Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:57

maroc-pintuer.jpgIl existe des artistes peintres au Maroc, c’est un fait, même s’il n’est que très peu connu. Cette production a ses forces et ses faiblesses, parfois englué dans les problématiques de l’art contemporain certains d’entre eux se sont égarés dans un conceptualisme poussé à l’extrême. Mais la peinture marocaine a trouvé sa propre voie en dehors de toutes références ou lien avec Paris ou même New York les deux Babels de références. Il est légitime aujourd’hui de parler de peinture marocaine.

 

Les références.

Il est difficile de faire un choix parmi tous les artistes marocains. Comme tout choix, il peut être  arbitraire. Mais quatre noms viennent spontanément à l’esprit. Ahmed Cherkaoui (1934-1967) qui fait l’unanimité, il est celui qui a initié la peinture moderne au Maroc et a fait école. Jilali Gharbaoui (1930- 1971) de la même manière à introduit l’idée de la peinture non figurative en lui donnant ses lettres de noblesses. Mohammed Melehi, né à Asilah en 1936, qui apprend très vite la culture occidentale et mixe celle-ci avec la tradition marocaine pour produire son propre style : sobriété et dépouillement. Mohamed Chabâa, né en 1935 à Tanger, il étudie entre autre à Rome, ses œuvres ont été vendues dans le monde entier. Son influence est particulièrement visible dans son engagement pour la revue « Souffles ».

 

Les deux figures tutélaires d’aujourd’hui.

Ils sont deux plasticiens aujourd’hui à faire référence dans le monde de la peinture marocaine, l’un vit à Marrakech l’autre à Essaouira au cœur de l’histoire et de la tradition orientale. Le premier Farid Belkahia, né le 15 novembre à Marrakech, il y vit et y travaille. Son œuvre est le fanion que suivent un grand nombre de jeunes artistes, il est au cœur même des références en matière des arts plastiques dans tout le Maghreb. Le second Houssein Miloudi dit « le maitre de la Skala d’Essaouira » a étudié entre autre à l’Ecole nationale Supérieure des Beaux arts de Paris, il pratique la peinture mais s’intéresse aussi  à l’architecture D’Essaouira où il travaille, il est à l’initiative de nombreuses rencontres d’artistes. Son style qui puise ses racines dans l’histoire de la calligraphie invente une écriture nouvelle à base de papiers collés où surnagent des figures étranges.

On peut encore citer Abedkébir Rabi, né en 1944. Il se forme pour devenir enseignant, puis obtient une bourse d’étude à Paris. Son art abstrait retient l’attention des critiques. Mais aussi Mohamed Kacimi, peintre et poète, qui exerce une grande influence sur ses contemporains, il est à l’origine  d’un courant de jeunes artistes plasticiens.

Partager cet article

Repost 0
19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 13:50

 

degas.jpgEdgar Degas, Hilaire Germain Edgar de Gas de son vrai nom a fait sa place dans le monde des arts en laissant une œuvre éclectique (peintures, gravures, sculptures, photos). Il s’essaye à tous les genres, compagnons de route des impressionnistes, au nom de la liberté, il préfère travailler sur la mémoire, les formes, le mouvement et la vie.  De toutes ses tentatives, l’histoire de l’art retient plus aisément « ses danseuses ». Né le 18 juillet1834 il disparait le 27 septembre 1917.

 

L’œuvre.

Destiné à des études de droits, il abandonne très vite la faculté avec la bénédiction familiale pour se consacrer à la peinture, il voyagera en Italie en 1859 (Florence, Naples, Rome) pour mieux se former et s‘imprégner de l’art italien. Originaire d’une riche famille de banquier, il aura toute la liberté matérielle de se consacrer à son art. Il fréquente le gotha des impressionnistes : Monet, Cézanne, Renoir, Sisley, Pissarro. Pour autant il crée un style « Degas » en innovant dans l’art de peindre. Des portraits, il en souligne le moindre détail, il compose ainsi de vaste portrait de famille (« La famille Belleli »). Il se lance dans une peinture d’inspiration historique, puis une peinture de genre. Il admire et aime saisir les instants en mouvement, des chevaux de course, il passe très vite à l’opéra et la danse qui marquera son œuvre. Sa principale caractéristique : il ne peindra aucun paysage, seules les figures et leur mouvement retiennent son attention.

