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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 14:59
La vision ultra libérale du ministre du travail

Toute la blogosphère est en émoi, suite à un article publié dans un premier temps par le mensuel bourguignon le Miroir, puis fait assez rare, dépublié… c’est un véritable Rebsmengate, honoré sur twitter par un hashtag très populaire #rebsmengate qui rugit dans les médias… C’est encore pour le premier ministre et le Président de la république, le énième accident ministériel qui exaspèrent les français et met sur la place publique l’incroyable incompétence de certains des ministres socialistes.

Le fond de l’affaire est le suivant François Rebsamen, ministre du Travail, personne au plus près du président de la république y fait un déballage où il parle de son prédécesseur Michel Sapin en ces termes: « "Malgré l’amitié que je porte à Michel, il s’est totalement trompé. On ne juge pas le chômage mois par mois, mais sur des périodes plus longues : un trimestre, un semestre. Il s’est mis des boulets aux pieds et les a laissés à son successeur". Belle élégance, si c’est cela la politique, bonsoir…

Comme si cela ne suffisait pas il s’en prend au parti socialiste et à son premier secrétaire Jean-François Cambadélis « Malheureusement, le Parti socialiste, ou du moins son secrétariat national, refuse toutes ces avancées … Le Parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps » et dénonçant les socialistes qui "ne vivent plus comme les gens ».

Rappelons que JM Cambadélis avait dénoncé F Rebsamen dans sa chasse aux faux chômeurs, en expliquant à juste titre qu’il y avait peut-être mieux à faire pour un ministre socialiste en charge du travail.

Quant à ces fameuses avancées prônées par F Rebsamen, il s’agit ni plus ni moins d’appliquer le programme des extrémistes de droite du Modem, le patronat français : renforcer les contrôles (des salariés, bien sûr), assouplir tous les seuils (qui accordent des droits de représentations aux travailleurs) et de revenir sur les 35 heures et le travail dominical. La porte est ouverte, Monsieur Rebsamen, on vous attend à l’UMP où le triumvirat Sarkozy/Fillon/Juppé à quelques nuances prés, on fait de ces thèmes le noyau dur de leur programme.

Il n’hésite pas aussi à prôner son combat et sa vision libérale de l’économie … pourquoi pas … toutes les opinions ont droit de cité, mais celles-ci n’appartiennent pas au monde du Parti Socialiste, mais bien à la droite, UMP et centristes confondus.

Comme il ne manque pas d’air, son cabinet fait du rétropédalage en arguant que ce n’était pas une interview et que le ministre ne l’a pas relue. De son côté le journaliste Jérémie Lorand dément et assure avoir bien obtenue l’autorisation du ministre lui-même pour faire cette interview.

Peut-on espérer une mise au point du gouvernement pour nous dire où est la vérité sur sa politique en matière de droits sociaux ? Et bien sûr la démission de François Rebsamen, qui a bien le droit de penser ce qu’il veut … mais hors du gouvernement et du Parti Socialiste, lequel n’a jamais adopté la moindre motion d’orientation sur les thèses qu’il présente.

L’honnêteté et le républicanisme à minimum voudrait que Monsieur Rebsamen nous honore de son prompt départ, il pourra ainsi à loisir faire ses conférences auprès du patronat français, à l’UMP et à l’UDI… et de s’y faire applaudir à tout rompre.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 17:06

Rien n’y a fait, ni le départ d’Aurèlie Filippetti, ni la nomination de Fleur Pellerin, ni la mise en place d’un comité des sages, portant réputés, avec le député Jean-Patrick Gille, l'ancienne codirectrice du festival d'Avignon Hortense Archambault, et l'ancien directeur général du travail Jean-Denis Combrexelle, rien n’y fait la Culture est en ébullition, et cette fois c’est contre un gouvernement de gauche.

Les intermittents du spectacle continuent donc de plus belle à contester la signature par le gouvernement de la nouvelle convention chômage, laquelle durcit considérablement leurs règles d’indemnisation.

Outre les manifestations qui sont nombreuses à travers toute la France ce sont certains des spectacles de l’emblématique festival d’automne à Paris et en banlieue qui ont été annulés. « Le Capital et son singe », mis en scène par Sylvain Creuzevault, au Théâtre de la Colline, à Paris ; et « Passim », mis en scène par François Tanguy, qui devait se jouer au T2G à Gennevilliers (Seine-Saint-Denis).

