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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 14:57

imagesCANIS19I.jpgEn tout ca si elle est suspendue, elle l'est au bénéfice exclusif de Sarkozy qui ne se prive pas de faire le Président à tout bout de champ. Le débat sur la récupération est faussé, puisque celle-ci se déroule au plus haut niveau de l’état en toute impunité. Les circonstances font que le candidat Sarkozy, sautant sur l’aubaine, a quitté les habits du candidat (un peu étriqués) pour endosser en toute impunité l’habit prestigieux et solennel du Président de la république. A lui les caméras et les micros, les minutes de silences, les cérémonies religieuse, les enterrements, il est partout, omniprésent. Et la campagne serait suspendue ?

 

Mais de qui parle-t-on sans cesse? Du candidat de l’UMP à l’élection présidentielle ? Non, mais en transparence nécessairement oui. La campagne est peut être suspendue, mais elle est devenu à 30 jours du premier tour complètement illisible. La récupération est partout, selon le point de vue de chacun, quelque soit le positionnement et les propos, il y a récupération. Le président lui ne récupère pas, parait-il puisqu’il préside !

 

Cet attentat en pleine campagne pose un sérieux problème, sommes nous en situation de voter "libre de toute entrave?". Alors que la campagne était déjà sérieusement «entravée » du fait que le président sortant n’avait toujours pas présenté un programme et son chiffrage. C’est triste à dire, mais le drame de Montauban et de Toulouse l’autorise à continuer d’avancer masqué.

 

Comment faire pour sortir de cet étau ? Il n’y a rien à attendre du candidat de l’UMP qui s’est juré de faire feux de tout bois pour conserver son siège à l’Elysée. Est-ce la peur des affaires et de perdre son immunité présidentielle comme l’affirme Ségolène Royale, je ne sais pas. Par contre je suis sûr que c’est l’orgueil, l’immensité de son orgueil qui le pousse et le motive.

 

La chape de la peur est tombée sur nous, elle est de plomb et pèsera lourd sur les consciences. C’est tout un peuple qui s’embarque pour une séquence obscure, bardée de mauvais sentiments, c’est la lente montée de tout un inconscient où le pire est à attendre.

 

Et dire qu’il a déjà fallu des décennies, plus d’un siècle déjà, pour faire de Victor Hugo à Léon Blum en passant par Jean Jaurès, que la conscience collective se nourrisse un peu plus d’idéal social, d’égalité et de justice, et que s’éteignent peu à peu les feux de la haine, du racisme et l’antisémitisme, vieux démons de notre vieux pays !

 

imagesCARF16VO.jpgA l’aube de ce millénaire naissant, dans une vaste Europe en proie aux tourmentes, ces scrutins du 22 avril et du 6 mai revêtent un enjeu essentiel, déterminant pour notre avenir collectif. Une ré-élection de Nicolas Sarkozy déclencherait une séquence brutale… éloignée de toute unité nationale, l’égoïsme l’emporterait à tous les niveaux sur la solidarité, l’avenir serait injurié par un présent de court terme, les équilibres de notre société perdraient leurs fondamentaux : laïcité, égalité, justice, respect, humanité, progrès, espoir.

 

Seul un sursaut des consciences nous permettrait d’échapper à cette sorte de « finitude »  à laquelle le sarkozysme nous mènerait inexorablement par cynisme et matérialisme outrancier. Les consciences seront-elles assez nombreuses au rendez-vous, nul ne le sait encore.

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 11:58

arresttaion-tueur-de-toulouse.jpgPlusieurs campagnes électorales ont été impactées par des attentats. Revue de détail :

-          1980, l’attentat de la rue Copernic.

C’est une bombe qui fera 4 morts et une quarantaine de blessés aux abords d’une synagogue le 4 octobre 1980. Ce crime sera revendiqué par une organisation d’extrême droite Les Faisceaux nationalistes révolutionnaires. Nous sommes à 6 mois du 1er tour de l’élection présidentielle qui verra l’accession de François Mitterrand à la présidence de la république. La droite au pouvoir se révélera particulièrement maladroite avec le premier ministre Raymond Barre qui déclarera : « Un attentat qui voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue » L’émotion est immense, tant ces propos irresponsables heurtent la conscience de nombreux français.

 

-          1988, la grotte d’Ouvéa.

Nous sommes le 22 avril 1988 à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle. La gendarmerie de Fayaoué est attaquée par des indépendantistes Kanaks. Quatre gendarmes seront tués et seize autres pris en otages. Jacques Chirac, premier ministre, avec l’accord de François Mitterrand président de la république ordonne l’assaut de la grotte le 5 mai 1998, c’est une boucherie 19 kanaks et deux militaires sont tués. Trois jours plus tard, le 8 mai 1988, Jacques Chirac, candidat est défait à l’élection présidentielle.

 

-          2002, deux affaires majeures.

La tuerie de Nanterre.

L’événement se produit à trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle qui oppose Jacques Chirac, président en exercice et Lionel Jospin, premier ministre. Richard Durn tire à l’occasion d’un conseil municipal dans la nuit du 26 au 27 mars 2002 : huit élus sont tués et dix neuf autres blessés. Immédiatement Jacques Chirac tirera profit de cet attentat en imputant la responsabilité du gouvernement de Lionel Jospin, impuissant à lutter contre la violence et l’insécurité.

L’affaire Paul Voise.

Ce n’est pas fini, trois jours avant le premier tour un retraité de 72 ans, Paul Voise est agressé à son domicile, sa maison incendiée. L’apparition du vieil homme, le visage tuméfié, à la télévision bouleverse la France entière. Les médias se déchainent, la droite aussi, l’affaire est énorme à la veille du scrutin qui verra Lionel Jospin éliminé du second tour au profit du Front national.

