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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 11:45

kol1.jpeg« "Tu tournais le coin de la rue lorsque je t’ai vu, il pleut, cela ne met pas à son avantage quand il pleut sur les cheveux et les fringues, mais quand même j’ai osé, et maintenant qu’on est là, que je ne veux pas me regarder, il faudrait que je me sèche, retourner là en bas me remettre en état — les cheveux tout au moins pour ne pas être malade, or je suis descendu tout à l’heure, voir s’il était possible de se remettre en état, mais en bas sont les cons, qui stationnent : tout le temps de se sécher les cheveux, ils ne bougent pas, ils restent en attroupement, ils guettent dans le dos, et je suis remonté »

Le début de La nuit juste avant les forêts © éditions de Minuit, 1988

 

Bernard-Marie Koltès est mort il y a 24 ans, presqu’un quart de siècle, le temps de laisser se poser une œuvre monumentale et s’éclaircir les mystères sur cet être fragile et troublant qui a construit une œuvre au sens Shakespearien du terme. Une œuvre qui occupe l’espace et parle à nos rêves les plus secrets et les plus inavouables.

 

C’est un messin, né le 9 avril 1948, à la sortie de la guerre et fils de militaire. Le décor de son enfance est bien celui-là, une ville de garnison et un père toujours absent. Les grandes ombres de la poste centrale ou de la gare, la porte des Allemands, les petites ruelles blotties autour de la cathédrale sont déjà les fantômes qui hanteront son écriture. Cette enfance se trainera et encombrera son existence. Sa vie de pensionnaire au collège Saint Clément à Metz ne se passera pas bien.

A 18 ans il s’évade et part pour le Canada, cette liberté lui laissera un sentiment fort…au regard des années qui ont précédé. Les grands espaces, les paysages infinis…l’amènent à une sensibilité qui le conduit à la musique. C’est l’étude de Bach avec Louis Thiry. Mais c’est aussi la rencontre avec Maria Casarès dans Médée qu’il voit à Strasbourg. Hubert Gignoux directeur du TNS le fait entrer en section scénographie à l’école du Théâtre national de Strasbourg.

Le théâtre est rentré dans sa vie, il n’en sortira jamais plus. Sa « montée en puissance » sera fulgurante…dès 1970 il a sa propre troupe de théâtre, sa première pièce « L’Héritage » est lu à la radio par Maria Casarès. Les voyages l’occupent tout autant : l’Amérique Latine, l’Afrique et New York et nourrissent son écriture. « La Nuit juste avant les forêts » est montée et mis en scène par lui dès 1977 Au Festival Off d’Avignon. Il fera un court passage au parti Communiste de 1975 à 1978.

 

Dès lors il est repéré comme un auteur de théâtre original, en rupture avec ce qui se fait. Il développe un univers de course perpétuelle vers l’autre, sa compréhension, sa fuite. Les personnages s’y organisent une vie troublante où rien ne cède, où au contraire tout à tendance à se perdre. L’identité est au cœur de son écriture. « Roberto Succo » écrit sur le modèle de la vie du tueur du même nom est de cette poursuite là.

1980 c’est la rencontre avec Patrice Chéreau et le début d’une grande histoire d’amour, la vraie où Chéreau devient son metteur en scène. Celui qui transmet aux autres et organise sa vision, non du monde, mais de l’existence. Le théâtre des Amandiers à Nanterre abritera cette expérience.

C’est la vie, c’est sa vie, c’est le Sida qui le rattrape et le fait choir dans cet élan immense qu’il avait entrepris. Malade trop tôt, de peu  il meurt en 1989 à l’âge de 41 ans.

 

C’est avec « Retour au désert » qu’il fera aussitôt son entrée à la Comédie Française, mis en scène par Muriel Mayette. Mais la « fête » sera interrompue par un désaccord avec  les ayants droits qui feront interdire la représentation.

 

Koltès avec sa gueule d’ange savait manier les mots, comme des armes, le meurtre n’était jamais loin. Il est l’auteur de théâtre français le plus joué en France.

 

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 10:27

La petite robe bleue, de Mara Serrano

 

 

9791020300591_1_75.jpegRaconter des « histoires » tel est le but de la majorité des écrivains. Mara Serrano ne déroge pas à la règle. Avec son troisième roman elle maîtrise l’art de la promenade narrative. Le temps ne s’écoule pas … il se traverse, il se divise, il s’improvise. Luc Rivière en est l’âme, une âme généreuse, calme et énigmatique, qui pèse de tout son poids dramatique sur la narration.

 

Un roman c’est aussi un univers…La petite robe bleue ouvre le bal du souvenir, des souvenirs tissant un réseau souterrain, prêts à raconter une autre histoire, celle de derrière les lignes, là où se construisent les secrets. L’univers carcéral, le cinéma, l’écriture, la guerre, les êtres aimés sont convoqués au rendez-vous des mots. Et c’est sans urgence avec un style incisif qui se veut précis, ignorant la grandiloquence que Mara Serrano place ses pions.

 

L’ordre du récit peut sembler troublant, les séquences ne délivrent pas toujours leur raison d’être, c’est, convoqué au trouble de l’écrit, que le lecteur lève au fur et à mesure le voile du sens. Les énigmes s’effacent et laissent la place à un profond sentiment de  vraie humanité, authentique, tournée vers les autres.

 

De la guerre au festival de Cannes, les grandes figures de la France sont convoquées au fil du livre. Mais le vrai décor, celui qui nous parle et nous émeut, c’est celui de la cellule de 11 m2 où l’histoire va se reconstruire peu à peu, pas le procès pour meurtre qui s’instruit aussi, mais l’histoire, la vraie, celle des objets et des lueurs au fond de la mémoire où vivent encore les « l’inflexion des voix chères qui se sont tues » (Paul Verlaine – Mon rêve familier).

 

Toute vérité se mérite, telle et la leçon de ce beau livre, elle se mérite au prix d’une vie, elle se mérite au fur et à mesure que la lecture de la petite robe bleue se déroule, tel un fleuve, avec aussi ses torrents et ses retours aux sources, ses jaillissements.

 

Mara Serrano, après Violon Seul et Coups de foudre, entre dans la littérature avec, selon ses propres aveux, un penchant pour Simenon. Elle a bien appris du Maître l’art de parler simplement des gens avec vérité et engagement. Elle a aussi retenu la leçon sur l’écriture… un fil mécanique, pendulaire, avec la précision de l’horloge et que rien ne détourne de sa route.

