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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:58

Le Président de la République ne disposerait plus que de 4 % d’opinion favorable selon la dernière enquête du Cevipof et du journal Le Monde, qui portait sur un échantillon de 17 047 personnes interrogées entre le 14 et le 19 octobre. C’est une bien mauvaise nouvelle pour un Président qui ne se départit pas d’une opinion publique de plus en plus hostile à son mandat. L’heure s’approche où il devra annoncer s’il brigue un second mandat, tout en acceptant de passer à la moulinette d’une primaire à gauche.

Le temps de l’introspection est venu.

Quelle bien étrange introspection à laquelle François Hollande va se prêter, replié au fond de son palais de l’Élysée, au milieu de collaborateurs qui ouvertement ne cachent plus leur scepticisme, avec un parti socialiste réduit à l’impuissance, divisé et en perte de vitesse sur tous les fronts, et ses électeurs de 2012 qui le lâchent. Tout se murmure à son sujet, il n’y a plus de tabou, les uns avancent la candidature de Manuel Valls, les autres celle de Ségolène Royal…

Comment en est-il arrivé là ? Peut-il encore être le candidat de la gauche en 2017 ? Ces 4 % sont bien par trop cruels pour refléter une pensée de fond solidement ancrée. Ces 4 % font supporter à François Hollande la dérive démocratique que connaît la France… il incarne par sa présence au sommet de l’état les décennies d’impuissance et de mensonge que la gauche et la droite n’ont pas cessé d’asséner au français. Je ne veux pas l’exonérer de ses erreurs, mais il faudra bien à un moment parler aussi de ses réussites, il endosse le costume de la « victime expiatoire » de toute une classe politique qui a corrompu notre système démocratique, en ouvrant un boulevard à une extrême droite triomphante.

 

Une responsabilité collective.

Il est assez ridicule de voir, au cœur du débat de la primaire à droite, des candidats se bousculer les uns et les autres et faisant comme si de rien n’était, comme s’ils n’avaient pas contribué, eux aussi, à largement désespérer la France. N’étaient-ils pas tous au cœur des cinq années du mandat de Nicolas Sarkozy, qui a laissé le pays exsangue financièrement et politiquement ? Ne voient-ils donc pas que par ricochet ces 4 % les touchent directement ? Et franchement, Alain Juppé, le candidat du renouveau ? Quelle mauvaise blague et combien la mémoire des éditorialistes est courte, creuse et vide !

Et parlons de tous ceux qui à gauche sont prêts à concourir à la primaire, en espérant faire croire qu’ils apportent un sang neuf : Benoit Hamon, Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron, pour ne citer que les plus importants, franchement par leur comportement, leur propos, ils font intrinsèquement partie des 4 % eux aussi. Ils manient allégrement la trahison et le boniment.

Quant aux verts… c’est l’absolue quintessence de cette dégradation démocratique, des batailles picrocholines et des candidatures insignifiantes.  

Toutes ces femmes et ses hommes politiques auraient tort de ne pas prendre leur part dans ces 4 % de discrédit qu’endosse François Hollande.

 

Un bilan bien plus nuancé qu’il n’y paraît.

Alors, parlons un peu de ce président exécré… il a tout tenté pour échapper à ce nœud gordien que s’apprête à trancher une horde de candidats à sa succession. Pourtant, c’est avec sagesse et recul, qu’il assume sa tâche dans un climat de haine à son égard, il parle toujours avec modération de ces opposants et agit en se tenant à distance de cette médiocrité environnante. Je crois qu’à ce sujet tous ont oublié la honte des propos sans retenue de Nicolas Sarkozy président et encore aujourd’hui candidat.

Alors qu’il y a ceux qui veulent diviser et opposer les Français entre eux, il y a François Hollande, qui fidèle à sa fonction, ne dit et ne parle que dans un esprit de réconciliation des Français entre eux. Alors qu’il exerce un magistère puissant, il ne s’est jamais abaissé à poursuivre ou à se venger de ceux-là mêmes qui le traînaient dans la boue. Puisse l’avenir nous garantir au moins ce modèle absolu de « retenue » que François Hollande a su garder tout au long de son mandat.

 

Une politique internationale respectée.

On le dit faible, indécis, parfois léger, parfois imprudent… alors qu’il est seulement prudent, réfléchi, qu’il consulte, qu’il pèse et soupèse. Il s’est montré constant avec le Front National et les dangers qu’il représente. Face à un Barack Obama (si adulé par les élites françaises), lui indécis et faible, il a pris ses responsabilités au Mali en faisant la guerre. Alors que le pantin de Mélenchon lui administrait un terrible quolibet de « Capitaine de pédalo », c’est un président sage et responsable qui a su gérer la France en face des attentats les plus meurtriers et cruels qui soient. C’est aussi un président à la manœuvre, en collaboration avec la chancelière allemande, qui a su gérer la crise en Ukraine et les tensions avec la Russie. Sur l’Europe, on le dit impuissant et sous la domination d’Angéla Merkel, s’il n’a pas pu renégocier le fameux « pacte budgétaire européen » il a été en mesure de lui opposer un « pacte de croissance européen » et d’œuvrer pour la mise en place d’une union bancaire, voulue par Mario Monti. Certes il n’a pas, pour reprendre ses propos au Bourget, mis au pas la finance internationale, mais il a contribué à ce qu’elle soit un peu mieux encadrée.

Des mesures concrètes pour le bien du pays.

Enfin, dans l’attente d’un bilan plus complet de sa mandature, est-il encore possible de rappeler toutes les mesures qui ont été prises sous son impulsion ?