 

Degas et ses danseuses.

Il créera sa première œuvre dédiée à sa nouvelle passion en 1872 : «le Foyer de la Danse». Il réalisera toute une série de tableaux consacrés aux ballets, à la danse et aux danseuses. En 1881, Degas réalisant déjà de nombreuses sculptures, sculpte dans la cire sa célèbre «Jeune Danseuse de quatorze ans». Déjà expérimenté dans son art visuel de saisir les mouvements en les mettant en perspective, il va trouver dans la danse une source d’inspiration majeure. Outre la fantaisie que lui offre ce milieu,, il voit un champ d’étude conforme à sa conception de la peinture : mouvement, composition d’ensemble, rythme. Il s’intéresse à tout : les séances d’exercice, les répétitions, l’ambiance des coulisses, les spectacles.

Les danseuses font l’objet de son admiration qu’il tente de sublimer en les représentants à chaque instant de leur activité et de leur vie. C’est l’univers de la danse qu’il veut traduire et transmettre, cette tentative « totale » est sans aucun doute une réussite qui a été consacrée par l’histoire de la peinture. Parmi toutes ses danseuses on retiendra les « Danseuses bleues » (1890) au Musée d’Orsay pour leur aura mystérieuse et son pastel « la classe de dance »

Partager cet article

Repost 0
18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 13:48

images[2]Voir, est l’hebdomadaire culturel québécois célèbre par excellence, créé il y a vingt-cinq ans le 27 novembre 1986, c’est Pierre Paquet qui est à l’origine de cette naissance. Il en est le Président et l’éditeur. Ce journal exerce une influence certaine dans l’ensemble du domaine culturel toutes disciplines confondues, il est édité par secteurs géographiques en Estrie, en Mauricie, à Gatineau, à Montréal, à Québec et en Saguenay/Alma.

 

Sa place dans le paysage éditorial canadien.

C’est un journal distribué gratuitement et qui vit de la publicité, tiré à 230 000 exemplaires, sa sortie a lieu chaque jeudi soir. Il est couplé avec un site internet particulièrement fréquenté : www.voir.ca .

Quatre rédacteurs en chefs se partagent les éditions selon les zones géographiques couvertes : Tristan Malavoy-Racine pour Montréal, David Desjardins pour Québec, Mathieu Petit pour l’Estrie et Joël Martel pour Saguenay.

Aux vues de ses origines il est rédigé en langue française, mais sa notoriété a amené son équipe dirigeante à lancer une édition anglophone publiée sous le nom de Hour. Cette édition parait aussi chaque jeudi à 60 000 exemplaires, elle est en compétition directe avec le Montreal Mirror (70 000 exemplaires).

 

Son contenu.

La cible éditoriale est l’actualité culturelle de la semaine à venir. Le journal publie ainsi un calendrier complet de l’ensemble des événements culturels à venir, ceci dans toutes les disciplines : la musique, le cinéma, la danse, le théâtre, la littérature, les arts visuels et les différentes tournées… Ce calendrier est spécifique à chaque édition régionale, c’est ce qui en fait sa précision. Mais il comprend aussi une rubrique gastronomique vantant les mérites de certains restaurants et de leurs spécialités et une rubrique mode de vie couvrant cette fois plus largement les événements culturels et mondains, les lieux à fréquenter et les manifestations à ne pas rater.

Une équipe rédactionnelle se partage les principales rubriques, pour la musique Olivier Robillard-Lavaux, pour le cinéma Manon Dumais, pour les arts de la scène Christian Saint-Pierre. Les sections gastronomie et mode de vie sont en charge respectivement de Mathilde Singer et Melissa Proulx. Il existe aussi une chronique politique tenue par Josée Legault, une chronique Société par Steve Proulx et une critique culturelle par Sébastien Diaz.