 

imagesCA87LRJ1.jpgAujourd’hui les attentats de Montauban et Toulouse impactent fortement la campagne présidentielle, au point que les deux principaux candidats décident de suspendre leur campagne électorale, fait sans précédent dans une élection.

Ce serait une hypocrisie sans nom de ne pas admettre qu’un tel fait favorise le président sortant qui s’est fait tout au long de la campagne le chantre de la lutte contre l’insécurité, l’immigration et toutes violences. Inutile de penser que la campagne, nous sommes à 30 jours du premier tour, va pouvoir reprendre un tour normal.

 

Les événements sont encore en cours, le tueur a été identifié, le raid cerne son domicile, on attend d’une heure à l’autre l’arrivée de Nicolas Sarkozy à Toulouse et Claude Guéant, ministre de l’intérieur coordonne en personne l’action des forces de l’ordre.

 

Cette action éclair, qui a permis de mettre fin aux tueries de ce jeune homme de 24 ans qui se réclame d’Al-Qaeda installe l’UMP dans une position confortable. Par ailleurs le fait que le tueur ait d’ors et déjà indiqué aux forces de l’ordre les motivations politiques de son geste, à savoir sanctionner l’intervention militaire en Afghanistan par le meurtre de trois jeunes militaires français, et protester contre la mort de jeunes palestiniens en tuant des enfants juifs dans une école de Toulouse, ne sera pas sans conséquences dans l’esprit des électrices et des électeurs.

 

Que peut faire François Hollande et les autres candidats de gauche pour contrer l’offensive sécuritaire qui ne va pas manquer de se lever ? Difficile de répondre à cette question tant le terrain est particulièrement glissant. Toute attaque à l’égard de Nicolas Sarkozy sera entendue comme une atteinte au Chef de l’état…, oui le candidat Nicolas Sarkozy dispose désormais du formidable bouclier qu’est la fonction de Président de la république en période de crise.

 

Attendons-nous à une campagne qui va s’étouffer sur elle-même au grand bonheur du président sortant. Sans faire de pronostic définitif, cette étrange campagne marquée depuis le mois de novembre par des sondages donnant systématiquement gagnant le candidat socialiste, pourrait inverser la tendance. A cet égard les prochains sondages vont être déterminants.

 

La gauche toute entière devrait bien réfléchir aux conséquences de cette situation. Sa responsabilité est désormais immense, une réélection de Nicolas Sarkozy déboucherait sur un démantèlement massif des services publics, de l’action sociale dans son ensemble de l’état et l’anéantissement de voir l’Europe évoluer dans un sens plus solidaire et communautaire. Elle s’honorerait par une discipline de respect mutuel et une certaine coordination des actions des uns et des autres. Seule cette unité et cette solidarité  peuvent donner encore un espoir au peuple de gauche de voir l’un des siens à la Présidence de la république. Stop à la surenchère à gauche, stop au mépris et unité d’action devraient être les mots d’ordre communs à tous.

 

Déclaration de François Hollande avant son départ pour Montauban

link

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 15:28

696419_nicolas-sarkozy-a-bagneres-de-luchon-le-14--copie-1.jpgVoilà en quels termes Nicolas Sarkozy s’est exprimé ce mardi matin devant quelques dizaines d’élèves du collège francois Couperin à Paris :

 

Ça s'est passé à Toulouse, dans une école confessionnelle, avec des enfants de familles juives, mais ça aurait pu se passer ici. Il aurait pu y avoir le même assassin, ces enfants sont exactement comme vous» et d’ajouter «Ces enfants avaient 3 ans, 6 ans et 8 ans, et l'assassin s'est acharné sur une petite fille, il faut réfléchir à ça».

 

Notre chef d’état n’a pas de diplôme de psychologue scolaire, c’est vrai et par ailleurs sa politique de suppression de poste a conduit à réduire drastiquement les postes de psychologues dans les établissements scolaires. Mais avec un peu de jugeote et de bon sens il aurait du éviter d’employer ces mots là, ces images là. L’insistance sur la petite fille et l’acharnement sont des propos que l’on peut tenir entre adultes et encore.

 

Nous sommes dans un contexte d’attentat, il aurait été plus utile de parler positivement aux enfants (et aux adultes aussi) sur la nécessité de faire barrage à tout acte et tout propos raciste et antisémite. Il aurait été juste d’associer à cet hommage les trois militaires assassinés, deux d’origine maghrébines et un des Antilles, ce qui n’est pas un hasard et participe de la démarche idéologique de l’assassin. Il aurait pu rappeler qu’il ya des mots qui tuent.

 

Il n’en a rien été, et dans ce contexte de suspension provisoire de la campagne électorale, il aurait pourtant bien été utile de faire de la politique au bon sens du terme. Non c’est le registre de la peur et de l’insécurité qui a été cultivé au nom d’une prétendue bonne conscience.

Une fois de plus, et j’en suis désolé, le président sortant a joué sa partition préférée celle de la « partition » de la population et de la peur.

 

Nous aurions tant aimé entendre une grande leçon de républicanisme et de civilité (à défaut on nous avait servi précédemment un discours sur les civilisations) à la hauteur des responsabilités premières qui sont celles de tout chef d’état : élever le propos, rassembler, et faire entendre la voix de la raison et du progrès comme barrage essentiel à la barbarie.

 

Nous sommes bien loin du compte !

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 12:44

imagesCALPCEED.jpgUn homme, non identifié, à scooter, a ouvert le feu à l’entrée du collège juif Ozar Hatora à Toulouse, à l’heure où les collégiens accompagnés de leurs parents se rendaient à leurs cours. Le bilan est de quatre morts, un adulte et trois enfants. Les victimes sont un professeur de 30 ans, ses enfants de 6 et 3 ans, et un autre enfant de 10 ans.

