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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 18:13

Jamais une élection n’aura donné le sentiment d’un pays aussi tranché dans le vif, entre une Amérique urbaine, éduquée, multiculturelle et une Amérique rurale et en partie urbaine dévastée par la mondialisation. Derrière Donald Trump, on voit se dresser une Amérique blanche, conservatrice pour ne pas dire plus, il a réussi à incarner et à faire gagner  les pires penchants américains, il a rassemblé autour de lui en les exprimant avec génie les forces obscures du pays

Et pourtant ce « clan » n’a gagné qu’à l’arraché : 47,5 % des suffrages exprimés et surtout environ 200 000 voix de moins qu’Hillary Clinton.

C’est la cinquième fois dans l’histoire des États-Unis qu’un candidat accède à la Maison-Blanche en réunissant moins de voix que son concurrent.

Cette « cruelle malice » on la doit au système électoral particulier qui consiste à faire élire le Président au suffrage indirect en passant par le tamis des « Grands Électeurs ».

En clair les territoires ultras républicains se voient doter d’un plus grand nombre de Grands Électeurs que les territoires démocrates qui sont ainsi de fait sous représentés. Al Gore en avait déjà fait la cruelle expérience contre Bush, perdant avec pourtant 500 000 voix de plus que son adversaire.

Pour nous démocrates français cela nous semble totalement incongru. Pourtant nous avons avec le Sénat, notre seconde chambre parlementaire, un mode de désignation assez semblable, puisque ce sont aussi de Grands Électeurs qui votent aux sénatoriales, et là aussi le découpage est assez injuste, puisqu’il grossit artificiellement la représentation des zones rurales (classiquement conservatrices) au détriment des zones urbaines (plus à gauche).

Cette seconde chambre, Charles de Gaulle l’avait voulue comme un élément plus sage, susceptible de ralentir les ardeurs de la Chambre des députés… l’histoire a montré que cette première intention s’est aussi retournée contre lui lorsqu’il a voulu supprimer le sénat par voie référendaire.

Les spécialistes des élections américaines disent que le système des Grands Électeurs a été voulu par les pères fondateurs pour protéger l’État contre toute vague populiste… on peut dire que c’est réussi.

 

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 16:29

Il semble bien qu’Angela Merkel soit la dernière gardienne des valeurs fondatrices de l’Europe, en les rappelant sèchement à Donald Trump, nouvellement élu Président des États-Unis. D’autant plus qu’il a été tout au long de sa campagne l’homme de tous les excès les plus réactionnaires, racistes, sexistes et homophobes. 

 

Elle a tenu a rappelé les valeurs communes à l’Allemagne et aux États-Unis :

 « La démocratie, la liberté, le respect du droit et de la dignité humaine, quels que soient l’origine, la couleur de peau, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle ou les opinions politiques. »

C’est une formule à retenir pour affronter les temps difficiles qui s’annoncent et les orages de toute sorte ,alors qu’une vague de populisme parcourt le monde. J’aurais tant aimé que cette formule soit dans la bouche d’un président français.

Mais qu’importe une voix s’est élevée en Europe pour redire les fondamentaux auxquels sont attachés les démocrates. C’est donc la chancelière allemande, qui sait de quoi elle parle, qui a pris la parole. Décidément elle incarne de plus en plus l’identité démocratique et la défense des droits de l’homme, c’est une conservatrice, mais une conservatrice éclairée avec laquelle il est possible de s’entendre.

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 19:57

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 11:01

On ne peut pas dire que jusqu’ici l’Europe avait bonne presse dans l’opinion, trop technocratique, autocentrée sur l’économie et très éloignée des préoccupations des populations. La crise actuelle des migrants en provenance de la Syrie entre autres, donne à ces mêmes populations une image pitoyable et stressante.