De la même manière on s’attend à ce que le spectacle très attendu de Vincent Macaigne, « Idiot ! Parce que nous aurions dû nous aimer », ce soir, à 19 h 30, au Théâtre de la Ville, soit annulé.

Le Théâtre de la Commune à Aubervilliers est en grève, et la représentation d'»Hypérion », mis en scène par la directrice du Théâtre de la Commune, Marie-José Malis, est annulée aussi

A Paris le cortège est parti à 14h du ministère du Travail pour se rendre jusqu’au Palais Royal à deux pas de la rue de Valois, pour mieux se faire entendre par la nouvelle ministre de la Culture

Les cortèges sont exceptionnellement nombreux en province : Lille, Montpellier, Dijon, Bordeaux, Nancy, Toulouse, Brest, Caen, Orléans

Après les manifestations des retraités qui ont été aussi très nombreuses hier, partout en France, Manuel Valls a fort à faire pour réformer en tentant de retrouver son électorat de gauche, qui pour l’instant est dans la rue.

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Published by Jean Pelletier - dans Culture
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 14:05

Le monde associatif alerte les décideurs publics sur la menace qui pèse sur ses emplois et son action citoyenne. 260 000 emplois, c’est ce que pourrait coûter la baisse de 11 milliards prévue pour la dotation au fonctionnement des collectivités territoriales, combinée à la baisse de 15 milliards des dépenses de l’Etat dans l’action sociale sur les 3 ans à venir.

Ces dernières années, les associations ont dû prendre en charge de plus en plus de missions publiques ou d’utilité sociale. Elles se sont pliées aux impératifs des règles du marché, des appels à projets, des appels d’offres, peinant à faire entendre que l’engagement citoyen dans les associations n’était pas assimilable à une prestation de services.

Or nous entrons dans un deuxième temps de ce désengagement progressif des pouvoirs publics : la baisse de ces commandes publiques. Pour autant, la demande sociale augmente !

Et la paix sociale, pour une population aux prises avec des difficultés matérielles croissantes, repose de plus en plus sur la capacité des associations à maintenir les solidarités locales, éduquer, former, lutter contre les inégalités et les discriminations, malgré la baise drastique de leurs moyens financiers.

Ne pas évaluer et anticiper l’impact qu’aurait l’effondrement du tissu associatif dans des domaines aussi incontournables que l’Education, la Culture, le Sport, la Solidarité, la Citoyenneté, etc. serait terrible pour la cohésion sociale et le pacte Républicain.

On l’observe depuis longtemps, l’accroissement des difficultés sur tous les aspects de la vie quotidienne des français-es accentue les réflexes de replis individuels, familiaux ou communautaires au détriment du désir de vivre ensemble.

Les dirigeants associatifs ont le devoir de coordonner leurs expressions pour alerter les pouvoirs publics locaux et nationaux sur la nécessité urgente de sécuriser le modèle économique des entreprises associatives en installant notamment un « Pacte d’utilité sociale », comparable au « pacte de responsabilité » réservé pour l’instant aux entreprises marchandes.

Eric Forti Secrétaire général

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 13:49

L’ex-président a bien du souci à se faire sur sa capacité à rassembler ce qu’il appelle sa famille politique. Entre un Juppé bien déterminé à aller jusqu’au bout de sa candidature et qui surfe haut dans les sondages et les « anciens » comme Nadine Morano qui n’y vont pas par quatre chemins.

Elle s’en prend vertement au tout jeune porte-parole de campagne de Sarkozy, Gérald Darmanin, tout fraichement élu à la mairie de Tourcoing. Celui-ci a déclaré la semaine dernière au Nouvel Observateur qu’il incitait l’ex président de la république à faire son inventaire et à mettre en avant de nouveaux visages qui diffèrent de ceux de Nadine Morano et les époux Balkany.

Son sang n’a fait qu’un tour : « Moi, je ne suis pas mise en examen, je n’ai pas fait de détournements d’argent, je ne suis pas accusée de corruption et je n’ai pas à régler 1 million d’euros pour ne pas aller en taule ». Elle s’est donc lâchée auprès de Nicolas Sarkozy à l’occasion du meeting de Lambersart jeudi dernier : «Ton chihuahua, il faut qu'il se taise sinon je lui fous une muselière. Si c'est pour prendre comme porte-parole quelqu'un qui se croit dans une cour de récréation et qui veut nous taper dessus parce qu'on est des anciens, je ne vois pas l'intérêt pour toi».

