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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:45

Je n’arrive pas à changer mon état d’esprit. Je ne comprends toujours pas pourquoi François Hollande et son équipe ne prennent pas position sur le terrain des propositions.

Nicolas Sarkozy à l’occasion de ses vœux aux personnels de l’Education a donné un tour encore plus serré à son projet pour l’école. Il est déjà dans on rôle de candidat et a le mérite de faire des propositions concrètes, même si celles-ci sont désastreuses.

La réaction de François Hollande a été immédiate, il a dénoncé un projet qui vise à casser l’école républicaine. Bien, il est dans le ton de la gauche, mais il fait là un boulot d’opposant à une politique, pas de candidat.

Il aurait été inspiré de profiter de l’occasion pour répondre à Sarkozy en lui opposant son propre projet pour redresser le système éducatif. Et la proposition de recréer les 60 000 postes ne suffit pas à définir une politique. D’autant plus qu’entre temps ses lieutenants ont fait sa voir que ce ne serait pas à vraiment parlé une création, mais qu’il y aurait une redistribution des postes existants….

Au fil des semaines je vois toutes les occasions d’exprimer des propositions concrètes, sur le ré-industrialisation de la France par exemple. C’est bien de rendre visite aux salariés menacés par des plans sociaux, la solidarité cela ne fait pas de mal. Mais là aussi quelle belle occasion perdue de donner son point de vue et ses solutions.

Cette campagne devient ennuyeuse, mais si la France s’ennuie, il faut s’en méfier. Les conséquences électorales pourraient bien être calamiteuses.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 16:29

musee-louvre-entree.jpgAprès les chiffres très positifs du cinéma en 2011, le Ministère de la culture publie ceux de la fréquentation des musées et des monuments nationaux. Même constat l’augmentation en un an est de 5%.

Dans une période de crise économique et particulièrement anxiogène, force est de constater que ce n’est pas sur le budget culture que les français font des économies. Sans doute est-ce pour eux une manière de s’évader, de penser autrement ou de positiver leur existence. Mais ne nous trompons pas, ce succès profite essentiellement aux mêmes classes moyennes et aisées. Car une étude plus approfondie de ce succès de fréquentation démontre que ce sont toujours les mêmes qui consomment plus, il n‘y a toujours pas d’élargissement aux couches les plus populaires.

La politique culturelle de ce pays a encore besoin d’un sacré coup de balai pour repenser ses priorités et ses objectifs.

La culture reste donc une valeur refuge, avec 27 millions de visiteurs les musées parisiens et provinciaux ont connu un beau succès ; il en est de même pour les monuments nationaux qui ont connu une augmentation de 5,5% selon les mêmes sources du ministère de la culture.

Le Louvre et le Château de Versailles caracolent en tête avec respectivement 8,5 et 6 millions de visiteurs. Le Centre Pompidou occupe la 3ème place avec 3,6 millions de visiteurs, ce qui représente un bond de 15% en un an.

On retrouve dans le classement le Musée du Quai Branly avec 1,457 millions de visiteurs.

La province fait tout aussi bien, on retrouve ainsi le Centre Pompidou-Metz toujours en pointe avec 500 000 entrées en 2011, ce qui en fait le 1er musée de province.

L’analyse des publics montre une baisse des publics européens largement compensée par ceux en provenance de Chine, du Brésil et des pays émergents. Mais c’est surtout le public français qui s’accroit.

Mais encore une fois, ce sont toujours les mêmes publics qui en profitent. La dernière enquête du ministère de la culture sur les pratiques culturelles des français en 2008 n’est guère encourageante. En effet 58% n’avaient jamais fréquenté aucun lieu d’exposition au cours des douze derniers mois, ils n’étaient que 54% en 1997 !

Il reste du travail pour convaincre cette moitié de français à se rendre sur les chemins des musées et du patrimoine.

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Published by Jean pelletier - dans Musées
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:11

Petit retour en arrière.

Les études en sciences politiques démontrent que les changements de majorité politique en France ne s’opèrent pas à partir d’électeurs qui décident de passer de la droite à la gauche et réciproquement. Les votes sont bien plus structurés et figés que cela. Cela se produit, sur un volant d’électeurs moins marqués politiquement. Mais cela ne suffit pas pour l’emporter.

Non, le changement s’opère en fonction du taux de mobilisation d’un camp par rapport à l’autre. Ainsi en 1981 le PS, derrière François Mitterrand, a su créer un mouvement massif de mobilisation de l’électorat de gauche, alors qu’en face, après les misères que Jacques Chirac avait faites à Valéry Giscard d’Estaing, l’électorat de droite s’est beaucoup moins mobilisé. C’est cette différence qui a permis à Mitterrand de l’emporter. De la même manière en 2007, Nicolas Sarkozy a mené une très bonne campagne qui a mobilisé largement l’électorat de droite, alors que Ségolène Royale n’a pas su ou pas pu mobiliser le sien.

Francois Hollande 15-8d519Etat d’esprit de l’électeur lambda.