Voir étend aussi son influence dans le secteur des médias, puisqu’une émission du même nom Voir  a lieu sur Télé-Quebec animé par l’un de ses chroniqueurs Sébastien Diaz qui s’appuie largement sur l’équipe éditoriale du journal

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans Culture
commenter cet article
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 12:19

Maurice-Cury.jpgNotre littérature a ses trésors cachés, Maurice Cury en est un sans aucun doute. L’homme, timide, toujours sur la réserve, fidèle en amitié, militant de gauche toujours sur la brèche a derrière lui une œuvre colossale. Tour à tour poète, essayiste, scénariste de cinéma et de télévision, auteur radiophonique, il trouve aussi le temps et l’énergie d’être président du conseil permanent des écrivains et président d’honneur du Syndicat national des auteurs et compositeurs.

 

De tous ses titres celui qui le définit le mieux est dans aucun doute poète, c’est celui là même qui le guide dans toutes ses activités. Il a publié ses nombreux recueils de poésie aussi bien chez Pierre-Jean Oswald (Vert-Quatre, Les Chevaux et les Jardins, Mexiques suivi de Océan..),  Caractères (Hommes-Caméléon, Dissipation des brouillards matinaux, les pumas,….), Le Bibelot (Doux squelette amer, Toutes les voyelles sont dans l’oiseau, ode à Odavia…), que D’ici et ailleurs (Poésie complète, passantes passages, Iles ailes elles.., il participe à de nombreuses revues de poésie : Jointure, la revue Commune, la lucarne des Ecrivains, Revue internationale des arts et des lettres  les cahiers du sens… Ses œuvres poétiques sont lues dans de nombreux festivals de poésie : festival international de poésie de Paris, Festival des Agitateurs d’Avenir, Festival de Sète, cité des poètes…

 

Mais c’est aussi un auteur de romans, il en a publié une vingtaine environ, dont Château Thanatos (E.C. Editions), Le Gilet jaune de Jules Berry (Le Temps des cerises), la Quête du vent (Le Nouvel Athanor), La Femme prétexte (Denoël), La Parade sauvage (Denoël). Certains de ses romans seront portés à l’écran : Sur la route de Salana (Denoël) adapté par Georges Lautner avec Rita Hayworth, Une chaise dans les champs (Albin Michel) a été adapté pour les télévisons française  et polonaise.

 

Au théâtre, il s’essaya avec Retour à Broadway, Rex, Le Massacre des milliardaires, Trois voyageurs…

Il est l’auteur de nombreux récits  et pièces radiophoniques en collaboration avec France Culture.

Engagé et toujours prêt à faire valoir son opinion, il a été secrétaire national de l’Union des écrivains, secrétaire général du conseil d‘administration de la Maison des écrivains, président du conseil permanent des écrivains et président du Syndicat national des auteurs et des compositeurs, il en est aujourd’hui le président d’honneur. C’est un grand combattant au service du droit d’auteur.

 

Toutes ces expériences lui donneront l’autorité  pour parler de la culture, de son originalité, de sa diversité et de son économie, de la création française, de sa richesse et de ses fragilités.

Ses essais feront références : Eloge de la paresse (E.C. Editions), La Route de Bassora (E.C. Editions), le Libéralisme totalitaire (E.C. Editions), Les Crimes de la Maison-Blanche (le Temps des cerises), La Barbarie sans visage (Le Temps des cerises).

 

Agé de 74 ans aujourd’hui il poursuit inlassablement son œuvre d’auteur et suit avec vigilance l’actualité du droit d’auteur.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans Littérature
commenter cet article
13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 14:12

Hotel-dieu.jpgLa rumeur circulait depuis bien longtemps l’Hôtel Dieu (fondé en 651) avait fait son temps ! Les projets de reconversion de ce site exceptionnel (55 000 mètres carrés) au centre de Paris, avec comme voisinage prestigieux Notre Dame de Paris, n’ont pas manqué ces dernières années. C’est chose faite il perdra définitivement sa fonction hospitalière, pour lequel sa vétusté le condamnait.