Pour les plus droitiers, c’est chaque soir au journal télévisé les images promises par Jean-Marie le Pen de hordes s’abattant sur notre territoire, pour les autres, ils assistent à ce naufrage et cette immense détresse. Les reportages se multiplient, augmentant la sensation de peur et d’affolement pour certain, et pour d’autre accentuant leur compassion.

On ne comprend pas bien comment les politiques nationaux ou européens n’aient pas anticipé une telle situation, bien prévisible au regard des évènements au Moyen Orient avec la montée en puissance de Daech.

L’Europe s’est brutalement divisée sur le sujet entre les Hongrois qui édifient un véritable mur de la Honte et mobilisent leur armée sur leur frontière et l’Allemagne qui prend la tête d’une mobilisation aux fins de trouver un accord pour répartir l’effort entre l’ensemble des pays européens. Au passage, on remarquera l’attitude de Mme Merkel à l’initiative de cette position, et un gouvernement français malheureusement un peu à la ramasse.

La réunion de lundi a été un fiasco total, dans l’impossibilité d’organiser la répartition de 120 000 refugiés. Une fois de plus ce sont les ex-pays de l’Est qui sont à l’origine de cette impasse : Hongrie, la république Tchèque, la Slovaquie, la Roumanie, rejoints par la Pologne et la Lettonie.

Enfin l’Allemagne après avoir ouvert largement ses frontières a très vite saturé sa capacité d’accueil … elle vient de rétablir les contrôles à ses frontières … ainsi c’est la Zone de libre circulation dite de Schengen qui est remis en cause par plusieurs pays.

L’Europe au lieu d’avancer s’apprête à reculer pour la première fois.

L’Allemagne vient de hausser le ton ce mardi en évoquant la réduction des fonds structurels versés par l’Union européenne à tous les pays rejetant les quotas de répartition des réfugiés.

Au cœur d’une crise extrême qui frappe des centaines de milliers de refugiés sur les routes, bloquées aux frontières, l’Europe est divisée et la cruauté d’une telle situation s’étale dangereusement.

J’ai une pensée particulière pour les centaines de milliers d’autres réfugiés, les plus pauvres qui s’entassent dans les camps au Liban et en Turquie quoi n’ont pas les moyens d’entreprendre le coûteux et dangereux voyage pour l’Europe. Les médias français sont bien silencieux sur cette situation.

Certes, l’Europe n’a pas les moyens d’accueillir toute la misère du monde et il est légitime de prendre en compte la capacité technique des uns et des autres d’accueillir de nouveaux réfugiés de guerre. Mais l’Europe est la première puissance économique au monde, même confrontée à une crise économique, elle a les moyens de mettre en place un plan d’urgence, à la conditions que l’Europe signifie encore quelque chose.

L’Europe est en panne, construite sur un projet économique et sans aucune perspective politique, elle risque d’ouvrir une page douloureuse qui laissera des traces.

En France Mme le Pen se réjouie et compte les jours qui la séparent encore de son accession au pouvoir.

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 17:57

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 18:52

C’est donc De Grèce, mais aussi d’Espagne et d’Irlande, que nous vient comme un vent d’espoir. Alors qu’en France, la crise et l’austérité s’imposent plus que jamais, sur un horizon gris où les perspectives politiques semblent illisibles, avec une Marine Le Pen qui mène plus que jamais le bal.

Syriza, dont personne n’aurait pu prédire le succès il y a encore trois ans, a gagné les élections en Grèce et tente de négocier avec Bruxelles « sa sortie de crise ». En Espagne, Podémos semble bien positionné pour peser dans la vie politique, si l’on en croit un dernier sondage, publié par El Pais, qui le donne à 27,7% des intentions de vote, en tête devant le Parti Populaire et le Parti Socialiste Espagnol. .

De la même manière l’Alliance anti-austérité en Irlande connaît une popularité croissante. Un front anti austérité, dit de gauche radicale, se dresse peu à peu en Europe avec de réels soutiens populaires. En France, hélas, c’est l’extrême droite avec le Front national qui tire profit de la crise.

