Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 11:58

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Le journal Libération a fait la une de son édition d’hier sur les Cabinets « blancs » de la république qui aurait oublié la parité et la diversité. De son côté Romain Pigenel dans son blog Variae dénonce la méthode de Libération en l’accusant de pratiquer « l’appeau à trollls ».

 

Le journal Libération dans son édition de hier fait le procès des cabinets ministériels où prédominent nettement la tribu des énarques mâles et blancs. Ce constat statistique est imparable sur les 140 premières nominations publiées au journal officiel. Le journal en a fait le compte exact : « 140 directeurs, chefs de cabinet et conseillers avaient été officiellement nommés. Parmi eux, seules 38 femmes, dont 5 directrices de cabinets, 4 directrices adjointes de cabinet et 5 chefs de cabinets ».

 

Cet état est à rapprocher de la mise en avant par Jean-Marc Ayrault de son gouvernement à parité absolue : 17 hommes et 17 femmes. Il faut l’admettre c’est une première sous la Vème république. Mais force est de constater que le compte n’y est pas. Les cabinets ministériels jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre des politiques, ils sont force de propositions et surtout ce sont eux qui sont à la manœuvre au cœur de l’état. On voit donc les limites du changement, alors que François Hollande se livre à une gymnastique compliquée pour tenir son engagement de parité dans la composition de son premier gouvernement, l’effort se relâche aussitôt. Il faudra bien aussi observer les prochaines nominations aux administrations centrales et postes clefs de la république, car le ton donné pour l’instant est loin d’être encourageant.

 

Nombreuses sont les organisations, les personnalités politiques et les membres de la société civile qui ont manifestés leurs inquiétudes sur le sujet : de SOS Racisme à Yvette Roudy premier ministre des droits de la femme en 1981.

 

Qui peut affirmer aujourd’hui droit dans les yeux qu’il n’existe pas dans la haute administration des femmes capables de tenir des postes dans les cabinets ministériels et de la même manière des personnalités issues de la diversité ? Je lance le défi.

 

Romain Pigenel  sur son blog a voulu, sans doute, apporter la contradiction en taclant le journal Libération. Il n’a pas tort à la fin de son papier de critiquer le dossier de Libération, qui n’a pas fait le tour des questions utiles, comme la représentation du Parlement doit-elle être celle de la société d’un point de vue ethnique, quel rôle jouent les grandes écoles dans cette politique de discrimination ? J’ajouterai aussi : comment réformer la fonction publique pour qu’elle puisse donner toute sa place aux femmes ?

 

Par contre son affirmation comme quoi Libé pratiquerait « l’appeau à trolls » dans la presse écrite est un peu forcé. Il donne ainsi le sentiment de vouloir détourner le questionnement.

 

Nous avons suffisamment porté le fer contre l’UMP et Nicolas Sarkozy pour ne pas être en capacité de regarder en face nos propres faiblesses. Ne pas le faire s’est s’exposer au nombrilisme et surtout s’est mettre sous le boisseau notre capacité au changement et à la réforme.

 

Oui, soyons-nous même, fier de notre capacité à nous évaluer et admettons que pour l’heure la composition des cabinets ministériels n’est pas à l’aulne du changement. Il nous faut interpeller le président de la république François Hollande, le premier ministre Jean-Marc Ayrault et la première secrétaire du parti Socialiste Martine Aubry sur ce sujet et exiger une inflexion dans les semaines à venir, pour ne pas dire un net correctif.

Par Jean Pelletier - Publié dans : politique
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 11:10

 

 « Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom »

Paul Eluard

 

 

 

 

imagesCA0FD192.jpgPaul Eluard a écrit les plus beaux mots qui soient sur la liberté…. Difficile de s’y essayer ensuite. Pour autant il reste encore aujourd’hui beaucoup de chose à écrire sur la liberté. Surtout lorsqu’il est question de la liberté du créateur et du photographe en particulier. Il n’y a pas de création sans liberté. Un artiste doit pouvoir tout dire, son pouvoir d’expression ne peut connaitre pour seule limite que celle de l’atteinte aux personnes. Cette liberté est-elle réelle, entière aujourd’hui ? Non pas encore…On a vu en particulier des organisations religieuses extrémistes s’attaquer à des œuvres d’art et tenter d’arrêter certains spectacles de théâtre. L’artiste reste ainsi perpétuellement en position de veille et de combat, il sait qu’il doit forcer son chemin et rien ne lui sera donné.