 

Mme Faugère, directrice de l’AP-HP de son état a présenté hier lors d’une conférence de presse son projet intitulé : « L’Hôtel-Dieu demain ». Elle a définitivement clôt le chapitre de la rénovation hospitalière, il est vrai que son coût, 250 millions d’euros au bas mot, ne coïncidait pas avec l’air du temps. C’est une page d’histoire, l’une des plus vieilles de Paris qui se tourne. Demain, l’Hôtel-Dieu ce sera d’abord le siège social de l’AP-HP (800 salariés actuellement installé avenue Victoria dans le 4ième arrondissement), le musée de l’AP-HP et un centre de recherche et d’enseignement pluridisciplinaire. Coût de l’opération : 150 millions de travaux, tout de même ! Ouverture fin 2016, c'est-à-dire demain.

 

Toutefois, malgré cette présentation au coup de canon auquel Mme Faugère nous a habitué, le projet n’est pas aussi bien assuré que cela. Son financement est assujetti à la revente de l’actuel siège social avenue Victoria. Or ce terrain est inscrit dans le Plan local d’urbanisme (PLU) avec une obligation d’y réaliser 25% de logements sociaux. Ce qui a pour conséquence de dévaloriser en partie la valeur du terrain. Mais plus grave que cela, il semble que Mme Faugère est fait abstraction du changement de gouvernement et des annonces faites quant à la volonté de l’Etat de céder gratuitement des terrains pour y construire des logements sociaux. Le maire de Paris y voit déjà une bonne opportunité, comme il guette déjà Saint-Vincent-de-Paul et Fernand  Widal.

 

Par ailleurs l’Hôtel-Dieu est encore un hôpital qui emploie1 300 personnes et 210 médecins, il est donc en activité et réalise par an 305 500 consultations et 26 000 hospitalisations. La direction de l’AP-HP a annoncé que ses six services médicaux et ses 1250 lits seront transférés à Cochin dès le début de 2013. Il reste encore à définir le délicat problème des Urgences non solutionné à ce jour, soit 40 000 patients, il est probable qu’ils suivront à Cochin. Reste encore les consultations spécialisées et l’unité médico-judiciaire (40 000 patients). Cette dernière pourrait rejoindre le futur Palais de Justice prévu aux Batignolles. Les urgences ophtalmologiques  rejoindraient le Centre chirurgical ophtalmologiste prévu lui en 2015 à Cochin.

 

Aussi rien n’est vraiment fait. Il faudra surmonter la vive opposition de Dominique Bertinotti, l’influente maire Ps du 4ième arrondissement de Paris à ce projet de démantèlement des activités hospitalière de l’Hôtel-Dieu. Mais aussi de l’ensemble de syndicats qui dénoncent un projet de démantèlement de l’AP-HP. Ce qui fait beaucoup pour une seule femme. Mireille Faugère a beau affirmer haut et fort quelle fera valoir, en tout cas, son besoin de valoriser le patrimoine de l’AP-HP, elle a des murailles à encore abattre devant elle.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans Santé
commenter cet article
12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 15:43

Louis-ganne.jpgAlors que toute la sphère musicale s’affaire à préparer le cent cinquantième anniversaire de la mort de Claude Debussy, toutes ces bonnes âmes ont un peu tendance à oublier celui de Louis Ganne, né le 5 avril 1862 à Buxières-les-Mines dans l’Allier. Même s’il fut essentiellement compositeur de musique légère, il n’en reste pas moins un musicien français d’importance qui mérite qu’on le rappelle au souvenir des vivants. Il fut surtout extrêmement populaire de son vivant.

 

Fils de mineur, il se retrouve dés son plus jeune âge orphelin. Pour lui assurer un avenir meilleur sa mère l’envoie dans une école catholique le collège Saint Nicolas à Issy-les-Moulineaux. Dès son plus jeune âge les pères l’encourageront dans ses facilités musicales. C’est à dix-sept ans qu’il leur composera une Messe. Le frère Engelbert le présentera alors au directeur du conservatoire Théodore Dubois. Au Conservatoire national de Paris, il gagnera un premier prix en classe d’harmonie. Il y sera l’élève de Massenet. Et ce sera avec César Franck qu’il se voit remettre un second prix d’orgue.