Podemos, qui signifie « Nous pouvons », a émergé en 2014, avec à sa tête une jeune leader de 37 ans Pablo Iglesias Turrion. Syriza a été créée en 2004 et signifie « Coalition de la gauche radicale », son président depuis 2012, Alexis Tsipras a été nommé Premier ministre, à l’âge de 39 ans. L’alliance anti austérité (AAA) en Irlande est encore plus récente, c’est en mai 2014, qu’elle a été créée, avec à sa tête, un leader de 31 ans, Paul Murphy.

On peut s’étonner qu’en France la « gauche de la gauche » avec sa diversité du Front de Gauche à Europe écologie les Verts, en passant par Le Parti Communiste Français et Nouvelle Donne (Dissidents PS) n’ait pas pu trouver un terrain d’entente pour faire entendre une voix française, autre que le FN, pour dire que l’austérité dictée par Bruxelles cela suffit !

Mais si Syriza, Podemos et l’Alliance anti-austérité ont su placer à leur tête des figures nouvelles et jeunes … en France ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui peut interpréter le rôle, ni Pierre Laurent … et Cécile Duflot (39ans), si elle a la jeunesse, n’a pas le charisme nécessaire …

Seulement, si Syriza réussit à appliquer son programme (et ce n’est pas gagné), que Podemos en Espagne et l’Alliance anti-austérite en Irlande gagnent à leur tour les élections, l’Europe sera face à un sérieux problème qui risquera alors de déborder sur tout le continent.

Parions alors ,qu’en France, une jeune femme (de préférence), ou un jeune homme que nous en connaissons pas encore saura imposer, au pays de Mai 68, un nouveau mouvement de gauche, authentique et porteur d’espoir qui a son tour viendra contribuer à la reconstruction d’une Europe plus humaine et sociale

Et si nous rêvions  d’une Europe nouvelle en train de se lever…Et si nous rêvions  d’une Europe nouvelle en train de se lever…Et si nous rêvions  d’une Europe nouvelle en train de se lever…

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 19:22
Matteo Renzi contre Hollande

Alors que Hollande est à la peine tout en organisant la plus large concertation possible, Matteo Renzi réussit en Italie le tour de force de se faire plébisciter par les syndicats, sans les avoir même rencontrés, ni consulté, avant l’annonce de son plan de « 10 milliards d’euros pour dix millions d’Italiens », comme il le qualifie lui même.

Enfin à la manœuvre, le président du conseil italien a dévoilé son plan de relance mercredi, ainsi que les chantiers de réformes qu’il compte bien mener à terme. Pour l’instant, il ne s’agit que d’annonces, mais on ne peut pas s’empêcher de faire le parallélisme avec la France. François Hollande fait piètre figure et risque bien, si Renzi réussit de se le faire opposer.

Cette importante baisse des impôts, il assure pouvoir la financer sans augmentation de taxes. Il serait donc possible, en Europe de baisser les impôts des moins fortunés ? Ce sont les salariés gagnant moins de 25 000 euros nets par an qui vont bénéficier de cette mesure, à savoir un gain maximum de 1 000 euros nets par an.

Mais les PME sont aussi de la fête, l’Impôt sur les activités productives (IRAP) baissera de 10%, accompagné d’un geste identique pour leurs factures d’énergie. L’état italien mauvais payeur, il s’est engagé à ce que les 60 milliards d’euros dus aux entreprises par l’intermédiaire de la Caisse des Dépôts soient réglés.

L’ensemble de ces mesures sera actif avant la fin du mois de mai. On est peu habitué en France à un tel calendrier…

Par ailleurs le chef du gouvernement italien a annoncé un plan de rénovation des écoles d’un montant de 3,5 milliards d’euros.

