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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 17:36

harlem-shake.jpgCe nouveau phénomène fait le buzz mondial sur internet et You Tube. Il devient même en enjeu de libertés individuelles dans un certain nombre de pays. Définition : le « Harlem shake » est une vidéo tournée dans des lieux insolites et filmant un groupe de personnes, habillées (ou pas) de manière loufoque et dansant sur l’air de Harlem shake (musique électronique) du compositeur Baauer (en).

 

En quelques semaines la 1er vidéo a fait le tour du monde sur le site You Tube, partagée des millions de fois. Aujourd’hui elle se duplique sur tous les modes, tous les lieux. Postée la 1er fois le 2 février 2013 elle présente quatre personnes déguisées à outrance et se déhanchant de manière absurde. Immédiatement elle est suivie d’une seconde vidéo déclinant la 1er sur le même air avec des skateurs australiens. Le principe : un déhanchement du buste et des épaules sur le rythme de la musique.

 

Maintenant les défis sont de tous ordres, plateau télé, caserne militaires plongeurs sous-marins, cour d’écoles et d’amphis de fac, bureaux bien sage, et bureaux de fous…

 

Quelques mots sur les paroles de la chanson Con los Terrorisas : ce qui veut dire « avec les terroristes ». Les dadaïstes doivent se régaler du fin fond du début du 20ième siècle. La provocation est extrême. Il y a un synopsis de base. Premier temps un personnage au milieu d’une assemblée ou un groupe de personnes calmes, gesticule sur la musique. Deuxième temps les mêmes apparaissent nus ou habillés de façon burlesques et dansent à leur tour dans un désordre total ; L’ensemble est toujours assez réussie et inventif. Chacune de ces séquences durent 15 secondes. Le simulacre d’actes sexuels fait partie parfois du lot commun.

 

Quelques statistiques : au bout de 9 jours ce sont 11 000 répliques qui sont mises en ligne, cela fait tout de même 44 millions de vues. Au 15 février nous en sommes à 25 000 séquences et 120 millions de vues sur You Tube. Le défi est mondial, intégrée par les institutions (les grandes marques, les banques, les assurances, les shows télévisés…et même l’armée), mais c’est devenu aussi un instrument de luttes politiques comme en ce moment même en Tunisie.

 

Aujourd’hui même, vendredi, les étudiants tunisiens ont prévu d’en tourner une en face du ministère de l’éducation en signe de provocation et de protestation contre les ligues salafiste de protection de la révolution.

 

Les islamistes la dénoncent et les jeunes progressistes laïques la revendiquent comme une arme de lutte pour une plus large démocratisation de la Tunisie. La bagarre a commencé il y a quelques jours quand les élèves de l’Institut des langues Bourguiba se sont affrontés avec les islamistes autour du tournage d’un Harlem Shake. Il faut dire que le principe de cette intervention de rue filmée à de quoi choquer les plus intégristes d’entre eux, nudités, sexe, parodie de religion, tout y est pour les excéder au maximum.

 

Phénomène planétaire ludique dans un premier temps, le Harlem shake devient un instrument de lutte contre tous les extrémistes et l’étendard de ceux qui revendiquent la liberté d’expression et de création ; vieux débat, vieux comme le monde !

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 15:24

seminaire-du-numerique.jpgLe numérique a un impact sur les industries de la culture, mais c’est aussi un facteur de croissance pour l’économie toute entière. Dans la compétition internationale qui se joue, c’est une « marche » à prendre impérativement. Le gouvernement précédent avait été particulièrement incantatoire sur le sujet, mais il faut reconnaitre qu’à part la sinistre et trop célèbre Hadopi, il ne reste pas grand chose. Jean-Marc Ayrault a décidé de prendre le sujet à bras le corps et a réuni un séminaire hier. La « fracture numérique » a encore de beaux jours devant-elle en France et toute initiative tendant à la réduire sera la bienvenue.

 

Etat des lieux : le bilan du Quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy nous avait bien déçus sur ce dossier; malgré les lois DADVSI et Création et internet et de multiples missions (Olivennes, Zelnick…), il ne nous a laissé en héritage que l’HADOPI, une carte musique qui n’a pas marché.

seminaire-du-numerique03-copie-1.jpgSes ministres en charge du numérique Eric Besson et Nathalie Kosciusko Morizet n’ont rien fait pour les entreprises du numérique, si ce n’est créer un ixième conseil celui du Conseil National du Numérique (avec 0 représentants des utilisateurs…) où la ministre a nommé son propre frère à sa présidence.

