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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 11:19

8228527107_21564573c7.jpgCette dernière affaire de la viande de cheval vendue sous l’appellation de viande de bœuf illustre l’éthique de ceux qui « fabriquent » notre alimentation. Non pas que le cheval soit toxique…ou dangereux, mais une telle mascarade dénote d’un état d’esprit inquiétant et dangereux. L’étonnement des pouvoirs publics est une toute autre mascarade !

 

Quid du principe de précaution ?

Alors que le « principe de précaution » envahit, parfois avec abus, notre existence, alourdit les procédures et restructure nos modes de vie (Cf. certaines directives européennes), il est inexistant là où se jouent des choses bien plus importantes : comme l’alimentation et la santé. D’un côté l’exigence avec à la clef de juteux marchés (Cf. la mise aux normes des ascenseurs dans les habitats collectifs) de l’autre le laisser faire parce qu’il s’y joue  beaucoup d’argent encore. Les lobbies de l’agro alimentaire sont extrêmement puissants et ont su préserver leurs mannes financières.


Ils agissent aussi bien à Paris au Palais Bourbon, qu’à Bruxelles dans les couloirs de la Commission européenne. Et ce travail de lobbying se fait au grand jour, on ne  peut plus officiellement. On peut consulter la liste des de ces sociétés d’avocats, agissant pour le compte de grands groupes, accréditées par les services de la Commission aux fins d’accéder plus facilement aux parlementaires et aux fonctionnaires européens.

 

Attention : Danger !

«Il faut sortir de ce brouillard, parce qu’on pourra toujours revendiquer une traçabilité, fixer des règles où chacun est responsable de l’application de la règle, mais si le système est à ce point brouillé, si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s’y retrouve, on finira par avoir de gros problèmes» déclare Stéphane Le Foll, notre ministre de l’agriculture, la plus haute autorité en la matière… après Bruxelles.


Pourquoi faut-il que les constats soient toujours établis en période de crise ? Comme si les « spécialistes » ne savaient pas cela depuis longtemps. Il y a une certaine hypocrisie à faire l’étonné à chaque incident. N’empêche que le mot est lâché : on va avoir de gros problèmes. Bigre … je me demande si cela a bien été entendu par tous. Le danger est là et ce n’est pas un hippie, un bobo ou un écolo qui le proclame, mais le ministre de l’agriculture, certes socialiste, mais on a entendu un ex de l’UMP Bruno Lemaire confirmer la chose (Il est bien temps de le dire aujourd’hui, que n’a-t-il fait le nécessaire lorsqu’il le pouvait ?).


Danger… suivons avec intérêts ce que seront les propositions à venir pour y remédier.

 

Sauvons nous nous mêmes.

Comme il y a fort à parier que « les mesures « tarderont à venir, le mieux est que chacun d’entre nous, dûment mis en garde, prenne ses propres mesures de précautions.


Le pouvoir du nombre peut être tout aussi fort que celui des multinationales…quant il n’est pas assujetti aux incitations de ces dernières. Certes nos modes de vies, le manque d’argent conduisent le plus grand nombre d’entre nous dans les super marchés…dans l’illusion de faire rapidement et à moindre coût ses courses. Il existe pourtant des alternatives à la fatalité de la malbouffe. Fruits et légumes, produits laitiers, viandes sont accessibles avec un meilleur contrôle dans les marchés.


Si nous faisions l’effort de boycotter les grandes surfaces pour faire nos achats auprès de petits producteurs, nous maitriserions un peu mieux ce qui est dans nos assiettes.


Cela veut dire un peu d’effort, cuisiner prend du temps, mais cela donne du goût à ce que nous mangeons et nous protège un peu mieux des affairistes de l’agro alimentaire.

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 15:46

ERwann-Loret-VIH-copie-1.jpgDéjà découvert par un chercheur français, le virus devrait être vaincu par une équipe de chercheurs de l'Hôpital de la Timone à Marseille. Un vaccin, dit curatif du sida est en cours de test sur l’homme. Mis au point par le laboratoire de biologie structurale à l’hôpital de la Timone (Marseille), il sera injecté à 48 patients volontaires. « Ce n’est pas la fin du sida, même pas le commencement de la fin, mais peut être la fin du commencement » a déclaré le docteur Erwann Loret.

 

C’est un espoir tangible pour les malades du sida qui se profile. Ce vaccin a été mis au point par le Docteur Erwann Loret et son équipe, après un programme de 15 années de recherche. On appelle déjà celui-ci l’inventeur de la « molécule anti sida ». Testé sur des animaux (des macaques pour être plus précis), il va être injecté dans un premier temps sur 48 volontaires séropositifs au centre d’investigation clinique de l’hôpital de la Conception (service des maladies infectieuses).

 

Ces volontaires seront répartis en quatre groupe, dont un ne sera pourvu qu’en molécule placebo (sans effet). Puis quatre mois après, ils arrêteront tous leur trithérapie pendant deux mois, ceci afin de mesurer les effets du vaccin sur leur charge virale.

Inoculé à trois reprises, le protocole prévoit un essai sur une année et la mesure de la dose la plus efficace. C’est le docteur Isabelle Ravaux qui sera chargée de suivre cet essai.

 

Une seconde campagne de test est prévue à l’issue de cet essai. Elle concernera alors 80 patients à l’horizon de janvier 2014. Afin de répondre aux normes fixées par l’Onusida, c’est au moins 30 % des volontaires qui devront à l’issue du test présenter une charge virale dans le sang dite indétectable.