 

Sur ces « bonnes »  bases, il aurait pu devenir un compositeur « sérieux ». Il préférera s’orienter vers la musique dite légère : des chansons, des ballets, des marches militaires et des opérettes. Il ouvrira le 20ième siècle en composant « Les saltimbanques », opéra comique en trois actes, qui sera présenté le 30 décembre 1899 au théâtre de la Gaité à Paris Ce sera un triomphe à la 1er représentation, il y en aura plus de cent. Il collera à l’art nouveau naissant en immortalisant ses mélodies profondément romanesques. Picasso immortalisera l’œuvre en lui consacrant un tableau durant sa période rose (1904-1906).

 

Enfin n’oublions pas « La Marche Lorraine » qui fut créé à l’Eldorado à Paris en 1892 afin de célébrer la venue à Nancy du président Sadi Carnot. Les paroles sont de Jules Jouy et d’Octave Pradels. Avec « Le Père la Victoire » ce seront les figures de proue du chant national patriotique.

Pour ce qui est des marches militaires, rappelons que la France compte alors des centaines de régiments. A cette époque chacun d’entre eux dispose d’une formation musicale composée d’instruments à vent. Le moindre petit bourg dispose dans son jardin public de Kiosque à musique. Et la tradition du dimanche après-midi veut que ces Harmonie militaires y interprète des œuvres. C’est une période bénie pour la musique populaire où les français accèdent ainsi facilement et gratuitement à la musique. Dans toute la France les œuvres de Louis Ganne connaissent ainsi un vaste succès populaire.

 

Louis donne ses lettres de noblesse à l’art de l’opérette en composant : « Hans, le joueur de flûte », opéra comique où tout se joue dans la grâce, la beauté et la poésie.

 

En 1905 il fondera l’orchestre de Monte Carlo et sera un des tous premiers présidents de la SACEM en 1907. Malgré une vie personnelle tumultueuse, il divorcera deux fois, il recevra la légion d’Honneur en 1914 et décédera à Paris, rue Brochant le 13 juillet 1923. La cité parisienne lui rendra hommage en lui dédiant dans le 20ème arrondissement l’une de ses rues.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans Musique
commenter cet article
12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 13:05

imagesCA4ON8CZNicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand étaient à l’origine de ce projet avec pour objectif de « rassembler le soutien à la musique enregistrée et au spectacle vivant dans un établissement public couvrant l’ensemble de la filière ». C’était une réponse à la crise du disque qui ne faisait pas l’unanimité.

Pour autant, aussi bien François Hollande qu’Aurélie Filippetti s’étaient engagés à poursuivre l’objectif, même s’ils avaient pris le soin d’indiquer leur volonté d’en redéfinir les finalités et les moyens. Dans son entretien au Monde la ministre de la culture annonce, entre autres, l’arrêt de ce projet.

 

Aurélie Filippetti déclare : « Nous n'avons pas réellement besoin d'un nouvel établissement public, qui nécessiterait, en plus des ressources existantes, 50 millions d'euros. Ce n'est pas possible actuellement » Après la condamnation  de l’Hadopi c’est tout un pan de la politique du gouvernement précédent qui se retrouve mis à mal. Malgré des propos qui se veulent rassurant sur la volonté de soutenir les producteurs indépendants, la ministre fait cruellement l’impasse sur les auteurs et les interprètes qui étaient eux aussi prévus dans ce futur guichet du CNM.

 

Autant il est aisé de comprendre que le ministère de la culture apporte sa contribution au train d’économie sur le budget de l’état par l’annonce de l’arrêt et du gel d’un certain nombre de projets, autant il est difficile de comprendre ce choix du CNM. Car enfin, c’est d’un projet qui mutualisait des fonds déjà existants, qui devait légitiment taxer les FAI pour les contraindre à contribuer à la création dont ils se nourrissent grassement, dont il s’agit, donc peu coûteux pour le budget de l’Etat, quoi qu’en dise la ministre. Dans le contexte difficile du numérique, c’était un début de réponse des pouvoirs publics. Et surtout est-ce bien raisonnable de se dédire ainsi d’une promesse moult fois répétée ? N’a-t-elle pas pris le risque majeur et inconsidéré de ternir son image de marque ?