  • La retraite à 60 ans pour les carrières longues et dures
  • la création des emplois d’avenir
  • l’abrogation du délit de « solidarité » aux sans-papiers instaurés sous Sarkozy
  • la création d’un crédit d’impôt recherche pour les PME,
  • le pacte de responsabilité (le CICE crédit d’impôt compétitivité emploi : 20 milliards d’euros de crédits, les baisses de cotisations patronales au 1er janvier 2015 pour les salaires allant jusqu’a 1,6 SMIC, soit 11 milliards d’allègements de charges, la baisse et enfin la suppression de la surtaxe d’impôt sur les sociétés, soit 10 milliards d’euros)
  • le mariage pour tous
  • la sécurisation des parcours professionnels
  • toutes les mesures pour la moralisation et la transparence de la vie publique (limitation des cumuls de mandats, réduction du train de vie de l’Élysée, etc.. )
  • le début de remise sur pied de l’éducation nationale (création de postes, revalorisation des traitements, mis en place de moyens supplémentaires en commençant par la création de postes.)
  • La création de postes pour la police, la justice et l‘armée, là où Sarkozy n’avait cessé, année après année de supprimer des emplois.
  • Et enfin sur le chômage… qu’il a été long ce parcours de capitaine combattant, imprudent dans ses annonces, mais on final, on sera bien loin du million de chômeurs créés par Sarkozy, la courbe est bien en train de s’infléchir
  • Le déficit public laissé en piteux état par la droite, a été réduit, laborieusement, mais il devrait passer en dessous de la barre des 3 % du PIB,
  • Les dépenses publiques de 56,6 % de la richesse nationale en 2012 tomberaient à 54,2 % en 2017.
  •  

Un mandat bien moins mauvais que celui de Sarkozy ou de Chirac.

Le bilan reste encore a être affiné, mais pour autant voilà un président exécuté jour après jour par une gauche que l’on pourrait en effet qualifier de « plus bête au monde », qui ne mérite en rien cet opprobre des 4 %, alors qu’en bilan comparé avec ses plus récents prédécesseurs il ne s’en est pas si mal sorti et, du moins, a-t-il tracé le portrait d’un homme plutôt honnête.

Alors, lorsque le moment venu, Juppé s’appropriera peut être l’Élysée, les opposants à François Hollande pourront vraiment voir ce qu’est une politique de droite, claire et nette, bien loin de le petite réforme dite El Khomery, certes maladroite et mal appropriée. C’est bien un train de mesures antisociales que la droite, relevant la tête, annonce déjà à tout vent et qu’ils sont bien mauvais tous ces vents froids, violents, et si contraires aux alizés dont le pays aurait bien besoin.

La démocratie confisquée ?

Les réseaux sociaux bruissent de ces débats autour du bilan de François Hollande, du PS et de la gauche. Certains à propos de ce qui est écrit plus haut disent : « Comment peut-on croire encore à ce type ? C’est de l’idolâtrie. »

D’autres répondent : « Il ne s’agit pas de croire, la république n’est pas une religion. » Puis un autre intervient « Entre les scientologues et les énarques, où sont les citoyens et la République », un autre lui répond « La République c’est ce que nous en faisons. »

Autre propos : « La république nous a été confisquée par l’élite issue des grandes écoles… le peuple est dupe, nous sommes dupes. » Auquel répond-on par « être de gauche c’est aussi de croire à l’avenir et d’y contribuer ».

Enfin un sage finit par dire : « C’est grâce à ces querelles incessantes entre partisans d’un profond changement que le système actuel a encore un grand avenir devant lui. Pour ma part, je soutiens le réformisme constructif de J.  car, chaque pierre à son importance et je soutiens l’insatisfaction nihiliste de P. car il nous faut être intransigeant dans nos utopies. C’est ensemble que nous trouverons les points d’appui d’un changement radical de notre société ».

La foi en l’avenir.

La démocratie a-t-elle été confisquée ? Mais pour autant c’est bien au peuple qu’appartient le dernier mot. Et le Peuple est une force énorme lorsqu’il se met en mouvement. Les temps à venir seront difficiles, car il faudra beaucoup d’efforts pour remettre de l’ordre dans les idées et les priorités. Il faudra aussi beaucoup d’énergie au Parti Socialiste pour se remettre debout (Mitterrand l’avait fait de 1971 à 1981, soit dix longues années), mais être socialiste, c’est avant tout avoir foi en l’avenir. Les forces sont là… inemployées, dévoyées parfois, il faut juste que quelques femmes et hommes de bonne volonté se lèvent pour dire, ensemble, leur projet de société solidaire, laïque et pacifiste. Mais au-delà du credo, il faudra dire très précisément ce que cela veut dire, clarifier les probables nécessaires sacrifices et les progrès à imaginer pour les mettre ensemble dans la balance et que le fléau de cette dernière penche enfin du bon côté.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 11:42
Lectures - Echanges-Dédicaces autour de l'oeuvre de Julien Gracq avec Pierre Santini et Jean Pelletier

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Published by Jean Pelletier - dans Culture
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 15:52

Ce matin sur Europe 1, l’ancien patron de l’UMP, Jean-François Copé a fait très fort. À la demande : « quel est le prix moyen d’un petit pain au chocolat ? » L’invraisemblable réponse de celui qui concourt tout de même, à la primaire de la droite pour l’élection présidentielle : « je ne sais pas, 10 à 15 centimes d’euros ». L’anecdote est exemplaire, elle éclaire bien ce qui qualifie notre monde politique : la médiocrité.

D’abord, ne mettre que sur le dos de la droite ce genre de dérapage, serait stupide, la gauche de son côté a quelques juteuses histoires, entre la ministre de la Culture qui ne peut citer aucun ouvrage de l’écrivain français fait prix Nobel et la ministre du travail, à peine nommée, qui ne connaît rien au régime d’usage des CDD. L’incompétence en vie réelle est malheureusement universellement partagée par l’ensemble de la classe politique et je vais vous en donner les principales clefs d’explications.

 

Mais arrêtons-nous un instant sur ce que Copé a lâché ce matin. On comprend mieux avec quelle agilité cet homme est prêt a détricoté toutes les protections sociales, et à se passer des syndicats. Dans un monde à 10 centimes le pain au chocolat, les aides sociales sont bien trop élevées, il faut donc les réduire. Je repense aussi à la proposition de Bruno Lemaire qui veut créer des emplois à 5 euros de l’heure… on aurait du lui demander à lui aussi le prix d’une baguette de pain, car avec 5 euros de l’heure et à 10 centimes le petit pain on peut largement nourrir une grande famille.