 

Mais Sarkozy, c’est aussi le président qui avait vendu le système de filtrage des communications à la Lybie de Kadhafi. C’est aussi le président de l’accord BNF/Google.sur la numérisation des documents, pas glorieux cette marchandisation du domaine public. Nicolas Sarkozy, c’est aussi la France en perte de vitesse sur le numérique, avec aucune adaptation spécifique dans l’enseignement mise en œuvre.

 

Séminaire numérique.

Pour les habitués la nouvelle n’a rien de sensationnel, échaudé par tant de déception depuis des années, mais bon le gouvernement a tenu hier un séminaire dit « numérique » à l’Université de Cergy Pontoise.

Les propos semblent indiquer une juste prise de conscience des enjeux : on a parlé de « nouveau modèle de société » et fait le constat que la révolution numérique « bouleversait nos vies. ».

Ce séminaire était toutefois incomplet, puisque l’interministériel n’avait pas jugé bon d’y convoquer l’Education, la justice, l’intérieur et l’économie.

Voici, ce qui est ressorti de cet échange de vue :

-      Ouverture des données publiques

-      Mise en ligne des formations universitaires

-      Plan de numérisation des livres

-      Soutien financier aux acteurs de l’e-commerce

-      Création d’une option numérique au lycée

-      Elargissement de la couverture haut débit (100% à 10 ans)

-      Réforme de la fiscalité numérique (suite du rapport Collin & Colin remis au gouvernement)

-      Un grand projet de loi sur la protection des droits et libertés numériques (promise pour 2014).

seminaire-du-numerique01.jpgIl semblerait que la politique du coup à coup soit finie, et qu’il y est là un ensemble de mesures cohérentes. Fleur Pellerin, en charge du numérique au gouvernement, va avoir fort à faire pour suivre ces 18 mesures annoncées et en rendre compte. Le 1er Ministre a pris l’engagement de réunir un autre séminaire gouvernemental dans un an.

 

Jeunesse

·         Mesure n° 1 : L’entrée du numérique dans les enseignements scolaires

·         Mesure n° 2 : Une politique ambitieuse de formation des enseignants aux usages du numérique, avec notamment la formation de 150 000 enseignants en deux ans

·         Mesure n° 3 : Lancement du projet « France Universités Numériques » en 2013

·         Mesure n° 4 : Renforcer les formations aux métiers du numérique

·         Mesure n° 5 : Faire du numérique une chance pour les jeunes peu qualifiés

Compétitivité des entreprises

·         Mesure n° 6 : Création de quartiers numériques dans les territoires

·         Mesure n° 7 : Financement de technologies numériques clés à hauteur de 150 M€ et soutien à la recherche et à l’innovation

·         Mesure n° 8 : Financement de la « numérisation » des PME/ETI grâce à 300 M€ de prêts bonifiés

·         Mesure n° 9 : Le Très Haut Débit pour tous dans 10 ans

Aspects sociétaux

·         Mesure n° 10 : Développer les Espaces Publics Numériques pour faciliter l’accès aux outils numériques

·         Mesure n°11 : Généralisation de la délivrance de certificats diplômants sur l’utilisation des outils numériques pour les demandeurs d’emploi et les personnes en emploi les moins diplômées

·         Mesure n° 12 : Rétablir notre souveraineté fiscale

·         Mesure n° 13 : Une loi sur la protection des droits et des libertés numériques (qui devrait être présentée au Parlement « début 2014 au plus tard »)

·         Mesure n° 14 : Numérisation du patrimoine culturel L’action publique sera modernisée grâce au numérique

·         Mesure n° 15 : Faire de l’ouverture des données publiques le levier de la modernisation de l’action publique

·         Mesure n° 16 : Refonder la stratégie de l’État en matière d’identité numérique

·         Mesure n° 17 : Territoire de soins numérique, moderniser l’offre de soins en mobilisant les technologies numériques

·         Mesure n° 18 : Contrôle de l’exportation des technologies de surveillance de l’Internet

Le détail des mesures.

http://static.pcinpact.com/medias/numerique_v4.pdf

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 10:55

pantheon1.jpgLes commentaires et les hommages ont été très nombreux mercredi à l’annonce du décès de Stephane Hessel à 95 ans. Ils ont tous salué le parcours étonnant de cet homme qui a tout connu du XXème siècle : deux guerres meurtrières, la shoah, la décolonisation et qui a su aborder sa dernière ligne droite au XXIème siècle en mobilisant des millions de jeunes et moins jeunes sur tous les continents avec un seul cri, celui de sa vie entière : Indignez-vous !

