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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 11:29

3965595555_07e1a0df87.jpgNotre puissant voisin allemand suscite l’attention, chaque soubresaut est décortiqué pour en tirer toutes les leçons utiles. Trois jours après le vote, la brume se dissipe un peu, les ardeurs pro-Merkel se calment, le temps de l’analyse s’installe. Evènement peu commenté lundi matin, l’élection dans le Länder de La Hesse mérite que l’on s’y arrête un peu. Les allemands de ce Länder ont aussi voté pour leur parlement régional. Dans un pays aussi fédéral que l’Allemagne, ce fait politique est de la plus haute importance.

La Hesse est l’un des Land les plus riches des seize Länder composant l’Allemagne, placé au centre du pays. Il concentre la plus grande partie de l’industrie et de l’économie allemande grâce à la Ruhr : Sanofi-Aventis, Merck, Opel, la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la DBV-Winterthur, SparkassenVersicherung, le Delta Lloyd etc … . Si Wiesbaden en est la capitale régionale, Francfort en est la plus grande ville. Le résultat des élections n’y est pas plus clair qu’à l’échelle nationale. Les hypothèses de coalition sont tout aussi multiples. Par contre le comportement des partis à l’échelle de la Hesse n’est pas le même

Le Parti social-démocrate (SPD) n’exclut pas une alliance avec les verts et Die Linke…ce qui n’est pas à l’ordre du jour à Berlin, on l’a bien compris. De même La CDU y est ouverte à un dialogue avec les Verts. Les résultats électoraux y sont aussi sensiblement différents : le SPD y fait un bien meilleur score avec 30,7%, juste derrière la CDU 38,3%%. Les Libéraux avec le FDP échappent de justesse à leur élimination du Landtag avec 5%, les Verts font 11,1% et Die Linke 5,2%. De fait la majorité sortante CDU/FDP n’a plus la majorité absolue.

L’analyse des relations et des rapports de force dans ce Land est révélatrice des évolutions possibles en Allemagne. Déjà Volker Bouffier (CDU) fera tout pour empêcher une coalition SPD/Verts/Die Linke qui a bien failli se produire dans le passé en 2008. C’est dire que ce tropisme-là est bien réel dans le pays. Par ailleurs dans ce contexte local la CDU entretient des relations très difficiles avec le SPD et les Verts. Mais de leur côté les Verts pourraient être sensibles à un rapprochement avec la CDU pour y former un gouvernement. Tout est possible dans les semaines à venir Dans le Länder de la Hesse, comme à Berlin.

Impossible de ne pas songer à la France, même si Le PS n’est pas le SPD, les verts français pas tout à fait sur le même plan que les Verts allemand, et le Front de Gauche n’est pas Die Linke. La différence majeure de contexte entre les deux pays c’est que le SPD doit trouver une solution pour reprendre la main et contrer la CDU. Alors qu’en France, si le PS devra bien mener une réflexion en termes d’alliance, qui comprendrait le Front de gauche, ce sera pour contrer un Front National (FN) au fait de sa puissance et non pas l’UMP.

Cette instabilité, due au fractionnement politique, affaiblit les grands partis et fragilise l’équilibre européen, précaire par nature.

Bien que les systèmes électoraux soient radicalement différents dans les deux pays, l’incertitude politique s’y dessinent de la même manière. En France avec un scrutin majoritaire à deux tours, et en Allemagne avec une proportionnelle intégrale pour les partis ayant dépassé 5 % des voix….les grands partis majoritaires à vocation de gouverner que sont le PS, l’UMP, Le SPD et la CDU ne sont plus en mesure de dégager de nettes majorités à leur profit comme dans le passé. Les écologistes et les partis à la gauche de la gauche (FDG et Die Linke) ont pris nettement place dans leurs paysages politiques respectifs. Différence notoire entre l’Allemagne et la France, l’émergence progressive et constante d’une extrême droite avec le Front national de Marine le Pen.

Pour les temps qui viennent Paris sera très attentif aux choix que retiendra Mme Merkel et aux signaux ainsi envoyés. Il est vrai que François Hollande souhaite fortement l’arrivée du SPD aux côté de la CDU. Les ministres sortant libéraux ne facilitaient pas sa tâche à Bruxelles en particulier, leurs remplacement pas des ministres SPD serait une véritable délivrance. L’Elysée table sur ce scénario pour une relance de la politique européenne. La très très lente Mme Merkel pourrait se voir dopée par ce cocktail précis et redémarrer une politique européenne plus forte, en avançant sur l’intégration politique et le gouvernement financier.

Mais rien n’est fait… gouverner pourrait devenir impossible pour Mme Merkel…

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 15:37

2835782736_334e3d479d.jpgAprès les billets sous ecstasy de nos principaux chroniqueurs français, on en revient au principe de réalité. Les lendemains d’élection déchantent et la « femme la plus puissante du monde », comme a osé la nommer le journal le Monde, est bien embarrassée. Tout d’abord c’est l’hécatombe dans les états-majors des principaux partis, hormis le sien. Et enfin cette « belle victorieuse »  est dans les faits, sans majorité à la chambre et avec, en face d’elle 319 députés (3 de plus que la majorité) qui peuvent tout bloquer.

C’est donc une large victoire, si l’on en croit les médias, mais qui la laisse sans interlocuteurs pour le moment. Le Parti libéral, premier parti à être éliminé du Bundestag, est confronté au reclassement de ses élus et de ces permanents (600 personnes dit-on !), son président Philipp Rösler a donc démissionné, c’est le moins qu’il pouvait faire. Il méditera sur les bienfaits d’une stratégie de gouvernement avec Mme Merkel, l’ogresse.

Quant aux Verts, ils doivent faire leur examen de conscience, leur résultat est plus que décevant (8,4%), juste en deçà de celui de Die Link (8,6%). On est très loin de l’objectif assigné des 20 %. C’est donc toute la direction des Verts et les deux têtes de liste de campagne qui ont donné leur démission. Un congrès extraordinaire en novembre devrait remettre les pendules à l’heure entre les modérés, éventuellement prêts à faire un accord de gouvernement avec Mme Merkel et les plus durs, plus nombreux et enclins à un rapprochement avec Die Linke.

Le SPD est plutôt en phase d’indigestion…  la campagne de sa tête de liste Peer Steinbrück a été détestable, et même s’il progresse d’un scrutin à l’autre, le parti est en état de paralysie. Même si sur le papier la gauche a la majorité au Bundestag, aucun travail n’a été fait en ce sens. Le SPD se prépare donc à un mini congrès, très vite, le vendredi 27 septembre pour étudier la situation.

Mais cette victoire à la Pyrrhus de l’ogresse Merkel fait peur à tout le monde pour le moins. Quel avantage pourrait tirer le SPD d’un gouvernement d’union nationale, dans lequel, à coup sûr, il ne tirerait aucun bénéfice et ne serait pas en mesure d’infléchir la politique actuelle de la CDU-CSU. Il a déjà fait la malheureuse expérience d’un tel gouvernement (de 2005 à 2009).Et l’exemple épouvantable du Parti libéral, réduit à néant après une gouvernance commune avec la CDU-CSU, refroidit plus d’une ardeur, même si des maroquins sont à la clefs.

Le SPD est depuis quelques temps traversé par un courant qui cherche le rapprochement avec Die Linke (issu d’une scission avec le SPD), ne va-t-il pas plutôt privilégier une alternance à venir en cherchant un accord avec les Verts et Die Linke, ce qui lui donne déjà la majorité dans la pire conjoncture électorale qui soit. Alors avec un peu de travail et d’effort, il s’agit bien de la seule alternative possible à la politique de Mme Merkel, dont on se souviendra dans le futur, de la même manière que l’on revisite aujourd’hui les années Thatcher au Royaume Uni.