C’est pitoyable et le pire, c’est que cette médiocrité n’explose pas encore plus les écrans… La primaire de la droite c’est la course à l’échalote des indignités :

-       suppression de l’impôt sur les grandes fortunes

-       stigmatisation des enseignants qui ne travailleraient pas assez

-       suppression de postes dans la fonction publique par centaines de milliers… on a vu les dégâts dans l’enseignement, la police, l’armée

-       abrogation du statut de fonctionnaire

-       la retraite à 65 ans, y compris pour ceux qui ont commencé jeune, et pour les travaux pénibles (dixit Copé  qui imagine… un système pour leur assurer sur la fin des travaux moins pénibles… cela ne s’invente pas)

-       diminution drastique de l’allocation chômage,

-       etc.

 

Gauche qui se renie, droite qui trépigne d’impatience, personnels politiques tous bords confondus qui perdent les pédales… je vous avais promis une explication, la voilà.

J’ai longuement côtoyé le personnel politique, étant moins même à un moment de ma vie un professionnel de la politique.

Imaginez-vous bien qu’un Jean-François Copé pour se consacrer uniquement à son activité politique ne traite jamais un problème quotidien, il ne fait pas les courses, il ne gère pas son argent, il ne remplit jamais un dossier administratif, il ne remplit jamais sa déclaration d’impôt, il ne prend jamais lui-même un rendez-vous… il a autour de lui du personnel qui fait et agit pour lui et du coup l’isole du monde réel.

Ils vivent tous comme cela, je ne connais que très peu (mais il y en a et il y en a eu) de députés, de sénateurs, de politique qui ont eu à voir un jour avec le monde réel.

Enfin, imaginez Alain  Juppé, notre presque prochain président …voyez sa carrière, à quand remonte une  véritable expérience du monde réel il y a 60 ans …

Et c’est à lui que les français s’apprêtent à s’en remettre.

 

Alors bien sûr, pour faire illusion ils vont à la rencontre des gens (souvenez-vous du magnifique documentaire de Depardon sur les campagnes de Jacques Chirac)… quelle comédie… Et l’orchestration qui en est fait… pourquoi croyez-vous que la communication a tant pris la main sur les hommes politiques… pour mieux enfumer le peuple et faire écran sur la sordide réalité du personnel politique. Celui-ci vit comme la noblesse britannique (regardez la série exemplaire  Downton Abbey) la fin du XIXe siècle… hommes et femmes éthérés vivant en apesanteur avec des petites mains qui s’occupent de tout, même de choisir à chaque instant les vêtements qu’ils vont porter.

Transposez-les dans notre siècle à nous, les majordomes sont transformés en chef de cabinet, en assistants de tout genre, en secrétaires particulières, en hommes et femmes de communication.

Il y a la vraie vie, la nôtre et au-dessus se joue un théâtre avec des pantins qui racontent le monde à eux, celui auquel ils se prêtent chaque jour, leur esprit dérivant au fil des jours sur des océans d’illusions.

Ils finissent par ne se parler qu’à eux-mêmes, tant l’écho de leur voix se perd dans ce décor pitoyable qu’est leur vie.

Nous n’existons pas et nous n’existerons jamais pour eux, nous sommes les « invisibles », seuls quelques philtres magiques, les sondages d’opinion, leur donnent accès à une faible partie de nous-mêmes.

Comment en sommes-nous arrivés là… par inadvertance, par manque d’esprit de résistance, par fatigue aussi sans doute… nous avons perdu tout sens de la vigilance. Il nous revient à nous, le Peuple, de remettre de l’ordre dans cette comédie du pouvoir.

Car, nous le Peuple, quand nous le voulons, nous pouvons être d’une force incroyable.

Pour en savoir plus sur le parcours de Jean-François Coppé

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jean-francois-cope-portrait-d-un-126541

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 17:32

Est-ce l’âge, le temps qui passe, j’éprouve de plus en plus de nostalgie et me détache du monde et de ses affaires courantes… en effet elles courent, elles courent et ne laissent pas grand-chose de tangible derrières elles. Ce n’est pas que je tourne le dos à la politique, c’est que je la vois désormais comme un corps qui se sépare de moi, qui s’éloigne, qui me devient presque étranger… à moi qui m’y suis tant donné… j’observe, il m’arrive de commenter, mais c’est à peine si j’y crois encore

Pourtant la politique ne nous lâche jamais, je devrais le savoir. Quiconque s’abstient donne indirectement sa voix à quelqu’un d’autre qu’il n’aura pas choisi. L’abstention est la pire des choses, c’est une négation dévastatrice qui hélas semble s‘emparer du pays ! Je ne m’abstiens pas, mais je n’arrive pas, pour autant, à prendre corps dans le débat politique qui nous est offert…

Ma génération a connu des moments extraordinaires… quand j’y pense, c’est un véritable roman. En 1974 j’ai 22 ans en 1971 au congrès d’Epinay j’en ai 19. Comment ne pas se remémorer ce temps-là où naissant au monde des idées, je baigne dans un temps de l’histoire où la société est en plein mouvement et où la gauche se sort de l’ornière de la SFIO, des présidentielles de 1969 et de l’échec terrible de Gaston Defferre… Et puis ce sera la grande marche en avant des idées et du combat politique. Les affrontements internes au PS avaient une bien autre tournure, ne serait-ce qu’entre la deuxième gauche incarnée par Rocard et le CERES par Jean-Pierre Chevènement. C’était rude, qui ne souvient pas du fameux Rocard d’Estaing lancé à la figure de Rocard par Defferre  au Congrès de Metz ?

Même l’aventure un peu stupide d’un Jean-Jacques Servan Schreiber à Nancy, puis à Bordeaux avait tout de même plus d’allure que les gesticulations sordides d’un Emmanuel Macron.