 

Mara Serrano, La petite robe bleue, éd. Baudelaire, 2012, 16

Mara Serrano, Violon seul, éd. Bénévent, 2009, 15 €

Mara Serrano, Coups de foudre, éd. Baudelaire, 2010, 13 €

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:36

imagesCA9NBACFC’est depuis le mois de Septembre que Pierre Lescure travaille d’arrache pied avec son équipe pour tenter de faire émerger des propositions afin de mieux adapter le monde de la création à celui du numérique. C’est le Président de la république qui lui a confié cette mission sous le couvert de la ministre de la culture Aurélie Filippetti. La mission est de taille, puisque l’ambition affichée est d’en tirer une grande loi, qui fera date dans l’histoire, ou du moins sera l’égale de la loi de 1985 sur le droit voisin du droit d’auteur et la Copie privée...

 

Le marathon.

Dès l’automne Pierre Lescure et ses équipes ont entrepris un marathon des auditions. Pour changer des précédentes missions nommées sur le même sujet par Sarkozy, cette fois ci tout le monde a été entendu et même certains parfois plusieurs fois. Une publicité et une certaine transparence à cette première étape a été mise en œuvre sous la forme d’un site dédié à la mission où les auditions ont été mises en ligne. Tout un chacun peut donc être parfaitement informé de ce qui a été dit et échangé, consultez vous ne serez pas déçu.

http://www.culture-acte2.fr/

 

Mais, bon il s’agit pour l’instant d’une vaste mise à plat des problèmes et du ressenti des uns et des autres. Les frontières à ne pas dépasser ont été plus évoqués que les solutions qui pourraient agréer tout un chacun. Maintenant la mission doit passer à la phase la plus difficile qui va consister à tirer de tout cela la substantifique moelle… le Saint Graal en quelque sorte… l’alpha et l’oméga du numérique. Les « conclusions et propositions » sont attendues pour mars, certaines sources parlent d’avril, moi je vous dis que cela ne sera pas avant mai…

 

Pourquoi un tel délai, parce qu’il ne s’agit pas d’écrire d’une plume libre et légère les axes de la future loi, encore faut-il vérifier pas à pas que ce qui est dit reçoit l’assentiment de l’Elysée, plus que de la rue de Valois, dont on a le sentiment qu’elle pèse peu dans la balance. Le dossier étant à l’Elysée. Encore un peu plus de temps sera nécessaire, car certains acteurs un peu plus lourds que d’autres dans le dossier auront droit à de nouvelles consultations. La recherche d’hypothétiques consensus est encore en cours… l’espérance fait vivre !

 

Ensuite pour tout donner du calendrier, l’été servira de sas de décompression, car l’ambiance sera nécessairement lourde à la remise du rapport et le parlement pourra s’emparer du dossier à l’automne. L’encombrement du calendrier législatif laisse entrevoir quelques déceptions sur le sujet. L’objectif d’un vote avant la fin de l’année est désormais hors de portée.

 

Y-a-t-il des fuites à ce jour ?

Oui de légères et peu signifiantes, mais elles donnent le ton de la volonté politique de cette mission. Elles donnent aussi le ton sur le peu de cas dont il est fait d’Aurélie Filippetti.  La situation de l’HADOPI, la haute autorité chargée de la lutte contre le piratage, maintes fois annoncée comme sur le point de disparaitre, celle-ci semble bien tirer son épingle du jeu, puisqu’elle ne serait pas supprimée ; tout au plus le processus de sanction serait supprimé… on reste dubitatif, du coup à quoi sert l’HADOPI sans sanction ? Il resterait en suspend la proposition des industriels de la musique, toujours aussi obstinés de créer une amende forfaitaire de 140 euros pour les contrevenants du piratage pris la main dans le sac au moins trois fois…. Mais rien n’est sûr… rien n’est acté…

 

Mais rien de révolutionnaire en vue, les industriels de la culture peuvent se rassurer, le risque d’une licence globale est une fois de plus écartée. La « dépénalisation des échanges non marchands » n’est pas à l’ordre du jour. le rapport  est fermement orienté vers tout ce qui peut faciliter le développement de l’offre légal… On tourne un peu en rond, malgré tout ! Depuis la loi DADVSI et la loi Création et Internet et les misions en tout genre Zelnik et Olivennes…

 

Un petit paragraphe modificateur et usuel sur la chronologie des médias toujours en discussion avec l’ARP (l’association des réalisateurs) et la SACD (société des auteurs dramatiques) en pointe.

 

Quid du devenir de la copie privée ?

Mais le dur du dur va être la copie privée. Le sujet est central, il est aussi sur la table à Bruxelles. Rappelons que c’est la loi de 1985, dite loi Lang qui a posé cette exception au droit d’auteur, qui impose aux acheteurs de supports vierge de payer une redevance pour financer et compenser la filière : Auteurs, producteurs et artistes interprètes. Tous y ont droit. Si le système a su évoluer au fil des mutations technologiques, il est aujourd’hui un peu à la peine et surtout en butte contre les fabriquant de matériels et les toutes puissantes associations de consommateurs qui trouvent l’addition trop salée et le système insuffisamment transparent. Du moins ce sont eux qui le disent. Car du côté de la filière la défense est très organisée, documentée et- argumentée. La copie privée fait partie des cercles vertueux qui alimentent et maintiennent à flot la création en France. Y toucher et ce sera le naufrage préviennent-ils tous à l’Unisson.

 

 

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Published by Jean Pelletier - dans Culture
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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 13:50

crise2.jpgBruxelles vient de confirmer ce qui avait déjà « fuité » en France depuis deux jours, la France n’atteindra pas l’objectif de resserrement de son déficit budgétaire, et ses prévisions de croissance pour 2013 sont tout aussi fausses. Mais il faut aussi voir, ces données, à l’échelle de l’Europe toute entière. C’est chose faite avec la publication de l’ensemble des données par la Commission européenne.

 

Oui 2013 sera une année encore plus difficile, et il faudra attendre 2014 (si rien d’autres ne se produit d’ici là) pour voir le retour de la croissance. En attendant la zone euro va connaitre une baisse de son PNB de – 0,3 %. Ces prévisions sont en recul avec les précédentes. C’est cette comparaison qui doit nous pousser à relativiser toute annonce en la matière. Jusqu’à il y a peu la Commission s’accordait à discerner pour 2013 une faible croissance de 1,4 % de la zone euro et de 1,6 % pour toute l’Union. Sacrée désillusion passer de + 1,4 % à -0, 3% le saut est immense…. Cela peut que nous laisser perplexe sur l’annonce d’une reprise en 2014.