Aussi rien n’est fait à ce jour… et les allemands ne se sont pas alignés aussi massivement que le journal Le Monde veut nous le faire croire derrière la rassurante Mme Merkel. L’Ogresse s’est imposée dans tous les esprits dominants, mais le petit peuple lui n’a pas dit son dernier mot. Ces élections , si brillantes, a-t-on assez dit, risquent de finir dans une impasse à l’Italienne, faute de voir les trois partis de gauche s’assoir autour d’une table et travailler ensemble à un redressement de l’Allemagne, qui ne soit pas seulement celui des entreprises et des capitalistes, mais aussi celui des travailleurs.

 

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 12:00

 

La présentation, des résultats électoraux en Allemagne est très étrange… pour ne pas dire incomplète, par la plupart des organes de presse. Mme Merkel et le CDU-CSU, son parti serait vainqueur ! Oui c’est le parti qui arrive premier en voix et qui fait une belle percée. Mais l’équilibre Droite/gauche n’est pas celui que l’on veut nous faire croire.

Regardons les chiffres de plus près en pourcentage de voix obtenus et en siège. La CDU-CSU fait 41,5% et obtient au parlement 311 siège, la majorité est à 316 sièges, il lui en manque donc au moins 5 pour pouvoir gouverner.

Mais si l’on poursuit les résultats, on s’aperçoit que la gauche (d’une manière générale) obtient :

Le SPD 25,7 % (il en avait obtenu 23 % au précédent scrutin), et 192 sièges

Die Linke 8,6% (en perte de vitesse, ils avaient obtenu 11,9%), et 64 sièges,

Les Verts 8,4% (en perte de vitesse aussi, ils avaient obtenu 10,7%) et 63 sièges

Bien sûr il est artificiel de totaliser ces trois partis, Die Linke (qui provient d’une scission du SPD) refusant de gouverner avec le SPD, trop à droite à son goût. Pour autant les trois totalisent 319 voix, soit 3 voix de plus que la majorité requise à 316..

Quant à leur total en voix, cela représente 42,7%, contre 41,5% au CDU-CSU de Mme Merkel, soit 1,2 % en plus.

Bien sûr Mme Merkel va sans doute passer un contrat avec le SPD comme cela s’est déjà passé. Mais je ne comprends pas bien le discours général saluant sa performance et la large confiance que les allemands lui auraient accordée. En vérité, c’est bien le message contraire que les allemands lui ont signifiée. Les trois principaux partis de l’opposition font mieux qu’elle, en siège en particulier.

D’autres partis sont à prendre en considération, notons :

Le parti pirate, qui fait un bond avec 6,3 % des voix (il avait eu 2% précédemment), il passe la barre des 5% et devrait avoir une représentation en siège. Vu sa nature contestatrice de la société et ses revendications, il est difficile de le ranger du côté de Mme Merkel

Les libéraux, le FDP, sort du parlement avec seulement 4,8% au lieu de 14,6%, soit une perte de 9,8% pour cet indispensable allié de Mme Merkel. On salue sa victoire qui a consisté à faire passer la CDU-CSU de 33,8% à 41,5%, soit un gain de seulement  7,7%, elle n’a donc pas récupéré la totalité des pertes de son allié libéral.

Enfin notons le résultat d’un nouveau parti, anti européen l’AID, qui fait une rentrée remarquée avec 4,7 % des voix, mais qui ne lui donnent aucun députés.

Et pourtant le Monde a écrit dans son édition d’aujourd’hui : « Angela Merkel a remporté un triomphe historique, dimanche 22 septembre, lors des élections législatives allemandes, et devrait être reconduite pour un troisième mandat de chancelière pendant quatre ans »

En vérité seuls les chiffres comptent et dans cette élection l’ensemble de la presse française a sans aucun doute oublié de compter.

Qu’en aurait-il été si le SPD avait eu à sa tête un dirigeant plus compétent et adroit que Peer Steinbrück et si les Verts ne s’étaient pas pris les pieds dans le tapis sur une affaire grotesque de pédophilie ?

Oui l’Allemagne des bas salaires, record absolu d’Europe, avec une situation sociale explosive qui menace l’ensemble de son système de retraite, un taux de natalité au plus bas, l’Allemagne de la pauvreté a fait savoir qu’elle ne donnait pas majoritairement sa confiance à Mme Merkel. Ce n’est que par une combinaison politicienne entre la droite et un SPD, bien complaisant, qu’elle pourra garder le pouvoir encore pour quatre ans et se prévaloir d’âtre la femme la plus puissante aux monde, en vérité ce n’est qu’un colosse aux pieds d’argile.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 10:46

Retraites 1La retraite, mot ambigu, qui évoque alternativement un sentiment de liberté, la retraite qui a été un élément de la lutte ouvrière, une conquête sociale, mais la retraite qui est aussi devenue un élément de fragilisation des individus, une menace pour certains d’entre eux. C’est un moment charnière dans la vie des individus avec des ressentis très différents et des situations disparates. La France entretient une relation particulière avec ses séniors et donc ses retraités. Elle est l’un des pays du monde occidental à exclure le plus ses séniors du monde du travail. Il en résulte beaucoup de souffrance, un gâchis et une perte réelle de compétitivité pour les entreprises et l’économie française.

 

Il existe, en simplifiant trois situations :

 

Celui qui part au moment où il le décide, avec la totalité de ses trimestres, voir plus, ce qui lui permet d’encaisser un bonus conséquent 5 % par année de plus.

Celui qui est en poste, mais auquel on fait comprendre que plus tôt il partira mieux ce sera.

Celui qui est exclu du monde du travail, passé la cinquantaine, et qui subit l’humiliation de se voir fermer toutes les portes.

 

Le premier cas de figure ne mérite pas de développement, il est largement minoritaire, voire inexistant. Pour atteindre ce nirvana, il faut être un tueur né qui a passé sa vie professionnelle à gravir les échelons en flinguant ses collègues. Il arrive à un point de responsabilité où il est intouchable. Son éventuel départ est l’occasion de lui signer un chèque astronomique.

 

Le second cas représente une situation malheureusement courante, il suffit de regarder autour de soi. Malgré la réforme initiée par Nicolas Sarkozy qui a retiré aux employeurs la possibilité de mettre à la retraite d’office les salariés ayant atteint le nombre de trimestres requis, les employeurs se « débarrassent » de leurs seniors avec des méthodes scandaleuses.

Dans un premier temps, on retire peu à peu les dossiers, les responsabilités, on isole le salarié de son environnement professionnel. On fait bien sentir que celui-ci est « vieux », inutile, dépassé, qu’il ne sert à rien, en général on lui pousse dans les pattes un jeune loup aux dents longues pour le remplacer. Parfois même, on nie ce qu’il a pu faire dans le passé pour l’entreprise. On appuie très fort sur le fait qu’il serait dépassé. 

Avec un régime de ce type sur plusieurs mois, voir quelques années, on amène le salarié à perdre l’estime de soi, de glisser peu à peu, soit dans la dépression, soit dans l’amertume et l’aigreur qui le mineront jusqu’à sa mort. Il devient fragile, perd l’intérêt à son travail. Il est mûr pour une négociation qu’entreprendra l’employeur en situation de force.

Car à bout, amoindri, le salarié lâchera facilement pour en « finir ».

On ne peut pas s’empêcher de penser aux contrats solidarité promis et mis en place avec un fracas d’annonces par François Hollande. La formulation abstraite d’un couple ancien/jeune dans l’entreprise, le plus vieux formant le plus jeune, avec à la clef des exonérations de charges. Leur échec cinglant est la démonstration s’il en fallait une de la situation des entreprises françaises et de la mentalité qui y règne.