1981 sera l’apogée de cette histoire… jusque 1984… je participe à l’aventure de la gauche au pouvoir, en faisant du cabinet ministériel. L’occasion unique de voir à l’œuvre les forces de destruction que le pouvoir entretient et nourrit en son sein.

Marche après marche, c’est la descente à l’envers aux enfers… chaque épisode semble l’apogée de la « mort », mais non le pire est à chaque fois à attendre.

2017 fait plus que pointer le bout de son nez… la gauche est en vrac, comme si chacun de son côté n’avait pour tout carnet de route que la perte… de son propre camp.

Alain Juppé (le revenant ne l’oublions pas, quand même) semble inexorablement en orbite pour conquérir en mai prochain l’Élysée… de bonnes âmes en charge du renouvellement annonce la nomination de Valérie Pecresse à Matignon… tout cela souffle bizarrement au-dessus de nos têtes comme un air de rénovation, de transformation .…

La destruction massive de la gauche va faire prendre aux électeurs des vessies pour des lanternes… car enfin Juppé, Pecresse c’est tout juste la Droite, la Droite une fois de plus et pas moins que cela…

On vit comme dans un cauchemar un roman qui narrerait que la droite légitimerait enfin ses idées par KO de la gauche.

Citoyens, réveillez-vous, écoutez bien tout ce qui se dit et, de grâce, lisez les programmes et cherchez bien où est votre intérêt

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 17:45

Je vais vous faire part de mon expérience … donc de quelque chose de réel et de tangible, qui visiblement laissent l’état, les ministres, les politiques totalement indifférents. Je ne développe qu’un tout petit aspect, personnel, certes … mais dont je ne suis pas le seul à faire l’amère expérience

Que penser d’une Université qui ne paye pas ses enseignants vacataires au bout de dix mois, alors que les cours sont terminés et que les cours 2016/2017 commencent cette semaine ?

Qui par ailleurs, ne délivre plus de feuilles de paie depuis le mois de mai à ses professeurs et n’applique pas les augmentations qui leur sont dues ?

Qui, par ailleurs, demande à ses enseignants vacataires de remplir un dossier pour une commission qui examinera s’ils sont capables d’enseigner à l’Université, alors que leur enseignement a déjà commencé (pour ce qui me concerne, j’ai été professeur associé dans une autre université pendant six années, vérifiable, puisque la nomination des professeurs associés est publiée au JO) ?

Que le contact ne se fait que par internet sans la possibilité de rencontrer un être humain pour en parler... pour comprendre... pour être informé. Donc une administration aveugle, barricadée dans ses bureaux derrière un mur numérique.

C’est l’Université Paris 13... on aurait aimé qu’un gouvernement fasse le ménage dans ces universités qui sont la honte de l’enseignement supérieur... car il n’y a pas que Paris 13 qui se comporte ainsi.

Le manque de postes fait que toutes les universités sont obligées massivement de recourir aux enseignants vacataires et qu’il devient compliquer, dans ces conditions, d’en trouver... sachant qu’ils sont, en outre payés une bouchée de pain (quand l’administration universitaire veut bien faire son travail).

Voilà, un bien amer constat de cette situation indigne d’un pays comme la France...

Étrangement personne ne parle de ce monde ubuesque où l’on fait travailler des gens sans être capable de leur payer leur dû à la fin du mois.

Enfin, il faudrait aussi parler des conditions matérielles de l’enseignement supérieur et de la condition des étudiants qui sont directement exposés à tous ces dysfonctionnements.

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Published by Jean Pelletier - dans Ecole & universités
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 18:04
Ces retraités que l’on sacrifie, puis qu’on oublie…

C’est une bien curieuse période qui s’ouvre à celle ou à celui qui prend sa retraite, elle est, au moment où ils entreprennent leur démarche, pleine de surprises… bonnes et mauvaises. Mal préparés, ils sont livrés à l’indifférence de la société.

Première période, on élimine.

La première sensation est d’abord celle d’une incroyable liberté et d’une délivrance, comme si le travail avait fini par devenir un boulet de plus en plus lourd à tirer. Mais à ce sujet, il faut bien dire que la plus grande majorité des employeurs maltraitent leurs séniors… Il ne fait pas bon dans le milieu de l’entreprise de rentrer dans la soixantaine, voir encore plus tôt. On dérange, on pèse, et s’ouvre alors une période douloureuse où tout est bon pour vous faire sentir que vous êtes de trop. Cela peut dans certains cas aller très loin… le harcèlement prend une tournure dangereuse et c’est tout l’équilibre du sénior qui est alors en danger. Malheureusement, les statistiques, en France, sont terribles ; burn-out, suicide. La presse a fait état des méthodes scandaleuses du management, d’Orange, c’est désormais dans les mains de la justice. Mais le procédé est le même un peu partout. Et pour le coup, public et privé c’est malheureusement la même chose.

Car la nouveauté, et nous le devons à Sarkozy, c’est qu’un patron ne peut plus mettre à la retraite d’office le sénior qui a atteint l’âge de départ à la retraite. Alors celui qui manifeste le souhait de continuer devient une cible à abattre.

Dans ce contexte, l’enclenchement du processus de départ à la retraite suscite dans un premier temps le soulagement. Ceci pour les moins meurtris. Pour ceux qui auront connu l’acharnement à les faire partir, le retour à une situation psychologique normale peut être très long, plusieurs années. Un gâchis…

L’entreprise recrache le salarié, comme un substrat desséché.

Ensuite… il faut bien réorganiser sa vie financièrement, mais aussi prendre à bras le corps tout ce temps libre qui s’ouvre ainsi. En 1981, il existait un ministère du Temps Libre que son titulaire André Henry a bien eu de mal à faire vivre… c’est dire combien la société française s’accommode mal de cette notion du temps libre.

Aujourd’hui, on vit de plus en plus vieux, et le temps de la retraite devient un pan entier de la vie des femmes et des hommes qui y accèdent.