 

Pour la France, elle pourrait donc échapper à la récession en parvenant à pousser un petit +0,1 %, on voit bien la limite d’une telle satisfaction. La France ferait mieux que la moyenne des pays de la zone euro et par ailleurs avec un déficit de 3,7% elle ferait nettement mieux que le gouvernement précédent...et surtout s’inscrirait dans une tendance salutaire et vertueuse à confirmer pour les 4 exercices du mandat présidentiel restant à faire.

 

Bon la Commission avec un  langage de diplomate promet que l’on verra une « amélioration graduelle au cours de l’année 2013 » et prédit une croissance pour la France en 2014 de + 1,2 %.

 

Bref, soyons clair, avant de gamberger sur toutes promesses de croissance pour 2014, il faut se préparer pour l’année en cours à des difficultés croissantes. L’emploi va continuer à se dégrader. Ce qui en langage clair annonce :

-      Une progression de la précarité.

-      Une aggravation de tous les déficits (déjà très à mal).

-      Une poursuite de la désindustrialisation de la France.

 

C’est bien sur ces trois lignes de front que le gouvernement est attendu.

La Commission dans ses attendus précise qu’un taux de chômage «élevé et persistant porte le risque de devenir structurel en raison de la perte de compétences» des salariés sans emploi.

 

C’est à méditer en France qui sans atteindre les chiffres records de la Grèce et de l’Espagne (25%) ne s’en sort pas bien avec un taux fort qui perdure depuis de nombreuses années à 10,7% aujourd’hui. Les perspectives 2013 ne pourront qu’aggraver encore ce taux.

 

Encore une fois, faut-il le répéter au gouvernement, il y a une urgence sociale à traiter avant toute chose.

 

 C’est ce message fort qu’attend l’opinion publique avec un train de mesures bien préparé et équilibré pour traiter à la fois des conséquences de la crise et des moyens d’y parer pour redonner de la croissance au pays.

 

L’austérité à tout prix et sur tous les airs possible n’est pas la bonne chanson. En étranglant la population, c’est la croissance qui définitivement s’en ira avec son cortège de méfaits structurant pour l’économie, et de plaies de toutes sortes pour sa société.

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Published by Jean Pelletier - dans économie
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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 11:16

Ce matin, la rumeur s’épanche, Europe 1 en a été à l’initiative, mais comme toute etudinats.jpgrumeur, l’information n’est pas bien maitrisée et incomplète. La suppression de la demi-part fiscale pour les étudiants serait dans le collimateur de Bercy, et à l’étude au ministère des universités pour assurer le financement d’une allocation d’étude nouvelle.

 

Du coup, on a déjà entendu les foyers ciblés (catégories sociales moyennes) s’insurger à juste titre. Il est vrai que les couples de cadres, la cinquantaine avec deux enfants en fac, en écoles d’ingénieur ou de commerce doivent faire face à des dépenses importantes : coûts de scolarités très élevés pour certaines écoles payantes, frais de bouches ou de logement lorsque la scolarité se déroule loin du domicile. Souvent ces mêmes cadres doivent assumer au même moment la vieillesse de leurs parents et contribuer financièrement à leur placement, parce que le montant de la retraite ne peut pas suffire. Le tout dans un contexte où ce même gouvernement annonce la désindexation des retraites sur le coût de la vie, en langage normal cela veut dire une baisse des retraites et… cerise sur le gâteau la fiscalisation des allocations familiales…

 

Tout cela génère un « bruit » énorme aux oreilles du contribuable : l’augmentation massive des impôts. Pour la droite qui avait suffisamment alerté sur le fait que voter socialiste, c’était assurément voter pour une hausse massive de la fiscalisation, c’est du pain béni. Tout cela n’est pas bien terrible en termes de communication et le prix à payer va être terrible ; les cotes de popularité des ténors de la majorité vont certainement s’en ressentir.

 

Pour autant, si l’on revient plus précisément sur l‘information concernant la demi part des étudiants, ce n’est pas « sa fin » qui est programmé. L’avantage fiscal (pour lés étudiants de moins de 25 ans) existant serait mis dans la balance avec la création d’une allocation aux étudiants, sous conditions de ressources. Le choix serait laissé aux familles, soit la demi-part, soit l’allocation ? C’est une possibilité, rien n’est arrêté. Est-ce que certaines familles se retrouveraient dans la situation de perdre le conséquent avantage fiscale, sans accéder à l’allocation d’étude ? Cette variable d’ajustement est particulièrement sensible.

 

Rappelons que la création d’une allocation d’études pour les études supérieure figurait dans les engagements du candidat Hollande, pour être précis c’est la 39ième proposition. Aussi Geneviève Fioraso, ministre de l4Enseignement supérieure a mis à l’étude cette réforme. Seul 20 % des étudiants ont actuellement accès à une bourse ? De l’avis unanime, c’est insuffisant. L’objectif affiché serait d’atteindre au moins 50 %. Un étudiant sur deux aujourd’hui est obligé de travailler pour financer ses études.

Dans une période de disette financière, il est impossible pour un ministre de proposer une mesure nouvelle s’en en assurer le financement par ailleurs. Lorsque qu’un jeune accède à la majorité à ses 18 ans, il doit remplir sa propre déclaration d’impôt. S’il est étudiant il peut y échapper en restant sur la déclaration de ses parents, de ce fait il contribue pour une demi part dans leur déclaration d’impôt et s‘il travaille ses revenus doivent y être aussi déclaré. A chaque famille d’évaluer l’avantage fiscal, maintenir le ou les enfants sur leur déclaration ou les inciter à faire leur propres déclarations autonomes.

 

Jean-Yves Le Déaut, député de la Meurthe et Moselle a remis à la ministre un rapport sur le sujet. C’est donc la mise à l’étude par les différents services du gouvernement qui a « fuité » dans les médias.

 

Le mot de la fin est dans la bouche d’Emmanuel Zemmour, président de l’UNEF : « Il ne faudrait pas qu'on se retrouve dans une situation où des familles modestes perdraient l'avantage de la demi-part fiscale, sans que leur enfant n'ait accès à une bourse en retour". Ceci dit pour bien marquer les limites à ne pas dépasser suite aux propos de la Ministre : « Pour les familles dont les revenus sont limités, l'opération serait neutre, puisque la perte de demi-part serait compensée par la nouvelle aide. ».

 

Modeste… où sera la ligne ? Pour un Président qui avait déclaré qu’à partir de 4 000 euros par mois, on était riche… il est à craindre une mesure sévère pour les classes moyennes.