 

En tout cas force est de constater que la filière musicale dans toutes ses composantes est sous le choc et le fait savoir vertement au gouvernement. Le dernier communiqué paru est celui de l’association « Tous pour la musique » où l’on retrouve aussi bien la Sacem que l’Adami, la SCCP, le SNEP, l’Upfi etc…bref les producteurs, les éditeurs, les managers, les sociétés de perception et des répartition, les artistes-interprètes…

 

Ils condamnent ensemble et fermement cet abandon et ce déni de parole. Ils rappellent à la ministre qu’à l’occasion de la réunion de concertation de tous les représentants de la filière, rue de Valois, elle avait déclaré : « Je reprendrai le chantier du Centre national de la musique, pour en faire un outil au service de la diversité culturelle », engagement N°44 du candidat François Hollande.

 

« Tout pour la musique » écrit dans son communiqué : « dix-huit mois de concertation conduite par l'Etat réunissant l’ensemble des acteurs de la musique, d’analyses partagées sur les solutions à apporter et d’engagements réciproques auxquels la Ministre elle-même rendait hommage il y a quelques semaines, ont permis de dégager un consensus historique sur l’utilité d’une structuration renforcée et sur la nécessité d’un soutien public ».

 

La seule réponse : il n’y aura pas de CNM ne peut être suffisante…la ministre se doit de formuler à minima une alternative crédible, il y va de sa propre crédibilité et au-delà de sa seule personne du gouvernement. La crise économique qui a frappé l’industrie de la musique est là, et pour un moment. La gauche ne peut pas simplement s’abstenir, elle est fermement attendue sur ce sujet par l’ensemble des créateurs.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans Culture
commenter cet article
11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 13:27

MLF.jpgLa Ministre de la culture Aurélie Filippetti a fait grand bruit en annonçant dans un entretien avec le journal le Monde l’abandon de nombreux projets culturels pour raison de restrictions budgétaires. Ce n’est jamais bien agréable Pour autant le « mètre étalon » des points gagnés dans l’obtention d’un budget ne saura être l’alpha et l’oméga d’une politique. Le parti Socialiste étant au pouvoir, il lui sera loisible d’ouvrir un grand chantier de réformes attendues par tous les professionnels de la culture : les nominations ! L’objectif de parité ne dépendant en aucune manière de la manne financière.

 

Mettre fin à l’omniprésence de l’Elysée dans les nominations.

 

Les pratiques du temps de Sarkozy et Frédéric Mitterrand étant assez pitoyables, on peut espérer une « éclaircie du changement » sur ce terrain là. Souvenons-nous de la manière dont fut débarqué sur la demande de Carla Bruni, Olivier Py du théâtre de l’Odéon, pour laisser la place à Luc Bondy. Face aux réactions exaspérées des professionnels, dans l’urgence, le même pouvoir nomma de manière anticipée (pour 2013) Olivier Py à la tête du festival d’Avignon au grand dam de ses actuels dirigeants.

 

Dans ce premier état des lieux on peut stigmatiser des situations de cumuls inexplicables et inadmissibles. Au-delà des personnes , qui sont des personnes de qualité, on ne peut s’empêcher de citer les cas d’Emmanuel Demarcy-Mota[1] qui cumule la direction du Théâtre de la ville à Paris et du festival d’Automne, de Laurent Bayle qui est à la tête de la Cité de la Musique à Paris, de la salle Pleyel, du Philharmonique et de Didier Fusillier qui fait le grand écart entre Le Manège à Maubeuge et la Maison des arts à Créteil et il est aussi en charge du projet d’aménagement des berges de la Seine rive gauche à Paris. Pourtant on ne peut pas dire que l’on manque de talent artistique en France !

 

Il serait temps de faire le ménage rue de Valois pour donner plus de transparence aux nominations. D’autant plus qu’un train de nominations se profile à l’horizon : Musée d’Orsay, Louvre et Bibliothèque national de France, rien que cela les principaux vaisseaux amiraux de la culture auxquels il faut encore ajouter : le Musée Picasso, la Cité de la Musique, l’Opéra de Paris… et une multitude de centres dramatiques Nationaux (CDN).