Cela ressemble bien à une politique de gauche qui se trame à nos frontières… ce serait donc possible

C’est sur un programme de 100 jours que Matteo Renzy entend avancer (cela rappelle un passé lointain, le programme du PS en 1981, changer de société en 180 jours). Ajoutons à cela le serpent de mer de la politique italienne, une réforme de la loi électorale seul remède à, l’instabilité gouvernementale de l’Italie qui empêche de mener les réformes.

Il y a un autre projet qui doit bien résonner à l’oreille de François Hollande, à défaut de supprimer le Sénat italien, il entend bien en réduire l’influence en le cantonnant à n’être plus qu’un organe représentant les régions.

Mais ce n’est pas tout, il ose, lui, une vaste refonte des impôts financée par un plan d’économie des dépenses publiques.

L’objectif est de soulager les ménages les plus pauvres tout en relançant l’économie et la croissance. Enfin, cerise sur le gâteau, il s’engage à ramener le déficit budgétaire de l’état au fameux 3 %.

Les jeunes ne sont pas oubliés avec la création d’un fonds de 1,7 milliard d’euros pour aider les jeunes de 18 à 29 ans pour financer soit leurs études, soit la recherche d’un emploi dans les quatre mois qui suivent leur diplôme.

Et comme si cela n’était pas assez ; il s’engage : « Si je n'y arrive pas, je considèrerais non seulement mon expérience gouvernementale, mais également ma carrière politique comme terminées».

La principale organisation syndicale italienne la CGIL s‘est félicitée de ces annonces : « Nous avons été écoutés ».

Incroyable, mais vrai … le Parti socialiste, en France, doit s’attendre à de multiples interpellations.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 17:55

2768000645_361044d953.jpgC’est avec 50,03% de Oui que les Suisses ont adopté un référendum en faveur de la limitation de l’immigration dans leur pays. En clair ils veulent imposer des quotas stricts. Une telle mesure atteindra essentiellement les français frontaliers qui chaque jour franchise la douane pour y travailler. Voilà un bien néfaste signal envoyé à l’Europe qui se prépare, elle aussi, à une vaste votation pour renouveler ses députés.

C’est passé de justesse, mais la constitution doit s’imposer, même si la quasi-totalité des partis suisse, du gouvernement et surtout du patronat suisse étaient hostiles à ce referendum, ajoutons à cela que l’ensemble des cantons francophones ont rejeté le référendum. D’une manière encore plus surprenante, on voit que c’est par un vote massif des cantons les plus ruraux, à savoir les moins exposés à la présence de travailleurs étrangers, que le oui l’a emporté. Alors que les cantons les plus urbains où le pourcentage de travailleurs étrangers est le plus élevé, ont largement voté non ; étrange paradoxe…

On peut s’interroger sur le sens d’une telle démocratie, où une mesure discriminatoire va être légalement mise en place, avec un appui aussi fragile de la population. Sa mise en place, comme l’a indiqué ce matin Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, va entrainer des mesures de rétorsions de la part de la communauté européenne, avec laquelle la Suisse commerce majoritairement. A quand des quotas sur les Swatch, chocolats et autres ? «C’est un vote préoccupant parce qu’il signifie que la Suisse veut se replier sur elle-même […], et c’est paradoxal car la Suisse fait 60% de son commerce extérieur avec l’Union européenne» a déclaré Laurent Fabius.

Si la Suisse n’a pas ouvertement voté contre l’Europe, elle n’en a pas moins manifesté un signe d’hostilité à l’encontre de ce que l »on appelle les ressortissant de l’union européenne. C’est sur la proposition d’un petit parti populiste l’Union Démocratique du Centre (UDC) que les suisses viennent d’affirmer leur volonté de remettre en cause l’ensemble des accords conclus depuis 1991 entre la capitale fédérale de la suisse Berne et Bruxelles.

Ces accords avaient instaurée une libre circulation des biens et des personnes entre la suisse et l’Europe, compensant ainsi le fait que la Suisse avait toujours refusé d’intégrer l’Europe.