 

Le stress des familles est à son comble entre les prévisions sur les retraites, les allocations familiales et les impôts. Peut-on seulement parler d’orchestration des annonces par le gouvernement ? Si c’était le cas, il faudrait qu’il revoie d’urgence sa communication et qu’il change de conseil. Tout cela manque d’horizon et de cohérence, on ne voit pas bien le projet de société. On a plutôt le sentiment d’un gouvernement qui agit dans l’urgence et dans la précipitation, faisant feux de tout bois pour boucher ici et là les trous. Je ne suis pas bien sûr qu’en votant en mai et en juin 2012, les français aient voulu mettre en place une équipe de pompiers volants.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 12:27

reforme1.jpgLe degré zéro de la réflexion politique ayant été atteint, de même des sommets ubuesques quant à ce qu’il pouvait rester de dignité aux politiques, il semble nécessaire de rappeler ici, à défaut de programme de gouvernement, quelques idées simples quant aux réformes de l’Etat et la réduction des déficits ; ceci à un moment où l’ensemble des discours de la classe politique et des médias convergent abusivement vers une « impérieuse nécessité » de réduire la voilure quant à notre système de protection sociale tout en passant sous silence les réformes qui remettraient en cause les élites, leur statut, leur pouvoir et leur financement.

 

Les interpellations successives des deux camps consistant à accréditer l’idée qu’il existerait un camp de la réforme et du courage face à un camp de l’immobilisme et de la démagogie relèvent de l’escroquerie intellectuelle, surtout quant on sait que ce sont les ardents défenseurs de la cause sociale qui se font ainsi « taxer » de démagogues. Le niveau du débat reste confiné ainsi à ce qu’il y a de plus médiocre dans notre société, l’anathème, l’affirmation abusive, le credo, le dogme …

 

De tels propos puissamment relayés par des médias globalement complices, toutes tendances politiques confondues font fi du bon sens des électeurs. Si ceux-ci ont balayé successivement toutes les majorités de gauche et de droite à intervalles réguliers, il doit bien y avoir quelques bonnes raisons qui mériteraient une analyse un peu plus sérieuse qu’un « prétendu tempérament français  hostile à la remise en cause de ses acquis sociaux. » ! Encore une fois ce qu’il reste d’intelligence au débat public se trouve ainsi ramassé dans un poncif des plus désolant pour le pays de Descartes et de Voltaire.

 

Il serait aisé de citer à titre d’exemple la politique de mesures catégorielles dictées par le MEDEF sur les retraites, l’assurance chômage, l’assurance maladie, la recherche, la restauration, les velléités de charcutage du droit du travail. (Cf. les 44 propositions du MEDEF), sans pour autant circonscrire à aucun moment un quelconque projet collectif, équilibré de société susceptible de recueillir un consensus, inscrit dans le temps et tourné vers l’avenir.

 

Cette manière de trancher dans le vif sur les plus fragiles et les plus démunis, de décourager les classes moyennes en leur faisant peser le poids de l’impôt le plus lourd tout en leur donnant le sentiment d’être la France qui travaille contre une France qui serait assistée, cette manière là vient d’être sanctionnée par un « vote-manifestation » sans appel. Car cette carte de France colorée aux armes du Parti socialiste ressemble plus à une grève générale par procuration qu’à une affirmation ou une détermination pour un projet politique, lequel n’a pas d’ailleurs été mis aux voix à l’occasion de cette consultation.

 

Dans ce climat avec une minorité politique déterminée à passer en force par tous les moyens y compris les artifices les plus grossiers du mensonge est d’une gravité extrême. La prédiction de Pierre Mendes France prononcée sur le berceau d’une Vième République naissante quant à son destin funeste, peut se réaliser quarante six ans plus tard dans des conditions tragiques si l’on y prend garde.

Afin de tordre le coup à la logorrhée verbale pseudo-réformiste des uns et des autres, voici quelques réformes directement liées à la réduction des déficits pour interpellation des politiques : osons la réforme !

 

UN ETAT PLUS SIMPLE, DONC PLUS EFFICACE.

 

Commençons par le plus simple et le plus évident : la suppression de l’échelon départemental (100 départements) et la création de 8 régions (au lieu de 22) dotées de pouvoirs réels dans le cadre d’une décentralisation effective. Une telle réforme placerait la France au même niveau d’organisation administrative que l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne et favoriserait une véritable coopération interrégionale dans le cadre européen.

Les français savent-ils que l’échelon départemental dans les DOM correspond au même périmètre que l’échelon régional, avec des hôtels, lieux de résidence des deux administrations qui se font face.

Outre la simplification administrative, la fluidité de la coopération interrégionale dans le cadre européen, les économies de coût de gestion considérables à envisager, il y aurait là une lisibilité politique qui s’imposerait à tous.

 

Dans un même esprit faut-il rappeler la parcellisation extrême de l’échelon communal ? Avec 36 500 communes, la France détient le triste record européen de cet émiettement qui nuit à l’efficacité, la nécessaire productivité des moyens à mettre en œuvre dans les équipements collectifs et les politiques locales de développement.

Plutôt que cette multiplication à l’infini des formules d’intercommunautalité (Sivom,…) à tiroir qui compliquent et alourdissent financièrement les coûts de gestion, il serait nécessaire d’opérer un regroupement autoritaire des communes.

 

Suppression de l’échelon départemental, 6 à 8 grandes régions dotées d’un véritable exécutif et des moyens financiers et d’action y afférents, moins de communes et de véritables collectivités locales en milieu rural ayant l’autorité et les moyens financiers pour agir, telle serait une France moderne, active et en mesure de développer une politique sociale, culturelle et économique avec ses partenaires les plus proches de la communauté européenne.

Hormis la cohorte de notables locaux touchés par ces réformes (soit l’ensemble de l’exécutif des 100 conseils régionaux, une bonne partie des régions et un nombre important de maires et de conseillers municipaux) qui peut s’opposer à une telle réforme ?

Deux objectifs seraient ainsi atteints : une très sérieuse baisse des coûts de fonctionnement de ces institutions, une meilleure lisibilité des échelons locaux quant à la mise en œuvre des politiques régionales et européennes.

 

Enfin, en reprenant à notre compte les audaces en leur temps du Général De Gaule ne faudrait-il pas revoir notre système bi-caméraliste, ne pourrait-on pas utilement réformer le Sénat et le replacer dans un rôle purement consultatif en le fusionnant avec le conseil économique et social ?

Ne faudrait-il pas revoir la place de l’Assemblée Nationale qui devrait être le véritable lieu de réflexion et d’élaboration des lois, pour cela encore faudrait-il avoir la courage de revisiter la Constitution et le partage des pouvoirs entre la Présidence de la République, le Premier Ministre et l’Assemblée, et donner aux parlementaires des moyens réels de travail et d’opposition à la toute puissante Haute Administration Française.

