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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 16:07

elections-presidentielles-2012-150x150.jpgLa fin du mois de janvier s’approche, le cap des 100 jours avant le 1er tour de l’élection présidentielle est passé. Il n’est pas déraisonnable de penser que les fondamentaux de cette campagne sont en train de s’installer pour de bon, même s’ils mériteront un correctif d’ici la mi février, ou dans tous les cas après la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy.

 

François Hollande.

C’est une trajectoire singulière et inattendue. Qui aurait pu dire il y a un peu plus d’un an que l’ancien 1er secrétaire du PS serait présent et le favori des intentions de vote ? Pas grand monde. Il était le seul à y croire, mais il a, deux années durant, écrit et sillonné les provinces françaises pour communiquer avec les français et diffuser ses idées. C’est en raison de ce travail de fourmi, qu’à la surprise générale, il a largement emporté les primaires. Et surtout pris pied dans les sondages en dominant tous les candidats et surclassant au second tour le président sortant.

Il est autour de 28/29 % au 1er tour, ce qui est la position « normale » du PS à un 1er tour d’élection. Mais il n’arrive pas à passer le cap des 30 %, et il n’y arrivera probablement pas ; il est cependant en tête de tous les candidats. Par contre, ce qui est plus étonnant, c’est qu’il soit donné à 57/59 % au second tour contre Nicolas Sarkozy.

Bref il caracole dans les sondages et en même temps les français disent leur non-amour vis-à-vis du candidat socialiste. Il ne suscite pas encore l’enthousiasme. Il est, par défaut au second tour, le parfait candidat anti-Sarkozy.

Nicolas Sarkozy.

Son entêtement à vouloir parler à tort et à travers, en toutes circonstances, le piège. En effet, il a oublié que dans notre société toute parole est enregistrée. Aussi assiste-t-on à un festival télévisuelle où toutes ses contradictions, ses mensonges, ses paroles non tenues, sont exhibées à longueur de journée. Et c’est assez terrible, on finirait par le plaindre. Résultat, jamais un président n’est tombé aussi bas dans l’indice de confiance des français.

Cela se ressent dans les intentions de vote. Il fait de beaux efforts, frisant le ridicule en annonçant à 100 jours du premier tour des réformes structurelles aussi importantes que celle de la TVA sociale ou iconoclaste comme la taxe Tobin sur les transactions financières. Mais rien n’y fait, il reste scotché à 21/21,5% des intentions de vote au premier tour, talonné à deux points par Marine Le Pen.

Il est à ce moment de la campagne passé dans le rouge, il risque l’élimination, ce qui pour un président sortant, serait un désaveu cinglant. On ne voit aucun signe susceptible de lui permettre d’échapper à cet « enfer ».

Marine Le Pen.

Elle engrange, elle engrange. Après avoir retapissé le Front National aux couleurs de la modernité, elle a évacué tous les fantasmes néo-nazis, son père reste tranquille dans sa posture de président d’honneur, savourant les résultats tangibles engrangées par sa progéniture. Le Front National s’est fait fort depuis longtemps d’être une terre d’asile pour tous les « écœurés » de la politique, et surtout des petites gens et d’une partie de la classe moyenne malmenée par la crise.

On a tort de dire que ce succès est dû à toux ceux qui ne voudraient manifester que leur colère à l’égard des partis traditionnels, le fameux UMPS. Cela fait maintenant trente ans que le Front National fait un score à deux chiffres à chaque élection. Il faut regarder la vérité en face, il s’est installé durablement dans le paysage politique français.

Mais Marine le hissera vraisemblablement, à cette élection présidentielle, à un sommet certain. Elle fait d’ors et déjà mieux que son père dans les intentions de vote. A 21 % elle frôle déjà la deuxième place après François Hollande.

On peut annoncer qu’elle sera probablement au second tour, ce qui nous donnera un cas de figure inversé à l’élection de 2002. Il sera intéressant de voir si la droite adoptera un positionnement républicain comme la gauche avait su le faire en votant massivement Jacques Chirac au second tour.

François Bayrou.

Il revient tranquillement sur les mêmes terres qu’en 2007. Sa récente progression dans les derniers sondages indique que potentiellement il peut revenir sur un 18,57%. Je ne crois pas qu’il puisse faire mieux malgré l’effondrement du président sortant, François Bayrou n’a pas encore réussi à se faire passer comme l’alternance la plus crédible à droite pour faire barrage au PS. Mais il est parmi les candidats à deux points et figure en quatrième position.

Comme il a annoncé que cette fois ci il se prononcerait en faveur d’un candidat pour le second tour, on attend avec impatience de voir où le « centriste » militant François Bayrou va tomber.

Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat du Front de Gauche ne réussit pas la percée qu’il espérait. Il est victime de l’effet Hollande comme bouclier efficace contre Sarkozy, les gens n’adhérent pas au PS, mais ils sécurisent en votant Hollande dès le 1er tour.

Finalement Mélenchon réalise la même opération que Die Linke en Allemagne, il fidélise de 8 à 10 % des électeurs traditionnellement acquis au PS. Il n’ira pas plus loin. Ce qui est un bon score au regard de ce que les candidats communistes étaient capable de faire : Robert Hue 3,37% en 2002.

 

Eva Joly.

De tous les candidats de tête, elle est sans aucun doute celle qui connait l’échec le plus cinglant. Elle n’a pas profité de la primaire organisée par les Verts, dont elle est sortie vainqueur à la surprise générale. Elle ne fera pas mieux que les 3,32 % de Dominique Voynet en 2002.

Ses dérapages incessants, ses allers retours, son style… rien ne marche. Il faut même une montée au créneau de la patronne des Verts Cécile Duflot appelant à la sauvegarde de la candidate Eva Joly. Pilonné par un Daniel Cohn-Bendit acharné, le risque qu’elle doive abandonner en cours de route est réel, tant un score inférieur à 5% mettrait doublement en péril le parti des Verts. Le non remboursement de la campagne grèverait les comptes du parti et surtout mettrait à mal sa stratégie de négociation avec le PS qui lui rabattrait inévitablement ses prétentions.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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