 

Les résultats définitifs de l’étude, financée par la start-up Biosantech, devraient être connus et publiés en juin 2015.

 

C’est l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui a donné son feu vert pour l’expérimentation humaine. Il s’agit de cibler la protéine Tat (laquelle joue un rôle déterminant dans la prolifération des cellules infectées par le VIH-1), le vaccin est censé inciter le système immunitaire pour qu’il produise des anticorps  qui neutraliseront cette protéine.

 

Ce vaccin a pour objectif de se substituer aux traitements actuels à base de trithérapie. S’il se révèle efficace, il remplacera avantageusement des traitements plutôt lourds et aux effets secondaires nombreux, tout en gardant sous contrôle le virus.

 

Aujourd’hui la recherche a permis, grâce à la découverte de traitements antirétroviraux, de soigner 85 à 90 % des patients atteints par le VIH, tout au moins de contrôler leur charge virale. Mais ces traitements doivent être pris à vie avec des risques liés aux effets secondaires et l’apparition de souche de virus résistants aux traitements. La recherche doit donc encore trouver d’autres moyens de contrôler le VIH, voir l’éradiquer.

 

Rien n'est encore joué, pas de faux espoirs… ce sont actuellement 25 à 26 essais de vaccin qui sont menés dans le monde entier.

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 19:27

 

nobelmedecine2012.jpg La médecine de  demain : la recherche en cours sur les cellules souches rebaptisées « Cellules de l’espérance » par la communauté scientifique. Les progrès sont déjà là : elles sont sur le point d’apporter des solutions à des maladies jusqu’ici incurables : Diabète, Leucémie, Alzheimer, maladies cardiovasculaires Parkinson…L’étape suivante, à portée de main aussi, est la régénération d’organes, la fabrication de sang, la repoussée des dents…L’impossible est près à surgir hors du miroir, les questions d’éthiques aussi.

 

Cela fait un peu plus de dix ans que les chercheurs ont identifiés les potentialités des cellules souches. Elles ont le pouvoir, comme au cœur de l’embryon humain, de se différencier en toutes sortes d’organes du corps humain. La médecine régénérative, les greffes, et la thérapie génétique se sont emparés du sujet. L’impossible devient tangible : réparer, remplacer des cellules, voir des organes qui ne fonctionnent plus : neurones, peau, sang, muscles, foie, rein…

 

Les cellules souches.

 

On peut les prélever sur ce qu’on appelle un embryon surnuméraire de 5 à 6 jours, ou bien dans le sang de cordon du nouveau-né, ainsi que dans le placenta.


Mais on les trouve aussi sous forme de cellules souches adultes dans les tissus et organes (la moelle, la pulpe des dents…). Enfin des cellules humaines adultes, dites cellules souches induites à la pluripotence : la science peut les reprogrammées pour les transformer en n’importe quelle autre cellule et à l’infini : la porte ouverte à la recomposition humaine. Cette dernière méthode est loin encore d’être maitrisé.  La reprogrammation peut générer des multiplications soudainement anarchiques, donc cancéreuses. Pour autant c‘est bien la perspective de banques cellulaires et d’organes qui pourraient ainsi se constituer à l’infini.

 

Ces recherches touchent à l’embryon, pour une bonne partie. En France les recherches sur celui-ci sont interdites à ce jour. Il sera difficile de trouver une législation qui trouvera son équilibre entre les malades en attentes de greffe et le statut accordé à l’embryon. 

 

Un exemple : les dents.

 

C’est l’institut français pour la recherche odontologique qui a annoncé la possibilité de produire de nouvelles » dents biologiques » à partir de cellules souches provenant de la moelle osseuse. C’est une révolution qui va ranger au magasin des accessoires usagers les prothèses dentaires et les implants qui posent des problèmes dans la durée.

Selon ces chercheurs on maitrise la technologie  expérimentale qui consiste à faire grandir une dent dans une solution avant de l’implanter, chez la souris pour l’instant.

 

Prix Nobels de médecine 2012

 

Ceux-ci ne se sont pas trompés, ils ont été décernés au biologiste britannique John B. Gurdon et au  chercheur japonais Shinua Yamanaka pour l’ensemble de leurs travaux sur les cellules souches.

C’est en 1962 que John Gurfon a découvert la réversibilité de la spécialisation des cellules en travaillant sur les  grenouilles. C’est sa technique qui conduira en 1997 au clonage de la brebis Dolly ?

Shinya Yamanaka a , de son côté, découvert  en 2006 que  l'on pouvait reprogrammer des cellules adultes de souris.

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 12:09

Gaz.jpgDepuis minuit, la région parisienne, après celle de Rouen est envahie par une forte odeur de gaz…occasionnant un encombrement historique des services de secours. Mais surtout, les habitants ainsi alertés présentent tous des symptômes de nausées et de migraines. Sans compter le stress occasionné dans un premier temps. Les autorités multiplient les communiqués pour banaliser l’affaire.