 

Pourquoi ? La réponse est dans l’art lui-même, sa force et sa capacité à transcender le réel sont telles qu’il ouvre dans la société un espace de réflexion d’une densité immense et qui par la même travaille le corps de la société. L’art a un pouvoir plus fort que le politique, car il est aussi éminemment émancipateur. En cela il peut être subversif au regard de certaines organisations. Le mouvement surréaliste au XXème siècle, a plus pesé sur la société que le Front Populaire, ceci dit au risque de froisser certains esprits.

L’œil de l’artiste et du poète scrute le monde, ils sont les vigies de l’univers posés à ses quatre points cardinaux : ouest, est, sud et nord, toutes les envies et les désirs subversifs y sont postés. Ils ont reçu ce pouvoir de lire au-delà des rêves et cette liberté d’en rapporter leurs souvenirs, leurs expériences, qu’ils livrent et restituent avec leurs mots et leurs images. Ils sont le gage de la vérité et les entremetteurs de la conscience.

David Barthélemy et Michaël Möhr, tous deux artistes des arts visuels sont allés depuis quelques années explorer les rivages de l’art, appareil photographique en bandoulière. Ils en sont déjà revenus avec une magnifique revue « Nest » où, chacun à sa manière, restitue l’esprit de la Liberté, une liberté vagabonde, qui imagine, qui prospecte et qui prospère…

Le croisement de leurs deux univers est une belle rencontre, celle de deux artistes libres et indépendants qui ont choisi de faire un bout de chemin ensemble pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs. Après le franc succès rencontré de leur initiative, ils présentent aujourd’hui le numéro 2 de leur revue, une belle invitation à la Liberté.

Par Jean Pelletier - Publié dans : Arts graphiques & arts plastiques
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 17:22

RTR3247N.jpgQue n’avait-on dit sur le candidat Hollande, son inexpérience le mettrait en fâcheuse posture lors des rencontres internationales. Il en fallait un peu plus que la présidence de la Corrèze pour oser postuler à la 1ère magistrature de France.

 

Hé bien nous y voilà et force est de constater que notre président s’en sort plutôt bien. D’inconnu, il est vite passé à la case les premiers de ce monde. A peine élu il dut se propulser au G8, à la réunion de l’Otan et visiter à Berlin Mme Merkel. Peu avare de ses déplacements il se rend à la fois en avion en Afghanistan rassurer nos troupes et se rend en train à Bruxelles pour préparer le prochain sommet des chefs d’états européens.

 

Son style s’est imposé de fait, simple et direct, il est apparu immédiatement crédible. Sans préjugé des résultats finaux de sa politique étrangère il a, pour autant, passé le premier cap : pas d’impair, pas de flottement et pas de faux pas. L’opposition n’en est que plus mal pour trouver un angle d’attaque crédible dans cette campagne des législatives qui se déroule à petits pas.

Sur l’Europe, Francois Hollande avait avec intelligence anticipé le coup durant sa campagne. L’austérité comme seul remède en soi, ne pouvait plus passer. Sur le thème de la croissance et de la relance, il a très vite trouvé de puissants alliés face à l’intraitable Mme Merkel : Mario Monti en Italie et le chef des conservateurs en Espagne, plus une myriade de « petits pays ». L’Europe n’en peut plus de suivre le pacte Sarkozy/Merkel, l’austérité ne peut plus être l’alpha et l’oméga de la politique européenne.

 

Sur l’Afghanistan un déplacement tenu secret jusqu’au dernier moment et avec l’aval des américains il concrétise sa promesse sans tambour ni trompette. Les troupes françaises combattantes se retireront toutes avant la fin de l’année en cours.

 

Enfin sur la Syrie, en coordonnant sa position avec les principales capitales européenne, la France vient de renvoyer l’ambassadeur de Syrie à ses foyers…Cela a aussi de l’allure et le mérite d’être clair et net.

 

Nous avons un président qui agit dans la tranquillité et la sérénité, il agit plus qu’il ne parle, c’est ce à quoi les français aspiraient, mais aussi les principales places diplomatiques du monde. En particulier en Europe, au moment où la crise ne cesse d’étouffer les économies, l’arrivée de François Hollande à la tête de la France rassure plus d’un diplomate européen.