 

UN ETAT PLUS MODESTE, DONC PLUS ECONOMIQUE.

 

Avec plus de simplicité, l’Etat pourrait se montrer plus modeste avant d’exiger de ses administrés des sacrifices sur leur système de retraite ou de santé. Des gouvernements plus restreints …mettons fin aux ministères gadgets relevant de la communication politique, lesquels sans administrations n’ont, non seulement aucun moyens d’agir, mais entravent l’action des autres ministères et pèsent inutilement sur les coûts de fonctionnement de l’Etat. Est-il nécessaire de laisser se perpétuer l’installation des cabinets ministériels dans les hôtels particuliers de l’ancienne noblesse chassée par la Révolution ? Vendons ce patrimoine coûteux à l’entretien, installons les cabinets ministériels dans des bureaux standards, comme n’importe quelle grande entreprises à l’image des autres pays européens ; Qu’il soit nécessaire d’une certaine pompe pour la Présidence de la République, l’Hôtel Matignon et le Quai d’Orsay on peut l’admettre, mais l’Intérieur, les Armées, l’Education Nationale ou l’Agriculture ? Et à vivre et à travailler comme n’importe quel autre citoyen nos élites politiques y gagnerait à plus de simplicité et une meilleure intégration dans la société ce qui pourrait leur éviter les égarements dont ils ont fait preuve ces dernières années.

 

On a multiplié exagérément les établissements publics de tout ordre (EPIC, EPA …), contrôlons les fonds dont ils disposent et plus particulièrement les réserves considérables qu’ils ont accumulés, stérilisant inutilement des fonds publics faisant cruellement défauts dans d’autres administrations. Nommons une mission d’investigation pour mettre fin à ces abus.

Enfin poursuivons la moralisation déjà entreprise des « fonds spéciaux », si une partie du travail a été fait en ce qui concerne les fonds secrets distribués aux cabinet ministériels, la même transparence et clarification devraient être entreprise en ce qui concerne les budgets de fonctionnement de l’Assemblée Nationale et du Sénat.

 

Sur l’ensemble des politiques, la cour des comptes établit chaque année la liste des abus et chaque année ceux-ci se poursuivent sans véritables conséquences pour leurs auteurs.

Un tel Etat lesté de « ces prétentions douteuses » serait sans aucun doute plus crédible pour entreprendre les « réformes douloureuses » dont on nous rabat les oreilles.

 

UN ETAT PLUS SOCIAL, DONC PLUS APAISE.

 

Faut-il rappeler cette vérité première, que la meilleure manière de réduire les déficits c’est de réduire le nombre des chômeurs. Présentement la politique ultra libérale mise en œuvre au nom d’une liberté d’entreprendre et d’une mondialisation de l’économie a consisté à mettre à la rue des centaines de milliers de travailleurs et d’en précariser un nombre tout aussi important. Une réduction volontaire par une relance de l’emploi de 500 000, un million de chômeurs aurait un effet immédiat sur les comptes de la SS, les caisses de retraite et l’assurance chômage. Le phénomène s’est déjà produit il y a quelques années lorsque Lionel Jospin comme Premier Ministre déterminait et conduisait la politique de la France.

 

Une politique sociale n’entraîne pas seulement des dépenses supplémentaires, elle génère aussi des effets-retours sur les déficits et les équilibres économiques ; qu’il s’agisse de la réduction du temps de travail, laquelle libère des emplois et génère une véritable économie du temps libre, ou de la retraite à 60 ans qui libère des emplois pour les plus jeunes et abonde de la même manière une économie du temps libre, et rend les retraités disponibles pour l’animation bénévoles des associations sportives, culturelles et caritatives dont la société a tant besoin pour panser les plaies du libéralisme économique.

 

Les emplois jeunes ont fait la preuve de leur efficacité dans l’Education notamment. Leur disparition a affecté gravement le fonctionnement des écoles, des collèges et des lycées. L’absence de dialogue et d’écoute, le refus de la concertation, l’engagement de réformes portées par une haute administration autiste, coupée des réalités a un coût économique considérable direct par l’effet des grèves, indirect par la démotivation qui inévitablement s’installe. Comment a-t-on pu laisser s’installer successivement un tel climat de désarroi chez les enseignants, puis chez les intermittents du spectacle et enfin les chercheurs ?

 

UN ETAT COMPTABLE DE TOUTES ET DE TOUS.

 

L’économie de « courte vue » qui prévaut aujourd’hui n’a pas la capacité d’envisager les économies « induites ». Dans une perspective strictement comptable, elle se refuse a comptabiliser l’impact d’un système scolaire amélioré, l’incidence d’une politique en faveur des personnes âgés sur les coûts de santé, l’effet du ferroutage en contrepoids de la surcharge des autoroutes.

 

Le libéralisme économique impose à tous les effets dévastateurs de l’accélération de son mode de pensée, de sa culture de « l’instant », de son déni de tout ce qui n’est pas comptable.

Comme toute idéologie il a réussi à pénétrer les esprits, il s’est joué de la chute du mur de Berlin et de la fin du communisme comme d’un argument définitif quant à son unique autorité sur le monde. En clair après avoir imposé le point de vue d’un monde qui serait ou noir ou blanc (ignorant obstinément le gris…) il a proclamé la victoire du blanc …

 

Et bien non, il n’y a aucune fatalité à accepter ce point de vue, certes obsédant, mais qui n’est qu’un point de vue dans un monde où se côtoient trente cinq milliards de variété de la vie …non, décidément non il n’y a aucune raison de croire que la régression sociale, la prétendue « mobilité » des individus seraient le seul point de sortie de la crise actuelle.

A l’absence de futur, au pessimisme tout terrain que nous côtoyons et à la régression sociale comme tout horizon, nous opposons résolument l’esprit de découverte, la conquête de nouveaux droits,  la liberté,  l’insolence, le savoir,  la connaissance, le progrès et la justice.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 17:40

Louise-Michel1.jpgDans ces temps où certains disent ne plus très- bien savoir ce qui distingue la gauche de la droite, il est temps de retourner aux sources. Louise Michel est l’une de ces sources d’inspiration pour la gauche, elle a participé à confectionner le cœur même de la gauche. Egérie de la Commune, elle est une légende du mouvement ouvrier. Jamais elle n’a fléchi dans son soutien indéfectible à la République sociale qu’elle appelait de ses vœux. Jusqu’à la fin, elle est morte à 74 ans, elle résista.