Pour bien comprendre cette idée de mobilisation d’un camp politique, il faut avoir à l’esprit que l’électeur lambda ne consacre d’une faible partie de son esprit à la question politique, contrairement aux classes privilégiées. Son esprit est saturé par des questions existentielles de base : son emploi (comment le trouver ou comment le garder), l’éducation de ses enfants (feront-ils mieux que lui, c’est du moins son aspiration essentielle), bref ils se débattent dans des problèmes matériels très concrets. Aussi le fait d’aller voter pour son camp est tout à fait accessoire. S’il existe une forte dynamique dans son camp, il peut se distraire de ses préoccupations et prendre part et intérêt dans la campagne, c'est-à-dire aller voter et parler autour de lui. Si cette dynamique n’existe pas, il est fortement susceptible de rester chez lui au moment du scrutin.

Un conseil d’ami.

J’aimerai que François Hollande lise ces lignes et prenne bien conscience de ce fait. A cette heure il n’a toujours pas créée cette dynamique. Encore ce matin, dans le quotidien Libération, il ne fait qu’état de formules très larges et peu précises. Son angle d’attaque est concentré sur la mise en cause du bilan de Nicolas Sarkozy. Ses lieutenants font de même en taclant fortement le Président de la République.

Est-ce bien utile, celui-ci est au plus bas des sondages, faut-il pour autant consacrer autant d’énergie à le dénigrer ?

Que le candidat socialiste, susceptible d’être présent au second tour, comprenne bien les attentes et la disponibilité des français. Comment assurer à chacun un emploi, sauvegarder celui qui existe, créer l’emploi pour celui qui n’en a pas ? Comment garantir à chacun que son niveau de retraite sera digne et ne baissera pas à l’avenir ? Comment redonner au système éducatif son rôle d’ascenseur social ? Comment permettre au plus grand nombre d’accéder à la propriété de son logement (une solide garantie de retraite complémentaire) ?

Conclusions.

C’est en face de ces questions très précises et concrètes que l’on attend de François Hollande des propositions toutes aussi concrètes et intelligibles au plus grand nombre.

Il dit dans son adresse aux Français publiée dans Libération que « les Français souffrent », certes, on ne l’a pas attendu pour faire ce triste constat. Il s’en suit une longue digression sur ces malheurs « ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, dégradée».

Il faut de toute urgence que François Hollande disent au français comment il compte s’y prendre. S’il ne le fait pas il s’expose à un sévère revers, car ces français « ordinaires » se détourneront de lui afin de parer au mieux à leurs « souffrances » quotidiennes qui les assaillent.

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 11:46

2012-meme-pas-peur-pochoir.jpgNous sommes à la période traditionnelle des vœux, que 2012 soit une belle et heureuse année. C’est un vœu pieux ! Car si on en croit les enseignements des principaux sondages, les français sont particulièrement pessimistes. Ils craignent avant toute chose le déclassement et des perspectives très sombres pour leur progéniture.

A savoir : la crise économique, avec l’Euro en épée de Damoclès, la montée du chômage, la remise en cause des acquis sociaux : une retraite de plus en plus menacée et en peau de chagrin, des remboursements sociaux qui se réduisent, un système scolaire et universitaire au service des classes les plus aisées, des services publics en voie d’amaigrissement et parfois de disparition.

Bref on éprouve quelques difficultés dans un tel contexte à formuler des vœux pour l’année à venir. Pour ma part je formulerai celui-ci : que cette année qui sera électorale donnent aux partis politiques plus d’ardeur et de courage pour nous présenter des projets de sociétés audacieux et réformateurs.

Je ne peux croire que nous restions indéfiniment dans cette boucle décroissante, avec nos voisins qui pour sauver l’Euro mettent en place des politiques de renoncement sociaux, même les gouvernements socialistes s’y mettent ! C’est un devoir de susciter à nouveau un sentiment d’espoir dans cette fin d’année 2011 qui a apporté sont lots de nuages noirs.

Nous allons voter pour la désignation d’un nouveau Président de la République et dans la foulée un nouveau Parlement. Il s’agit donc bien de nouvelles perspectives essentielles pour le devenir de la société française. Il faut que le débat public soit suffisamment clair et détaillé pour donner à chaque français la possibilité de choisir entre des projets de sociétés portés par des candidats qui joueront le jeu ; pour l’heure nous sommes encore sur notre faim ; faudra-t-il attendre que Nicolas Sarkozy se déclare pour que François Hollande soit un peu plus explicite sur le projet qu’il est censé porter ? Espérons-le, sinon les espérances légitimes pour cette nouvelle année 2012 s’envoleront en fumée, tristes augures dont nous n’avons vraiment pas besoin.

Sans ce débat là, ce seront les extrêmes et les indifférents qui l’emporteront. Planquée au milieu des sondages Marine le Pen pourrait faire un bien meilleur score que son père et les abstentionnistes faire le plein de l’indifférence. Il faut que, vaille que vaille, éviter ce désastre. Certes nos représentants en politique ont une responsabilité, mais il serait grand temps que les citoyennes et les citoyens de ce pays se manifestent eux aussi, autrement qu’à travers des sondages, ils peuvent et ils ont le devoir de prendre la parole et de participer à l’action publique

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:17

Un premier constat.

