le 10 septembre 1931 ; consacré à l’un des plus grands poètes français : Charles Baudelaire. Le ton est donné, suivront Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, mais aussi Allan Edgar Poe.

C’est seulement après-guerre et sous la direction de la famille Gallimard (Raymond, Michel puis Antoine) que la publication se voit complétée par un «appareil critique » important confié à des universitaires de renom. A cette tache se succéderont comme directeur scientifique jean A. Ducourneau (1959-1966), Pierre Bugge (1966-1987), Jacques Cotin (1988-1996) et depuis 1996 Hugues Pradier.

C’est seulement vingt ans plus tard, en 1952 avec la publication des œuvres d’Antoine de Saint Exupéry que la collection accède au succès à forts tirages Pour Saint Exupéry, c’est la place d’honneur avec 340 000 ex., suivi de Marcel Proust tome 1, en 1954) avec 250 000 ex. et enfin Albert Camus (1962) avec 218 000 ex.

C’est à partir des années 60, que la collection s’ouvre à la littérature étrangère, puis s’étend aux textes sacrés, aux classiques asiatiques et aux textes philosophiques. Pour les passionnés, Antoine Gallimard créera spécialement la Lettre de la Pléiade, adressé trimestriellement  aux membres du Cercle de la Pléiade (adhésion gratuite).

A ces ouvrages prestigieux vont s’ajouter depuis le mois de mai 1960, les albums de la Pléiade. Chaque année en mai, à l’occasion de la Quinzaine de la Pléiade, un album nouveau est proposé par les libraires pour l’achat de trois volumes de la Pléiade. Cet album est dédié à un auteur mis particulièrement à l’honneur. Il n’est tiré qu’une seule fois à environ 40 000 exemplaires. Ce sera en mai 1960 Un Dictionnaire des auteurs de la Pléiade, particulièrement recherché des collectionneurs, avec sa suite sonore en 1961, une anthologie sonore de ces auteurs lus par des grands comédiens. Enfin ce sont successivement Balzac, Zola, Hugo, Proust et Stendhal qui suivront de 1962 à 1966. Ces albums ont déjà une cote sur le marché entre 300 et 600 euros.

Jean-Paul Sartre devra attendre 1991 pour rejoindre la collection des Albums de la Pléiade, Antoine Saint Exupéry 1994, Molière 2010 et ce sont Paul Claudel, Jules Verne et Blaise Cendrars qui ferment la marche des années 2011, 2012 et 2013.

Les albums sont au même format que les livres, mais ils sont imprimés sur un papier plus épais, afin de permettre une abondante illustration, y compris la couleur.

Collection de prestige et de réputation internationale, la Bibliothèque de la Pléiade compte à ce jour 775 ouvrages : 670 volumes pour les auteurs, 51 volumes pour les Albums de la Pléiade et 54 volumes pour l’Encyclopédie de la Pléiade (L’Encyclopédie de la Pléiade sera dirigée par Raymond Queneau à partir de 1954). Figurer dans la bibliothèque de la Pléiade correspond à une consécration absolue.

Peu ont eu l’honneur d’y entrer de leur vivant : André Gide sera le premier suivi de Julien Green, François Mauriac, André Malraux, Paul Claudel, Henry Montherlant Julien Gracq, Eugène Ionesco, Nathalie Sarraute, René Char, Claude Simon, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar, Milan Kundera…

D’autres mourront en cours de réalisation : Borges, Céline, Giono, Sartre et Claude Simon. Voltaire est l’auteur le plus prolixe avec 16 volumes, suivi par Balzac (15 volumes), Saint Simon et Dickens (9 volumes) et enfin Green, Giono, Hugo (8 volumes). Huit millions d’exemplaires ont été vendu depuis sa création en 1933.

Edition savante et de luxe avec sa couverture en cuir pleine peau, dorée à l’or fin, son papier bible et son cordon marque page couleur or, elle frappe les imaginations.

La chartre de fabrication est la même depuis 1931 : les livres font 11 x 17,5 cm, le papier bible est opacifié couleur chamois (36 g.), cousus-collés, reliés sous couverture pleine peau souple et dorées à l’or fin (23 carats). La fabrication est garantie pour durer…

Le caractère employé est la référence de l’imprimerie : le Garamond de chez monotype de corps 9. Le typographie se veut élégante, fine tout en étant classique, en témoigne les nombreuses ligatures au fil des pages. Enfin l’utilisation du nombre d’or dans le calcul des blancs (dans les pages de titres, avant et après les titres te intertitres)  permet d’établir un équilibre presque parfait dans les pages de chaque ouvrage.

Si les imprimeurs sont Normandie Roto et Aubin, il n’existe qu’un seul relieur (la part reliure dans le coût du livre est de 50%) : les ateliers Babouot à Lagny-sur- Marne pour environ 350 000 volumes par an.

La beauté du livre tient aussi au fait que depuis sa création la couverture est vierge de toute inscription, hormis le dos qui propose en couleur or le nom de l’auteur et le contenu du volume.

Et puisque nous sommes dans l’anti chambre du paradis littéraire, ajoutons que la reliure en cuir souple (de Nouvelle Zélande) a son code couleur selon les siècles : havane (XXe), vert émeraude (XIXe), bleu (XVIIIe), rouge vénitien (XVIIe), Corinthe (XVIe), violet (Moyen Age), vert (la littérature antique).

On ne connait que trois exception à ce code : le gris pour les textes des principales religions monothéistes, le rouge Churchill pour les anthologies et uniquement la 1ère édition de la Comédie humaine de Balzac et le noir pour la 1ère édition des mémoires de Saint Simon.