À ce titre, les derniers gouvernements ont pris des mesures pour retarder l’âge de la retraite, dans un sain souci d’équilibre des comptes. Mais quel paradoxe, on demande aux travailleurs de travailler plus longtemps, mais on les élimine de plus en plus tôt de l’entreprise, en France du moins.

Notons que cette étrange conjoncture est en train de constituer des cohortes très importantes de femmes et d’hommes mis au rebut, parfois dès 50 ans et dans une situation où il est impossible pour eux de retrouver un travail. Actuellement, ils ont droit à trois ans de chômage (mais la droite nous promet de mettre fin à cet avantage) et après… ils sont encore loin de faire valoir leurs droits à la retraite. Ils passent alors par la casse perte de leur patrimoine, pauvreté, RSA et autres situations misérables qui aggravent encore le sentiment de déclassement. C’est aussi bien souvent la solitude qui suit les pertes de repères. Les femmes sont encore bien plus touchées que les hommes.

Enfin, quand ils arrivent à l’âge de la retraite, ils sont loin d’avoir les trimestres nécessaires et ils se retrouvent avec des retraites frappées d’abattement de 20 à 30 %.

La société ignore ses retraités.

Cà, c’est l’impact financier… il n’est pas anodin, on s’en doute. Mais ensuite pour ceux qui seront passés entre les gouttes et qui vont connaître cette situation… s’ouvrira une période où ils ne seront plus rien… Je suis surpris de constater que dans mon milieu toutes ces personnes avec lesquelles j’ai échangé professionnellement et parfois de façon intense… m’ignorent totalement. On passe de l’autre côté du mur, dans un « après » où tout ce qui a constitué notre personnalité, notre savoir, notre expérience cesse instantanément. Je me souviens encore d’une « amie » qui a l’occasion d’un diner avait proclamé doctement que les retraités ne faisaient plus partie de la société et qu’ils devaient en perdre la plupart des droits… Vous ne travaillez plus… alors, taisez-vous et disparaissez de notre vue. C’est assez brutal, j’avais pris le propos pour les mots d’une personne peu intelligente et qui ne réfléchissait pas… mais je constate que dans les faits c’est bien ce qui se passe. C’est insidieux, mais peu à peu dans les faits on disparait de tous les radars du monde des vivants, de ceux qui travaillent. On entend alors le bruit du monde qui s’éteint peu à peu pour devenir un brouhaha dans lequel on devient peu à peu des fantômes.

Pourtant en 2016, un citoyen de 60/65 ans a derrière lui tout un patrimoine d’expériences, bien souvent une excellente santé, tout pour en faire un citoyen actif et productif.

Je constate cruellement que la société française (car il n’y a pas que les patrons à l’œuvre, mais aussi certains salariés qui en tirent bénéfices) tranche brutalement entre le passage de la pleine activité à la cessation d’activité.

Nulle part, on n’organise d’intelligentes transitions avec un passage de savoir. Non, on élimine à la hache, en aveugle et sans pitié.

Un gâchis organisé à la française.

Notre société vieillit, et le nombre de retraités ne cesse de croitre. Je ne vois nulle part de réflexions sur cette question, mis à part l’aspect strictement et sinistrement comptable de limiter sans cesse les droits à la retraite. Cela ne se passe pas si mal au final pour nombre d’entre eux, j’observe autour de moi, tant bien que mal que leur temps libre s’organise de multiples manières selon les centres d’intérêt des uns et des autres. Pour d’autres, la blessure est tout de même là… ce sentiment de toute une vie réduite à néant. Et encore une fois, les plus forts s’en sortent et les plus faibles croupissent dans des situations bien peu dignes de la France.

On voit bien en analysant les programmes des différents partis politiques que le sujet n’est pas pris en compte, qu’aucun de ces talentueux conseillers ne travaille sur cette question, comment mettre fin à ce gâchis, comment assurer une transition digne et dynamique du travail à la retraite ? Et de donner un droit de cité à tous ceux qui ont par leur travail contribué à ce que la France avance.

Ne pas accepter cet état de fait.

Les retraités perdent le lien et le peu de soutien que le mode du travail pouvait leur accorder. Les syndicats font bien peu d’effort (mis à part la CGT) pour les organiser. Pourtant ils sont une force politique, ne serait-ce que par leur nombre. Ils doivent s’organiser et faire entendre leur voix. Les solutions existent pour que cesse ce jeu de massacre, faisons porter notre voix, dénonçons les injustices chaque fois qu’elles se produisent, imposons par la loi aux entreprises qu’elles fassent une place digne aux séniors, imaginons des solutions qui en assurant la transition permettent à l’actif de passer progressivement au statut dit « d’inactif », à la clef une meilleure productivité, un apaisement des tensions dans les entreprises. Donnons à l’âge ses lettres de noblesse et construisons une société où l’homme avancera en âge en disposant en plénitude de tous ces temps que la nature lui donne.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 11:41

Qui l’eût cru… Jean-Louis Farvaque nous livre avec son dernier roman un véritable livre fantastique. Lui le professeur de physique, le savant, le rationaliste, l’athée ouvre une brèche sur l’au-delà et les interrogations qui s’y nichent.

La deuxième vie de Charlotte.

Il fait très fort et tranche avec ses précédents romans, comme s’il s’affranchissait enfin de sa pudeur, de sa retenue à écrire, comme s’il n’avait pas tout à fait sa place dans le monde de la littérature, comme s’il agissait en intrus. Certes, il s’amuse et il ne s’en cache pas, ne dit-il pas lui même qu’après toute une vie de physicien à l’université et avec à la clef nombre d’ouvrages scientifiques de références, la retraite lui ouvre le chemin d’une écriture où il peut s’affranchir des règles immuables du monde tel qu’il l’a enseigné.

Peut-être fallait-il un peu de temps et deux romans à son actif pour qu’il laisse exprimer une seconde nature que la vie avait jusque là enfouie au plus profond de lui même.