Sur le papier on aurait pu imaginer, en effet, une préparation à la retraite qui consisterait à ce quelques années à l’avance, un salarié transmette son savoir-faire, son expérience à l’entreprise ou directement aux salariés concernés. Cette valorisation faciliterait le départ et la rupture que représente la retraite, mais aussi l’entreprise y gagnerait à une continuité de son savoir-faire.

Faut-il ici évoquer le poison mortel que distille cette manière de faire ? Se lever chaque matin pour se rendre sur le lieu de son supplice, y subir journalièrement l’humiliation publique de son inutilité ! Qui peut survivre longtemps à un tel régime, il faudrait une force d’âme peu commune.

Le pire dans cette situation, c’est que l’on ne peut pas incriminer le seul chef d’entreprise, car pour mener à bien son projet il dispose de « collaborations » précieuses de la part des collègues de la victime en puissance. Ceux qui peuvent hériter de ses attributions, de son poste de travail et ceux qui règlent enfin des vieux comptes. Du haut de la hiérarchie, jusqu’aux bureaux jouxtant le sien, tous s’y mettent… la violence en est d’autant plus terrible.

On ne dispose pas d’étude sur le sujet… il est tabou. On ne dispose surtout pas d’études économiques mesurant l’impact de cette situation.

Non chacun agit sournoisement pour pousser dehors « l’ancien », en fermant les yeux pour ne rien y voir, et surtout ne pas penser à ce qu’il lui advienne quant son tour sera venu.

Enfin le troisième cas de figure est tout aussi alarmant. Le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans est de 39,7 % en France, ce sont donc 60,3 % des séniors qui sont au chômage. Nous sommes bien loin derrière la Suède, dont le taux d’emploi est de 70,5 %, l’Allemagne 57,7 %, le Royaume-Uni 57,1 %,…. Certes on peut se consoler avec l’Italie à 36,6 %... Mais j’aimerai connaître les chiffres sur les tranches précédentes 50 à 55 ans, voir 45 à 50 ans. On me dit que dans le secteur de l’informatique vous êtes déclarés « inemployables » dès 45 ans !

Que vont-ils devenir ceux qui perdent leur emploi à 55 ans par exemple ? Ils auront 3 années de couverture par pôle emploi, cela les mène à 58 ans et ensuite ... Rien, des allocations de misère. Souvent à cet âge on a encore des enfants qui font des études, pourquoi ne voit-on pas de reportage sur ces situations qui existent ? Poursuivons, selon leur parcours et la législation en cours ils atteindront l’âge légal de départ à la retraite, que le gouvernement se félicite d’avoir préservé, à disons au mieux 62 ans ! Dans ce cas, cela fait 7 années qui manquent, soit 28 trimestres qui ne seront pas la ! Imaginez la décote que cela représente. Le gouvernement met en avant la Grèce où les retraites ont été baissées de 20 %, eux ce sera encore plus.

Ce sont donc des bataillons de retraités qui se préparent à vivre encore longtemps, 20 ans en moyenne, avec des retraites insignifiantes. La durée de vie, dont on se félicite qu’elle ne cesse de croître (elle a cessé pourtant d’augmenter pour les hommes), risque de marquer fortement le pas. Car qu’en sera-t-il de leurs conditions de vie et de soins ? Quant au troisième âge, ce sera terrible, qui payera leurs maisons de retraite ? Leurs enfants devront payer, les mêmes dont on aggrave la situation en les faisant travailler toujours plus tard, peut être seront-ils déjà dans la situation de ne plus avoir d’emploi, c’est à l’état que reviendra la responsabilité de payer.

On aurait pu attendre d’un gouvernement de gauche qu’il intègre ces données afin d’y apporter des correctifs, ne serait-ce que d’exiger de la part du MODEF des compensations à l’augmentation des la durée de travail.

Les individus sont de plus en plus abandonnés à leur sort, livré à une société implacable et sans âme.

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 16:34
 
 
imagesCA3H8B3SC’est une agitation extrême à l'UMP, laquelle n'en finit pas de payer les pots cassés laissés par Sarkozy...le sarkozysme aura mis fin au projet Chiraquien d'une droite unifiée...la vie politique française glisse inexorablement vers un retour en arrière, du temps du vieux parti gaulliste et de l'UDF .... Sauf qu'aujourd'hui, il existe un Front national de plus en plus puissant.... Fillon ne réfléchit pas beaucoup et il ne regarde que le bout de ses chaussures....
 
Jacques Chirac, jeune premier ministre de Valéry Giscard d’Estain, auquel il avait fait la courte échelle pour accéder à l’Elysée, avait compris qu’il fallait moderniser la vie politique française en unifiant la droite. Jacques Chaban Delmas, encore auréolé de son aura de gaulliste progressiste que Georges Pompidou avait écarté du pouvoir, était son seul rival, rival vieillissant, peu habile à la manœuvre. L’élection présidentielle de 1974 lui ouvrait en grand les portes du pouvoir. Chirac dégomma littéralement ce pauvre Chaban Delmas en emportant avec lui 39 parlementaires et quatre ministres gaullistes pour soutenir le jeune et avenant Giscard d’Estaing dès le 1er tour. Il mène cette opération avec le pilotage de deux stratèges hors pair Pierre Juillet et Marie-Françoise Garaud.
 
Le premier étage de la fusée étant monté, très vite, il comprit la nécessité de paralyser tout ce que pouvait incarner Giscard d’Estaing comme modernité et réformisme. Avec la participation active des deux mêmes conseillers, il rompt dès le 26 juillet 1976 en remettant sa démission. La création du RPR à la mesure de son ambition est en marche. Il passera même par la case trahison, en coulant la deuxième candidature de Valery Giscard d’Estaing et en favorisant l’élection de François Mitterrand.
 
Il ne se doutait pas qu’il lui faudrait encore attendre 14 ans, à savoir deux mandats de François Mitterrand avec une incursion le temps de la cohabitation de 1986 à 1988. Il consacrera cette longue période à faire de la ville de Paris son fief et à recomposer la droite bien au-delà du simple RPR. Une fois élu Président (1995- 2007) de la République il va peaufiner son projet, comme socle de son pouvoir. Le gouvernement Raffarin sera l’apogée de cette recomposition de la droite sur le modèle anglo-saxon.
 
L’apparition d’un clone en la personne de Nicolas Sarkozy, tout aussi assoiffé de pouvoir et bien déterminé, va bouleverser complétement ses projets. Peu à peu, sans pouvoir s’opposer à la montée inexorable de Sarkozy, l’UMP qu’il a consacré en 2002, lui échappe.
 
Passons sur les 5 années de Nicolas Sarkozy où celui-ci s’évertue à faire perdre toutes les élections, y compris celle du Sénat, à son camp. L’élection de François Hollande plonge l’UMP dans une crise sans précédent. La campagne très à droite et le flirt avec l’électorat entamé dès la dernière ligne de la campagne par Sarkozy a semé le venin au cœur même du vieux parti gaulliste. Les alliés de fraiche date, finalement, en provenance du centre ne pouvait à partir de 2012 laisser s’installer une telle dérive. Le premier affrontement Fillon/ Copé, violent, énorme, incompréhensible ouvre en grand cette fracture entre une droite prête à tous les compromis avec la nouvelle extrême droite incarnée par Marine Le Pen et les républicains de droite fermement opposé à toute alliance.
 