Depuis 1950, l’espérance de vie en France a augmenté de 15 ans. Celle-ci continue de croitre d’un trimestre par an

La définition de l’espérance de vie d’après l’INSEE est : « L'espérance de vie à la naissance (ou à l'âge 0) représente la durée de vie moyenne - autrement dit l'âge moyen au décès - d'une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l'année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge.

Elle est un cas particulier de l'espérance de vie à l'âge x. Cette espérance représente, pour une année donnée, l'âge moyen au décès des individus d'une génération fictive d'âge x qui auraient, à chaque âge, la probabilité de décéder observée cette année-là au même âge. Autrement dit, elle est le nombre moyen d'années restant à vivre au-delà de cet âge x (ou durée de survie moyenne à l'âge x), dans les conditions de mortalité par âge de l'année considérée »

En 2010 elle est de 82,4 ans pour les hommes et de 87,2 pour les femmes.

 

Notre système de retraite est un système par répartition, ce sont les actifs qui payent les retraites, contrairement aux systèmes anglo-saxons par capitalisation où chaque individu capitalise tout au long de sa vie le capital qui lui fournira une retraite.

 

C’est à la Libération que le gouvernement provisoire de la République française décide de mettre en œuvre la résolution du programme du Conseil National de la Résistance qui préconisait: « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

Pierre Laroque est nommé Directeur des assurances sociales et de la mutualité, il a la charge de mettre en place un  système par répartition qui sera intégré à la Sécurité Sociale en 1945.

 

La situation actuelle.

 

Elle est complexe, on compte en France plus de 600 régimes de retraite de base et plus de 6 000 régimes de retraites complémentaires.

Ces régimes dont organisés selon trois grands groupes :

 

-          Le secteur privé qui ajoute à la retraite de base (SS) des retraites complémentaires qui ont été organisées autour de deux organismes : l’Agirc et l’Arrco.

-          Les régimes autonomes des artisans, commerçants, profession libérales, et la mutaulité sociale agricole

-          Et enfin le secteur public, avec les régimes spéciaux de retraites (SNCF, RATP, EDF-GDF)

 

 Les propositions de réformes.

Ainsi ce système qui est fondé sur le principe de la répartition, les cotisations des actifs financent les pensions versées aux retraites est menacé par :

 

-          La crise qui perdure, le nombre important de chômeurs limitent la capacité de cotisation pour financer les retraites (2 844 800 personnes sont au chômage en novembre 2011, en incluant les demandeurs d’emploi travaillant à temps partiel, 4,25 millions de personnes sont concernées)

-          L’augmentation de l’espérance de vie.

 

En 1960 on comptait quatre actifs pour un retraité, aujourd’hui il n’y a plus que 1,7 actifs pour un retraité.

La crise et l’allongement de la durée de vie ont creusé le déficit des régimes de retraite, soit 32 milliards d‘euros en 2010 en raison essentiellement du pic des départs à la retraite dû au Baby Boom( personnes nées entre 1945 et 1950).

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) estime que ce déficit ira en s’aggravant :

Avec 182 cotisants pour 100 retraités en 2006, le régime passera à 150 pour 100 en 2030 et à 121 pour 100 en 2050.

Face à cette crise trois courants se dessinent pour apporter des solutions :

 

1)      Ceux qui veulent à tout prix conserver le système tel qu’il est et qui comptent sur une politique de relance pour faire baisser durablement le chômage et augmenter ainsi le rapport entre actif et retraité (c’est la position des principaux syndicats et des partis de gauche, dont le Parti socialiste),

2)      Ceux qui veulent le réformer partiellement, c’est la position du gouvernement actuel et de l’UMP

3)      Et enfin ceux qui veulent une remise à plat du système (L’économiste Thomas Piketty entre autre).

 

Dans un article donné au journal Libération (20 avril 2010) Thomas Piketty démontre que d’autres choix sont possibles que la réforme Fillon.

Il rappelle les prévisions du Conseil d’orientation des Retraites (COR) et souligne que le problème serait réglé à l’horizon de 2030 si l’on acceptait d’augmenter le taux de cotisation de seulement 5 points (bien entendu le Medef ne veut pas en entendre parler)

Ou encore de travailler cinq années de plus (cette fois cette proposition a les faveurs du Medef). Si l’on fait une projection à 2050 ces chiffres sont à multiplier par deux.

C’est un choix difficile à assumer car il impacte nécessairement l’évolution du pouvoir d’achat. Mais il peut aussi se moduler, pour une part en hausse de cotisation et pour une autre part avec une politique volontariste d’amélioration de l’emploi des séniors. La France est classée avant dernière des pays membre de la communauté européenne pour l’emploi des séniors. Il y a donc de la marge.