Voilà donc le gouvernement fédéral dans un terrible embarras, il ne lui est accordé qu’un délai de trois ans pour mettre en œuvre cette politique des quotas à l’immigration. C’est un saut terrible dans l’inconnu que les autorités fédérales vont devoir entreprendre. Si Mme le Pen, en France, a salué «la lucidité du peuple suisse», elle est bien la seule à s’en féliciter.

Encore une fois rappelons les mots terribles employés dans cette consultation, au cœur de l’Europe «contre l’immigration de masse»… Il zèbre désormais toute la carte de l’Europe, comme en son temps l’insigne nazi finit par imposer son sinistre tempo à toute l’Europe ? Là aussi Hitler était passé électoralement de justesse.

De justesse, de peu… méditons cela, et si chacun de nous était le peu qui manque ?

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 17:54

9806719774_81295a4a56.jpgAlors qu’après un long processus de négociation et de consultation des militants, Mme Merkel s’est enfin entendue avec le SPD pour diriger un vaste gouvernement de coalition. Elle vient d’être adoubée par le parlement pour un Merkel III. C’était sans compter avec les «agilités » spécifiques à la culture politique allemande : les verts entrent aussi au gouvernement !

Donc, aujourd’hui mardi, le troisième gouvernement dirigé par  Angela Merkel entre en fonction. C’est sans surprise que celui se compose de ministres issus de la CDU (parti de Mme Merkel, largement en tête aux dernières élections, mais minoritaire au parlement), de la CSU bavaroise, alliée traditionnelle de la CDU et donc, puisque coalition il y a, de représentants du parti social-démocrate (PSD), théoriquement opposé à la CDU.

Dans ce contexte de large coalition il ne restait plus au Bundestag que Die linke et les Verts pour représenter l’opposition à ce troisième gouvernement de Mme Merkel. C’est ce que l’on croyait, jusqu’à ce que Sigmar Gabriel, président du PSD propose dans le cadre des postes qu’il avait négociés avec Angela Merkel, trois postes de secrétaire d’Etat à d’importantes personnalités des Verts.

Ainsi Rainer Baake, a accepté le poste de secrétaire d’état chargé de la politique énergétique, rattaché au ministre de l’économie et de l’énergie (poste occupé justement par Sigmar Gabriel lui-même). Rainer Baake est une personnalité très connue qui travaille depuis plus de vingt ans dans les milieux en charge de l’environnement. Il a déjà occupé le poste de 1998 à 2005 auprès de Jürgen Trittin (Verts).

Jochen Flasbarth a été nommé secrétaire d’état auprès de la ministre de l’environnement, Barbara Hendricks (SPD). Jusqu’alors il occupait le poste depuis 2009 de président de l’administration chargée de la protection de l’environnement.

Enfin Gert Billen a accepté, de son côté, le poste de secrétaire d’Etat à la consommation, rattaché au ministre de la Justice Heiko Mass (SPD), obtenant la configuration gouvernementale pour laquelle il plaide depuis des années…

Ce n’est pas la première fois que les Verts participent avec la CDU à des gouvernements locaux : la Hesse (très récemment), Hambourg etc.. Cette aptitude à des alliances des contraires, typiquement allemande, nous laisse un peu pantois en France. Pourtant…. La stabilité des institutions allemandes autorise ces situations.

Certes Mme Merkel ne pourra guère aller au-delà de la moitié de son mandat. Les nouvelles élections approchant, les rivalités reprendront le dessus, mais cela laisse toute de même de deux à trois ans à ce gouvernement pour agir. Sachant que le compromis signé, c’est tout de même l’instauration d’un salaire minimum obligatoire que Mme Merkel va bien devoir mettre en place, entre autres mesures imposées par le SPD. La présence de trois ministres verts de dernières minutes pèsera sans doute aussi sur les orientations en matière environnementale. Bref, sous réserve d’inventaires de ce qui sera réellement réalisé, ce n’est pas si mal comme approche réformatrice : le consensus !