Certes Fillon, par ses derniers propos ne fait pas preuve d’une grande clairvoyance politique, l’ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy démontre là ses propres limites intellectuelles et politiques. A trop regarder le bout de ses chaussures, il est en train de se prendre les pieds dans le tapis. Mais ce faisant, c’est toute la droite qu’il entraine dans sa chute.
 
Et dire que ces hommes là se réfèrent encore au général de gaulle ! Le retour vers le passé est en marche, les familles éparpillées du centrisme sont rentrées en grande discussion. Elles ont une terrible faiblesse, l’absence d’un leader de la dimension d’un Giscard d’Estaing, ce n’est pas un Borloo, un Raffarin ou même un  Bayrou qui peuvent incarner une grande espérance et une alternance politique crédible..
 
Chirac avait compris que la seule manière de barrer la route au Front national était l’unification de la droite et du centre. Dans le monde où il habite désormais et où il ne peut malheureusement, ni entendre ni comprendre grand-chose, il serait effaré de la bêtise avec laquelle ses anciens lieutenants sont en train de faire un boulevard à Marine le Pen. Lui l’homme, le président le mieux élu de la Ve république avec 82,21% des suffrages exprimés, qui au-delà de la droite et du centre avait rallié les voix de la gauche pour faire barrage au danger fasciste de la famille le Pen.
 
Pendant ce temps-là, dans le marigot politique de la droite t du centre barbotent toute une série de petits bébés nés il y a peu sous le sarkozisme, prêts à tout pour faire la peau à leur ancien mentor.
 
 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 13:47
Le quotient familial.

 

Voilà une mesure qui avait tout son sens : il s’agissait de redistribuer des ménages sans enfants vers les ménages avec enfants. Les études montrent que l’arrivée d’un premier enfant entraine une baisse de 13% du niveau de vie du couple, le second enfant entraine une chute supplémentaire de 2%, puis de 5 à 10 % à partir du troisième enfant.

 

Le quotient familial, instaurés en 1945, a été mis en œuvre pour éviter que les ménages avec enfant avec des revenus modestes, moyens ou aisés ne soient pas pénalisés. Même avec l’instauration du quotient familial, la pénalité subsiste… une famille avec trois enfants dispose d’un niveau de vie inférieur de 25 % à celui d’une famille sans enfants. Et c’est sans prendre en compte « l’impôt caché » sur les familles pour ce qui concerne les vacances, nécessairement plus chères puis qu’imposées en période de vacances scolaires où les tarifs pratiqués par les professionnels sont les plus élevés.

 

Jusqu’alors le mécanisme était le suivant : une réduction d’impôt en fonction du nombre d’enfant avec un plafond fixé à 2 000 euros par demi-part, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé de le baisser à 1 500 €. Ce sont, certes, les familles les plus aisées qui seront touchées. Ce geste devrait rapporter 1 milliards d’euros en 2014 et concernera 1,3 millions de ménages (environ 12% des ménages avec enfants, pourcentage contestée par l’UNAF qui parle plutôt de 20% !).

 

La prestation d’accueil du jeune enfant (Paje)

 

Même politique, pour les enfants qui vont naître après le 1er avril 2014, l’allocation de base de 184 euros sera divisée par deux pour les ménages dont les ressources dépassent 3 250 euros de revenu mensuel pour les couples avec un seul revenu, et 4000euros pour un couple avec deux revenus.

 

Cette fois ce sont 280000 ménages qui seront concernés par cette mesure et le gouvernement y gagnera 460millions deuros d’économies dici à 2016.

 

La Suppression de la réduction d’impôt pour les enfants scolarisés au collège, au lycée et à l’université.

 

Le gouvernement a décidé de supprimer la réduction d’impôt accordée pour les frais de scolarité des enfants au collège (61 euros), au lycée (153 euros) et récemment il a étendu cette suppression aux étudiants (183 euros).  

 

La mesure touche encore 1,6 millions de ménages et rapportera cette fois ci 445 millions d’euros au gouvernement.

 

Le montant du congé parental.

 

Actuellement il est majoré de 184 euros par mois pour les familles des plus aisées, c’est à dire celle dont les revenus dépassent le plafond de l’allocation de base de la Paje. A partir d’avril 2014 son montant sera identique pour toutes les familles, encore une économie de 190 millions d’euros.

 

La majoration de 10% des retraites pour les familles de plus de 3 enfants.

 

La réforme des retraites a été aussi l’occasion de revenir sur l’avantage des 10% de bonus sur la retraite des parents ayant élevés au moins trois enfants. Dans un premier temps ce bonus qui ne rentrait pas dans le calcul des impôts des retraités  va être comptabilisé dans leurs revenus. C’est donc une augmentation des impôts payés par ces foyers fiscaux et donc un abaissement de leur pouvoir d’achat qui est programmé. Le gouvernement annonce, pour un second temps, son remplacement par un système de forfait réservé aux femmes… à suivre !

 

Réduction de l’abattement pour frais de garde

 

L’avantage que représentait l’abattement sur les impôts de frais de gardes a été réduit dès 2012. L’impact se fait déjà sentir avec une baisse des emplois liés aux gardes à domicile. Ce dispositif, mis en place à l’époque de Lionel Jospin permet aux familles qui font garder leurs enfants de moins de 6 ans de bénéficier d’un crédit d’impôt de 50 % des sommes dépensées dans la limite de 2 300 € par enfants. La cour des comptes estimait à 985 millions d’euros le coût de ce dispositif en 2011

 

En conclusion, cela fait beaucoup. Ce ne sont pas les annonces de la création de 100 000 places de crèches, les 100 000 « solutions d’accueil » chez les assistantes maternelles et l’accueil de 75 000 enfants de plus en école maternelle qui vont faire disparaitre le sentiment qu’avec les dispositifs adoptés, les familles vont payer plus d’impôts et bénéficier d’une assistance financière réduite. Si les plus pauvres ont été relativement épargnés (mais elles ne le seront pas avec au 1er janvier la hausse des taux de TVA) les classes moyennes sont la cible fiscale de ce gouvernement.

 

On attendait d’un gouvernement de gauche pris dans l’étau des déficits creusés par les années UMP, un peu plus de courage, de clairvoyance et de lisibilité. C’est une politique au jour le jour qui se dessine, décidée par des énarques en rupture avec les réalités de la société française. C’est en vain que l’on se tourne vers le Président de la république pour qu’il dise quel est son projet pour la France, dans une Europe en crise et un monde qui se fragilise.

 

Avec un profil social-démocrate qui ne s’assume pas, François Hollande a été choisi par les français pour leur épargner une révision drastique de leur système de protection sociale. Aucun d’entre eux ne s’attendait, comme en 1981, à des avancées sociales. Les français s’attendaient plutôt à des sacrifices, mais des sacrifices répartis avec justesse. C’est ce « bémol » là qu’ils ne retrouvent pas. Pendant que l’on s’attaque à leur porte-monnaie, les fortunes de Mme Liliane Bettencourt et de M. Bernard Arnault ne cessent de progresser. La fortune des 550 français les plus riches a progressé de 25 % en un an. Voilà à quoi a servi l’effort financier demandé aux familles !

 

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 14:20

C’est une majorité qui s’est prononcée l’année dernière aux présidentielles et Francois-Hollande.jpgaux législatives. Nul ne peut en douter sans remettre en cause gravement le principe même de la démocratie. François Hollande et sa majorité parlementaire ont été élus pour 5 ans. Il faut l’accepter, pour autant cela ne suffit pas pour endiguer la vague de « regrets » qui monte dans le pays. Les sondages sont catastrophiques et reflètent bien cet état d’âme.