 

Donner de la transparence dans les choix.

 

Le Syndéac (Syndicat qui regroupe les patrons des grands établissements du spectacle vivant), légitime par ses origines, a formulé quelques critiques et esquissé quelques propositions pour améliorer le système de nomination. Tout d’abord il s’agit de mettre fin au principe de la nomination discrétionnaire. Il propose d’opérer comme cela se fait déjà pour les CDN, à savoir la mise en place de jury composé de représentants des organisations professionnelles.

Outre le scandaleux problème des cumulards auquel il convient de mettre un terme, il demande aussi sur la question des rémunérations de la transparence et l’encadrement de celles-ci. Enfin et pas la moindre il pose l’exigence de la parité dans ces nominations.

 

Etat des lieux de la parité.

 

Il existe un intéressant rapport, passé sous silence, celui sur les inégalités hommes femmes dans le spectacle vivant (2009), il constate que si trois des cinq postes de direction des théâtres nationaux étaient occupés par des femmes, seul sept des trente-neuf CDN le sont par des femmes. Et qu’enfin aucun orchestre n’est dirigé par une femme ! Et aujourd’hui que constate-t-on ? Que le nombre de 3 est tombé à deux pour les théâtres nationaux et à cinq pour les CDN.

De son côté la SACD s’est emparé de la question à l’occasion d’un colloque au Sénat en rendant public les chiffres suivants :

·           81,5% des postes dirigeants de l’administration culturelle sont occupés par des hommes

·           75% des théâtres nationaux sont dirigés par des hommes

·           96% des opéras sont dirigés par des hommes

·           70% des centres chorégraphiques nationaux sont dirigés par des hommes

·           85% des centres dramatiques nationaux sont dirigés par des hommes

·           95% des concerts sont dirigés par des hommes

 

Ses propositions pour y remédier sont :

 

-          Systématiser le recensement statistique des inégalités, ceci pour mettre en évidence tous les indicateurs nécessaires afin de suivre d’éventuels progrès. Il s’agit de poursuivre les travaux déjà entrepris par Reine Prat en 2006 et Laurence Equilbey en 2011. Un observatoire des inégalités devrait être ainsi créé.

-          Recenser c’est bien, mais il faut aussi communiquer et sensibiliser les élus et les responsables d’administration sur cette question. La place des femmes doit être une des principales données des politiques culturelles .

 

Il y a donc un sacré travail à faire pour promouvoir l’égalité hommes/femmes Et le fait que ce soit une femme qui dirige la rue de Valois devrait favoriser une politique d e nomination plus paritaire. On peut aussi souhaiter que la ministre en charge des droits des femmes sache accompagner la rue de Valois dans ce changement qui lui ne coûtera pas un euro.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans politique
commenter cet article
9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 16:46

Louis Nicolas Robert est l’inventeur de la première machine en papier en continu (avec des bandes de 15 mètres de long) en 1789. Né à paris en 1761, il décédera à Vernouillet  en 1828 après une carrière d’honorable instituteur. Il ne saura tirer aucun profit de cette invention et assistera impuissant aux succès d’autres qui sauront l’exploiter et la développer.

Ses débuts.

On le surnomme Robert le Jeune, engagé à 19 ans il participera à la guerre d’indépendance américaine. La guerre finie et de retour en France, il est embauché par l’imprimerie Didot à Paris, et par la suite à celle de Didot-Saint Leger à Essonnes. Il fera son apprentissage dans cet entreprise qui emploi plus de 300 ouvriers à l’époque. La fabrication du papier est artisanales et nécessite une importante main d’œuvre ce qui en rend le coût de fabrication élevé.

L’invention.

Le ministère des finances est le premier consommateur en papier et cherche à en réduire le coût, d’autant plus qu’il est obligé d’émettre un nombre d’assignats sans cesse plus important. Robert est alors chargé de travailler à un processus plus économique et utilisant un nombre moindre d’ouvriers.