Ponctionner plus les cotisants actuels revient à pénaliser les actifs d’aujourd’hui pour payer des retraites aux baby boomers. Alors qu’au cours des dernières décennies aucun effort n’a été fait pour anticiper cette situation, mise à part le gouvernement Jospin qui avait, à cet effet crée un fonds de réserve des retraites. Celui-ci n’est plus approvisionné depuis 2002.

Mais si au contraire de Nicolas Sarkozy qui a distribué les niches fiscales sans compter, on avait, comme le propose aujourd’hui le Parti socialiste, eu recours à des financements exceptionnels sur les profits er les revenus financiers (profits bancaires et pétroliers), on ne serait pas dans la situation actuelle.

Enfin Thomas Piketty propose « d’universaliser le droit à la retraite » et plaide pour une remise à plat totale du dispositif actuel des retraites, en le négociant avec les syndicats, à partir des comptes personnels de droits à la retraites, en rendant ainsi le système plus lisible et transparent.

 

Enfin il est à noter que l’argument de l’allongement de la durée de vie est mis à mal en Allemagne où l’on vient d’apprendre que dans les faits c’est le contraire qui se produit :

Ces dix dernières années leur espérance de vie aurait reculé de 77,5 ans à 75,5 ans. Le recul serait encore plus net dans les Land issu de l’ancienne Allemagne de l’Est.

Si ce phénomène se produisait en France cela bouleverserait complètement le débat actuellement en cours.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 12:23

200px-Europe_Ecologie_closing_rally_regional_elections_2010.jpgLes internautes du journal le Monde devait désigner la personnalité de l’année. Ils ont eu la bonne idée de consacrer Stéphane Hessel. Diplomate, écrivain poète, il a marqué profondément le XXème et le début du XXIème siècle. Résistant pendant la seconde guerre mondiale, il rejoint le Général de Gaulle en 1941. Il intègre les Forces aériennes libres comme navigateur bombardier. En mission en France, il sera arrêté le 10 juillet 1944 et déporté à Buchenwald. En janvier 1945 il est transféré à Dora où il travaille à la construction des célèbres V2. Le 4 avril 1945 l’avancée américaine pousse les nazis à déplacer leurs prisonniers. Il en profite pour s’évader et rejoindre l’armée américaine, qu’il intègre. C’est avec son unité qu’il rejoint Paris, le 8 mai 1945.

 

Dès novembre 1945, il intègre le Ministère des Affaires étrangères (reçu 4ème au concours). Nommé comme ambassadeur en Chine, il rejoint finalement l’ONU qui a sa préférence.

IL contribuera à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, proclamée le 10 décembre 1948.

Il sera aussi l’un des proches collaborateurs de Pierre Mendès-France. Il occupera de nombreux postes diplomatiques qui le mèneront de Saigon à Alger.

En 1977, Valéry Giscard D’Estaing le nommera ambassadeur de France à l’ONU.

En 1981, François Mitterrand lui confiera plusieurs missions, dont celle de participer à la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, chargée d’assurer l’indépendance de l’audiovisuel vis-à-vis du pouvoir politique.

Parmi ses nombreuses actions de diplomate « militant » rappelons qu’il avait été nommé médiateur dans la très médiatique affaire des sans papiers de l’église Saint Bernard.

C’est en 1958 qu’il s’engage dan la politique en rejoignant le club Jean Moulin. Proche de Michel Rocard il adhérera au parti Socialiste en 1986. Dont il s’éloignera au moment du traité de Maastricht, européen convaincu et militant il signe en compagnie d’anciens résistants une pétition « Pour un traité de l’Europe sociale ».

De même il sera aux côtés des résistants pour la commémoration du 60ème anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance, enjoignant aux jeunes générations de relire ce texte et de le faire vivre en assumant l’héritage de la résistance et en faisant avancer les idéaux de démocratie économique, sociale et culturelle. Il milite auprès des sans-logis et en 2009, il soutient les listes d’Europe Ecologie aux élections européennes.

Après avoir soutenu Nicolas Hulot dans la primaire des écologistes, il apporte son soutien à Martine Aubry dans le cadre de la primaire présidentielle socialistes de 2011.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont une biographie, « Danse avec le siècle » aux éditions du Seuil et un recueil de poésie chez le même éditeur « O ma mémoire, la poésie, ma nécessité ».

A 93 ans il signe un best seller mondial « Indignez-vous » qui sera la source d’inspiration du mouvement des Indignés en Espagne, aux Etats Unis, au Royaume Uni et en France.

Cet opuscule de 32 pages, vendu 3 euros, interpelle les jeunes et les appelle à refuser la soumission à l’indifférence, et à se révolter contre toutes les injustices dans le monde.

Vendu à deux millions d’exemplaires en France, il sera édité à plus de deux millions d’exemplaires dans une quarantaine de pays.