 

Des origines…

Louis est née le 29 mais 1830, dans un petit pays que je connais bien Vroncourt, en Haute Marne. La Haute Marne tente de maintenir au mieux la mémoire de celle qu’on appelait la Vierge Rouge. Vroncourt, Audeloncourt et Auberive garde le souvenir de cette jeune femme éprise de liberté et d’égalité. Elle est la « bâtarde », fille de la bonne du château Marianne Michel, on ne saura jamais si le châtelain Laurent Demahis, père ou fils, a été son père. Elle connaitra un début d’enfance heureuse, entouré par ses grands parents adoptifs Demahis. Elle grandit, poussée par l’instruction et sous la férule d’un Voltaire et d’un Rousseau.

A la mort des Grands Parents, sa mère et elle, seront chassées du Château. La veuve de son père présumé lui remettra un petit pécule à la vente du château

Comme il y a une morale, ce dernier déjà passablement en ruine en 1830, ne survivra pas à ses occupants. Il ne reste aujourd’hui plus aucune trace du Château. Aujourd’hui une stèle a été élevée par les pouvoirs publics pour commémorer et rappeler le passage et les origines de Louise Michel.

 

C’est à Chaumont que l’on retrouve sa trace en1851 où elle fait des études pour être institutrice. Elle obtient son brevet de capacité et ouvre aussitôt, pas loin de son village natal, une école libre à Audeloncourt en 1852 à l’âge de 22 ans. En avance sur son temps, elle dénonce les sévices corporels et met en place une pédagogie ouverte, reposant sur la confiance, la liberté et l’égalité. Elle commence à bâtir l’école laïque.

 

Aujourd’hui, plus de trace, alors que sa famille a continué à vivre ici. Des cousins lointains de Louise Michel, aujourd’hui professeur d’histoire à Metz expliquent ce peu d’empressement par son image : « « Louise Michel, c’est la vierge rouge, c’est celle qui a brûlé l’hôtel de ville à Paris, c’est la bagnarde,(…)  elle fait partie de cette face noire de la République que l’on n’aime pas. »

 

Paris, la révélation.

Elle ouvre une seconde école à Clefont, puis part pour Paris  En 1855, elle enseigne à Paris rue du Château d’Eau, dans la pension de Mme Voilliers. Elle commence à écrire et fréquente les cercles publics socialisants et anarchistes.  Elle publie ses premiers textes sous le pseudonyme d’Enjolras. Elle débute une longue correspondance avec Victor Hugo qui lui dédiera son poème Viro Major et lui prédira un grand destin. C’est l’époque où elle se lie avec Jule Vallès, Eugène Varlin et collabore aux journaux d’opposition à l’Empereur comme Le cri du peuple. Elle se rapproche d’Auguste Blanqui et de ses thèses socialistes. Elle prône la révolution, devient secrétaire sociétaire de l’Union des poètes et surtout secrétaire de la Société démocratique et de moralisation, œuvrant pour la solidarité ouvrière.

Elle fait une connaissance qui va la marquer pour toujours : Théophile Ferré, militant blanquiste, dont elle tombe amoureuse. Puis c’est Sedan, la chute de l’empire, les allemands sont aux portes de Paris ; Paris affamé, elle organise une cantine pour ses élèves et crée le Comité de vigilance des citoyennes du 18e arrondissement. Féministe et socialiste… elle aborde le tournant de sa vie : la Commune de Paris.

 

La commune de Paris.

Elle rencontre Georges Clemenceau, alors Maire de Montmartre, elle participe à toutes les réunions, mêlant femmes, enfants, vieillards, ouvriers pour organiser la défense de Paris. Elle à 40 ans, nous sommes en août 1870, Thiers essaye alors de réorganiser un semblant de gouvernement à Versailles, loin de Paris et de ses comités révolutionnaires.

 

Louise est activiste, elle veut aller à Versailles, écraser Thiers qui incarne la République bourgeoise et réactionnaire. Thiers ne dispose pas encore de troupe. Elle s’engage dans la garde au 61e bataillon de Montmartre comme ambulancière et comme combattante ; on la verra à l’assaut de l‘hôtel de ville le 22 janvier 1871. Elle sera de toute les barricades au risque de sa vie : à Clamart aux portes de Paris, à Issy-les-Moulineaux, Neuilly, sur la barricade de Clignancourt en mai 1871 ; ce sera sa dernière bataille. Sa mère a été arrêtée par les Versaillais, elle se rend pour la faire libérer. C’est la fin. C’est l’époque où la presse bourgeoise et versaillaise la surnomme la Louve Rouge.

 

L’exil.

Elle est détenue au camp de Satory et assiste impuissant à l’exécution de ses amis, dont son grand amour Théophile Ferré. Elle lui dédie son splendide poème : Les œillets rouges. Parce que femme, elle ne sera pas exécutée.

 

Faite prisonnière lors de l'écrasement de la commune, elle assiste aux exécutions, comme femme elle échappe à la peine de mort. Sa célébrité est alors immense, idolâtrée par les communards, haïe par les Versaillais. C’est alors que le peintre officiel Jules Girardet saisit cette actualité sous la forme du tableau Louise Michel haranguant la foule au moment de son arrestation. Elle est aussi pour tous ces biens pensants : La Louve avide de Sang..

 

Réclamant la mort à son tribunal, elle sera déportée en Nouvelle Calédonie, après un bref passage dans sa Haute Marne natale à l’abbaye d’Auberive.

 

Nouméa.

Elle embarque en août 1873 et restera sept années en Nouvelle Calédonie. C’est au cours de sa détention qu’elle fera la connaissance d’Henri Rochefort et Nathalie Lemel. Elle y développera ses thèses anarchistes. Toujours fière et exemplaire, elle ne pliera pas, elle créera le journal Petites Affiches de la Nouvelle Calédonie. Elle obtiendra l’autorisation d’ouvrir une école à Nouméa. Clemenceau débordant d’admiration pour elle entretiendra une longue correspondance, et lui adressera régulièrement des mandats pour la soutenir dans son action.

 

Durant ces sept années, elle résistera, s’emploiera à l’instruction des canaques et les incitera à lutter contre les colons. Puis c’est l’amnistie de 1880.

 

Le retour de Louise en France.

Son retour à Dieppe est triomphal, sa célébrité n’a fait que croitre en son absence, portée par la propagande des socialistes et des anarchistes. Elle reprend, inlassablement, son activité militante. Elle commence à écrire son ouvrage La Misère, publié sous forme de feuilletons. C’est un immense succès littéraire et politique.