 

La leçon est rude pour ses détracteurs, particulièrement à l’UMP, qui ne s’était pas privé dans une outrance qui en devient ridicule, aujourd’hui, de lui dénier toute qualité et toute compétence en matière internationale. Il fait, chaque jour, la preuve du contraire, dossier après dossier.

 

Ce président improbable et normal a commencé à rassurer et personne ne s’en plaindra.

Par Jean Pelletier - Publié dans : politique
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 12:01

8446.jpgWikipédia nous renseigne sur cette expression : « La bataille de la Bérézina eut lieu du 26 au 29 novembre 1812 près de la rivière Bérézina, aux alentours de la ville de Borissov dans l'actuelle Biélorussie, entre l'armée française de Napoléon Ier et les armées russes de Koutousov, de Wittgenstein et de Tchitchagov, après l'échec de la campagne de Russie. »

 

En prenant un peu de recul on s’aperçoit que la défaite de l’UMP est bien pire que le présent constat ne le laisse entendre. Avec le recul, le droit d’inventaire à droite fera son œuvre et l’on verra combien La double présidence (de l’UMP, puis de la République) a été nocive, voire destructive pour la droite française. On comprend mieux les réactions actuelles désordonnées et souvent peu crédibles des leaders de la droite. Ils sont en plein chaos, et surtout ils ont perdu tous les pouvoirs politiques et une partie du pouvoir médiatique. C’est à l’aulne de « leurs abois » que l’on peut mesurer le degré de détresse dans laquelle ceux-ci sont plongés.

 

La création d’une association des amis de Nicolas Sarkozy susceptible de servir de mémorial à la gloire du grand chef abattu risque de n’avoir que très peu d’avenir, tant le ressentiment à son égard va se faire de plus en plus fort. Il y aura peut être, tout au plus, encore une Nadine Morano pour haranguer les foules à la gloire de son mentor.

En toute objectivité nous nous devons de constater les résultats suivants à mettre au passif du président sortant, d’autant plus qu’il s’est fait le chantre de la culture du résultat, qu’il a tenté d’insuffler à l’administration publique :

 

-          Echec aux élections municipales les 9 et 16 mars 2008.

La droite détenait avant le scrutin 21 villes de plus de 100 000 habitants sur 37, après les élections elle n’en tient plus que 12, le PS ayant emporté la différence.

 

-          Echec aux élections cantonales des 20 et 27 mars 2011.

Ce renouvellement partiel des conseillers généraux est marqué par une défaite de la droite l’UMP obtenant au 1er tour seulement 17% des voix. A l’issue du second tour ce sont quatre départements qui basculeront à droite, s’ajoutant à la large majorité de départements détenus par la gauche.

 

-          Echec aux élections régionales les 14 et 21 mars 2010.

Ce sera au 1er tour, le plus mauvais score jamais enregistré à une élection par la droite française, cela se soldera au deuxième tour par la prise de contrôle sur 25 régions de 22 régions par la gauche ; en métropole seule l’Alsace restera à droite.

 

-          Echec aux élections sénatoriales du 25 septembre 2011.

Là, il fallait vraiment le faire, vu le mode de scrutin, ce contrôle de la Haute assemblée est, en tout cas, historique pour la gauche.

 

-          Et enfin échec à l’élection présidentielle.

-          Probable échec aux législatives….

 

On ne peut que saluer la constance avec laquelle l’élève Nicolas Sarkozy affiche un bulletin de notes truffé de quadruple zéros. Y aura-t-il quelqu’un dans son camp pour reconnaitre cette vérité et la faire savoir. Car il faut bien mettre en perspective l’ensemble de ces élections pour mesurer l’ampleur de l’implantation du parti socialiste et l’invraisemblable Bérézina de l’UMP.

Seule consolation pour l’avenir de la droite française, ayant absolument tout perdu elle ne pourra pas descendre plus bas et même elle devrait mathématiquement enregistrer quelques succès électoraux à l’avenir.