Voilà cet homme qui a traversé le siècle, qui à 94 ans entreprend une tournée mondiale, il enchaine les aéroports internationaux ,accueilli par des foules dominées essentiellement par les jeunes. Né à Berlin, élevé en France entre les deux guerres mondiales, résistants, ancien déportés, diplomate plaidant la cause des droits de l’homme, il salue encore aujourd’hui les révolutions arabes. Il est toujours et encore l’homme debout, empli d’espérance et de joie, capable de soulever des foules entières dan son indignation de « jeune homme ».

Ainsi est-il remarqué par les lecteurs du Monde auquel il oppose, encore aujourd’hui, un éternel sourire, empli de confiance envers l’avenir et les hommes.

Dans un monde profondément bouleversé traversé par une crise économique anxiogène pour les peuples, il livre une magnifique leçon de savoir vivre et savoir être.

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 15:25

logo-copie-priveeLe gouvernement a mis en chantier ce texte afin de sauvegarder et sécuriser le régime de rémunération pour copie privée de la censure du conseil d’Etat, tout en satisfaisant aux exigences de la Cour de Justice de l’Union Européenne et du Conseil d’Etat.

Ce texte répond à une situation d’urgence, il ne préjuge pas de la réforme en profondeur que devra nécessairement mener le prochain gouvernement de la loi de 1985.

 

Ce texte était impératif face aux arrêts rendus par le conseil d’Etat sur la rémunération pour copie privée qui faisait peser une menace immédiate sur la perception. C’est dans un arrêt du 17 juin que le Conseil d’Etat avait annulé le décision N° 11 de la commission privée fixant les barèmes de redevances et exonéré du paiement de cette même redevance les professionnels. Dans ce même arrêt il était indiqué que la commission avait jusqu’au 22 décembre pour réviser ses barèmes.

Sachant qu’un quart des sommes prélevées servait au subventionnement de nombreux festivals et manifestations, il y avait une réelle urgence à trouver une solution.

Frédéric Mitterrand justifiait l’urgence de son texte devant les sénateurs en affirmant : « Il convient de sécuriser le mécanisme de la copie privée, car la décision du Conseil d'État aurait des effets graves, en privant de fondement juridique le prélèvement de 189 millions d'euros ; certains redevables pourraient en outre demander un remboursement estimé à 60 millions d'euros »

 

conseil-detat.jpgLe Ministre a prouvé qu’en urgence on pouvait faire passer un texte (il a été promulgué le 20 décembre) en moins de quatre mois et le faire approuver à la quasi unanimité des parlementaires. Il fallait y arriver impérativement avant le 22 décembre, date butoir fixée par le Conseil d’Etat dans sa décision du mois de juin dernier.

 

Au cours des débats le député socialiste de Paris, spécialiste de ces questions Patrick Bloche mettait en garde : « Si le 22 décembre était une date butoir improbable, la loi va donner deux ans. Mais ne profitons pas de ces deux ans pour laisser trainer inutilement les choses, surtout quand on sait comment fonctionne la commission copie privée ».

A l’origine le Ministre de la culture pensait préserver le système actuel sur 24 mois, à savoir prolonger les barèmes de redevances applicables aux supports, le débat parlementaire l’a amené à accepter un amendement parlementaire qui en limite la durée à 12 mois. Délais que doit mettre à profit la commission pour copie privée à réaliser les études d’usages pour justifier la fixation de ses barèmes.

 

Les industriels et distributeurs de matériels à l’ origine de ce problème ont fait savoir que le vote de la loi ne les ferait pas taire. Il faut savoir que c’est justement parce qu’ils avaient obtenus du Conseil d’Etat la censure de plusieurs décisions de la commission copie privée que ce texte en urgence a été adopté.

 

Comme l’indiquait Patrick Bloche, repris par de nombreux parlementaires, il y a une véritable nécessité à entamer une réforme de fond du régime de la rémunération pour copie privée, ce que réclamait pour sa part le rapport France Numérique 2012, rendu public en 2008.

A défaut d’entamer ce travail, le Ministre de la Culture a déjà confie au Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (CSPLA) une mission sur le Cloud Computing

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 16:43

site internetA l’occasion d’un colloque organisé par la coalition pour la diversité culturelle, Aurélie Filippetti a avancé l’idée d’une licence globale pour les étudiants. Peu de temps auparavant elle s’était opposée à Fleur Pellerin en charge de l’économie numérique à propos de sort réservé à l’Hadopi, l’autorité créée par Nicolas Sarkozy à la demande des producteurs pour lutter contre le téléchargement illégal. Leur opposition portant sur le fait de supprimer ou d’adapter l’Hadopi. Aurélie Filippetti avait même obtenu de François Hollande qu’il interdise à Fleur Pellerin de se rendre aux Rencontres européennes de l’Adami à Cabourg, sous prétexte que ces rencontres relavaient du secteur culturel ! Tout en obtenant gain de cause, elle ne s’est pas pour autant rendue à Cabourg à l’invitation de l’Adami.