Le hobby n’est plus, c’est un auteur au sens fort du terme qu’il a su accoucher avec de la ténacité, beaucoup de travail, peut être un travail sur lui même.

Je ne vous donnerai que le pitch de l’histoire, comment un homme parvient-il à surmonter les lois de la vie pour renouer avec l’amour de sa vie et leur donner une seconde chance.

L’écriture est souple, les articulations du récit fonctionnent tellement bien qu’elles aimantent l’attention du lecteur. Difficile de laisser tomber le livre une fois prisonnier de l’intrigue.

Le style est factuel, on reconnaît la patte du professeur, peu d’envolée lyrique, le lyrisme est ailleurs, il n’est pas dans les mots, mais dans l’idée que l’on se fait de l’histoire…

Il y a du Marc Levy et du Guillaume Musso dans « La deuxième vie de Charlotte », tant la poésie de l’étrange se prolonge par une quête sincère de l’autre, une forme d’humilité à raconter pas à pas ce voyage incroyable au pays de la mort.

La chute du livre est une véritable beauté angulaire… à la croisée de H.G.Wells et de Stendhal.

« La deuxième vie de Charlotte » aux éditions Vents Salés (Web : édition-vents.com)

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 12:44
Hollande, le candidat providentiel.

Cela fait un moment que je n’ai pas écrit de commentaires politiques, signe patent de mon désarroi. Je ne suis pas le seul à subir « cet état ». Membre du Parti socialiste depuis 1974, électeur et acteur de la campagne de François Hollande je subis vague après vague tous les désenchantements que l’on peut imaginer. Et pourtant à chaque événement contrariant, une main invisible retenait ma plume, comme s’il fallait laisser un peu de temps au temps. Par ailleurs, les gesticulations dérisoires des uns et des autres, frondeurs, écologistes, » Républicains » me donnaient des hauts le cœur salvateur qui me laissaient un peu de répits pour mieux me positionner.

Ce recul était salutaire et je remercie une fois encore « la main invisible » de m’avoir retenu d’écrire plus d’un post rageur. Le moment est venu d’en dire un peu plus et d’expliquer pourquoi ma foi en François Hollande est restée, malgré tout, intacte… ma foi et ma confiance.

François Hollande va demander au français de lui accorder un second mandat, ce n’est plus qu’un secret de polichinelle.

Les comités de soutiens sont en préparation, et les équipes vont s’organiser et j’en suis très résolument.

Je vois, je sens les frémissements de tous ceux que je connais bien qui vont lire ces lignes.

Avant toute argumentation, j’ai fait un petit tour de France symbolique cet été, mêlant amis et familles. Après les bons repas, et les verres de rosé, la discussion venait, inévitablement, sur le terrain politique. Tous avaient été électeurs de François Hollande.

À chaque fois, la même mécanique s’enchaînait, après la longue liste de récriminations et de mouvements d’humeurs, le propos s’échouait très naturellement sur un constat ; hors Hollande, point de salut…, on est injuste avec lui, car finalement il a fait pas mal de choses utiles au pays et s’en suit à ce moment la longue liste des choix et décisions vertueuses du Président :

  • il a, lui, pris des mesures courageuses pour combler les lourds déficits qui entravaient la France,
  • il a commencé à réparer l’école que Sarkozy avait détruite en cinq trop longues années de mandat… création de postes… reforme de la formation des maitres…
  • il a aussi commencé à réparer l’armée et la police en mettant fin à l’incroyable saignée des effectifs entrepris par la droite… laquelle se croit autorisé aujourd’hui à lui donner des leçons…
  • il a entrepris des débuts de réformes pour favoriser l’emploi et la création d’entreprises
  • il a été à la hauteur en face des attentats et a représenté dignement la France à l’international
  • et globalement, je lui en suis gré, car c’est essentiellement pour cette cause-là que j’ai voté et milité pour lui, il a, en gros, maintenu les systèmes de protections sociales qui caractérisent la société française.

Et là-dessus j’ai tant de bons amis parisiens qui répètent à l’envi Hollande et la droite c’est la même chose, que je les attends, avec malice, si par malheur la droite (même Juppé qu’ils aiment tant) gagne, pour commenter le programme antisocial qu’ils s’apprêtent à commettre. Et l’on verra à ce moment si Hollande et la droite c’est la même chose.

La situation est critique, les menaces sont multilatérales aussi en bien en interne qu’à l’externe.

La guerre économique sévit toujours avec rage et la bataille pour l’emploi est loin d’être gagnée, la guerre tout court est sur notre territoire. Dans le chaos des demandes d’action et de remises en cause de l’état de droit quel est l’homme qui saura réfléchir et agir avec sagesse ? En dehors de Hollande je ne vois pas d’autres voies politiques qui tout en agissant pour réformer saura maintenir les valeurs traditionnelles de la gauche ; les droits de l’homme et les droits sociaux.

Ah, j’entends de suite la clameur pour dénoncer « les trahisons de Hollande », dont la dernière sur le droit du travail.

Attendons sagement d’en voir les effets et voyons donc ce que les autres proposent… je vous laisse le soin de lire le programme des républicains » et chacun de ses candidats… un véritable incendie social en préparation.

Je me désole du spectacle ridicule donné par les anciens ministres « de François Hollande » les Montebourg, Hamon Dufflot et maintenant Macron… Les Verts qui s’apprêtent à mener leur propre primaire, eux qui doivent leurs poids parlementaires uniquement au soutien que le PS leur a (trop) accordé.

Sérieusement, qui peut faire le poids dans la tempête qui se déchaine autour de nous ? Ces gens-là…

Leur seule utilité ? Maintenir leur candidature démesurée, juste pour occasionner l’élimination de toute la gauche au second tour.

Franchement, qui peut faire confiance à ces gens-là… donneur de leçon à gauche, mais qui ont largement goûté à la soupe lorsqu’ils ont été en situation..