 

Pour l’heure il semble que cet attentat présente des similitudes avec les meurtres de parachutistes à Toulouse et Montauban. C’est, du moins, ce qu’a affirmé ce matin le procureur de la République de Toulouse.

 

Le secrétaire général du Crif Midi-Pyrénées (Conseil représentatif des institutions juives de France) a déclaré : «  ce n’est pas une fusillade, c’est un massacre ; On a tiré sur des jeunes qui allaient au lycée pour préparer le bac. ».

 

L’émotion est immense à Toulouse, la crainte aussi. Le Président de la république, le ministre de l’Intérieur, François Hollande et le grand Rabbin de France Gilles Bernheim ont décidé de se rendre dans la journée sur les lieux de ce crime immonde pour apporter leur soutien aux familles ainsi cruellement touchées.

 

C’est donc en pleine campagne présidentielle qui survient cet attentat ; on ne sait pas, pour l’heure, quelles étaient les motivations de l’assassin dont on ne fait que présumer qu’il soit le même qui a exécuté de sang froid plusieurs parachutistes à Montauban et à Toulouse.

 

La communauté juive a notre soutien total, elle se témoignera tout au long de la journée.

Cette horreur sans nom est bien le signe que notre société est encore malade, malade du racisme et de l’antisémitisme dans sa barbarie la plus atroce, celle de tirer à bout portant sur des enfants dont le seul crime étaient d’être juifs et de se rendre à leur école.

 

Par le passé, à l’occasion d’attentats aussi terribles, la société civile a manifesté unanimement dans la rue, Président de la république en tête, son rejet, sa condamnation de cette barbarie et son soutien indéfectible à la communauté juive. J’espère que, malgré la période électorale les uns et les autres appelleront à manifester dans toute la France.

 

Enfin, pensons aux familles et à la communauté juive de Toulouse et partageons leur chagrin. Pensons à tous nos amis Toulousains qui vivent désormais la peur au ventre en attendant que ce criminel soit arrêté.

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:39

imagesCAX3RXIR

      La nécessité de créer du BUZZ pousse les médias à créer de toute pièce des informations qui n’en sont pas et donnent un ton à la campagne qui ne recouvre pas la réalité. Du coup les commentaires accentuent cette tendance et multiplient des points de vues tout aussi faux les uns que les autres.

 

Ainsi à la fin de cette semaine qui clôt la liste des candidats admissibles à concourir, trois commentaires dominent tous les débats. Nicolas Sarkozy a repris la main, François Hollande piétine et Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’une dynamique de campagne.

 

Examinons tranquillement chacun de ces points :

 

Nicolas Sarkozy a repris l’initiative, en début de semaine un sondage l’ayant pour la première fois placé en tête du premier tour, sa courbe aurait donc croisé celle de François Hollande, mais la réalité des sondages est la suivante :

 

Résumé des intentions de vote au 1er tour

 

Si on reprend ces 12 sondages depuis le 1er mars, 8 sondages mettent en tête François Hollande, un à égalité 28/28 et deux seulement qui placent N. Sarkozy devant F. Hollande : 27,5/26,5 et 28,5/27. Ensuite on évalue à 1 à 2 points la marge d’erreur. Sur la période N. Sarkozy, dont on veut nous faire croire qu’il reprend la main, est dans une fourchette qui va de 23% à 27,5% et sur la séquence en cause il est à 26/27,5 % !

- La campagne de François Hollande piétine !

 

Sur la même période François Hollande obtient : 30%, 27,5%, 30,5% et 26,5%, Il n’y a pas vraiment de quoi affirmer avec autant de force la domination de Nicolas Sarkozy sur François hollande, d’autant plus que les mêmes sondages au deuxième tour donnent Hollande gagnant dans tous les cas à 54,5/45,5.

 

L’embellie des scores de J.L. Mélenchon

 

De 8% au début du mois il est passé à 11%, ce dernier demandant à être confirmé par les prochains sondages. Il a donc gagné 3 points en 15 jours, de là à en faire un challenger sérieux de François Hollande !

 

Sans accuser les médias d’être à la solde de l’UMP on s’aperçoit que les commentaires ne s’appuyent pas sur une réalité objective. La vérité c’est que depuis le mois de novembre François Hollande est donné gagnant dans tous les cas avec une belle constance contre Nicolas Sarkozy.

Certes quelques belles âmes parlent d’une perte de vitesse, étant donné que ces premiers sondages le donnaient gagnant à 60/40, du coup à 55/45, on en déduit une perte de dynamique.

Mais qui pouvait croire que Hollande allait gagner à 60/40 ? Cela aurait été totalement inédit dans l’histoire de la Vième république. De même on peut difficilement croire qu’il gagnera à 55/45, s’il fait un 53/47 ce sera une magnifique victoire !

Donc pour pigmenter une campagne qui annonce inlassablement la victoire du candidat socialiste, il faut bien créer de toute pièce des rebondissements qui n’existent pas et inventer des renversements de tendance qui n’existent pas et des percées de candidat qui ne représentent pas grand chose.

Le plus étonnant c’est que cette manipulation des médias atteigne les états majors des candidats. Un peu de nerf ! soyez un peu plus scientifiques !