 

Ainsi cette nuit des dizaines de milliers d’abonnés au gaz ont connu un moment de panique. Réveillé par une forte odeur de gaz, ils ont naturellement cru en une fuite de leur installation après avoir vérifié celle-ci. Que faire ? Eviter toutes étincelles, sortir de chez soi, mais là surprise. Le gaz ne venait pas de l’intérieur mais de l’extérieure. La fuite ne pouvait qu’être monumentale et la panique encore plus forte. Plus de portes de sorties… Heureusement que les médias ont relayé rapidement la bonne information.

 

Ce n’était pas une fuite de gaz, mais seulement une fuite d’odeur de gaz…. Ce n’est pas une plaisanterie. C’est l’usine chimique de Lubrizol, classée Seveso (présentant donc des risques majeurs), dans la périphérie de Rouen, qui fabriquant le « parfum » ajouté au gaz pour permettre de le détecter, a connu un important incident technique. La non maitrise de la fuite, ajoutée au vent dominant, à propager « l’odeur » jusqu’en région parisienne et à Paris même. La météo dominée par un plafond nuageux bas a accéléré le processus.

Cette usine a été créée en 1954 sur les bords de la seine. Elle emploie 250 salariés et est spécialisée dans la fabrication d’additifs pour lubrifiants, carburants et peintures. Elle n’en est pas à son premier incident. En 1990 la même fuite s’est produite, mais profitant de vents en direction de la côte, l’odeur est allée se perdre dans la mer. Une autre usine du même groupe est installée en France, à Mourenx près de Pau.

 

L’ensemble des autorités ont communiqué que ce gaz ne présentait « aucun risque pour la santé » et demandent à ne plus contacter les services de secours, pour le coup totalement encombrés et inaccessibles. Le ministère de l’intérieur a du se mobiliser pour communiquer le plus largement possible sur l’information.

 

Pour autant la panique a été magistrale et devra servir d’enseignement pour les services de sécurité. Les dizaines de milliers de message sur Twitter (le réseau social) indiquaient une forte odeur de boule puant. Le hastag #gaz a pris la tête des trendig topics (mot le plus populaire sur le réseau). Les témoignages sont vifs et reflètent une véritable angoisse : « "Ça y est le gaz arrive chez moi. Mon dieu mais ça passe sous les portes! Quelle infection !". D’autres font de l’humour : « En région parisienne l'odeur incite à penser que c'est le géant vert qui a abusé de la choucroute #gaz #vapeursurlaville » .

 

Ce gaz a un nom : le mercaptan, composé de méthaniol. Sa caractéristique principale : son odeur, il est utilisé pour la fabrication des boules puantes. Wikipedia indique une odeur de chou pourri et précise plus loin que c’est aussi la substance responsable de la mauvaise haleine.

 

Pour ce qui concerne les responsables de la fuite, pour l’heure ils indiquent qu’«Il y a eu une réaction qui s’est faite dans un four de l’entreprise». Ils pensent seulement assurer la maitrise de la fuite en fin de journée. Des produits neutralisants ont été utilisés pour tenter de colmater la fuite qui s’est produite dans un bac contenant tout de même 30 tonnes du produit en cause.

 

Pas de danger pour la population disent les autorités. Jetons un coup d’œil sur ce qu’en pense l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Le Méthaniol est un produit classé comme « toxique par inhalation » et « dangereux pour l’environnement » l’INRS relate des cas d’intoxication aigüe chez des travailleurs exposés à des émanations. Plus loin l’institut précise qu’à faibles concentrations (ce qui est le cas actuel)   il peut provoquer des irritations des yeux, des muqueuses respiratoires et de la peau. Fichtre…. Les préfets respectifs n’ont pas du se renseigner auprès de l’INRS avant de publier leurs communiqués tranquillisants.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 14:12

Hotel-dieu.jpgLa rumeur circulait depuis bien longtemps l’Hôtel Dieu (fondé en 651) avait fait son temps ! Les projets de reconversion de ce site exceptionnel (55 000 mètres carrés) au centre de Paris, avec comme voisinage prestigieux Notre Dame de Paris, n’ont pas manqué ces dernières années. C’est chose faite il perdra définitivement sa fonction hospitalière, pour lequel sa vétusté le condamnait.

 

Mme Faugère, directrice de l’AP-HP de son état a présenté hier lors d’une conférence de presse son projet intitulé : « L’Hôtel-Dieu demain ». Elle a définitivement clôt le chapitre de la rénovation hospitalière, il est vrai que son coût, 250 millions d’euros au bas mot, ne coïncidait pas avec l’air du temps. C’est une page d’histoire, l’une des plus vieilles de Paris qui se tourne. Demain, l’Hôtel-Dieu ce sera d’abord le siège social de l’AP-HP (800 salariés actuellement installé avenue Victoria dans le 4ième arrondissement), le musée de l’AP-HP et un centre de recherche et d’enseignement pluridisciplinaire. Coût de l’opération : 150 millions de travaux, tout de même ! Ouverture fin 2016, c'est-à-dire demain.

 

Toutefois, malgré cette présentation au coup de canon auquel Mme Faugère nous a habitué, le projet n’est pas aussi bien assuré que cela. Son financement est assujetti à la revente de l’actuel siège social avenue Victoria. Or ce terrain est inscrit dans le Plan local d’urbanisme (PLU) avec une obligation d’y réaliser 25% de logements sociaux. Ce qui a pour conséquence de dévaloriser en partie la valeur du terrain. Mais plus grave que cela, il semble que Mme Faugère est fait abstraction du changement de gouvernement et des annonces faites quant à la volonté de l’Etat de céder gratuitement des terrains pour y construire des logements sociaux. Le maire de Paris y voit déjà une bonne opportunité, comme il guette déjà Saint-Vincent-de-Paul et Fernand  Widal.