Pour finir, je voudrais dire simplement que François Hollande est pour moi un homme honnête, on le dit « gentil », c’est vrai, mais il n’est jamais naïf… il sait apprécier une situation, s’entourer de conseils avisés et prendre le temps de la réflexion. On le lui reproche, mais on se souvient de la manière chaotique et à la hache avec laquelle Sarkozy avançait politiquement, sans discernement.

Enfin, c’est un véritable Européen qui gèrera au mieux pour notre profit la terrible crise européenne qui s’annonce et avec laquelle là encore il faudra agir avec tact, réflexion et sagesse.

Oui, François Hollande n’a pas tenu toutes ses promesses, il a eu parfois des propos malheureux sur le chômage en particulier, il n’a pas toujours su s’entourer… mais qu’est-ce que tout cela à l’aulne du reste… maintenir un cap droit et régulier sur un projet « France » qui tout en respectant ses traditions sociales saura se moderniser.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 11:34
Michel Rocard.

Sa disparition a entrainé de multiples hommages de tout bord, chacun y allant de ses souvenirs et de son héritage… Moi je me souviens tout simplement comment le hasard tissa des liens tout doucement vers lui, d’abord mécaniquement, puis en symbiose avec les idées qu’il portait avec tant de force et de courage.

Tout a commencé par la fin de mes études à Sciences Po. J’avais un professeur d’économie peu connu à l’époque (le Prix Nimier en 1977 avec La vie comme à Lausanne), Erik Arnoult qui allait devenir célèbre sous le pseudonyme d’Erik Orsenna. Je cherchais ma voix entre écriture et carrière professionnelle. La mort de Jean-Paul Sartre scella mon destin. Habitant Nancy, je n’ai pu me rendre à son enterrement.

Le 19 avril 1980, ce sont plus de 50 000 personnes qui suivirent sa dépouille dans les rues de Paris jusqu’au cimetière du Montparnasse

Mon meilleur ami, nous étions inséparables à Sciences Po, Pierre s’y rendit et les hasards du cortège firent qu’il tomba nez à nez avec Erik Arnoult. Ce dernier lui demanda instinctivement de mes nouvelles. À l’énoncé de mes projets d’écriture, il lui demanda de me transmettre le message suivant : « Je suis aussi éditeur… qu’il vienne me voir ». Aussitôt dit aussitôt fait.

Si le rendez-vous ne déboucha pas sur une édition, il me propulsa comme assistant parlementaire d’Edgard Pisani… une chance disait-il… Oui, une opportunité qui a changé le cours de ma vie de manière radicale et décisive.

Jamais l’expression prendre le train en marche ne fut aussi vraie, c’est en gare de Nancy que le rendez-vous eut lieu. Edgard Pisani était alors député européen, je le rejoignais dans le train en direction de Strasbourg. C’était alors une légende en politique. Jeune résistant, il fut aussi un des plus jeunes préfets de la république, ancien ministre de l’Agriculture du général de Gaulle, il prit ses distances avec le mouvement gaulliste sur la question des ordonnances du gouvernement Pompidou, en mai 68 il soutient les étudiants et prononce un discours devenu célèbre à l’Assemblée nationale. Puis en 1974 il rejoint le Parti socialiste.

En rejoignant Edgard Pisani, je rejoignais en fait Michel Rocard. Ce dernier envisageait de concourir à la présidentielle de 1981 contre Giscard et… Mitterrand. Enfant chéri des sondages, il envisageait très sérieusement cette opportunité, au point de mettre en place un dispositif pré présidentiel, dont je fis partie par l’entremise de Pisani. Il possédait un des plus beaux carnets d’adresses de la république, fournis par les hauts fonctionnaires les plus en vue du moment. Dans le dispositif de campagne de Michel Rocard, Edgard Pisani pris la responsabilité des études, à savoir de constituer des groupes de travail thématiques qui réunirait les meilleurs et je fus désigné comme le permanent de ce dispositif chargé de l’organisation, de réunir ces groupes thématiques et de contribuer au compte rendu de leurs travaux. Michel Rocard assistant aux réunions de synthèse qui se tenait rue de l’Université.

Le plus beau linge de la république s’est joint à ces groupes de travail et la plupart eurent des destinées remarquables.

Le dispositif prit place rue de l’Ecole de Médecine, au-dessus du Cinema Racine, grâce à la générosité et au soutien de Marin Karmitz, propriétaire du cinéma et du bâtiment.

La petite porte à droite du cinéma a été empruntée par nombre de personnages illustres, depuis, de la république.

Nous avions des bureaux et une belle salle de réunion. Catherine Larget prit la responsabilité du secrétariat à mes côtés et nous embauchâmes, vers la fin, pour faire face au travail important qui s’était mis en place à une toute jeune secrétaire Laurence.

Et ce fut le va-et-vient entre la rue de l’école de Médecine et la rue de l’Université où Michel Rocard avait ses bureaux et son état-major, Christian Blanc comme directeur de cabinet, Jean-Paul Ciret en charge de la communication et Scarlett Courvoisier comme assistante de Michel Rocard qui faisait vivre cette maison de l’espoir avec beaucoup d’autorité de charme et d’humour.

Quelqu’un a dit de Rocard qu’il avait de l’humour et que c’était rare en politique. Oui, je me souviens de cette période qui a précédé mai 1981 comme une formidable machine bourrée d’énergie, mais aussi d’humour.

Cette année a été une des plus belles de ma vie professionnelle. Outre l’organisation générale je participais à titre d’expert au groupe éducation et au groupe culture.

C’était Claude Alphandery qui avait hérité de la responsabilité du groupe éducation. Il souhaita qu’il reste restreint en formation permanente et que nous auditionnions des experts auxquels, parfois, nous demandions une note, un dossier, des fiches de lecture. C’est dans ce groupe que je fis la connaissance de Suzanne Citron et de Michèle Sellier.