Si on ajoute à cela que Martine Aubry dans le cadre des primaires avait défendu l’idée d’une licence globale sou forme d’une redevance de 2 euros sur les abonnements à haut débits pour financer la musique, on aura compris que, si l’UMP a tracé sur ces questions du numériques une voie toute droite, celle de la répression, le PS lui se prend malheureusement les pieds dans le tapis depuis plusieurs mois.

Et pourtant tout au long du feuilleton parlementaire des lois DADVSI et Création et Internet, le groupe socialiste mené par Christian Paul, Didier Mathus et Patrick Bloche s’était brillamment illustré grâce à leur maîtrise technique du dossier des droits de la propriété intellectuel malmenés par la révolution numérique. De plus Christian Paul ayant pris la direction au Parti Socialiste du Laboratoire des idées, on pouvait s’attendre à une prise de position lumineuse du candidat François Hollande.

C’est assez consternant de constater que la parole parlementaire puissent être ainsi rétrogradée. Je me souviens d’avoir vu François Hollande en personne venir sur les bancs de l’Assemblée nationale soutenir le triumvirat socialiste défendant bec et ongle le principe de la licence légale.

Que s’est-il passé entre temps pour que l’on aboutisse à cette proposition ridicule de licence globale pour les étudiants. On peine à comprendre pourquoi le candidat Hollande joue aussi petit bras sur un sujet dont l’enjeu économique et sociétal est de taille.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 14:08

Laurent Wauquiez à l’occasion de la sortie de son livre « La lutte des classes moyennes » était sur le, plateau de Laurent Ruquier « on n’est pas couché » samedi dernier.

Le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a présenté avec beaucoup d’aplomb certaines de ses propositions, très à gauche, comme s’il n’avait pas participé aux gouvernements de Nicolas Sarkozy et défendu sa politique depuis bientôt cinq longues années.

Même le très modéré Patrick Poivre D’Arvor ne pu s’empêcher d’intervenir et d’insister lourdement sur le fait que ses propositions pleines de bon sens, on pouvait légitimement se demander pourquoi elles n’avaient pas été mises en œuvre plus tôt, comme celle proposant d’augmenter les impôts des plus riches. Parmi ses propositions notons :

-          La suppression des niches fiscales qui permettent au plus riche de ne pas payer d’impôts.

-          L’interdiction des domiciliations fiscales à l’étranger

-          La suggestion que le bénévolat rapporte des trimestres pour la retraite

-          La création d’un mode de financement du permis de conduire pour les plus jeunes

-          La mise en place d’un « bouclier » pour plafonner la hausse des impôts locaux

-          Une contribution à l’impôt sur les revenus de tous, mêmes pour quelques euros

En effet ces propositions semblent aller de soi…. Mais pour autant l’UMP ne s’est mobilisé que pour la mise en place du fameux bouclier fiscal si « cher » à Mme Liliane Bettencourt !

Mais très vite le débat allait ramener le fondateur du mouvement « la droite sociale » sous un autre prisme, nettement plus droitier cette fois.

C’est Audrey Pulvar qui allait sonner la charge en citant le Ministre directement sur

-          Sa proposition de favoriser l’accès aux HLM aux personnes occupant un emploi

-          Son propos sur le « cancer des assistés »

Bref elle lui reprochait très légitiment à travers ses propos d’opposer les pauvres à d’autres pauvres.

Laurent Wauquiez, outre le fait qu’il a oublié qu’il soutenait la majorité en place depuis cinq ans, s’est lâché dans ce livre contre ces pauvres, alcooliques, dilapidant leurs allocations familiales en achetant des écrans plats ou des jeux vidéos…en virant ainsi tout de go sur les territoires obscurs du front national.

L’excès de verbe d’Audrey Pulvar était peut être exagéré, mais les propos de Laurent Wauquiez était insupportables tant sur ses prétendues propositions qui arrivent bien tard que dans ses dérapages sur les ménages les plus pauvres de notre pays.

Si cet échange était un prélude aux futurs débats de la présidentielle, nous sommes bien à plaindre et du coup la République prend le risque sévère de voir grossir les rangs, déjà forts pourvus, des abstentionnistes

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 14:06

Un jour nouveau…je me lève un peu plus pâteux que d’habitude, la tête lourde et migraineuse. Je tourne en rond comme un animal sauvage dans sa cage. Mon appartement n’est pas bien grand, mais j’ai toujours le loisir de « souffler » un peu » sur la terrasse.

Je repense à la lettre de Katrine, du fond de son Ecosse, elle trouve encore la ressource de penser à moi, après tout ce temps. Elle me raconte son quotidien, si différent du mien, si urbain. Elle a fait le choix de la nature et des grands espaces, elle s’est organisée en conséquence en s’assurant le maximum d’autonomie énergétique et alimentaire.

C’est la raison pour laquelle elle a choisi le nord de l’Ecosse : les monts Grampians, ou bien comme elle aime à le rappeler « Am Monah » en gaélique écossais. Elle vit à proximité et sous la protection du mont Ben Nevis , point culminant à 1344 m des îles Britanniques., à Aberfeldy, sur les bords du Tay, le plus long fleuve d’Ecosse.