 

 

Ifop R

LH2

Opinion- Way

TNS Sofres

Ifop

CSA

Opinion- Way

Harris

CSA

Ipsos

LH2

BVA

 

13-16 mars

16-17 mars

14-15 mars

12 mars

11-12 mars

12 mars

5-7 mars

1-5 mars

5 mars

2-3 mars

2-3 mars

2-3 mars

N. Arthaud

0,5

0

0,5

0,5

0,5

0,5

0,5

1

0

0,5

1

1

P.Poutou

0,5

1

1

0,5

0

0

0,5

1

0

0,5

1

1

J.L Mélenchon

10,5

11

10

10

10

11

8

9

10

9,5

8,5

8

F. Hollande

26,5

30,5

27,5

30

27

28

29

27

30

29,5

30,5

33

E. Joly

3

2,5

2

3

2,5

1

3

3

2

2

4,5

2

F.Bayrou

13

12,5

13

11,5

13

13

13

13

13

12,5

15

13

C. Lepage

0

 

0,5

0

0,5

0,5

0,5

1

0,5

0,5

0

0

D.de Villepin

1

 

1

1,5

1

1

1,5

1

1,5

1,5

1

2

N. Sarkozy

27,5

27,5

27,5

26

28,5

28

26

25

28

25

23

25

N.Dupont-Aignan

0,5

0,5

1

1

1

1

1

1

0

1

0,5

1

M. Le Pen

17

14,5

16

16

16

16

17

18

15

17,5

15

14

J.Cheminade

0

0

 

0

 

0

 

 

 

 

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:49

C’est ce samedi, au Cirque d’Hivers que les socialistes européens sont venus massivement apporter leur soutien à François Hollande. Il faut dire que son élection le 6 mai 2012 serait un formidablement encouragement pour eux et surtout un coup d’arrêt à une politique européenne marquée du sceau de l’austérité et du conservatisme.

 

La droite a tenté de se gausser des prétendues déconvenues diplomatiques du candidat socialiste. Ils étaient tous là allemands, espagnols, britanniques, italiens, belges, hollandais (les chefs du SPD allemand, Sigmar Gabriel, et du Parti démocrate italien, Pierluigi Bersani.) … pour lui manifester encouragement et soutien.

Cette démonstration de force, une fois de plus, remettait les pendules à l’heure sur plusieurs sujets de la campagne : l’isolement international de François Hollande et l’impossibilité de renégocier le traité européen,

 

François Hollande a réaffirmé au cours de son discours sa volonté de renégocier le traité budgétaire européen tout en traçant ce que serait l’orientation de sa politique européenne.

«On me dira, à la veille d’une élection présidentielle en France : mais comment allez-vous faire si vous êtes élu - car c’est l’objectif ? Vous vous trouverez peut-être seul ? C’est possible, dans un premier temps. Mais je ne suis pas seul….Je ne suis pas seul parce qu’il y a le mouvement progressiste en Europe. Je ne serai pas seul parce qu’il y aura le vote du peuple français qui me donnera mandat. Je ne serai pas seul parce qu’il y aura des alliés, qui ne seront pas tous progressistes».

Ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy bénéficie de l’appui inconditionnel des forces conservatrices en Europe : Angela Merkel, David Cameron et même l’inénarrable Silvio Berlusconi, qui en terme de soutien fait la paire avec Gérard Depardieu, que l’Europe se limite à cette coalition réactionnaire.

François Hollande a mis en avant son idée de « pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance » en opposition au pacte d’austérité de Mme Merkel et du président sortant. C’est une négociation sans faille, et sans menace fallacieuse de quitter la table que promet le candidat socialiste à ses partenaires européens s’il est élu. Afin de donner du contenu à cette promesse il a repris l’idée de « project bond » ; des obligations européennes émises par la banque centrale « non pas pour mutualiser les dettes souveraines, mais pour financer de nouveaux projets de développements. »

Ensuite il a plaidé pour que le mécanisme européen de stabilité soit « davantage lié à la Banque centrale européenne pour pouvoir en cas d’urgence, disposer des liquidités indispensables. » de même il a relancé l’idée d’une agence publique de notation et d’une directive énergétique afin de mieux protéger les ménages européens face à la montée incessante du prix du pétrole.

Pour conclure François Hollande a fait appel à la mémoire de ses deux pères spirituels : François Mitterrand et Jacques Delors pour conclure en ces termes : «Je n’ai jamais considéré l’Europe comme un marché, comme une monnaie, comme une somme de traités, et même comme des institutions. L’Europe est une espérance (…) un continent qui porte l’histoire, qui ne l’impose pas mais qui la fabrique»

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 16:36

Hollande-a-Strasbourg.jpgPour une fois je me permets de publier l’intégralité de ce discours, car il est excellent, il mérite d’être lu, ceci pour appréhender combien les critiques sur François Hollande sont absurdes ; Il a bien un programme et sur la politique de la ville en voilà l’exemple concret et en live (ou du moins presque)

 

Discours de François Hollande sur la politique de la ville Le 16 mars 2012 à Strasbourg

 

Mesdames, Messieurs, je veux d’abord remercier le maire de Strasbourg, Rolland, et le président de la communauté urbaine, Jacques, pour leur invitation – une de plus – ici à Strasbourg et pour ce déplacement au cœur de ce quartier de la Meinau avec les élus de ce secteur. J’ai conscience d’être ici dans un quartier en pleine transformation, qui illustre une politique de la ville, mais qui est essentiellement portée par les collectivités locales et les bailleurs sociaux. Je suis, en effet, obligé de faire le constat que depuis cinq ans, les intentions proclamées en matière de rénovation urbaine et, plus largement, de politique des quartiers n’ont pas été traduites par des volontés publiques suffisamment fortes pour qu’il y ait des engagements à la hauteur des problèmes que rencontre la population de ces quartiers. Je vais illustrer ce constat par quelques faits hélas incontestables.