Pour autant, il reste à François Hollande et sa majorité un socle solide, pas moins de 30 à 35 % de français qui résistent à passer dans une opposition sans nuance. J’ai à mon échelle sondé la partie de mon entourage qui avait voté Hollande à la dernière présidentielle. Ils se déclarent tous dans le dernier tiers des opinions favorables. Cependant ils ont tous enchainé sur un « mais » d’avertissement.

Cette partie de l’opinion, encore favorabl,e reste fragile, elle n’est pas du tout convaincu par la politique menée jusqu’ici, et surtout ils sont unanimes à critiquer l’absence de lisibilité dans le projet présidentiel. Le candidat n’avait pas de programme et ne souhaitait pas s’engager sur des promesses dont il avait l’heureux pressentiment qu’il ne pourrait pas les tenir.

 Cahin caha la campagne s’est déroulée dans un climat de rejet de Nicolas Sarkozy, lequel de son côté ne développait pas pour autant un programme, mais tirait à hue et à dia pour tracter  vers lui le maximum de l’opinion Front national. Il n’y a pas eu de véritable débat présidentiel, de fond, d’échange sur des idées et des programmes, tout juste des brides mal assemblées de part et d’autres pour faire l’illusion d’un programme.

L’assemblage présidentiel et législatives sur un même mandat, n’est pas l’idée du siècle. Car les législatives qui auraient pu être la session de rattrapage au titre des idées n’a pas eu lieu. Trop proches du premier scrutin, la campagne fût fugace et  s’est contentée de donner simplement une majorité au président élu. Sarkozy sortait essoré de ses 5 années de pouvoir frénétique et agité, distribuant à tous vents ses largesses aux souscripteurs richissimes de sa cause, Hollande présentait l’avantage d’être un socio-démocrate, peu causant, certes, mais qui donnait l’impression qu’il serrerait les boulons mais en évitant la casse sociale.

C’est ce contexte là, qu’il faut avoir à l’esprit pour bien comprendre l’état d’esprit des français aujourd’hui. Ce gouvernement au jour le jour creuse sa tombe…en accumulant les décisions toujours dans le sens de faire payer un peu plus aux salariés modestes et aux classes moyennes, avec un discours contradictoire. L’ère des regrets a commencé très vite, le correctif budgétaire de 2012 a donné le la, le budget 2013 a été on ne peut plus clair, et celui de 201  s’annonce terrible.

L’annonce d’une « pause fiscale » par le président est une plaisanterie de mauvais goût. Il a bien tort de gouverner avec les seuls énarques, qui n’en ont rien à faire de la France, des français et de la société.  La feuille d’impôt est bien là, et les français concernés sont bien obligés de faire leur compte… et le compte n’y est justement pas.

Pour 2014, se profilent déjà : la hausse de la TVA (et elle n’est pas si invisible que cela..), le relèvement des cotisations retraites, la baisse du quotient familial, la suppression de certaines niches fiscales (qui ne concernent pas seulement les riches) plus des menaces en l’air : un impôt sur les propriétaires occupant leur appartement (cela ne s’invente pas) !

Certes, les très hauts revenus sont touchés, mais pas tant que cela, Mme Bettencourt voit sa fortune croître indéfiniment sans avoir à lever le moindre petit doigt. Les analyses de Thomas Piketty à cet égard sont édifiantes. Dans « le capital au XXIe siècle » il démontre que les inégalités aujourd’hui sont encore plus fortes qu’en 1913, que la rente a tiré tous le bénéfice de la croissance au détriment du travail.

Les hauts revenus sont à contribution, mais les moyens aussi… et la surprise de ce côté-là est totale, car les concernés n’avaient pas du tout compris cela pendant la campagne présidentielle.

Que les entreprises et les entrepreneurs deviennent le sujet de toutes les préoccupations du gouvernement et que les ménages soient mis à la diète, pourquoi pas, encore faudrait-il que François Hollande s’assigne enfin un programme clair et cohérent dans lequel ses présentes actions s’inscriraient avec une bonne lisibilité pour les quatre ans à venir.

Un pacte de croissance, voilà ce qu’il manque cruellement aujourd’hui, les efforts d’aujourd’hui avec les justes compensations à venir et un plan de justice sociale étalé sur les quatre années à venir.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 13:23

2016 n’est pas un horizon si lointain que cela et deux ans et demi pour préparer sa Clinton-Hillary.jpgcandidature ne sera pas de trop. On l’a compris, à plusieurs occasions, Hillary Clinton sera candidate en 2016. Il faudra bien sûr que le camp démocrate l’adoube et que le peuple américain en fasse de même. Quelle belle allure ce serait pour la démocratie américaine d’avoir choisir successivement un président noir et une femme, une leçon au monde entier !

Les symboles ne sont pas innocents et surtout ils portent loin. La candidature d’Hillary Clinton est aussi un espoir pour une bonne partie du peuple américain. Première dame, elle avait tenté, en vain, de faire avancer un programme de protection sociale. Barack Obama a pris le relais, mais en Amérique toute idée sociale se heurte au mur des conservateurs de tout poil, y compris dans le camp démocrate. Mais Hillary a de la suite dans les idées, cette femme progressiste ne lâchera rien… elle n’a pas vu venir la menace Obama dans son camp. Mais elle a su, une fois battue, peser très lourd dans le camp démocrate. A la surprise générale le Président élu l’a choisie pour diriger le département d’Etat, fonction la plus élevée et la plus enviée.

Retour en arrière sur un parcours exceptionnel. Hilary Diane Rodham Clinton est née le 26 octobre 1947 à Chicago dans l’Illinois. Elle aura donc 69 ans en 2016 si elle brigue la Présidence des Etats unis d’Amérique.

Son père était républicain et sa mère démocrate, de quoi donner du goût au débat politique. Ses parents sont des fans de Sir Edmund Hillary, l’alpiniste néo-zélandais qui va vaincre le mont Everest. Quelle bonne idée de lui donner comme prénom Hillary… cela lui donnera de la motivation à avancer… elle le fera, brillante élève elle sera élue au conseil de sa classe. Méthodiste assidue, elle fera campagne avec le mouvement des droits civiques. Elle assiste au meeting de Martin Luther King à Chicago… cela lui laisse une marque indélébile : le goût des autres…

C’est à 17 ans qu’elle commence son premier combat politique avec la campagne du sénateur républicain Barry Goldwater. Elle est donc républicaine et à l’université féminine de Wellesley elle préside le mouvement des Jeunes républicains. Mais elle rallie aussi les manifestations opposées à la guerre du Viêt Nam. Elle va rompre avec les républicains lorsque ceux-ci désigne Richard Nixon comme candidat à la présidentielle.

Elle intègre la prestigieuse Yale Law School où elle fera la rencontre de Bill Clinton… ils feront ensemble la campagne de George McGovern en 72, battu par Nixon.

Elle devient avocate, brillante et déterminée. Elle épouse Bill Clinton en 1975, avec qui elle aura sa fille Chelsea. Cette fois, c’est à la cause de son mari qu’elle se rallie, tout en faisant valoir ses opinions. Bill devient gouverneur de l’Arkansas, elle la première femme avocate associée dans le célèbre cabinet juridique « Rose ».

Elle sera la première dame des Etats-Unis d’Amérique aux côtés de Bill Clinton de 1993 à 2001. Elle donnera à sa fonction une orientation nouvelle, en pesant sur la politique du gouvernement. Le président la nommera dans son équipe de conseillers à la Maison Blanche, plus particulièrement chargée du système de santé. Son projet de réforme échouera devant les instances législatives.

Elle sera au centre de tous les scandales qui agiteront les deux présidences Clinton : Whitewater (enrichissement personnel..) et Lewinsky où elle soutiendra sans faille sans mari, même après ses aveux d’infidélité.