 

Par ailleurs l’Hôtel-Dieu est encore un hôpital qui emploie1 300 personnes et 210 médecins, il est donc en activité et réalise par an 305 500 consultations et 26 000 hospitalisations. La direction de l’AP-HP a annoncé que ses six services médicaux et ses 1250 lits seront transférés à Cochin dès le début de 2013. Il reste encore à définir le délicat problème des Urgences non solutionné à ce jour, soit 40 000 patients, il est probable qu’ils suivront à Cochin. Reste encore les consultations spécialisées et l’unité médico-judiciaire (40 000 patients). Cette dernière pourrait rejoindre le futur Palais de Justice prévu aux Batignolles. Les urgences ophtalmologiques  rejoindraient le Centre chirurgical ophtalmologiste prévu lui en 2015 à Cochin.

 

Aussi rien n’est vraiment fait. Il faudra surmonter la vive opposition de Dominique Bertinotti, l’influente maire Ps du 4ième arrondissement de Paris à ce projet de démantèlement des activités hospitalière de l’Hôtel-Dieu. Mais aussi de l’ensemble de syndicats qui dénoncent un projet de démantèlement de l’AP-HP. Ce qui fait beaucoup pour une seule femme. Mireille Faugère a beau affirmer haut et fort quelle fera valoir, en tout cas, son besoin de valoriser le patrimoine de l’AP-HP, elle a des murailles à encore abattre devant elle.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 13:26

imagesCAE1FED2.jpgLa réorganisation en cours de l’AP-HP menace gravement le suivi des patients atteints par le VIH en région parisienne par un regroupement forcé de l’ensemble des services et patients à l’Hôtel-Dieu

 

Cela fait plusieurs mois que circulent des informations plus alarmistes les unes des autres, on voit ici et là des mouvements de grèves et des pétitions qui circulent. On a plus récemment parlé de la situation de la pédiatrie et plus particulièrement du sort fait aux équipes médicales de l’hôpital Trousseau.

 

L’idée générale est de passer de 38 hôpitaux actuellement, à 13 groupes hospitaliers. Le déficit de l’AP-HP est tel qu’il faut sans doute trouver des solutions qui passent par une meilleure rationalité des « plateaux techniques » de plus en plus chers. Mais comment conduire une telle « révolution » dans le droit fil du projet de loi « hôpital, patients, santé et territoires » sans le minimum de concertation nécessaire ? Or la méthode retenue est celle de l’autoritarisme et la politique du fait accompli. Il s’agit en fait de demander à l’AP-HP d’augmenter son activité tout en réduisant ses effectifs.

 

Ce mouvement s’est déjà largement mis en mouvement pour ce qui concerne le suivi (et indirectement le dépistage) des patients atteints par le VIH. C’est une politique de réduction et de déplacement drastique des effectifs qui a été déjà engagée et qui menace de se poursuivre. Ceci au risque de déstabiliser les équipes médicales et soignantes et de désorienter les patients.

 

Ce n’est pas faire preuve de « gauchisme » que de dénoncer la politique engagée par la direction générale de l’AP-HP, comme une politique de logique exclusivement économique et peu soucieuse de la santé des patients et d’une manière plus générale de la santé publique.

 

Les différents collectifs et association de patients séropositifs se font l’écho de la réorganisation de l’ensemble des services ayant la charge des personnes vivant avec le VIH. Le tout dans un contexte où est annoncé clairement la suppression de 4000 postes à l’horizon 2012, c'est-à-dire demain matin.

 

Pour illustrer le propos deux citations, celle de Jean-Yves Fagon  Directeur de la politique médicale à l’AP-HP et la réponse que lui a faite Bruno Spire, Président de AIDES

 

« Nous avons un très beau projet. Avec un gros service d’urgence, et un grand centre de prise en charge du VIH où seront regroupés les services qui le traitaient à Cochin, à Pompidou. C’est vrai qu’il n’y aura pas d’hospitalisation conventionnelle sur le VIH à l’Hôtel-Dieu. On a besoin d’une vingtaine de lits, eh bien, il faut que les équipes se mettent d’accord pour les implanter à Cochin ou à Pompidou… Quant au reste, on ne fera plus de chirurgie ambulatoire à l’Hôtel-Dieu, les locaux ne s’y prêtant pas. Et grâce à l’aide de fonds privés, on va ouvrir un pôle de santé publique. »

Jean-Yves Fagon, directeur de la politique médicale à l’AP-HP :

 

« Les personnes vivant avec le VIH ne devront pas être la variable d’ajustement des politiques de réorganisation hospitalière. Bruno Spire, président de Aides, la principale association de lutte contre le sida, réaffirme que toute forme de restructuration profonde de la prise en charge ne peut être envisagée qu’en accord et dans l’intérêt des malades, pas dans leur dos. La continuité d’une prise en charge globale de qualité et d’une offre de soin adaptée aux besoins des personnes séropositives sont les conditions minimales de toute réforme, qui doit associer la voix associative aux visées stratégiques actuellement en train de se préparer à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris ».