D’abord, le plan Espoir Banlieues de 2008, qui était présenté comme un « nouveau plan Marshall », a été un échec – un échec de plus. Au point que ce plan est appelé aujourd’hui plan Désespoir Banlieues. Les crédits prévus par les contrats urbains de cohésion sociale entre l’Etat et les villes concernées en faveur des associations – celles qui permettent de créer le lien social dans ces quartiers : hélas, ces crédits ont été gelés quand ils n’ont pas été diminués. Le chômage, qui progresse partout sur notre territoire, est à un niveau dans les quartiers qui est devenu insupportable : double de la moyenne nationale. Et pour les jeunes, il y a des cités où ce taux de chômage atteint 30 à 40 %. L’échec scolaire y est massif. Et, enfin, la Police de proximité a été progressivement démantelée, au point que la sécurité s’est dégradée. Voilà le constat. Il n’est pas plaisant de le faire – par rapport à une population qui attendait beaucoup et par rapport à une jeunesse qui est notre atout. Je suis venu dans le quartier de la Meinau aussi parce qu’au-delà de ce constat, je voulais montrer ce qui réussit. Et notamment ici, vous avez été capables de mener des opérations nouvelles de logement sur la base de ce que j’appelle « la règle des trois tiers », c’est-à-dire ces règles qui permettent la mixité sociale. Sur les 900 logements qui ont été réalisés, un tiers sont des logements locatifs sociaux, un tiers sont des logements en accession sociale à la propriété et un tiers sont des logements intermédiaires en accès libre – c’est-à-dire, finalement, de la propriété privée. Des logements sociaux dans les quartiers, mais aussi des logements en accession à la propriété.

Et si je retourne ce principe, nous devons aussi avoir plus de logements sociaux dans les centres-villes. C’est tout l’enjeu du renouvellement de la loi de solidarité urbaine, la loi SRU, qui n’est pas appliquée correctement. C’est pourquoi j’ai fait la proposition de porter l’obligation pour les communes concernées de 20 à 25 % par rapport à la présence de logements sociaux, et de multiplier par cinq les sanctions pour les communes qui ne se conforment pas à cet objectif. J’ajoute même que lorsqu’il y a une mauvaise volonté de la part des élus concernés, je demanderai au préfet de se substituer au maire pour la délivrance des permis de construire permettant des opérations de logements sociaux. Je ne veux plus qu’il y ait de ghettos dans la France et dans la République ! Ghettos de riches d’un côté, ghettos de pauvres de l’autre. Il n’y a qu’une France, et donc il doit y avoir partout un équilibre entre logements sociaux et logements du marché.

Des quartiers plus ouverts, des quartiers plus divers, des quartiers plus verts : voilà ce que nous avons, ensemble, encore à faire. Je salue ici la présence de deux sénateurs qui m’accompagnent et qui ont contribué à la préparation des engagements que je prends. Il y a Claude Dilain dont – hélas ! –, la notoriété est venue de sa situation de maire de Clichy, ville qui avait été l’objet, vous le savez, de drames et d’émeutes à partir de l’automne 2005. Claude Dilain qui, plusieurs fois, s’est adressé à toutes les autorités de la République en leur disant : « attention, il y a urgence, il y a alarme ! ». Et encore aujourd’hui, j’entends sa voix pour nous mettre en garde. Je salue aussi Thierry Repentin, sénateur de la Savoie, qui est le président des HLM de France – c’est-à-dire des sociétés, des organismes, bref, de tous les bailleurs sociaux. Il sait combien nous avons besoin de plus de logements. De logements sociaux, sûrement. De logements pour les jeunes, assurément. De logements pour les anciens. Mais aussi de toutes les catégories de logements.

Une politique de la ville, c’est une politique du logement, avec des logements sociaux, avec des logements intermédiaires, avec des logements qu’on appelle libres et des logements permettant l’accession à la propriété. L’exigence du logement est un droit fondamental dès lors qu’il se fait aussi à un coût raisonnable. Or depuis hélas plusieurs années, aussi bien les loyers que les prix de l’immobilier flambent. De nombreuses familles sont contraintes, maintenant, d’habiter toujours plus loin. Et d’autres se ruinent en consacrant jusqu’à la moitié de leur revenu aux dépenses de logements. La France de 2012 est une France où l’on a fait croire de manière insolente qu’il était possible de construire des maisons à 100 000 euros et d’autres à 15 euros par jour. Tant de désillusions ont été créées qu’aujourd’hui beaucoup de Français se sacrifient pour leur logement – et combien de fois ai-je entendu que de nombreuses familles sont mal logées, quand d’autres ne sont pas logées du tout ? Il y a donc urgence ! J’encadrerai les loyers.

Parce qu’il est juste que le loyer évolue entre deux locataires comme il évolue lorsqu’un locataire reste dans les lieux. Il ne s’agit pas d’un blocage. Il ne s’agit pas d’une mesure administrative. Il s’agit tout simplement de permettre, lorsqu’il y a un changement de locataire, qu’il n’y ait pas une opération spéculative qui se crée. Car si le loyer de voisinage est à 12 euros du mètre carré et que l’on fixe le loyer à ce niveau-là lors du changement de locataire, il n’y aura pas ce mouvement que nous connaissons d’inflation permanente qui crée l’escalade. C’est ce qui se passe depuis dix ans, et j’y mettrai donc un terme. Mais nous devons aussi construire plus de logements. Ce qui suppose d’avoir un programme de logements sociaux bien plus important qu’aujourd’hui.

D’où la proposition que j’ai faite de doubler le plafond du livret de Caisse d’épargne pour le porter jusqu’à 30 000 euros afin que nous puissions mobiliser des financements – près de 20 milliards – en faveur du logement. Nous voulons aussi maîtriser les coûts. Les prix, ce n’est pas simplement le loyer ou l’achat du bien immobilier, c’est aussi la charge locative qui est liée, hélas, au chauffage.

Nous avons aujourd’hui près de 4 millions de ménages qui vivent dans la précarité énergétique. Et contrairement à bien des idées reçues, ces personnes habitent davantage dans le parc privé que dans le parc social. Je m’engage donc à rénover 600 000 logements anciens par an, afin de réduire la facture énergétique de leurs occupants. Ce sera à la fois moins de coûts pour les locataires, mais ce sera aussi plus d’emplois pour les entreprises du bâtiment. Ces investissements seront financés sur un fonds dédié de la banque publique d’investissement, et également mobilisés à travers l’épargne populaire qui sera renforcée. Ces travaux, ce sont des emplois dans la filière du bâtiment – et notamment pour les jeunes des quartiers populaires.