La parution d’un auteur dans ce saint des saint de l’édition est une véritable course d’obstacle. Entre le moment où la décision est prise et la sortie du premier tome il peut se passer plus de cinq longues années. Ce fut le cas pour Georges Simenon, alors qu’Antoine Gallimard prend la décision durant l’été 1998, ce n’est que le 1er avril 2003 que parait le 1er tome de ses œuvres, le troisième, lui sortira en mai 2009.

A chaque fois l’équipe éditoriale est à la peine, qui choisir pour l’appareil critique qui accompagne la publication, doit-on faire une intégrale de l’œuvre ou une sélection, organise-ton la publication chronologiquement ou par genre pour les auteurs prolixes ? Avec le temps qui passe et les découvertes universitaires qui avancent, à quel moment doit-on réviser une édition ? etc..

Mais le plus drôle est sans conteste : la course ou le marathon entrepris par certains auteurs pour « entrer de leur vivant dans la pléiade ». Ainsi Louis Ferdinand Céline écrivait-il en 1956 à Gaston Gallimard : « Les vieillards, vous le savez, ont leurs manies. Les miennes sont d’être publié dans la Pléiade (collection Schiffrin) et édité dans votre collection de poche […]. Je n’aurais de cesse, vingt fois, que je vous le demande. Ne me réfutez pas que votre conseil, etc., etc., comparses, employés de votre ministère. […]C’est vous la Décision.[…] La Pléiade et l’édition de poche pas dans vingt ans, quand je serai mort ! Non tout de suite ! Cash !». Il récidive en 1960 en écrivant : «Je risque fort d’être décédé avant d’être Pléiadé».  Ce qui fût exactement le cas puisque le 1er volume de ses œuvres paraitra en février 1962, sept mois après sa mort.

De nombreuses années sont encore à souhaiter à cette belle entreprise d’édition. Cependant elle connait déjà un déclin, alors que ce sont 450 000 ex. annuels vendus dans les années 80, aujourd’hui nous ne sommes plus qu’à 300 000 ex. Mais l’exploit est toujours là, avec une sortie attendue de 10 à 12 auteurs par an, dans la même robe d’orgueil, identique depuis 82 ans

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 15:50

L’écrivain mondialement connu de science-fiction, Richard Burton Matheson a rejoint Matheson-richard.jpgl’au-delà qu’il connaissait si bien, le 23 juin à l’âge de 87 ans. Il est né le 20 février 1926 à Allendale (New Jersey), il lui faudra attendre les années 1950 pour accéder à la notoriété.

C’est en 1954, avec son chef d’œuvre Je suis une Légende que l’écrivain Richard Matheson est né à la littérature. Visionnaire, il anticipe un genre nouveau qui fera florès, celui de l’apocalypse. Son livre sera adapté à plusieurs reprises par le cinéma. En 1964 The last Man on Earth avec Vincent Price, puis en 1971, avec une version qui connaitra un succès énorme The Omega man (Le survivant) avec l’excellent Charlton Heston qui dresse la fresque d’un homme, seul survivant d’un monde voué aux Zombies, qui résiste. Moins de 30 ans après, en 1971 Hoolywood se décide à un remake à grand budget avec Will Smith I am legend, de Francis Lawrence qui trahit l’esprit du roman.

L’œuvre est forte et puissante. Dans un monde dominé par des vampires, qui recrée un modèle de société à leur image, le héros Robert Neville, résistant et tueur de vampire devient dans ce monde inversé la légende… la scène finale du film où il meurt transpercé, tombant les bras en croix dans une fontaine, rappelle avec force l’image rédemptrice du Christ.

D’autres œuvres fortes comme L’homme qui rétrécit ou La mort et le temps sont aussi portées avec intelligence à l’écran. Une autre rencontre, lui conférera la place particulière qui est la sienne dans les thématiques de l’horreur et de la science-fiction, ce sera celle de Duel avec le jeune et prometteur Steven Spielberg. C’est dire que Matheson compte et comptera encore longtemps dans cette littérature spécialisée qui a acquise depuis plusieurs décennies ses lettres de noblesses depuis Allan Edgar Poe.

Sa thématique majeure dans toute ses œuvres est celle de l’homme accablé par la fatalité qu’il ne peut contrôler, ni empêcher, qui tente de survivre dans un monde ravagé… la mort, la survie, la bascule des civilisations le fascine. Son art et son style reconnut par tous l’amène aussi à travailler pour la télévision avec plusieurs scénarios pour la série La quatrième dimension, mais aussi pour la célèbre série Star Trek.

Il verra aussi en 1998 l’adaptation de Au-delà de nos rêves (1978) au cinéma de Vincent Ward avec Robin Williams.

Il laisse derrière lui au moins trois de ses enfants qui ont fait le choix de suivre les traces de leur père : Chris, Richard Christian et Ali Matheson, scénaristes et écrivains.

Une page est tournée avec sa disparition qui clôt le chapitre d’une grande série d’écrivain américain de science-fiction : Isaac Asimov, Ray Bradbury, Philip K. Dick, A.E. Vogt ….

Il a reçu toutes les récompenses honorifiques qu’il méritait :

-      1958 : Prix Hugo (catégorie film) pour L’Homme qui rétrécit

-      1976 : Prix World Fantasy du meilleur roman pour Le Jeune Homme, la Mort et le Temps

-      1984 : Prix World Fantasy spécial : Grand maître / Life Achievement

-      1990 : Prix World Fantasy du meilleur recueil de nouvelles pour Derrière l’écran

-      1990 : Prix Bram Stoker (catégorie recueil) pour Derrière l’écran

-      1991 : Prix Bram Stoker spécial : Grand maître / Life achievement

 

 

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Présentation

  • : Le blog de Jean pelletier
  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
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L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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