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 15:19

merkelAlors que la chancelière s’évertue à finaliser le grand accord entre le SPD et la CDU, au risque d’irriter son propre électorat conservateur, tout sera au final entre les mains des 473 000 adhérents du SPD. Ceux-ci sont en effet appelés à se prononcer sur le contenu de cet accord, à donner ou pas leur feu vert. Cette consultation est une première historique à haut risque pour l’Allemagne.

Alors qu’Angela Merkel annonçait jeudi dernier l’accord conclu sur l’instauration d’un salaire minimum, la bête noire des conservateurs et du patronat allemand, la grogne s’est fait entendre. L’électorat ultra conservateur de la CDU se rebiffe et le fait bruyamment savoir. Ce n’est pas la Une du journal populaire allemand Die Bild de ce jour, qui annonce une victoire de 10/2 en faveur du SPD, qui va améliorer la situation, déjà bien confuse.

Sans envisager une consultation de ses adhérents, ce qui n’est pas vraiment dans sa culture politique, la fronde est telle, que l’état-major a décidé l’organisation de réunions d’informations à l’échelon local, à partir du 29 novembre jusqu’au 9 décembre, date à laquelle un « mini congrès » de la CDU se réunira.

La fin des négociations est prévue pour le 27 novembre. Le compte à rebours est donc bien lancé. De son côté le partenaire historique de la CDU, la CSU bavaroise se réunit en congrès ce weekend end pour statuer sur sa position.

Ainsi, outre les aléas encourus par Mme Merkel de la part de son camp politique qui n’apprécie pas les concessions faites aux sociaux-démocrates, surtout le salaire minimum obligatoire, le risque majeure se pointe du côté du SPD qui joue la carte de la transparence et de la démocratie, en faisant voter ses militants directement sur l’accord. Un référendum à hauts risques !

C’est donc mercredi que sera connu le contenu exact de cet accord. La tension est désormais au paroxysme dans le camp du SPD. Une enquête parue la semaine dernière dans le journal Die Spiegel montrent que les militants partisans du non seraient très nombreux, tout autant que ceux du oui. L’issue de cette consultation est donc plus qu’incertaine. Le nouveau président du puissant syndicat IG Metall, Detlef Wetzel, militant par ailleurs du SPD de longue date, s’est prononcé ouvertement pour le non.

Enfin les sondages d’opinion publiés indiquent que 44% des électeurs du SPD sont opposés à la grande coalition et ils sont encore 33 % chez les conservateurs.

Pour que la consultation du SPD soit valable, il faut encore qu’au moins 20 % des adhérents participent au vote, soit 94 600 membres du SPD. Cela devrait être jouable, la participation sera très nettement plus élevée aux vues des débats qui font rage, et du fait qu’un tel vote intervient pour la première fois dans l’histoire du SPD.

Si plus de 50% des votants expriment un avis négatifs, la situation de l’Allemagne sera bien différente des chants de louanges dressées par les médias allemands mais aussi français sur la prétendue victoire de Mme Merlkel aux élections de septembre. En effet, dans ce cas, quelle sera la situation?  La direction actuelle du SPD sera désavouée et condamnée à la démission.

Quelles seront les options de la chancelière : tenter une nouvelle négociation avec les verts ? Illusoire tant l’hostilité est grande au sein de ce parti à son encontre. Nommer un gouvernement minoritaire au Bundestag ? C’est rendre encore plus lisible la réalité de sa défaite politique, elle a une majorité contre elle qui l’empêchera de gouverner. Il ne lui restera plus qu’une seule option, organiser dans les délais les plus brefs, en début d’année prochaine, de nouvelles élections.

La puissante et raisonnable Allemagne rejoindra ainsi le camp de la velléitaire Italie… ingouvernable par définition. Peut-être alors, verra-t-on enfin les médias français cesser de nous mentir sur les prétendues vertus de l’Allemagne.

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  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
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L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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