Je connais bien les banlieues. Depuis plusieurs années, je vais de quartier en quartier. Je mesure les besoins. Je prends la dimension des problèmes qui étreignent des populations fragiles. Ces problèmes sont multiples. Il y a aussi un fait nouveau, qui s’est ajouté à tant d’autres : l’accès aux soins, le coût du soin à travers les dépassements d’honoraires et à travers les franchises médicales. Mais il y a aussi le manque de médecins et de professions de santé dans les quartiers. Ce n’est pas simplement vrai des zones rurales – que je connais bien, aussi. C’est vrai, maintenant, dans les quartiers. Même les pharmacies connaissent des difficultés. Et pourtant, je vous le confirme, on est malade partout – en tout cas, on peut l’être. Dès lors, je m’engage à ce que, d’abord, personne en France ne soit éloigné d’un soin d’urgence de plus de 30 minutes. Deuxièmement, il y aura des pôles de santé regroupant des professionnels – il en existe déjà – qui seront installés, et notamment dans les quartiers populaires.

Je favoriserai dans la formation des médecins, des jeunes médecins, des stages obligatoires dans les quartiers où il y a des déserts médicaux. Mais, au-delà de la santé, il y a l’école, les services publics. Je rétablirai donc la promesse de l’école républicaine dans les quartiers. J’ai voulu que ma campagne soit tournée tout entière vers la jeunesse, et donc vers la jeunesse des quartiers. J’affecterai prioritairement les emplois créés dans l’Education nationale aux écoles situées dans les cités populaires. Il y a le nombre d’enseignants par élève, mais il y a aussi ce qu’ils peuvent et doivent enseigner. C’est toute la qualité de l’apprentissage dès l’école primaire, et du socle commun de connaissances – qui, aujourd’hui, est toujours autour des mêmes principes : lire, écrire, compter et, maintenant, cliquer.

Je rétablirai un fonctionnement plus équitable de la sectorisation scolaire car, comme je veux combattre les ghettos en termes de logements, je veux aussi lutter contre les ghettos scolaires qui se sont, hélas, reconstitués. Je pense aussi aux parents de ces élèves et à certaines familles, notamment monoparentales, où une mère d’origine étrangère n’a pas toujours la bonne connaissance de la langue française. Et même quand nous avons des familles installées depuis longtemps en France, françaises depuis toujours, il y a besoin également d’accompagner les parents. J’ajouterai un autre défi pour nos quartiers.

Ce n’est pas simplement de lutter contre l’échec scolaire, c’est d’atteindre l’excellence scolaire, c’est-à-dire pouvoir réussir, réussir dans les filières professionnelles mais réussir aussi dans les grandes écoles de la République. Tous les lycées de France devront avoir la possibilité d’envoyer leurs meilleurs élèves dans les classes préparatoires pour les grandes écoles. Toutes les classes préparatoires devront accueillir un certain nombre d’élèves venant de tous les lycées de France, pour que les enfants des quartiers puissent eux aussi, lorsqu’ils ont fait tout l’effort nécessaire pour se former, accéder aux grandes écoles de la République.

Mais j’ai bien conscience que l’enjeu principal, c’est l’emploi. Dans tous les quartiers où je me suis rendu, et encore ce matin ici à La Meinau, que m’ont dit les jeunes, que m’ont dit leurs parents ? D’abord l’emploi. Ici comme ailleurs, il y a des talents formidables qui ne demandent qu’à être utilisés. C’est souvent dans les quartiers populaires que la création d’entreprises est la plus dynamique, que l’envie de créer, d’innover, est la plus forte, d’accompagner des jeunes vers l’initiative. Il y a tant, là encore, d’engagements gâchés, d’envies de créer flouées, quand ce n’est pas méprisées ou discriminées, que je voudrais que toutes les compétences de nos quartiers soient valorisées. La création d’entreprises sera donc soutenue, notamment pour les petites entreprises. Là encore, une filiale de la Banque publique d’investissement sera dédiée à l’investissement dans les quartiers et à la création d’entreprises. Les 150 000 emplois d’avenir — ce que l’on appelait autrefois les emplois-jeunes — que je propose seront affectés prioritairement aux jeunes des quartiers populaires. 150 emplois jeunes dans un quartier de 10 000 habitants, cela change la donne pour de nombreuses familles !

Je sais aussi qu’il y a des jeunes qui sortent sans rien du système scolaire, 150 000 chaque année. Pour ces jeunes-là, il sera alloué un capital formation de 20 heures par an cumulables sans limite de temps, ce qui veut dire que ces jeunes-là pourront disposer dès le début de leur vie professionnelle de 800 heures de formation.

 Ils pourront les utiliser tout de suite. Ces heures seront cumulables avec des droits qu’ils pourront se constituer une fois qu’ils seront devenus salariés. Je propose aussi, pour qu’il y ait une incitation forte pour l’embauche des jeunes des quartiers, de faire évoluer les zones franches urbaines afin de permettre la création de ce que j’appelle des « emplois francs », c’est-à-dire des emplois qui correspondent à l’adresse des jeunes et pas simplement à l’adresse des entreprises. Les jeunes des quartiers pourront donc avoir des exonérations de cotisations sociales parce qu’ils sont de ces quartiers. Nous mettrons en place ce dispositif, tout en accompagnant les zones franches. Mais je n’ignore pas non plus que nous devons faire un effort supplémentaire sur les clauses d’insertion. Tout marché public qui sera dédié à un quartier, à une ville, devra correspondre à des clauses d’insertions sans plafond. Ce sera l’objet du mieux-disant. Les collectivités pourront faire leur choix entre les entreprises qui prennent des jeunes des quartiers et celles qui n’en prennent pas. Si je fais un plafond, chacune de ces entreprises s’adaptera.