 

500 patients on été expulsés de l’hôpital Saint Joseph sans la moindre concertation, 800 autres de Necker se sont retrouvés et transférés de fait à l’Hôtel-Dieu. La rumeur circule que les 1700 patients VIH de Cochin devraient les rejoindre de même.

A Georges Pompidou la même information a circulé, suite à un RV auquel j’ai personnellement participé au titre du collectif de Patients Citoyen la Directrice a reconnu que le projet avait été envisagé, mais que pour des raisons techniques, liées à l’Hôtel -Dieu, le projet était repoussé à 2014.

 

On évoque de même Tenon et Henri Mondor, en fait la Direction générale de l’AP-HP s’apprête à regrouper l’ensemble des services et des patients VIH sur un site unique l’Hôtel-Dieu, ce qui représente à termes 5200 patients !

 

Mais le pire, et qui m’a été confirmé de vive voix par la directrice de Georges Pompidou c’est que ce « Méga » service ne pratiquerait plus que la médecine ambulatoire, en clair à ce service ne serait plus associé à aucun lits d’hospitalisation.

 

Par ailleurs comment s’étonner que dans les milieux concernés on parle désormais de « Sidatorium » alors que l’hypothèse de fermer pour cause de grave vétusté l’Hôtel-Dieu a été évoqué, et que l’hospitalisation est inenvisageable sans des travaux gigantesques.

Bref aussi incroyable que cela apparaissent c’est bien l’idée dune « usine à consultation » dans des locaux vétustes qui prend corps.

 

Cette approche dite désormais ambulatoire du VIH, sous prétexte que les patients ne meurent plus par milliers est gravissime et injustifié d’un point de vue médical et scientifique.

 

L’exemplarité du service d’immunologie de l’Hôpital Georges Pompidou dirigé par le professeur Laurence Weiss (et crée par le professeur Michel Kazatckine qui a écrit ce livre bouleversant sur son expérience : « la consultation du soir » aux éditions de la Renaissance) est éclairante sur le meilleur chemin pour suivre et accompagner les patient : équipe pluridisciplinaires au sein du service : médecins infectiologues, psychologues, diététiciens, sexologues, ophtalmologues, gynécologue, dermatologue …..mais aussi infirmières, assistantes sociales et permanence d’un pharmacien durant la consultation du soir.

 

Car si l’on ne meure plus autant, les complications dans l’évolution de la maladie et les effets secondaires des traitements sont nombreuses : osseuse, cancéreuse, cardiovasculaires, hépatiques, pancréatiques, neurologiques, dermatologiques etc…

 

Certes l’allongement de la vie des patients atteints pas le VIH est patent, mais en même temps les soins deviennent plus complexes et fréquents, et les situations médicales compliquées à déchiffrer se multiplient, les diagnostics sont complexes et nécessitent la mutualisation de toutes les spécialités médicales.

 

Le devenir des patients séropositifs à long termes est encore une inconnue et nécessite donc un dispositif particulièrement attentif à l’ensemble des ces complications, auxquelles s’ajoute le constat, avec le recul d’une quinzaine d’années, que ces patients sont victimes d’un vieillissement prématuré.

 

L’hospitalisation à proximité du service est vitale dans le suivi et la sécurité des patients. J’emploie à dessin le mot sécurité, car ce que nous prépare la Direction générale de l’AP-HP n’est ni plus ni moins que la mise en danger de l’ensemble des patients séropositifs de Paris.

 

C’est risques sont réels et non pas présupposés, le témoignage des patients de l’hôpital Saint Joseph « expulsés »  corroborent malheureusement les inquiétudes exprimées : à savoir un nomadisme forcé entrainant des ruptures de soins.

 

C’est incroyable alors que l’organisation du suivi des soins des patients VIH trouvait son équilibre avec des conséquences tangibles sur la qualité de vie de ceux-ci on n’hésite pas pour des économies à court termes de les mettre en danger, ainsi qu’une certaine politique de la santé publique, et bien évidemment de générer à moyen termes des coûts supplémentaires pour l’assurance maladie qui annihileront très vite ces économies de la première heure.

 

Il n’y a ni concertation, ni négociation, ni mise en perspective d’une politique à la fois réaliste et intelligemment conduite dans le temps.

 

On a livré la santé publique et les patients concernés à une équipe d’agents comptables. Attention aux retombées, je prends le pari qu’elles seront terribles, c’est une forme de « Moyen Age » de la santé publique qui se trame actuellement.

 

Seule la mobilisation (déjà encours) des médecins, des personnels soignants et des collectifs de patients  pourra y faire obstacle.

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 14:25

imagesCARJROEJ.jpgC’est en ces termes que Didier Sicard a présenté la mission que lui a confié le Président de la république. François Hollande s’y était engagé au cours de sa campagne, il est passé à l’acte en confiant au professeur Didier Sicard une mission de réflexion sur la fin de vie.

 

Le sujet, comme tous les sujets de société est difficile, il clive la société dans ses avis bien au-delà des clivages habituels. La mission Léonetti a abouti à un texte de loi en 2005 qui a instauré un « droit à mourir »sur lequel certain pensent que le droit est allé au bout de ce qui lui est autorisé et d’autres pensent qu’à l’usage celui-ci ne suffit plus et qu’il faut aller plus loin. Le nouveau pouvoir ouvre ainsi la possibilité d’un débat. « La question de la fin de vie n’appartient pas aux médecins » déclare Didier Sicard, professeur de médecine.