Cette période contribuera largement à façonner sa personnalité et son image dans l’opinion américaine. Pour les républicains très à droite elle est une « libérale » au sens américain, à savoir une socialiste, une gauchiste. Ils n’ont pas supporté la manière dont elle a fait évoluer le rôle de la Première dame. Sa manière de s’immiscer systématiquement dans les affaires politiques de la Maison Blanche en ont fait un véritable bouc émissaire de la droite américaine.

Par contre, pour les américains modérés, démocrates, voire de gauche elle est une icône vivante de leurs combats : pour les droits civiques, l’égalité homme-femme, la mise en place d’un programme d’assurance santé, la défense des droits des femmes dans le monde, la prise en charge des enfants les plus démunis… Bref elle est en bonne position théoriquement pour succéder à son mari. Ce qui aurait été une première. En attendant elle se fait élire Sénatrice démocrate de l’Etat de New York de 2001 à 2009.

2008, elle pense que son heure a sonné et elle se jette dans la bataille des primaires du parti démocrate. Donnée gagnante, elle se voie concurrencé par un jeune outsider Barak Obama ; celui-ci monte peu à peu en puissance jusqu’à la battre après une campagne violente et éprouvante. Il a réussi à incarner face à elle une image plus jeune, plus novatrice, celui qui pouvait vaincre et « faire »…

Toutefois elle sera secrétaire d’Etat des Etats unis dans l’administration Obama  jusqu’en 2013, où elle laisse la place à John Kerry. Coup de fatigue, elle a fait une commotion cérébrale, ou bien juste le moment de prendre le recul pour partir une fois de plus à l’assaut de la Maison Blanche ?

Cette femme aura été choisie cinq fois par le célèbre journal Time pour figurer dans la liste des cent personnes les plus influentes au monde. Et 2011 et 2012, ce sera cette fois Forbes qui la place en deuxième position de la fameuse liste des femmes les plus puissantes au monde !

Sa trajectoire exceptionnelle fait d’elle une des femmes politiques les plus brillantes de toute l’histoire des Etats Unis. Elle occupe le devant de la scène politique depuis plus de 25 ans. Cette médiatisation est à double tranchant car les conservateurs en ont fait une cible prioritaire pour dénoncer « l’Amérique laxiste, l’Amérique socialiste ». Elle est nettement notée à gauche de l’hémicyclique du Sénat, malgré ses efforts pour essayer de recentrer son image.

Récemment elle a dit combien elle souhaitait à l’Amérique une femme présidente : « Je voudrais dire, de façon hypothétique, que j'espère vraiment que nous aurons de mon vivant une femme présidente. » ; cela augure d’une belle bataille à venir. Pour les républicains c’est déjà fait, ils se sont mis en ordre de bataille face à elle, ne laissant rien passer. Alors que CNN et NBC viennent d’annoncer la production d’une minisérie et d’un documentaire sur Hillary Clinton, les républicains tirent à boulets rouges sur les deux chaines dénonçant un « favoritisme politique inadmissible ».

La bataille a commencé…

 

 

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 13:51

PISANI.jpgMon premier vrai job, à la sortie de Sciences Po, fût de travailler avec Edgard Pisani, comme assistant parlementaire. Ma vie commençait bien… En 1979, Pisani « éclairait » encore fortement l’opinion publique… sa vie était une véritable légende. Résistant, Ancien ministre de De Gaulle, en rupture avec la droite en mai 1968, il soutient la révolte étudiante (il faut relire son discours à l’Assemblée de l’époque), et rejoint enfin le Parti Socialiste après 1974.

Cette rencontre fût mémorable. C’est Eric Orsenna, qui était mon professeur d’économie à Science Po, qui me mit en contact avec lui : « Il cherche un assistant parlementaire au Parlement européen, c’est un bon job, un bon départ dans la vie professionnelle… ». Rendez-vous fût pris… mais dans le train Paris Strasbourg… j’habitais alors Nancy, donc sur le trajet. Un horaire de train, un wagon, un numéro de place donné par sa secrétaire au téléphone… étrange entrée en matière. Le cœur battant, inquiet j’embarquais et trouvais rapidement le compartiment.

Il faut s’imaginer aussi physiquement Edgard Pisani, belle allure, un profil taillé dans le marbre à la manière des princes italiens. De fait j’entrais dans sa vie, au rythme même de sa vie, l’allure d’un train à grande vitesse. C’était sans doute un peu trop vite, trop rapide, il me fallut quelque temps pour trouver mon équilibre. Je dois cette adaptation à sa secrétaire au Sénat et surtout à son épouse de l’époque Isola Pisani qui tempérait son ardeur à mon égard. Il fallait faire vite et lui démontrer très vite si l’on était à la hauteur, à la sienne….

Quelques jours après mon embauche, je me souviens d’une réunion en petit comité avec Christian Blanc, directeur de cabinet de Michel Rocard et Jean-Paul Ciret son responsable de communication. C’était bien avant 1981, à un moment où Michel Rocard tentait sa chance pour la présidentielle. Il fallait lui préparer un papier pour le journal le Monde. Et bien sûr Edgard Pisani se tourne vers moi, Jean va le faire… oups, heureusement Isola y mit le holà à mon grand soulagement.

Il reste néanmoins qu’Edgar Pisani fut mon premier formateur… exigeant, tyrannique à l’excès, mais aussi paternel, affectueux.. J’ai avancé alors à pas de géant avec lui. Lorsque nous traversions le jardin du Luxembourg pour rejoindre le Sénat, il parlait à voix haute, il me parlait : c’était comme si l’histoire n’était plus un livre… elle était là… pour moi, pour moi seul à cet instant.

Le destin frappe à la porte. Ma sœur ainée, bien plus âgée que moi, eut son premier poste d’institutrice au Haute Marne à Liffol-le-Petit. Sa première visite officielle fût celle d’Edgard Pisani préfet du département de 1947 à 1955 … je le lui raconte et cela l’amuse…

Notre histoire s’est achevée tristement. Très proche de sa femme Isola, je la croise sur le boulevard Saint Germain m’apprêtant à aller gare de l’Est prendre mon train pour Nancy. Je le voie bien, elle est mal…, elle est souvent mal (elle a perdu son unique fils à l’âge de 19 ans, tué dans un accident de moto). Nous parlons un peu, elle s’apprête de son côté à retourner à Valpuiseau dans l’Essonne où les Pisani ont leur propriété. J’hésite à la laisser seule et lui propose de l’accompagner. Elle ne veut rien entendre et m’encourage gentiment à rejoindre ma famille à Nancy. C’est un ange qui passe à cet instant sur moi, sur ma vie … mon destin aurait pu basculer tragiquement.

Je prends mon train, sur le quai, ma femme m’attend, ce n’est pas dans ses habitudes, vues mes nombreux allers et retours entre Nancy et Paris. Elle est blanche comme un linge… « Mme Pisani s’est tuée accidentellement en voiture, ils viennent de l’annoncer au journal de 20 heures… ». Cette rupture marqua la fin aussi de mon aventure professionnelle, c’était à quelque mois de la victoire de François Mitterrand à la présidentielle de 1981. Le jour de l’enterrement d’Isola, sortait son dernier livre (elle était écrivain) dont le titre était : « Mourir n’est pas mourir », cela ne s’invente pas.

Edgard Pisani est né le 9 octobre 1918 à Tunis, il va bientôt avoir 96 ans à la rentrée. A l’âge de 18 ans il « monte » à Paris pour s’inscrire en Khâgne. La guerre arrêtera ses études, qu’il ne reprendra jamais… l’aventure commence. Il rejoint la résistance intérieure. Tout jeune homme il contribue activement à la libération de Paris (C’est Michel Piccoli qui interprète son rôle dans Paris brûle-t-il ?)