Elle est au cœur d’une réserve désormais protégée, faunes et fleurs y prospèrent. Les hivers y sont rudes. La dernière fois que nous nous sommes vus remonte à 10 ans déjà. J’avais fait le voyage, c’était encore possible. Depuis l’accès à cette partie du royaume Uni a été interdit. Le parlement écossais d’Edinburgh a proclamé unilatéralement son indépendance et les tensions se sont accrues avec Londres.

Katrine, je la revois dans sa ferme avec ses moutons, ses poules et ses lapins, son potager bien ordonnancé, et la marre où flottent de fiers canards. Je ne suis pas resté, malgré son insistance. J’ai l’impression de l’avoir abandonné. Mais je ne pouvais me faire à ce style de vie rude et campagnard. Je suis un citadin jusque dans l’âme. Je suis reparti pour Paris et je vois encore sa frêle silhouette en haut du chemin, et sa main agitant un mouchoir blanc en signe d’adieu.

Il reste encore le courrier. Il tient à garder ce lien ténu entre nous. Je parcoure la lettre, une tasse de café à la main, elle y écrit avec des mots simples son quotidien.

Je sens comme une boule à l’estomac. Peut être de mauvais rêves, enfuis au petit jour ?

Je termine mon café et range soigneusement la lettre de Katrine dans le petit secrétaire et je me mets à mon bureau.

 

Alors que je travaille à la mise en ordre du dernier fichier que je dois remettre à Manfraid l'alerte sonne sur mon écran, qui s'allume instantanément en se connectant sur Euronews.

La nouvelle fait froid dans le dos. Le conflit moyen oriental a pris une tournure dramatique, les Israéliens ont tiré leur première bombe atomique sur la Syrie provoquant une consternation totale à l'ONU et la confusion la plus extraordinaire parmi les diplomates.

Le commentateur fait remarquer que même si les manœuvrés du président Sayad Al-Assad pour finaliser le processus nucléaire dans sa base secrète de Homs et son récent rapprochement avec la Syrie aient pu servir de prétexte au haut commandement militaire de Tel Aviv, rien ne peut excuser cette attaque atomique en violation de tous les traités internationaux. Il oublie tout de même au passage qu'Israël n'a jamais voulu signer l'accord de dénucléarisation de Saïgon .

 

Le jeune président syrien en arrivant au pouvoir il y a onze ans avait à la fois rompu avec le style de son père Bachar Al-Assad, mort à 91 ans dans un attentat pour renouer avec le style austère de son grand père. Hafez Al-Assad.

C'est sous l'emprise de sa mère Asmas qui a survécu à l'attentat et malgré les séquelles de l'explosion et son âge 92 ans, qu'il gouverne avec l'appui de l'immuable parti laïc Baas.

Sa mère, fille d'un l'imminent cardiologue a suivi en occident des études d'économie qui n'ont eu aucune suite tant elle s'est investie auprès de son mari dès sa prise de pouvoir. Contrebalançant dans les premières années l'influence d'un régime calcifié sur le clientélisme et le tribalisme pour l'ouvrir à l'occident, elle s'est rapidement ralliée à un pouvoir fort et autocratique tel que Bachar l'a souhaité, rentrant même et encourageant l'étrange personnalité quasi schizophrènique de son époux.

 

C'est donc un pays en proie depuis 1963, date de son indépendance, à l'étau tyrannique de trois hommes, qui s'est jeté à la suite de l'Iran dans un processus de guerre totale avec les puissances occidentales à travers l'Etat d' Israël. Après des décennies d'attaques verbales, de tentative de redonner à l'un comme à l'autre sa place dans le concert des nations (on se souvient de l'invitation faite par le président français Nicolas Sarkozy à Bachar Al Assad de participer au défilé du 14 juillet 2008 à l'occasion du projet avorté d'union pour la Méditerranée), que les israéliens sont passés à l'acte.

 

Les images du champignon nucléaire sur la ville de Homs pourtant à la frontière du Liban passent en boucle sur Euronews avec toujours les mêmes commentaires et surtout les mêmes inquiétudes : que va faire l'Iran? Quelle va être l'attitude de Rayan Derks Président des USA? Quelles sont les conséquences pour la région en termes de retombées radioactives? Tel Aviv tente de rassurer les uns et les autres en précisant qu'il s'agit d'une arme atomique de dernière génération, donc à portée très limitée même si ses effets sont foudroyants. Pour autant les experts estiment le nombre d'habitants de la ville d'Homs à 300 000 dont probablement aucun n'auront survécu à l'attaque nucléaire et c'est sans compter avec les effets, malgré les dénégations israéliennes, sur les populations avoisinantes et particulièrement du Nord Liban.

 

Manfraid m'attend, je ne peux donc pas m'éterniser devant les actualités quelle qu'en soit la gravité. J'achève le transfert des données sur mon Disk. J'éteins l'écran et je règle la sécurité de l'appartement en position optimum. Un dernier regard à la terrasse pleine de fleurs et d’aromates parfumés,j'enfile un vieux pardessus et glisse le précieux Disk dans ma poche droite, car comme pour accentuer le particularisme de cette journée, il pleut sur Paris.