 

Il a toute autorité pour mener à bien cette réflexion, lui qu’on a nommé par ailleurs président d’honneur du Comité consultatif d’éthique qu’il a dirigé de 1999 à 2008. Beaucoup se souviennent de lui comme chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin à Paris. Il est par ailleurs professeur de médecine à l’Université Paris Descartes.

 

Il a largement contribué à la réflexion sur le droit à la procréation en participant aux débats de l’Ecole Normale Supérieure ouvert par Monique Canto-Sperber et plus particulièrement à la table ronde : « les problèmes de la naissance : question de limites, question de droits. »

Le voilà ainsi saisit de la naissance à la mort d’une tâche importante : celle d’élaborer les propositions les plus à mêmes de gérer la fin de vie.

 

Il est l’auteur de nombreux ouvrages où la préoccupation de la place du patient est son souci récurrent : « Infection à VIH : Savoir et comprendre : connaissance de l'infection à VIH pour la personne séropositive, ses amis, sa famille » en 1996, « La médecine sans le corps : une nouvelle réflexion éthique » en 2002, « L’alibi éthique »  en 2006.

 

Didier Sicard a donné le ton lors d’un entretien accordé au journal le Monde : «Il faut aller à la rencontre de ceux qui ne parlent jamais, et non reconstituer un puzzle avec ceux que l'on connaît déjà ». En clair il propose de mettre un coup d’arrêt à la confiscation des débats par les médecins. Les associations de patients qu’il connait bien se félicitent de cette nomination d’un homme dans lequel elles ont toute confiance.

 

Il va se trouver au cœur même d’un affrontement entre des cultures différentes pour lesquelles ce sujet est l’objet d’âpres débats et parfois de violences extrêmes. Ses déclarations sont d’autant plus surprenantes qu’elles ouvrent en grand le champ du possible : « Il faut aller chercher les naïvetés sur la question, plus que les jugements abrupts ». Le ton est donné, cet homme d’une grande franchise et d’une honnêteté intellectuelle remarquable va surprendre son monde. C’est sans aucun doute le souhait de François Hollande.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 15:10

imagesCAUT3OSBAvant d’en retracer brièvement les grandes étapes historiques, passons en revues quelques approximations et erreurs qui circulent malheureusement :

-          La Sécurité Sociale française (S.S.) est une organisation de droit privé avec une délégation de service public. Ce n’est pas une administration.

-          Les salariés de la SS ne sont donc pas des fonctionnaires.

-          La SS, ce n’est pas seulement l’assurance maladie, mais aussi les accidents du travail, la branche vieillesse et la branche famille.

-          Son budget est autonome, il n’est pas géré par l’Etat.

-          En aucune manière les impôts directs ne financent la S.S.

-          Et enfin, malgré le rôle primordiale qu’il a pu y jouer, Pierre Laroque n’est pas le seul à avoir contribué à la création de la S.S., il faut associer à son nom celui d’Ambroise Croizat, député communiste et ministre du travail du général de Gaulle en 1945-46 .

 

Définition :

 

La sécurité sociale est un ensemble d'institutions qui ont pour fonction « de protéger les individus des conséquences de divers événements ou situations, généralement qualifiés de risques sociaux ».

Ce qui se traduit dans les faits par quatre types de protection qui correspondent à quatre branches de « risques » :

 

-          La branche maladie (maladie, maternité, invalidité, décès)

  

-          La branche accident du travail et maladies professionnelles

 

-          La branche vieillesse et veuvage (retraite)

 

-          La branche famille (et handicap, logement …)

 

Un peu d’histoire :

 

Dès le Moyen Age, on assiste à la naissance d’un système de protections par corporation, qui prendront fin en 1791 avec leurs abolitions. Mais ils seront immédiatement remplacés par des sociétés de secours mutuels, reconnus et encouragés par la loi du 22 juin 1835 qui les encadre administrativement. En 1898, « la chartre de la mutualité » les libérera du contrôle administratif et édictera le code de la mutualité, tel qu’on le connait encore aujourd’hui.

Puis progressivement un ensemble de lois mettront en place un système de protection sociale pour tous :

 

-          La loi du 15 juillet 1893 (assistance médicale gratuite pour tout français malade et privé de ressources),

 

-          La loi du 9 avril 1898 (l’indemnisation des victimes d’un accident du travail,

 

-          La loi du 27 juin 1904 (service départemental de l’aide sociale à l’enfance),

 

-          La loi du 14 juillet 1905 (dispositif d’assistance aux personnes âgées, infirmes et incurables),

 

-          Loi du 5 avril 1910 (Caisses retraites, avec un montant bas et un versement à partir de seulement 65 ans),

 

-          Loi du 5 avril 1928 et 30 avril 1930 (assurance maladie, invalidité, vieillesse et décès),

 

-          Loi du 11 mars 1932 (caisses d’allocations familiales financées par des versements patronaux).

 

C’est au Conseil National de la résistance que revient le mérite de formaliser un vaste plan de Sécurité Sociale « visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat. ». Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 concrétiseront le programme du CNR. La S.S. sera paritaire (Syndicat et patronat) et financée par des cotisations des employeurs et des salariés. Ce principe sera inscrit dans le préambule de la Constitution de la IVème République, puis de la Vième. Les régimes spéciaux (mineurs, marins, fonctionnaires, agriculteurs, artisans, commerçants, cadres) seront maintenus et le régime général concernera les salariés de l’industrie et du commerce.