Nadine Morano s’est alors emportée contre le « jeunisme » dont ferait preuve l’ancien président : «Le jeunisme, ce n’est pas un programme ». Elle aurait aussi critiqué le retour au bercail de ceux qui n’ont pas hésité à planter des coups de couteau dans le dos de Sarkozy, prenant en exemple Laurent Wauquiez, qu’elle surnomme « la crevure ».

Chihuahua et crevure … en contre plongée avec les députés frondeurs PS … il n’y a pas vraiment photo entre les deux camps.

A gauche on se déchire, certes, mais on débat à partir d’idées … chez Sarkozy, mais qui peut vraiment s’en étonner, n’est-il pas un maitre en la matière, c’est la vulgarité qui domine et l’emporte haut la main..

Pour conclure, je en peux pas m’empêcher de reprendre telle quelle la réponse de Nicolas Sarkozy à Nadine Morano : «Oh ma Nadine, tu comprends, il faut rassembler. L'ouverture à des gens comme ça, ça fait rassembler».

Sarkozy peut compter sur Nadine Morano !

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 13:33
Déficits, chômage, dépenses publiques, à qui la faute ?

Quand la droite se prend les pieds dans le tapis à propos de ses jugements sur la politique menée par Francois Hollande depuis son élection en 2012.

L’antienne perpétuelle des caciques de l’UMP étant que ce quinquennat se caractérise par une explosion des déficits, une augmentation du chômage et une impossibilité à réduire les dépenses publiques, on « savoure » ces propos à l’emporte-pièce quand on connait les résultats de la politique menée par l’UMP sous la présidence de Nicolas Sarkozy de 2005 à 2012

Explosion des déficits.

Certes, celui-ci n’est pas autant maitrisé que l’on aurait pu l’imaginer, il risque bien d’atteindre les 4,4%, après un 4,1% en 2013. Mais il ne faut pas oublier que l’héritage laissé par l’UMP c’est bien un déficit qui entre 2008 et 2009 est passé de 3,2% à 7,2 % et qu’en 2012 il était encore à 4,9%

Explosion du chômage.

Qui peut nier que la montée du chômage n’a pas été endiguée ? Mais sa poussée ne date pas d’aujourd’hui et le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été marqué par une forte poussée du chômage. Certes de 2005 à 2007 le chômage baisse, mais très vite à partir d’avril 2008 il est à 1 996 000 demandeurs d’emploi et il se « hisse » à 2 893 000 en avril 2012. Soit une augmentation de 897 000 chômeurs. François Hollande contre toute attente et malgré ses promesses ne fait pas mieux, nous sommes en avril 2014 à 3 349 000 chômeurs. Difficile de parler « d’une explosion du chômage sous François Hollande ».

La réduction de la dépense publique.

Michel Sapin, Ministre du budget, a annoncé une économie de 21 milliards d’euros en 2015. L’état y prendra une large part avec une diminution de son budget de 7,7 milliards, 3,7 milliard pour les collectivités territoriales et près de 10 milliards pour la Sécurité sociale. Jamais un gouvernement ne s’était engagé aussi loin dans la réduction de la dépense publique.

Est-il possible d’aller plus loin ? Ce n’est sans doute pas à ceux (l’UMP) qui ont fait exploser la dette publique de venir donner des leçons ou pire de tenter de faire des promesses fallacieuses. Qui les croiront ?

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 16:50
Le candidat de Sarkozy battu à la Présidence du Sénat.

L’UMP, désormais le groupe le plus important au Sénat après le renouvellement de dimanche dernier a désigné son candidat à la présidence du Sénat. Jean-Pierre Raffarin, qui a commis l’imprudence de se rapprocher un peu précipitamment de Nicolas Sarkozy à l’occasion de son départ en campagne pour la présidence de l’UMP, s’est donc pris les pieds dans le tapis au profit du très populaire Gérard Larcher.

C’est donc un retour annoncé, puisqu’il y a tous justes trois ans, lorsque la Gauche a conquis pour la première fois la majorité au sénat, c’est Gérard Larcher qui avait dû laisser la place au socialiste Jean-Pierre Bell. Pour l’instant c’est bien d’une primaire dont il s’agit. L’élection pour le très confortable fauteuil de la présidence du Sénat aura lieu mercredi.