 

Cela doit bien remonter à une année qu'il n'a pas plu sur Paris. C’est un arôme humide et brumeux qui flotte dans l’air de Paris. En troublant la vision, cette vapeur d’eau me fait éprouver un sentiment de nostalgie, comme si le vieux Paris avait fini par survivre…

Et c'est sur des pavés mouillés et glissants que je prends la direction de la Fontaine Saint Michel où Manfraid m'a donné rendez-vous. Le quartier comme à son accoutumée est particulièrement calme, je ne croise pour ainsi dire personne dans les ruelles, jusqu'au moment où je déboule sur la place Saint Michel, là ce sont plusieurs centaines de personnes qui se sont massés au milieu de la chaussée et l'on voit la foule grossir au fur et à mesure de l'arrivée de gens en provenance du quartier de la Sorbonne et de l'autre coté de la Seine du Châtelet et des Halles. Curieusement aucun FlexAgent à l'horizon. Visiblement la foule est à l'écoute des informations en continues dans un silence impressionnant. Il se passe quelque chose de grave.

Pour autant cela ne va pas faciliter mon rendez-vous avec Manfraid, devant la fontaine a-t-il dit, mais justement c'est tout autour de la fontaine que l'essentiel des gens se sont massés, comme pour y prendre appui, en recherchant un réconfort bien dérisoire.

J'entends quelqu'un dire à son voisin :« l'Iran aurait annoncé sont intention de riposter immédiatement sur Tel Aviv et sur le commandement américain au moyen Orient récemment basé sur Malte ».

Curieux ce besoin, poussé par la peur, de descendre dans la rue, l'instinct grégaire sans doute. Alors que jamais dans l'histoire de l'humanité les moyens de communications ont été porté à un tel degré de sophistication , les individus ressentent le besoin primaire de s'attrouper comme au bon vieux temps de la préhistoire et de retrouver un instinct tribal. La mondialisation efficace économiquement n'a pas réussi à supprimer de nos gènes le besoin original de s'agréger en cas de danger.

 

Je suis obligé de jouer des coudes pour me frayer un chemin dans cette foule étrange où tout un chacun équipé de son oreillette ou sur ses lunettes accède à l'information tout en échangeant avec ses voisins. Cela donne un air un peu surnaturel à la scène, pour ne pas dire cinématographique.

Mais je ne dois pas oublier que rien, pas même un désastre international, ne saurait remettre en cause nos projets et il faut que je retrouve Manfraid et qu'il soit en mesure d'exploiter le fichier que je vais lui remettre. C’est le travail de plusieurs années qui pourrait être remis en cause.

 

En fin je l'aperçois... un geste de la main, encore un effort et je me rapproche.

 

- « Alors Yann, t'as vu l'info? »

- « Oui, pas terrible....j'ai ... j'ai le fichier »

- « Super, t'as réussi à extraire les données et à les mettre en clair? »

 

Un mouvement de la foule nous déplace un peu brusquement nous éloignant l'un de l'autre. Je bataille un peu, j'ai toujours le disk dans la poche droite de mon imperméable.

Je pense aux 4 000 nouveaux correspondants sécurisés que nous allons ajouter à notre propre Rézo que seul Manfraid peut intégrer du fait de son accès au centralnet et sa connaissance des réseaux et des satellites.

 

- « Manfraid! »

 

J'essaye de l'attirer vers moi, mais la cohue est vraiment soudaine et violente. D'un seul coup je réussis à accrocher son veston et à le plaquer sur moi. De le sentir comme cela contre moi, ce grand échalas avec ses yeux gris noyé de brume me trouble, je n'aimerai pas qu'il se rende compte de ce trouble. J'essaye en douceur de m'extraire un peu de cette soudaine intimité.

Ce n’est pas grand-chose, mais nous pouvons ainsi affirmer une possibilité de résistance dans un monde devenu autoritaire, fliqué à l’extrême. Il ne s’agit en aucune manière de la « Grande révolution » dont nos aînés ont rêvée, juste un petit lien solidaire qui persiste dans la tempête sécuritaire.

Tout à coup, un cri surgit de la foule, je n’ai pas mon équipement de lunette et d’oreillette, mais il devient tout à coup évident de comprendre que le processus de l’horreur est désormais en marche.

Je comprends à demi-mot que la riposte nucléaire de l’Iran vient d’avoir partiellement lieu sur le territoire d’Israël. Je me demande si ce n’est pas les portes de l’enfer qui viennent tout soudainement de s’ouvrir et je ne peux pas m’empêcher de frissonner sous cette pluie un peu gluante qui continue de tomber lentement sur Paris, enrobant la ville d’un halo crépusculaire.

 

Manfraid et moi échangeons un regard complice, le Rèzo va se révéler d’une utilité hors pairs dans les jours et les semaines à venir.

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Published by Jean pelletier - dans Littérature
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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