Je veux que ce soit, finalement, au plus haut, et ce sera un élément de la compétition et de la concurrence pour l’obtention d’un marché public dans une collectivité locale. Je voudrais étendre cette clause d’insertion — et je le ferai — à toutes les commandes de l’Etat. Chaque fois que l’Etat ouvrira un marché public, là encore, il devra y avoir une place pour les entreprises qui se soumettent à cet appel d’offres pour l’insertion de jeunes des quartiers de nos villes. Mais pour accéder à l’emploi, souvent des jeunes n’y parviennent pas faute de transport. Là encore, je lutterai contre l’enclavement. Faciliter l’accès aux transports, cela implique aussi une accessibilité en termes d’équipements — ce qui se fait à Strasbourg est de ce point de vue remarquable — mais aussi une accessibilité tarifaire. Je généraliserai donc la tarification solidaire, qui est d’ailleurs mise en place à Strasbourg, basée sur le quotient familial de l’usager, pour toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants.

Enfin, il y a la sécurité. C’est un droit fondamental. Ce sont les plus fragiles qui sont les premières victimes des violences, des trafics, les plus jeunes parce qu’ils sont l’objet de toutes les sollicitations, les plus anciens parce qu’ils sont les plus vulnérables. Je remettrai de la Police de proximité dans les quartiers. Les effectifs de Police seront mieux répartis, et les policiers mieux formés encore aux spécificités de leur mission dans ces territoires où l’intervention de la Police doit être à chaque fois exemplaire. Je veux terminer par ma conception de la politique de la ville et de l’action pour nos quartiers. La République est une et indivisible — on l’oublie parfois. Je vois fleurir tant de zones, ZRU, ZEP, ZUS, ZRR, ZFU… L’Etat multiplie les appellations pour en définitive dissimuler la faiblesse de ses interventions. Loin d’intégrer, ces formules sont en fait discriminatoires. C’est pour cela qu’il sera mis fin au zonage.

Chacun a les droits que la République lui reconnaît. Et ceux et celles qui vivent dans les territoires qui sont les plus défavorisés auront une politique qui sera amplifiée en leur direction. Plus personne ne s’y reconnaît, dans les zones ! La zone d’éducation prioritaire ne recouvre plus la zone urbaine sensible ; les zones urbaines sensibles (750) comptent en leur sein des zones franches urbaines et des zones de dynamisation urbaine, et puis des ZUP ! Mais d’où on est ? On est de France, on est de République, on n’est pas d’une zone !

Toutes les politiques publiques — politique du logement, politique de l’emploi, politique de l’éducation, politique sociale, politique de sécurité -, toutes ces politiques seront amplifiées, démultipliées dans les quartiers de nos villes. J’associerai dans un même contrat de ville les actions en faveur des habitants et les politiques en faveur du cadre de vie. Il faut parler plus simple. Les contrats-villes que nous proposerons aux maires des communes concernées associeront l’humain et l’urbain.

On ne peut pas dissocier l’humain de l’urbain.

On ne peut pas rénover, réhabiliter des immeubles si l’on n’y met pas aussi de l’emploi, de l’animation, de la vie associative. Voilà le sens de ce que je veux proposer.

 

 Trois principes fonderont notre politique :

• principe d’égalité, parce que chacun doit avoir les mêmes conditions pour réussir sa vie ;

• principe de cohérence, parce que les crédits devront être programmés dans le temps, et leur attribution respectée ;

• principe, aussi, de concertation. Nous aurons à prévoir un nouveau programme de rénovation urbaine.

 

Aujourd’hui, il n’y a plus un seul crédit venant de l’Etat. Pour terminer le programme de rénovation urbaine PNRU n°1, il a été demandé aux bailleurs sociaux et aux collectivités locales, en fait, de faire le substitut au désengagement de l’Etat. Pire même, la trésorerie des bailleurs sociaux a été captée pour permettre aux opérations d’être achevées. Dans le programme de rénovation urbaine n°2 que nous aurons à engager au lendemain de l’élection présidentielle, nous aurons d’abord l’obligation d’y intégrer les copropriétés, et pas simplement les logements sociaux. Ensuite, il nous faudra trouver de nouveaux modes de financement.

Bien sûr, les collectivités, les bailleurs sociaux continueront d’intervenir. Mais l’Etat devra prendre aussi sa responsabilité. Ce financement passera par un élargissement de la taxe sur les logements vacants et par une taxe sur la cession des terrains à bâtir. La spéculation immobilière financera donc la rénovation des quartiers populaires. Voilà ce qu’est aussi une politique de redistribution.

Pour mener à bien cette nouvelle politique qui se retrouvera dans un pacte national pour l’égalité territoriale, je créerai, si les Français m’en donnent mandat, au lendemain de l’élection présidentielle, lorsque je formerai le gouvernement de la République, un ministère de l’Egalité territoriale.

Ce ministère devra mettre en œuvre cette politique autour de la rénovation urbaine, autour de la cohésion territoriale et autour de ce plan n°2 de la rénovation de nos villes. Je porte une vision de la France qui est fondée sur l’égalité et la dignité humaine, qui ne distingue pas entre les Français.

Tous sont des citoyens à part entière, et non des citoyens entièrement à part. Voilà la volonté que je veux porter.

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 12:53

flyer_OlivierBernard_ok.jpgLe Département Arts-Musique (UFR LAM) inaugure cette année des entretiens publics de personnalités des arts et de la culture sur le site de l'Université Évry Val d’Essonne. Animé par les étudiants du master 2, le second « Grand Entretien » se déroulera le 20 mars 2012 à 18 heures dans l’amphi 150, bâtiment Maupertuis.