 

Quant au parti Socialiste il ne faudrait pas qu’il se laisse emporter par tous ces succès, en pensant que tout lui est autorisé. Les français depuis cinq ans lui ont donné leur confiance, encore faut-il qu’il soit à la hauteur de celle-ci. L’avenir le dira, mais en plaçant à la tête du pays un homme comme François Hollande tous les espoirs sont enfin permis.

Par Jean Pelletier - Publié dans : politique
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 12:31

imagesCAX9OIT1.jpgJamais la France n’a eu son destin aussi lié à celui de l’Europe. La situation dont hérite François Hollande n’a rien de comparable à celle de Mitterrand en 1981, qui disposait d’une autonomie plus grande, même s’il prit le moment venu, au milieu de la tourmente, le choix de l’Europe, ce qui allait définitivement enraciner le destin de la France dans celui du continent.

 

« Je suis heureux, je suis aussi soucieux » lâche le nouveau Président à peine élu à la Bastille. Le ton est donné, ce sera sans aucun doute celui de ce quinquennat qui s’ouvre. Les manifestations d’intronisation ont été sobres ; on lui en est reconnaissant. Le double hommage à Jules Ferry et Marie Curie ont évité l’écueil du Panthéon et sa boursoufflure. La France a élu un homme de gauche, mais fidèle à une tradition du centre/gauche, celle d’Henry Queuille auquel François Hollande avait rendu hommage au cours de sa campagne. Puisse-t-il s’inspirer de ce parcours hors norme d’un grand personnage de notre histoire publique qui œuvra de 1921 en présidant le conseil général de la Corrèze, à 1958 où il s’opposa au retour du général de Gaulle.

 

Elu député « Rouge » en 1914 de la circonscription d’Ussel, il finira comme fondateur du centre Républicain avec André Morice maire de Nantes ( !) après un désaccord avec Pierre Mendès France. Les signes d’une connivence par delà l’histoire sont partout. Il sera aussi le parrain en politique de François Mitterrand auquel il conseillera de se présenter en 1946 dans la Nièvre.

L’histoire a retenu qu’il fut 21 fois ministres et qu’il reçut le surnom affectueux du « petit père Queuille ». La postérité a fait état de son amabilité, sa simplicité (il refusa toutes les médailles et les honneurs, et n’accepta que celle de la Société nationale d’horticulture), son honnêteté à toutes les épreuves, sa proximité avec les français et sa fidélité intangible à ses idéaux radicaux socialistes.

 

Amabilité, simplicité ; honnêteté, et fidélité, cela rappelle le portrait qui se dessine déjà de François Hollande.

 

Le temps des épreuves est arrivé, comme Nicolas Sarkozy avant lui, il devra user et « ruser » sans doute pour faire entendre la voix de la France dans un concert européen qui a tendance à devenir cacophonique. Nul ne sait ce que deviendra le « couple franco-allemand » qui a longtemps été le moteur de l’Europe. Mais aujourd’hui les temps ont changé, à vingt sept pays membres, l’Europe s’est alourdie dans ses prises de décision. Son centre névralgique autour des français et des allemands s’est déplacé plus au nord de l’Europe.

 

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault hérite de comptes publics considérablement dégradés qui le privent de toutes marges de manœuvre. C’est un dès sien, le président de la cour de comptes Didier Migaud qui sera là pour lui rappeler à quel point la situation financière de la France est critique. Sur son bureau figure en bonne place une note rédigée par les experts du parti socialiste qui lui fait le décompte des plans sociaux dont l’annonce a été retardée par le gouvernement Fillon, le temps des élections.

 

Le nouveau pouvoir socialiste est ainsi pris en étau entre la nécessité absolue de rétablir l’équilibre des comptes publics et celle de contribuer à tout prix au sauvetage de l’euro, lequel passe par le vote du peuple grec qui a déjà exprimé son hostilité à la cure d’austérité que l’Europe veut lui imposer.

 

Pour autant si Noël ne sera pas au rendez-vous, on peut espérer un autre style de gouvernement, une réforme de la fiscalité qui équilibrera l’effort avec plus de justice et, peut être, à minima, le maintien des acquis sociaux qui caractérise et personnalise la France.

 

Telle pourrait être la feuille de route, bien modeste en apparence, de François Hollande. Son plus grand succès pourrait être celui d’éviter une crise majeure dont l’impact social serait dévastateur.

Par Jean Pelletier
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