Victoire totale contre Raffarin, car c’est dès le 1er tour que l’estocade a été portée au protégé de Nicolas Sarkozy. Gérard Larcher obtient 80 voix (sur 145), et Jean-Pierre Raffarin seulement 56 et quant à Philippe Marini il obtient seulement 7 voix.

La gauche sénatoriale pourrait jouer un bien mauvais tour à Gérard Larcher et à l’UMP en votant massivement pour François Zocchetto qui est le candidat désigné par les 43 centristes du sénat. Est-ce possible ? Comptablement oui, d’un point de vue républicain beaucoup moins.

Et surtout Gérard Larcher, dans cette compétition interne à l’UMP était, d’une certaine manière le candidat du Parti Socialiste, tant il a laissé un excellent souvenir de sa dernière présidence de la Haute assemblée de 2008 à 2011. Elu au Sénat depuis 1986 il offre des perspectives d’une présidence républicaine et constructive avec l’opposition de gauche au Sénat et aussi avec le gouvernement.

Très engagé dans des réformes de transparence et de rigueur budgétaire au Sénat, il risque bien de les reprendre pour mener à bien son projet interrompu par la courte parenthèse de la gauche.

C’est aussi ne l’oublions pas un proche de François Fillon qui marque ainsi, lui aussi, des points contre Sarkozy.

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 16:22
Bingo : la dette publique de la France dépasse les 2 000 milliards d’euros.

Voilà pourquoi des efforts doivent être consentis pour retrouver de la liberté et de la respiration, et surtout de cesser de plomber les générations futures qui devront un jour ou l’autre payer les pots cassés. Enfin si des efforts doivent être consentis, toute la question est de savoir qui et comment. Il s’agit là d’orientations politiques claires et sans ambigüités et qui répartissent dans un esprit d’égalité et de solidarité les efforts. Nous n’y sommes pas encore.

Définition de la dette publique pour être simple.

Il s’agit du principal élément du passif du bilan des administrations publiques françaises. Définition de Wikipedia : « Elle regroupe les dettes qu'elles ont contractées auprès de prêteurs privés, français ou non, sous forme d’emprunts d'État (obligations du Trésor, BTAN…). Elle ne comprend pas les factures impayées et autres créances diverses, dont l'importance est bien moindre, mais qui sont aussi dans le passif comptable. »

Par administrations publiques, on entend : l’Etat, les collectivités territoriales et les organismes publics français (entreprises publiques, organismes de sécurité sociales etc ..)

Situation du jour

L’Insee vient d’annoncer aujourd’hui que cette dette a passé le cap des 2 000 milliards d’euros pour la première fois, à savoir exactement 2 023,7 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2014, soit 95,1% du PIB.

En 1995, elle était de 663,5 milliards d’euros (55,5% du PIB)

En 2007, elle passe à 1 211,6 milliards (64,2% du PIB)

Fin 2013, elle atteint 1 925,3 milliards d’euros (93,5% du PIB)

Il s’agit bien de l’évolution du chiffre de la dette publique ces dernières années, la progression est vertigineuse, affolante … et le coût de la dette croît de la même manière (les intérêts des emprunts).

Les années Sarkozy ont considérablement plombé les comptes de la nation, à son arrivée en 2005, la dette était de 1 147,6 milliard d’euros (66,8% du PIB), cinq années après au moment de son départ en 2012 la dette est de1 833,8 milliards d’euros (90,6% du PIB), soit un alourdissement de près de 700 milliards … pas mal pour un donneur de leçon !

François Hollande, pour l’instant en deux années d’exercice a accru la dette de 190 milliards, on peut estimer en projection qu’il a opéré un ralentissement de l’augmentation de la dette. Ce n’est évidemment pas assez.

Si nous ne figurons pas encore parmi les pays les plus endettés du monde occidental (la moyenne est pour les grandes économies avancées de 117,4% du PIB) nous nous en rapprochons dangereusement.

A quand des réformes et des économies courageuses avec des explications pédagogiques en appuis ? La politique des petits bras n’est plus possible …

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Published by Jean Pelletier - dans économie
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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 10:59

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 10:43

Pour combattre la souffrance au travail il faut d'abord la comprendre, et pour celui qui en souffre, et pour ceux qui tentent de l'aider.