 

La loi continuera à modifier le régime de S.S. :

 

-          14 mars 1947, régime complémentaire des cadres,

-          9 avril 1947, la S.S ; est étendue aux fonctionnaires,

-          12 avril 1949, régime d’assurance maladie pour les militaire set leurs familles,

-          10 juillet 1952, création de la mutualité sociale agricole,

-          4 juillet 1975, généralisation à toute la population active de l’assurance vieillesse,

-          28 juillet 1999, instauration de la couverture maladie universelle pour les plus démunis.

 

C’est à partir de 1960 que des reculs sur la protection mise en place vont prendre forme :

  

-          Années 1960, réduction des remboursements dentaires et optiques,

-          Puis le ticket modérateur (remboursement des soins courants pris en charge) passe de 80%à 60 %,

-          Le gouvernement PS de Pierre Bérégovoy met en place un forfait hospitalier (partie non prise en charge par la S.S.) qui ne cessera plus d’augmenter jusqu’à atteindre aujourd’hui 18 €,

-          Nombreux sont les médicaments, dits de « conforts » dont la part remboursée diminue,

-          Création d’une « part forfaitaire » non remboursée pour chaque visite chez le médecin et chaque acte médical (radiologie ou biologie),

-          Création d’une franchise pour le remboursement des médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires,

-          Et enfin cerise sur le gâteau pour les retraites du privé le calcul prendra en compte les 25 meilleures années (avant : les 10 meilleures), et 160 trimestres, contre 150 précédemment, qui  sont désormais revalorisés d’après l’indice des prix et non plus l’indice du salaire moyen (plus avantageux).

 

Depuis le 1er janvier 2007 l’ensemble des caisses nationales se sont vu infliger l’obligation de faire certifier leurs comptes par la  Cour des Comptes.

 

Les régimes spéciaux instaurés en 1946 ont intégré peu à peu le régime général :

 

-          La poste en 2004 au régime général des Allocations familiales,

-          Puis les agents de France Télécom,

-          En 2005 les fonctionnaires de l’Etat hors Education nationale pour la branche famille,

-          Puis les personnels d’EDF/GDF 

 

Les parlementaires et certains élus locaux bénéficient encore de régimes spéciaux.

  

Le budget de la sécurité sociale.

 

En 2007 celui-ci atteint la somme astronomique de 295,6 milliards d’euros, assurée par deux cotisations en provenance des patrons et des salariés, mais aussi par la contribution sociale généralisée (CSG). Ces prélèvements ont fortement augmenté depuis 19778 passants de 16% du PIB à 22% en 2006.

 

Le régime de la S.S., malgré l’importante augmentation de ses prélèvements qui ont atteint un plafond, connait depuis plusieurs années un déficit croissant.

 

Ce déficit nécessite la mise en place d’un emprunt pour le couvrir et la mise en place de diverses mesures pour réduire les dépenses (voir plus haut) et de nouvelles contributions CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale), CSG et plus récemment la TVA Sociale.

220PX-~1En 2011 avec un budget total (qui ne cesse d’augmenter) de 450 milliard d‘euros, il représente 1/4ièm du PIB de la France. Le déficit dit « trou de la sécu » est de 20 milliards d’euros en 2009 !

 

De déficit ne pourra pas indéfiniment continuer, il est anticipé à moins de 5 ans à 30 milliards d’euros si rien n’est fait d’ici là.

L’état n’est pas sans responsabilité dans cette dette, comme l’a souligné le dernier rapport de la cour des comptes. Il a une dette, non remboursée à ce jour, vis-à-vis des organismes sociaux de plusieurs milliards d’euros ! Le gouvernement, après plusieurs réformes de l’assurance maladie et du régime des retraites, annonce un retour à l’équilibre pour l’assurance maladie en 2015 et celle de la retraite en 2018. Pronostics contestés par l’ensemble des spécialistes.

 

Un silence outrageant pour la démocratie.

 

Que faire ? On aurait aimé que le débat des élections présidentielles s’empare de ce sujet et il n’en est rien. Ce silence est outrageant pour la démocratie. Les enjeux de ce déficit sont essentiels pour l’avenir de notre société, ils concernent la santé et la retraite.

 

Certes nous savons par les économistes que les dépenses de santé sont supérieures à la croissance économique depuis plusieurs décennies. Elles le sont, car la santé est considérée comme un bien « supérieur », les progrès de la médecine sont constants et l’espérance de vie croit d’un trimestre par année.

 

Le retour de la crise pèse sur l’activité économique, le chômage monte, le montant des cotisations diminue alors que les dépenses continuent d’augmenter.

 

Les syndicats, relayés en cela par certains partis de gauche, contestent l’ampleur du déficit en pointant la responsabilité de l’état pour une partie, et considèrent son montant pas si élevé que cela rapporté au budget général. Ils préconisent généralement un relèvement des cotisations pour augmenter les recettes et la mise en place d’une politique de relance afin de faire remonter le taux d’emplois dans le pays, donc de cotisants.

 

Ils accusent la majorité UMP en place d’instrumentaliser le « trou de la sécu » afin d’organiser le démantèlement des mécanismes de solidarité en place depuis l’après guerre.