 

Elle est, dans le débat politique, résolument anarchiste et proclame le 18 mars au meeting de la salle Favié à Paris : « Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions». Elle continue à manifester, elle même avec les ouvriers, le 9 mars 1883, manifestation qui dégénère en pillage de rues. Recherchée, elle se rend et passe en jugement ; elle est condamnée à 6 années de prison pour pillage ; elle est graciée une fois de plus, en 1886 par le président de la république Jules Grévy.

Pourtant elle reprend la bataille en prenant fait et cause pour les mineurs de Decazeville où elle va les exhorter à la grève en compagnie de Jules Guesde et Paul Lafargue. Condamnée une fois de plus à quatre mois de prison.

 

Elle se prononce contre la peine de mort et est blessée de deux coups de révolvers au cours d’un discours au Havre au théâtre de la Gaîté. Elle refuse de porter plainte ; elle conservera toute sa vie la balle logée dans son crâne. Elle sillonne la France de meetings en meetings, réunissant des foules sans cesse de plus en plus nombreuse. A 60 ans, elle est encore arrêtée suite à un meeting, elle se débat dans sa cellule. La police veut la faire interner comme folle ; les autorités s’y refusent par peur des réactions populaires.

 

Puis c’est le départ pour Londres en 1890 où elle se réfugie et y crée, une fois  encore une école libertaire. En 1895, elle est de retour à Paris, accueillie par une foule populaire et en liesse à la gare Saint Lazare.

S’en suit dix années de parcours militants, où la police la traque systématiquement, elle sera encore condamnée et encore graciée, cette fois par Clémenceau venu aux affaires. A 74 ans, elle se rend encore en Algérie pour une tournée de conférence et de meeting.

 

Elle meurt le 9 janvier à Marseille des suites d’une bronchite.

 

Le 22 janvier 1905, une foule immense accompagne son cortège funèbre, ces funérailles, comme sa vie, seront l’occasion d’un meeting où prendront la parole de nombreux orateurs, dont le Vénérable de la Loge de la Fraternité Universelle. Maçonne de cœur, elle n’avait jamais été vraiment initiée, elle fut reconnue à sa mort comme membre de la maçonnerie.

 

Une vie toute entière dédiée à l’école dont elle ne cessa jamais, où qu’elle soit, de s’inquiéter, à la lutte, elle ne baissa jamais les bras, à l’insoumission, elle ne reconnut jamais aucun pouvoir en place, à la fraternité car elle s’est toute sa vie sentie sœur des hommes de tous les hommes oppressés et exploités.

 

 

 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 15:09

Fiscalisation des allocations familiales et désindexation des retraites.

 

Famille2.jpgVoilà la rumeur qui courre sur le complément de plan de rigueur que concocte  le gouvernement pour le budget 2014. Depuis ce matin, c’est cette chanson que l’on entend en boucle sur les médias, on va « taper » sur les allocations familiales et les retraites. Quel beau signal envoyé à l’opinion pour un gouvernement socialiste… plus d’un d’entre eux doit être perplexe à ce jour…

 

Après les différents épisodes en zig zag sur le déficit budgétaire et la prévision du taux de croissance, le gouvernement a fini par heurter le mur du réel, brutalement… les 3 % chèrement promis sur tous les tons ne seront pas atteints. La séquence suivante enchaine donc sur les efforts qu’il faut encore consentir : ce seront les familles et les retraités.

 

Ce gouvernement a-t-il seulement la conscience des « reculs » historiques qu’il inflige à la gauche et ses thématiques phares ?  C’est donc le premier président de la cour des comptes, Didier Migaud qui ouvre le bal : « "Les prestations familiales, les allocations familiales, le fait qu'elles soient fiscalisées ou pas, c'est un sujet qui peut être mis sur la table". De son côté le ministre de l’économie et des finances Pierre Moscovici se retranche sur les résultats attendus de la mission confiée à Bernard Fragonard, ancien président de chambre à la cour des comptes et présentement président délégué du haut Conseil de la famille.…

 

On voit bien le tour de passe passe, un avis de haut expert plus un rapport et la justification serait établie aux yeux du gouvernement.

 

C’est donc la politique familiale, pilier ayant résisté à toutes les tempêtes politiques, qui se verrait démâté… outre que les allocations familiales seraient soit plafonnées, soit intégrée dans le calcul de l’impôt sur le revenu, il est un autre dispositif lié au retraite qui se verrait tout aussi rogné.

 

Il, existe pour le calcul des retraites une majoration de 10 % à partir de trois enfants, jusqu’ici cette majoration ne rentrait pas dans le calcul de l’impôt. Sa réintégration prévue rapporterait ainsi 800 millions d’euros à l’état. Il n’y pas de petits profits, si misérables soient-ils. La fiscalisation dans son ensemble de ces revenus liés à la famille pourrait combler les 2,6 milliards d’euros de déficit de la caisse nationale des allocations familiales (CNAF).

 

Dans le même élan « inspiré » la désindexation des retraites apporterait encore 1 milliard d’euros en 2014 et passerait à 6 ou 7 milliards en 2020.

 

Evidemment l’UMP crie au loup, pourtant ce sujet n’était pas étranger à ses propres réflexions quand Bruno Lemaire en août 2011 envisageait de « verser une allocation dès le premier enfant et étudier en contrepartie une fiscalisation totale ou partielle des allocations familiales ?" Cette proposition avait alors suscité un tollé, particulièrement du côté de la Droite Populaire : "il serait dangereux de remettre en cause les fondements de la politique familiale de la France. Son financement doit être assuré, mais il ne peut en aucun cas s'appuyer sur une fiscalisation des allocations versées".

 

Nous sommes là au cœur même d’un sujet éminemment politique : la famille, à un moment où le gouvernement en faisant passer sa loi sur le Mariage pour tous a déjà mobilisé le ban et l’arrière ban des conservateurs français de tout poil, qui y voient une négation dangereuse de la Famille.

 

Le débat risque d’être sulfureux.

 

Si la France mène depuis l’après guerre une politique de soutien à la famille, elle n’occupe plus que la 8e place en Europe (2007 – source EUROSTAT), elle consacre 2,6 % de son PIB aux dépenses familiales. Le Danemark (3,88%), la Luxembourg (3 ,7%), l’Allemagne (3,29%), la Suède (3,14%), la Finlande ? l’Islande et la Norvège font donc mieux.

 

Pourtant la France affiche un des meilleurs taux de natalité d’Europe, à savoir un taux de fécondité de 2,01 enfants par femme (2010). Elle se place ainsi au 2ième  rang, après l’Irlande, de la CEE. Sa politique familiale menée depuis l’après guerre ne doit pas y être étrangère.