Pour cela, je conseille absolument d'écouter l'émission de France-Culture d'aujourd'hui, dont l'émission « La grande table » * consacre 35 minutes à une interview lumineuse de Christophe Dejours.

3/5 Comment refaire Histoire? Le collectif à l’épreuve de l’individualisme - Arts & Spectacles -...

WWW.FRANCECULTURE.FR

Poursuite de notre semaine spéciale sur le thème Comment refaire Histoire? Le collectif à l’épreuve de l’individualisme.

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 14:52
Code du travail ? Non… Permis de tuer ? Oui…

Le patronat tente de profiter de l’ampleur du chômage pour détricoter ce qu’il trouve de gênant dans le code du travail : fin des 35 heures, travail dominical, fin des seuils sociaux, un contrat de travail unique qu’il puisse rompre à tout moment etc… Tout cela donne l’illusion que le code du travail le gène, et pourtant ….

Je parle « d’illusion » avec précaution, car in fine si le salarié en conflit avec son employeur survit suffisamment longtemps, il aura gain de cause après un chemin de croix procédurier qui peut durer de 3 à 4 années. Tout le monde n’a pas l’argent pour se battre à armes égales avec son employeur, tout le monde n’a pas la force psychologique pour résister, et enfin tout le monde n’a pas nécessairement un entourage à la hauteur pour le conseiller et le soutenir.

Depuis quelques années, on voit se multiplier les situations de harcèlement au travail, de burn out, et des risques psycho sociaux dans les entreprises. Face à cette situation l’Edition Dalloz 2013 du code du travail pèse 1,4 kilo, 3 400 pages et plus de 4 000 articles qui traitent des relations entre employeurs, salariés, représentant des salariées et les dispositions sur les conditions de travail.

On parle souvent du suicide d’un agriculteur par jour et c’est terrible. On parle moins des 400 suicides par an liés au travail, comptabilisés par le Conseil Economique et Social. De temps en temps les médias exposent à l’opinion publique les pratiques odieuses et meurtrières au final des pires entreprises que sont France Télécom, Renault, Peugeot, EDF, l’éducation nationale et les autres ….

Le phénomène s’est amplifié au cours des 20 dernières années et touche désormais toute sorte d’entreprises. C’est une « désolation au travail » qu’ont installé certains patrons et managers, en toute impunité, bénéficiant de l’absence de réaction, de l’extrême faiblesse des réponses organisationnelles et sociales. Ce statut quo banalise le suicide au travail, et c’est bien d’un permis de tuer dont disposent les employeurs, du moins pour ceux qui sautent le pas qui veulent s’en servir.

Aujourd’hui une forme d’aliénation a pris corps dans les entreprises, une aliénation destructives, dévastatrices et qui peut aller jusqu’à la mort. Le pire étant que les employeurs concernés n’hésitent jamais à mettre en avant les « défaillances psychiques » de leurs salariés pour éviter de parler et d’interroger les conditions de travail.

Les juges ont du mal à travailler sur ces affaires, la notion de harcèlement au travail est délicate à faire admettre dans l’enceinte du tribunal. Mais on y vient et les suicides ou tentatives de suicide sur son lieu de travail s’imputent de plus en plus à la responsabilité de l’employeur. Quant à ceux qui mettent fin à leurs jours hors de l’enceinte de l’entreprise, avocats et familles réussissent peu à peu à démontrer la responsabilité de l’employeur.

Alors tout cela est bien beau … quelle magnifique code du travail, quel formidable boulot font les avocats et les familles … mais les morts ? Oui les morts, qui payera le prix de leurs souffrance puis de leur disparition. Qui ?

Quand est-ce que cette société va se décider à retirer le permis de tuer à la disposition des patrons? C’est une société impuissante à réguler le monde du travail qui poursuit son entreprise destructrice : 400 morts par an. Cette même société a réussi partiellement à réduire le nombre de tués sur la route … mais elle va tout de même son bonhomme de chemin dans une indifférence totale envers les souffrances au travail.

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  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
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L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook  et mon compte twitter
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Bonne lecture.
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques. Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook et mon compte twitter https://www.facebook.com/jean.pelletier 77https://twitter.com/jmpelletier Bonne lecture.

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