Parmi les quelque  proposition à gauche relevons la demande de fin des exonérations de charges accordées aux entreprises pour favoriser l’emploi et le relèvement des prélèvements de CSG et de CRDS. La lutte contre la fraude massive des employeurs est aussi mise en avant.

 

Sous le manteau des experts.

 

Des idées circulent, sous le manteau des experts. Nous serions au bout de toutes les « petites ficelles »inventées jusqu’ici, le trou est trop important il faut une mesure de poids : la fin du remboursement des indemnités journalières de maladie, à charge pour les entreprises de les prendre en compte ou pas. Ou encore une prise en charge limitée à une fois ou 1,2 ou 14 fois le SMIC.

 

La mesure n’est pas sans conséquence sur le « qui va payer ? » selon qu’on la module autour d’une fraction du SMIC. Qu’en pensent les candidats ?

 

 

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 15:39

Euthanasie-930x620_scalewidth_630.jpgMardi soir, France 2 avait programmé un remarquable documentaire : « A la vie, à la mort » d’Anne Georget, Quark Production. Cette diffusion alimente la réflexion autour des récentes prises de position de François Hollande en faveur d’une évolution de la loi Léonetti

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Anne Georget a suivi pendant trois années un patient, Michel Salmon, sa famille, ses médecins traitants, et les délibérations du centre d’éthique clinique de l’AP-HP. Michel Salmon à la suite d’un terrible accident se retrouve tétraplégique à l’âge de 53 ans. Littéralement enfermé dans son corps, il ne communique avec son entourage que par une énonciation de l’alphabet, opinant de la tête à chaque bonne lettre. Il ne peut ni se déplacer, ni parler, ni boire et ni manger. Pour pouvoir s’oxygéner, les médecins ont du pratiquer une trachéotomie.

Passée une période d’espoir où il a cru pouvoir se rééduquer progressivement, il constate son enfermement et demande à mourir. C’est à la loi Léonetti que Michel fait appel, celle qui autorise un malade « en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable » à demander « d’arrêter un traitement inutile, disproportionné et n’ayant d’autres objets que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne ».

Cette même loi précise que dans ce cas « le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins nécessaires »

Malgré sa souffrance, son épuisement physique et moral l’équipe médicale a refusé de donner suite. Le chef de service de l’hôpital où était soigné Michel exprime dans le documentaire que tout « en comprenant le désir de son patient, pour un médecin ce n’est pas naturel d’abréger la vie ». Plus tard il laisse échapper que pour sa part, il pourrait l’accepter mais que l’ensemble de l’équipe de soignant y est radicalement opposé.

Le documentaire est le long récit tragique et douloureux de ce patient et de cette famille pour obtenir l’accès de ce droit, deux années de lutte qui feront intervenir le Centre d’éthique clinique de l’Hôpital Cochin à Paris. Celui-ci a vocation à exercer une mission de médiation entre le patient, sa famille et le personnel soignant. Celle-ci finira par aboutir, Michel finira ses jours dans une unité de soins palliatifs à Paris où il sera transférer, mais il mettra trois semaines à mourir.

La diffusion du documentaire a été précédé par une avant première à la Maison du Barreau (Paris), elle a été l’occasion d’un débat émouvant auquel participaient Noëlle Chatelet, Marie de Hennezel, Robert Zittoun, Véronique Fournier et des familles concernées par des situations de fin de vie.

Le débat a fait très vite état des limites de la loi Léonetti qui autorise seulement à arrêter les traitements. Le refus obstiné de certaines équipes médicales conduit parfois les familles à se replier dans leur domicile et de faire appel à un médecin de famille pour assurer les traitements accompagnants l’arrêt des soins. Mais même dans ce cas, cela donne des situations où l’agonie du patient s’étale sur des jours, des semaines, assommant de douleur et de chagrin les familles.

D’autres témoignages font état de familles aisées, de médecins qui permettent l’accompagnement du membre de la famille malade dans une clinique en Suisse où l’euthanasie active est autorisée par la loi, contre une importante rémunération. Inégalité des situations !

C’est dans ce contexte que François Hollande, qui sans écrire le mot d’euthanasie active, propose « que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité  ».

Il prend à son compte et acte le fait que la loi Léonetti est une solution hypocrite et que de fait elle organise un « laisser mourir », en proposant l’arrêt des traitements sources de situations complexes, de souffrance et d’angoisse pour le malade et ses proches.

Le candidat du PS s’en remet ainsi à l’évolution de l’opinion publique. En août 2011, un sondage de l’IFOP indiquait que 49% des personnes interrogées se prononçaient pour, absolument et 45 % oui dans certains cas.

Laurent Fabius a contribué à cette maturation au sein du PS. Il a déclaré au journal le Monde : « la question de l’égalité est décisive. Si on ne légifère pas, la situation continuera de dépendre soit du médecin en face du patient, soit des relations de ce dernier, de sa situation sociale et de sa capacité à aller chercher une aide à l’étranger ».

Malgré cette avancée qui permet au candidat Hollande de se positionner au-delà des questions économiques en occupant le champ des questions sociétale, il reste encore, y compris au sein du PS des opposants. L’UMP est tout au tant traversé par les mêmes contradictions.

Il restera au PS, une fois parvenu au pouvoir, à donner la définition concrète de « l’aide active à mourir » et de préciser quel sera le rôle des médecins.

La clause de conscience, comme dans le cas de l’avortement, sera sûrement inscrite dans la loi.

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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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