Il réussit à mettre au point un procédé qui permet la réalisation de feuilles de papiers en rouleau, il en fait la présentation le 89 septembre 1798 au ministre lui-même. Le dispositif permet en effet de créer une grande étendue de papier par simple effet mécanique et sans recours à de la main d’œuvre. Pour la première fois un brevet est déposé.

Triste fin.

La machine est cependant peu performante à ses débuts et Robert peine à trouver les moyens de l’améliorer. Didot lui achète alors son brevet et s’associe avec les anglais pour améliorer le rendement du procédé. De cette amélioration ils tireront deux brevets anglais. On est en 1810 et Robert n’a tiré aucun bénéfice de son invention, il tente un procès contre Didot mais assiste impuissant à la réussite de son procédé exploité par des industriels qui ont disposé des moyens financiers pour le développer.

Il finira sa vie comme instituteur. Il faudra attendre l’année 1912 pour que la ville de Vernouillet lui rende hommage en édifiant un monument sur son tombeau le consacrant comme inventeur de l machine à papier en continu.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans Histoire
commenter cet article
8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 16:43

L’Ogresse, rue des prairies dans le 20ième arrondissement a été créée en 2000 sous forme d’association loi 1901 à but non lucratif avec pour objectif de créer une nouvelle scène parisienne ouverte, original et expérimentale. Elle accueille de fait sans exclusive  les compagnies de théâtre, de marionnettes, les conteurs, les jongleurs, les musiciens les chanteurs, plus quelques secrets !.

Son financement.

Dans un secteur culturel en crise du financement, l’Ogresse a du les premières années faire preuve de sa capacité à s’inscrire durablement dans le panorama des scènes alternatives avec ses seules forces; ce n’est qu’à partir de l’année 2008 qu’elle a pu bénéficier de subventions publiques de la Région Ile-de-France et de la Délégation à la Politique de la Ville. Jusque là son fonctionnement était assuré par la buvette et la restauration organisée sur place, la location de la salle, les adhésions du public et des artistes (de 25 à 999€) et le mécénat qui voulait bien se manifester.

Sa programmation.

Elle accueille les jeunes artistes dans toute les disciplines et organise une fois par mois une opération plutôt originale : «Vide ton sac». L’hiver chacun amène sa soupe, il y a un feu de cheminée, l’été ce sont les crudités et les éventails, et surtout chacun amène, qui son texte, son enregistrement, son film, son conte, son histoire et tout cela se partage et se mélange.

Autre animation emblématique : «Histoire aux enchères ». Les objets vous encombrent, ils vous gênent et vous intriguent. Apportez-les à Matala avec votre histoire qu’il écoutera et transformera en un petit spectacle. L’objet sera vendu aux enchères entre 5 et 15 € qui serviront au financement artistique du lieu. Vous rentrerez chez vous soulagé et guéri de votre objet.

Elle est aussi le lieu de quatre festivals :

-          JazzOgre.

-          Accordéons à Cordes.

-          Festivals de soutien

-          Du texte Oh! Bord d’elle.

Son restaurant.

Celui-ci, bien à part, vient en complément de la salle en proposant sur place une restauration au rapport qualité/prix exceptionnel :

-          Confit de canard au miel (14 €)

-          Assiette végétarienne (9,5 €)

-          Assiette de charcuterie ou de fromage (9,5 €)

-          Et des desserts entre 5 et 6 € (tiramisu, moelleux au chocolat, fromage blanc aux fruits)

Partager cet article

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Jean pelletier
  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
  • Contact

L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook  et mon compte twitter
https://www.facebook.com/jean.pelletier
77https://twitter.com/jmpelletier
Bonne lecture.
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques. Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook et mon compte twitter https://www.facebook.com/jean.pelletier 77https://twitter.com/jmpelletier Bonne lecture.

Version anglaise

<a href= »http://fp.reverso.net/jmpelletier52-over-blog/4946/en/index.html« ><img src= »http://flavius.reverso.net/img/languages/code.png«  style= »float:left; padding-right:8px; » title= « anglais«  height= »15px ; » alt= »Reverso Localize » /></a>

Recherche