Claude Alphandery a été un grand résistant, proche du Parti communiste, il rejoignit Michel Rocard en 1976, il fit carrière comme banquier et économiste, il contribua à soutenir l’économie sociale et encore aujourd’hui, il plaide pour une économie plus humaine, en mars 2012 il participe au Collectif Roosevelt qui propose un New Deal à la française. Il a publié en 2015 un très beau livre, en forme de testament Une famille engagée : secrets et transmission aux éditions Odile Jacob

Suzanne Citron, née la même année que lui en 1922, était déjà en 1980 une universitaire de grand renom qui c’était fait connaître par un ouvrage remarquable L’école bloquée aux éditions Bordas, elle faisait aussi régulièrement des tribunes percutantes dans le journal le Monde.

Michelle Sellier, universitaire, qui avait été proche de François Mitterrand s’était rapprochée de Michel Rocard, elle en paya le prix en 1981 par une mise à l’écart de toutes les nominations jusqu’au moment où elle fut nommée en 1984 Rectrice de l’académie de Reims. Elle siégeait au conseil municipal d’Amiens et présidait la maison de la Culture d’Amiens.

Outre des liens de travail, nous nouâmes des liens d’amitié qui servirent une profonde réflexion sur ce que devrait être une politique d’éducation de gauche. Edgard Pisani rêvait du poste de ministre de l’Éducation, il en fut autrement Mitterrand lui fit payer, à lui aussi, sa trahison et il n’obtint qu’un poste de commissaire à Bruxelles, avant d’être appelé par Michel Rocard pour gérer et mettre fin à la crise en Nouvelle-Calédonie. … Je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’aurait pu être dans le 1er gouvernement de gauche en mai 1981 la présence d’Edgard Pisani rue de Grenelle, avec son poids politique, intellectuel et sa capacité incroyable à fédérer autour de lui les meilleurs.

Bernard Pingaud hérita du groupe culture avec Dominique Taddéi, député du Vaucluse et Jérôme Clément, nous précédâmes de la même manière.

Dominique Taddéi, universitaire, était adjoint à la mairie d’Avignon et député du Vaucluse, spécialiste des questions sur le temps de travail il s’est investit entièrement et pleinement dans ce groupe de travail sur la culture, qu’il connaissait si bien au travers du festival d’Avignon. Il a rejoint aujourd’hui le Forum de la gauche citoyenne.

Bernard Pingaud a été l’âme infatigable du programme culturel de Michel Rocard. Secrétaire des débats à l’Assemblée nationale (jusqu’en 1974), il fait une belle carrière d’écrivain et fonde en 1968 l’Union des écrivains.

Il jouera un rôle moteur auprès de Jack Lang, notamment pour la politique du livre et de la lecture. Il vit toujours à Collias où il s’est retiré et écrit toujours. Son dernier ouvrage est Vous, publié aux éditions du seuil en 2015.

Enfin, quant à Jérôme Clément il a dès 1981 rejoint Matignon où il a œuvré pour une nouvelle loi sur l’Audiovisuel puis accompagné la chaine Arte dont il fut un brillant président.

Les réunions avec Michel Rocard, lorsque nous jugions le travail satisfaisant se tenaient toujours chez lui, dans ses bureaux rue de l’Université. Quelle chance d’avoir pu être au cœur de ces travaux, Michel Rocard y apportait toujours une touche empreinte d’une très grande humanité, quoi qu’on en pense. Certes, il avait avant tout un point de vue d’économiste, il visait toujours le monde réel, mais il ne se refusait jamais l’utopie… comme levier des idées.

Ainsi avons-nous réinventé le monde pour accompagner Michel Rocard dans une aventure qui ne connut pas de fin heureuse.

Michel ne voulut pas se présenter contre Mitterrand il s’effaça et nous eûmes tous comme consigne de rejoindre et d’accompagner la campagne du premier secrétaire du PS.

C’est ce que je fis auprès de Nicole Questiaux, mais là c’est encore une autre histoire.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:21
L’artichaut, depuis toujours …

La pleine saison commence, c’est donc le moment d’en profiter pour son goût si particulier, mais aussi pour toutes les vertus qui s’y attachent. Il appartient à la famille des chardons, c’est en effet le très gros bourgeon d’une fleur que l’on accommode. On commence par les extrémités des feuilles et l’on termine par le cœur qui est un délice.

Son utilisation remonte à plusieurs milliers d’années, c’est donc l’une des plus anciennes plantes que consomme l’homme. Grecs et Romains l’appréciaient tout particulièrement, les premiers lui attribuaient le pouvoir d’engendrer des garçons, les seconds des pouvoirs médicinaux.

Les premiers Européens à coloniser le Nouveau Monde l’ont emporté dans leurs bagages, tant sa culture était relativement facile, ainsi que son acclimatation. C’est environ vers l’an 1500 qu’il s’est ainsi installé sur le continent nord-américain où depuis il prospère, particulièrement sur la côte ouest en Californie avec ses hivers doux et ses étés tempérés.

Il faut bien choisir sa variété, les gros artichauts bretons sont particulièrement prisés. Ils doivent être bien serrés, et lourds à la main et d’un vert foncé. Veiller à ne pas en choisir avec le bout des feuilles sèches et un peu brunies, ils ne sont plus très frais. Vous pouvez les conserver au réfrigérateur dans le bac à légumes, enfermés dans un plastique, pendant une dizaine de jours.

C’est une excellente source en vitamine C, potassium et acide folique. Il a la particularité d’être faible en sodium, peu gras, il représente en moyenne juste 25 calories (tout dépend avec quoi vous l’accommodez.

Justement je vous propose de le cuire à la vapeur [40 à 50 minutes] et de le servir froid accompagné d’une sauce à base de yaourt nature dans lequel vous intégrez une cuillère à soupe de moutarde, un filet de citron, du sel, du poivre et de la ciboulette hachée. Vous mangez les extrémités des feuilles autour du cœur, puis le cœur lui-même/

Il existe toute sorte de recettes qui accommodent seulement le cœur, en le farcissant à votre gré et en le gratinant au four.

Il existe aussi une variété de petits artichauts violets que l'on trouve dans le sud de la France et qui se mange crue avec un peu de citron, du sel et du beurre, à l’apéritif.

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  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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