 

La politique familiale est un pivot de la politique tout court, d’autant plus qu’elle s’exerce en lien directe avec celle des retraites. Jacques Bichot, dans « les politiques sociales en France au XXième siècle » estimait que : «la politique familiale est la conséquence de la prise en charge collective des échanges entre générations ». Les enfants des retraités ne sont plus là simplement pour assurer le paiement des retraites de leurs parents, c’est bien la collectivité qui par le système des retraites par répartition qui l’assume. Il poursuit par : « Ce ne sont pas les cotisations vieillesse qui préparent les pensions des actifs actuels ; c’est la mise au monde des enfants, leur entretien et leur formation ».

 

Ce n’est donc pas innocent de prendre le risque de « toucher » au dispositif. L’état est responsable devant l’avenir de ces échanges entre générations. Garant de l’égalité des chances et de la pérennité du dispositif, politique familiale et politique des retraites sont intimement liées. C’est pourquoi ces annonces risquent d’ébranler fortement la société française, jusqu’à jeter des foules entières sur le pavée des rues conspuant les socialistes…

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 18:30

Alerte : 

Nicos Anastasiades, un temps annoncé vainqueur dès ce soir, a obtenu 45% des voix. Il sera opposé à Stavros Malas (27%) au second tour.

 

Voilà une nouvelle qui ne va pas dans le bon sens pour obliger le navire chypre.jpegEurope à changer de cap. Le président sortant Demetris Christofias ne se représentait pas. Ce serait donc Nicos Anastasiades, candidat du principal parti de droite, qui aurait remporté ce dimanche l'élection présidentielle de Chypre et ceci  dès le premier tour.

 

Chef du parti Disy, Anastasiades devrait recueilli 51,1% des voix, nettement devant son principal adversaire Demetris Christofias 27,3 % soutenu lui par le parti communiste Akel du président sortant. C’est donc un sévère camouflet pour celui-ci, qui s’explique aussi par les divisions de la gauche sur l’île. En effet les socialistes avaient de leur côté leur propre candidat Giorgos Lillikas qui n’obtiendrait que 18 % derrière le candidat communiste.

 

Le candidat socialiste était bien le seul à rejeter le plan de sauvetage de Chypre concocté par Bruxelles et ses maigres 18% de voix ne pèsent désormais plus très lourd dans la balance des décisions qui vont se prendre.

 

Ce petit pays, avec 54 500 habitants, et qui ne représente que 0,2% du PIB européen, pose un sérieux problème aux instances européennes. Rapporté à sa taille il affiche le deuxième déficit au monde après l’Indonésie, rien que 50% de son PIB ! Lequel serait en fait de 92% si on y ajoute son besoin pressant de trouver 7,5 milliards d'euros pour boucler son budget et être capable de payer les intérêts de sa dette qui courre.

 

Ajouter à cela la crise politique et internationale non résolue de l’île depuis 1974 avec la division de l’île en deux zones, l’une sous contrôle turc, l’autre sous contrôle grec qui empoisonne le dossier d’admission de la Turquie.

 

Si la prise de contrôle de la droite de l’île favorisera les négociations avec le FMI et la Banque Centrale Européenne, elle ne permettra pas le rééquilibrage politique dont l’Europe aurait bien besoin pour mener une politique de relance, indispensable si on en veut pas voir l’ensemble du continent submergé par une crise sociale et économique sans précédent.

 

Dans les jours qui viennent la parole va être donnée aux électeurs italiens, qui dans l’attente d’un nouveau Pape, vont devoir y regarder de plus près pour savoir qui méritera de la droite, de la gauche ou du centre de gouverner leur pays. De leur réponse dépendra aussi le nouvel équilibre politique à venir en Europe.

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Published by Jean Pelletier - dans Politique Internationale
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 17:47

Bruxelles, après l’épisode de la vache folle vient d’autoriser à nouveau imgres.jpegl’usage des farines animales pour nourrir les poissons. En France, la Ministre en charge de l’écologie Delphine Batho (PS) s’en inquiète, jusqu’à le déplorer. N’y a-t-il pas sur émotion de sa part après l’affaire de la viande de cheval ?

 

Ah ! Les politiques toujours à la recherche d’une émotion qui pourrait les rapprocher un peu plus des électeurs. Plutôt que de travailler leurs dossiers sur le fond, ils communiquent… Mme Batho n’échappe pas à la règle. Quel sens a son intervention ? Qu’elle souhaite la création d’un label définissant la qualité de ces farines, pourquoi pas.


On est un peu effaré quand elle avoue, innocemment  «Je n’avais pas vu cette décision qui datait du mois de janvier et qui a été rendue publique la semaine dernière par la Commission européenne, et j’en pense le plus grand mal». Elle a des services, qui devraient la tenir informée.


Désarmante, elle affirme : «Ce n’est pas dans la logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons.


Oups, elle a oublié de réviser ses manuels scolaires : les poissons que nous mangeons sont carnivores ! Certes ils n’ont pas l’occasion de manger du cochon… mais bref, ils mangent leurs congénères !


Enfin je croyais naïvement qu’être écologique c’était lutter contre le gâchis et cette filière de farine correspond justement à ce souci de bonne récupération.

Bon, elle ne consulte pas ses services, mais tout de même cette décision de Bruxelles a été prise, principe de précaution oblige, après l’avis d’experts dûment mandatés.


Bon, si mes amis socialistes, avant de s‘engouffrer dans la brèche de la bêtise voulait bien prendre connaissance de l’avis de Jean-Louis Peyraud, directeur de recherche à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) : «Attention, il faut éviter toute confusion. Il ne s’agit en aucun cas des farines animales des années 90, mais de protéines animales transformées [PAT].».


Que les associations de consommateurs exigent un étiquetage clair pour indiquer qu’un poisson a été nourri avec des farines animales, va donc le bon sens de la transparence.

Pour information auprès nos écolos de salon, Le même Jean-Louis Peyraud explique : «Après l’interdiction des farines animales, les aquaculteurs ont dû recourir à des farines de poisson, de soja ou à de l’huile de palme, ce qui a eu un coût environnemental élevé», et de conclure : «Techniquement et écologiquement, réutiliser ces sous-produits est un bon choix. Mais il existe un réel problème d’acceptabilité sociale.».


Le rôle de notre ministre de l’écologie ne devrait pas être justement de faire la pédagogie nécessaire pour expliquer cela, au lieu d’induire en erreurs nos chères têtes blondes ?

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  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
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L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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Bonne lecture.
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