 

Après la venue de Michel Rostain, nous aurons le privilège, pour ce deuxième Grand Entretien, d’accueillir Olivier Bernard, directeur du Fonds d’action de la SACEM. Ce rendez-vous sera l'occasion de comprendre et d'appréhender les enjeux des sociétés de répartition des droits, ainsi que la politique de mécénat et les actions de cette association.

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Published by Jean Pelletier - dans Ecole & universités
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 15:03

imagesCAOMXTL1.jpgVoilà un sondage intéressant qui permet de mieux mesurer l’impact du « grand »meeting de Villepinte où l’UMP n’a pas hésité a faire usage d’une avalanche de moyens pour tenter de reprendre la main sur une  campagne qui peu à peu échappe à leur candidat.

Le coût exact n’est pas connu, l’UMP est plutôt avare d’informations à ce sujet. Le chiffre de 3 millions d’euros circule. Il faut se rappeler qu’il ya cinq ans le meeting de la porte de Versailles de janvier 2007 avait coûté 3,6 millions d’euros, ce qui donne tout de même un ordre de grandeur. Alors qu’ils étaient 80 000 personnes porte de Versailles pour soutenir Nicolas Sarkozy, ils étaient dimanche dernier, à Villepinte, entre 40 000 et  70 000 militants selon les sources.

Quel a été l’impact de ce grand et onéreux rassemblement ?

Près des deux tiers (65%) des Français n'ont pas trouvé le président sortant convaincant lors du meeting de Villepinte et ils sont 64% à dire que ce rendez-vous n'a pas changé leur opinion sur le candidat UMP, selon un sondage BVA-Orange-Presse régionale-RTL.

Dans cette enquête publiée mercredi, les sondés sont 35% à avoir trouvé M. Sarkozy "pas du tout convaincant" et 30% "pas vraiment convaincant" lors de cette grande réunion publique dimanche en Seine-Saint-Denis. Ils sont 11% à l'avoir jugé "tout à fait convaincant" et 21% "plutôt convaincant".

Par ailleurs, si 86% des Français ont regardé (7% en entier, 12% en partie), vu, lu ou entendu parler (67%) du meeting, ils sont aussi près de deux tiers (64%) à assurer que cette séquence "n'a pas changé" l'image qu'ils ont du président sortant.

Parmi ceux pour qui l'image de Nicolas Sarkozy a évolué, 20% disent qu'elle s'est améliorée, 14% qu'elle s'est dégradée.

Plus d'un Français sur deux trouvent la campagne de M. Sarkozy "trop à droite" (55%, même taux qu'en février après un meeting à Marseille). 34% la jugent "juste comme il faut" et 7% "pas assez à droite".

BVA a abordé les enjeux du vote. La première préoccupation des personnes interrogées est le pouvoir d'achat: elles sont 19% à citer ce thème en premier, devant le chômage (15%), la dette publique (14%), la croissance économique (13%), la pauvreté et la précarité (11%). L'Europe et l'environnement ne sont cités en premier, respectivement que par 2% et 1%.

(Sondage réalisé les 12 et 13 mars auprès d'un échantillon de 1090 personnes recrutées par téléphone et interrogées par internet, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.)

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 17:30

Bernard CAZENEUVE, Porte-parole de François Hollande

 

« Dans la Grèce antique, le cynique Diogène sortait de temps à autre de son tonneau, où il vivait tel un chien, pour dénoncer l'absurdité du monde des humains ».

Aujourd'hui, le candidat Sarkozy est sorti de son palais pour dire l'absurdité du monde légué par le quinquennat du président Sarkozy. Il s'est parfois montré tellement critique à l'égard de lui-même, de son bilan, qu'il donnait le sentiment de s'être autoproclamé, comme le leader de sa propre opposition. Dans l'art du cynisme, il a donné le meilleur de lui-même!

D'abord, Nicolas Sarkozy a découvert que les Français ne supportent plus les injustices! Belle lucidité ! Comme son quinquennat a contribué à les aggraver toutes, il y a fort à parier que les Français ne tarderont pas à faire savoir à Nicolas Sarkozy qu'ils ne supportent plus sa politique !

Quant à ses nouvelles ambitions pour l'Europe, il se propose de renégocier les accords de Shengen, qui sont depuis très longtemps en vigueur, mais nous explique qu'il n'est pas possible de compléter un traité non encore ratifié, pour sortir l'Europe de la récession et ne pas condamner ses peuples à l'austérité à perpétuité. Cynisme à l'état pur que cette démarche qui consiste à considérer comme possible pour ses propres intérêts, ce qui semble impossible pour l'intérêt des peuples d'Europe!

Enfin sur les banlieues, accuser les autres de ce dont on est soi-même coupable, par delà la défausse et l'outrance, traduit une curieuse conception du courage politique : qui a diminué drastiquement les crédits alloués au logement dans les quartiers sensibles, qui a diminué les moyens des forces de sécurité, des maisons de l'emploi et de la formation, des zones d'éducation prioritaire ? Le gouvernement de Nicolas Sarkozy qui n' a cessé d'affaiblir les services publics et de reléguer ainsi des quartiers !

Le cynisme aura caractérisé la rencontre de Villepinte ! Le grand moment de spectacle vivant, avec ses effets spéciaux, ses sons et ses lumières, n'aura pas réussi à masquer l'essoufflement  d'une langue morte dont le charme n'opère plus. Car le cynisme a rencontré cette fois ci une limite irrépressible: la lucidité des Français!"

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  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
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  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook  et mon compte twitter
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Bonne lecture.
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques. Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook et mon compte twitter https://www.facebook.com/jean.pelletier 77https://twitter.com/jmpelletier Bonne lecture.

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