Il est naturellement remarqué pour sa bravoure par le Général de Gaulle et le Conseil national de la résistance, qui le nomment sous-préfet en 1944, il a 24 ans ! Il devient le chef de cabinet du préfet de police de Paris, puis directeur de cabinet du ministre de l’intérieur André Le Troquer en 1946, il épousera sa fille. C’est à cette date qu’il sera nommé préfet de la Haute Loire, puis en 1947 de la Haute Marne. Il sera sénateur de ce département de 1954 à 1961 au groupe du rassemblement des gauches républicaines et de la gauche démocratique.

Il poursuit sa carrière et fonde le Mouvement pour la réforme (MPR, gaulliste de gauche), il devient député en 1967 UD-Ve .Sa carrière ministérielle commence en 1961 comme Ministre de l’Agriculture dans le cabinet de Michel Debré, puis de Georges Pompidou de 1962 à 1966. Il sera un grand ministre de l’Agriculture qui marquera la mémoire du monde paysan ; il sera aussi le père de la Politique Agricole commune de la CEE (la PAC). Il sera aussi ministre de l’Equipement de 1966 à 1967, il quitte la majorité gaulliste en désaccord avec la volonté de Georges Pompidou de gouverner par ordonnance. Mai 68 sera l’occasion pour lui de rompre définitivement avec la droite. Il retournera au Sénat de 1974 à 1981, d’abord comme non-inscrit, puis il rejoindra le groupe socialiste.

La victoire de François Mitterrand ne lui ouvrira pas en grand les portes des ministères comme il l’espérait, il s’imaginait bien Ministre de l’Education, ce sera Savary qui l’emportera. L’épisode de son soutien à la candidature de Michel Rocard est resté en travers de la gorge de François Mitterrand. Il sera toutefois nommé à la commission, de Bruxelles pour représenter la France. Et c’est là que nos chemins se sont séparés.

La crise en Nouvelle Calédonie amènera le Président de la République à faire appel à lui, il le nomme Haut-commissaire de la république en Nouvelle Calédonie de 1984 à 1985, puis ministre plein de mai à novembre 1985. Avec Christian Blanc il fera un excellent travail et réussira à ramener la paix par une réorganisation administrative du Territoire et l’inscription dans le calendrier d’un référendum à l’autodétermination.

De 1986 à 1992 (il a 74 ans) il occupe les fonctions de chargé de mission auprès du Président de la république. Il présidera aussi l’Institut du Monde Arabe de 1988 à 1995, présidence houleuse et difficile. Il entre au Conseil économique et social en 1992.

D’un point de vue familial il épousera aussi en secondes noces Fresnette Ferry, la fille d’Abel Ferry (le neveu préféré de Jules Ferry, né en 1881-mort dans les tranchés en1918). Il est le père du journaliste Francis Pisani et de l’économiste Jean Pisani-Ferry.

Il est l’auteur d’une multitude d’ouvrages du Général indivis, éd. Albin Michel, 1974 qui réunit ses souvenirs du général de Gaulle à l’Utopie foncière, édit. Gallimard, 1977, préfacé par Michel Rocard, le Socialisme de raison, éd. Flammarion, 1978, Un vieil homme et la terre, éd. du Seuil, 2004, le sens de l’Etat, éditions de l’Aube, 2008.

Pour finir j’aimerai le citer, lui si bien placé pour résumer son engagement : «on me prend pour un sage, alors que je suis quelqu’un de « fou ».

Jean-Marie Guilloux a dit de lui : « Car plus qu’une figure, vous êtes une voix… Celle d’une exigence constante et reconnue. Car jamais, Edgard Pisani, vous n’avez changé de cap. Guidé à la fois par une inébranlable conviction républicaine issue de la résistance et une inclination constante pour le destin des hommes, vous êtes l’animateur du combat incessant pour un équilibre du Monde ».

Encore récemment, toujours sur le pont, malgré son grand âge il préconisait de créer sous l’autorité de l’ONU un « conseil international de la sécurité alimentaire et du développement », chargé de la gestion et de la prévention des crises. Celui-ci aurait autorité sur les choix stratégiques de la FAO, du FMI et de la Banque mondiale.

Edgard Pisani, continue encore aujourd’hui à consulter, à être entendu par les plus grandes autorités de la planète, il pense, il réfléchit, il s’affranchit…

Cette grande âme s'est éteinte le 20 juin 2016.

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:36

Retraites-copie-1.jpgAlors que Jean-Marc Ayrault s’apprête à conduire une nouvelle réforme des retraites aux vues du rapport Moreau et des mises en garde du Comité d’Orientation des Retraites (COR) sur l’accroissement du déficit qui fait craindre  un « trou » de l’ordre de 20 milliard d’euros d’ici 2020, si rien n’est entrepris, peut-être faut-il rappeler les efforts qu’ont fournis les français depuis une vingtaine d’année.

Ils ont été considérables, tous les « curseurs » agissant sur les retraites ont été déjà actionnés par les gouvernements successifs promettant à chaque fois que c’était la dernière. Il y a eu quatre grandes réformes, dont l’ampleur permet de mesurer combien les français qui partent aujourd’hui à la retraite ont perdu. Le système est complexe et compliqué :

-      La durée de cotisation, à savoir les trimestres nécessaires pour obtenir sa retraite dite » à taux plein »,

-      L’âge légal de départ à la retraite, qu’il est loin le temps en 1982 où François Mitterrand ramenait l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans…

-      La mise à la retraite d’office, longtemps à disposition des employeurs pour se débarrasser de leurs salariés ayant atteint l’âge légal et le nombre de trimestres a été supprimée par Sarkozy,

-      L’éventuel alignement des régimes du public et du privé, qui présentent encore aujourd’hui des écarts importants au profit exclusif du secteur public. Il y a tout un débat … sur le sujet,

-      Les régimes spéciaux, véritables citadelles où les avantages s’accumulent et narguent le reste de la population. Le plus bel exemple est celui des députés  1 300 euros net/mois pour chaque mandat de 5 ans. C’est le régime qui présente le meilleur rapport qualité/prix. On y compte les salariés d’EDF, de la Banque de France, de France Télécom (aujourd’hui Orange)…

-      Le montant des cotisations aussi bien salariale que patronale, c’est un levier puissant, le préféré des syndicats, mais c’est la ligne rouge à ne pas dépasser pour le patronat, risque de baisse de la compétitivité,

-      Le nombre des meilleures années retenues pour le calcul de la retraite, c’est une véritable retraite de Russe qui s’est ainsi engagé sur les 20 dernières années,

-      La pension de réversion, c’est ce qui est dû ou pas au décès, elle est versée sans conditions de ressources dans le public, elle est subordonnées dans le privé à un plafond (bas) des ressources du conjoint survivant,

-      Les différents avantages « boostant » les retraites : l’abattement de 10% pour frais professionnel (Une curiosité), le bonus de 10% pour avoir élevé 3 enfants…

-      La Contribution Sociale Généralisée (CSG), celle-ci est de 7,5 % pour les salariés, alors que pour les retraités elle oscille entre 3,8 et 6,6 %, elle a l’avantage de toucher tous les revenus y compris ceux du capital.

-      Le principe d’indexation des pensions, celui-ci a considérablement fluctué ces 20 dernières années

-      Distinguer les actions qui relève du régime dit « général » la retraite de la Caisse Nationale Assurance Vieillesse (où le gouvernement a son mot à dire) du régime des retraites complémentaires gérées directement par les syndicats de salariés et les représentants du patronat.

Tout cela pour dire à la fois la complexité du dossier, le rôle qu’y jouent directement l’état mais aussi les syndicats et le MEDEF.

En 1993, c’est Balladur qui s’y colle le premier.

Il n’ose pas s’attaquer aux régimes des fonctionnaires, c’est donc le secteur du privé qui ouvre le bal avec un allongement conséquent de la durée de cotisation pour obtenir sa retraite à taux plein, on passe carrément de 37,5 à 40 annuités. Et oui, pour tous ceux qui aujourd’hui sont à 41,5 annuités, l’effort a été dantesque et l’on parle d’aller jusque ‘à 42,43 voire 44 annuités !!! Mais Balladur actionne un autre curseur : celui de l’indexation des pensions, fixée jusqu’alors sur les salaires (depuis 1983), elle passe sur les prix, moins avantageux à l’époque. Et enfin le tir de mortier : le calcul des pensions ne se fait plus sur les 10 meilleures années mais sur les 25 … L’impact est sévère, les économies sont substantielles, mais c’est le début de la dégringolade pour le niveau de vie des retraités… les trente glorieuse sont loin. Un rapport de la CNAV estime la perte de pouvoir d’achat à plus de 6%.

Alain Juppé, un petit tour et s’en va…

Deux ans plus tard le Premier ministre de l’époque Alain Juppé tente en 1995 d’aligner la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle du privé, ramenée précédemment par Balladur de 37,5 à 40 annuités. Le Bazar est général, les grèves s’étendent, les cortèges des manifestants enflent pour relever le défi de Juppé lancé aux manifestants. Il s’y casse les dents et doit remiser son projet de réforme. Les syndicats ont démontré leur capacité d’agir dans la fonction publique. Sous Balladur les salariés du privé n’ont rien pu faire et les syndicats se sont révélés impuissants … sous Juppé ils ont montré leur puissance. Depuis cette fracture subsiste, elle s’est même agrandie.

2003, François Fillon s’attaque à nouveau au secteur public.

L’ambition annoncée est « haute » le Premier ministre qui ne craint pas les mots, parle de « première réforme globale de notre système de retraite depuis l’après-guerre », Balladur a apprécié. La barre fixée est haute : combler le déficit à l’horizon 2020 : On verra depuis lors ce qu’il en est advenu de cette vantardise. Cette fois-ci, malgré les manifestations elle passera, il faut aussi dire que le revirement brutal de l’une des deux plus importantes confédérations ouvrières : la CFDT, n’y est pas pour rien. Elle y laissera des plumes, sa signature donnée à François Fillon au dernier moment suscitera une des plus graves crises qu’elle ait eu à connaitre, entrainant la démission de nombreux de ses militants. Cette action entrainera un bouleversement du paysage syndical par la création de nouveau syndicat comme SUD.

Cette fois l’alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires et du privé est faite à 40 années pour tous, avec un horizon effectif à 2008. Pour le justifier on reprend à nouveau une ritournelle désormais bien connue : l’allongement de la durée de vie, du moins son espérance… Il lui faut aussi agir pour mieux le justifier sur le problème des séniors sur le marché du travail, avec une mesure symbole, la mise à la retraite d’office pour l’employeur passe de 60 à 65 ans … il est mis fin aux nombreux plans de préretraites extrêmement coûteux à la collectivité. Enfin une invention (classique) celle de la carotte une surcote pour tous les séniors acceptant de continuer à travailler, une fois atteint leur durée de cotisation.

Quel bilan de cette réforme du siècle ?  La CNAV constate en 2008 que l’âge moyen de départ à la retraite a baissé entre 2003 et 2006 passant de 61,4 ans à 60,7 ans. C’est le début de l’enfer pour les séniors, alors que tous les discours concourent à vouloir augmenter leur temps de travail, ceux-ci sont massivement éjectés du monde de l’entreprise et ceci de plus en plus tôt. A cette époque on parlait de véritable difficulté pour un sénior de 57 ou 58 ans à retrouver du travail. Aujourd’hui on est tombé jusqu’à 45 ans !!!

2008, c’est le tour des régimes spéciaux.

L’angle d’attaque est rude, Nicolas Sarkozy ne veut rien lâcher. Les régimes spéciaux, ce sont certaines entreprises publiques ou professions qui bénéficient de facilités pour partir à la retraite plus tôt en raison de la dangerosité ou la pénibilité de leur travail. Notions qui, si elles avaient leur vertu il fut un temps, méritaient une révision. Citons un peu en vrac : la SNCF, EDF, la RATP, les mineurs, les marins, les instituteurs…. Cela pèse tout de même 5 millions de salariés.

Les régimes spéciaux se voient impactés, comme précédemment les fonctionnaires par une durée de cotisation relevée de 37,5 années à 40. Leurs taux de cotisation plutôt bas sont aussi augmentés. Enfin, nouvelle invention : la décote pour le salarié qui part à la retraite avant 65 ans et sans avoir le nombre de trimestres requis.

2010, on croyait cela terminé, mais Eric Woerth vint !

Comme rien n’y faisait et que le déficit continuait à croître, c’est Eric Woerth qui prit le taureau par les cornes en affirmant prendre les mesures radicales assurant un retour à l’équilibre en 2018… on verra ce qu’il en fut… Les plans sont de plus en plus fournis et les garanties sociales de plus en plus érodées :

-      L’âge légal de départ à la retraite passe de 60 à 62 ans pour 2018 (échéance ramenée par la suite à 2017)

-      A 65 ans un salarié pouvait bénéficier de la retraite à taux plein même s’il n’avait pas tous ses trimestres,  il lui faudra désormais attendre 67 ans

-      Et comme il en faut un peu pour les fonctionnaires, leur taux de cotisation nettement plus bas que les salariés du privé est aligné de 7,85% à 10,55%

-      Et enfin la durée de cotisation est encore une fois (la troisième) mise à l’épreuve, elle passe de40 ans à 41 ans et un trimestre en 2013. Puis à 41,5 annuités en 2017 pour tous ceux nés en 1955.

Aujourd’hui… nous sommes encore à l’épreuve… la cinquième réforme celle de Jean-Marc Ayrault se profile. Il a pour lui l’histoire, il sait par quel chemins compliqué le régime des retraites est passé. Il connait tous les leviers sur lesquels il peut appuyer. Il en connait les avantages et les inconvénients. La crise pèse une fois de plus sur les décisions, le chômage est au plus haut, la compétitivité des entreprises françaises est mise à mal. Syndicats et patrons prônent des solutions radicalement différentes. Cela fait trois années déjà que les salaires dans la fonction publique sont gelés…

On dit les retraités d’aujourd’hui aussi aisé que les salariés… la rumeur court que cette fois-ci le gouvernement mettrait essentiellement les retraités à contribution… certes, mais les retraités de demain, comment impacteront ils ces mesures, ceux qui après le chemin de croix d’une perte d’emploi à 52 ans, ont connu le « trou à pauvreté » après la fin de leur indemnités chômage et arriveront à l’âge de la retraite avec non pas une décote, mais un véritable effondrement de leur retraite…

N’est-ce pas enfin ce problème majeur, celui de l’emploi des seniors français (ou plutôt celui du non-emploi) qui devrait être pris à bras le corps. Car la situation est en fait schizophrénique    d’un mouvement on ne parle que d’augmenter le temps de travail pour suivre l’augmentation de l’espérance de vie, et d’un autre mouvement les entreprises se débarrassent massivement de leurs séniors…

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  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook  et mon compte twitter
https://www.facebook.com/jean.pelletier
77https://twitter.com/jmpelletier
Bonne lecture.
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