 

Homme du vieux monde et du nouveau monde, il incarne les luttes nouvelles : celle de l’environnement, la défense des sans papiers, les rondes et les occupations pour protester contre la misère et l’exclusion. En ceci il est le digne héritier de Victor Hugo en partageant les valeurs universelles de liberté, égalité, fraternité auxquelles il ajoute la solidarité.

 

Son entrée au Panthéon aurait une immense signification. Ce serait pour les générations à venir un symbole nouveau, le lien entre les Illustres du passé et l’Illustre d’aujourd’hui. La reconnaissance d’un grand républicain qui transcende les clivages politiques.

 

Cet appel à l’indignation face à toutes les misères, toutes les exclusions et toutes les injustices qu’il nous laisse en héritage fait partie du « bien » commun » de la République. C’est pourquoi il faut signer la pétition adressée au Président de la République François Hollande pour que Stéphane Hessel entre à son tour au Panthéon rejoindre la cohorte de toutes ces voix illustres qui se sont tues, mais qui murmurent encore aux oreilles des partisans : « Résistez… »

 

http://www.avaaz.org/fr/petition/Stephane_Hessel_au_Pantheon_1/

 

Par ces temps de disette humaniste, dans ce monde qui va mal aux horizons indistincts, il serait plutôt sain d’honorer un homme qui su tout au long de sa vie insuffler le courage avec une courtoisie à toute épreuve.

 

Bien sûr il y aura (il y a déjà eu) des voix pour s’élever et s’opposer à cette proposition. Mais ceux qui pourraient devenir ses compagnons dans le temple laïc de la mémoire républicaine eurent en leur temps nombres de contradicteurs aussi.

Qui peut proposer cet honneur ? Ce droit appartient au président de la république. C’est donc à François Hollande que s’adresse cette pétition. Rappelons que la famille peut s’y opposer, il y a des antécédents célèbres : Charles Péguy et Albert Camus plus près de nous où son fils jean s’est opposée en 2009 à la proposition de Nicolas Sarkozy. C’est un droit coutumier, aucun texte ne le prévoit. Mais les présidents ont tous eu à cœur de marquer leur époque par des transferts au Panthéon symboliques. La plus célèbre est sans conteste celle de Jean Moulin avec le discours historique que prononça André Malraux à cette occasion. Qui lui même fit son entrée au Panthéon le 23 novembre 1996 à l’initiative de Jacques Chirac

 

Quel plus beau geste pour la deuxième année du quinquennat de François Hollande de mettre au cœur de la France cet hommage à l’homme de droit et de cœur que fût Stéphane Hessel !

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 17:30

 

vieux.jpg70% des français se disent dans l’attente de la mise en place d’un nouveau système d’assurance de la dépendance, prêt à mettre la main au porte monnaie s’il le fallait. Chirac l’avait promis, avant d’y renoncer pour des raisons budgétaires. Sarkozy avait repris la promesse à son compte avant d’y renoncer à son tour ; Le renoncement est visiblement un sport national que pratiquent les présidents français.

 

Cette fois, c’est sûr nous dit-on. C’est Michèle Delaunay, ministre délégué aux personnes âgées et à l’autonomie qui l’annonce. La réforme serait sur les rails…Il a fallu pas moins de trois rapports mis en chantier par le gouvernement sur la dépendance et la perte d’autonomie pour avancer. Ils sont sur le point d’être remis officiellement au 1er Ministre. La ministre en tire satisfaction pour prendre l’engagement que "La loi sera prête fin 2013, et nous utiliserons ces rapports pour bâtir notre réforme".

 

Espérons que cette annonce sera cette fois la bonne, car le sujet est brûlant et urgent. Les données sont connues depuis un bon moment, ce sont les solutions qui posent problème dans un contexte de rigueur générale. Mais les français sont déjà confrontés directement au problème ou sur le point de l’être. Les retraites actuelles, et ne parlons pas des futures visiblement menacées, ne suffissent pas pour faire face aux dépenses liées à la perte d’autonomie. Certaines aides existent déjà pour le maintien à domicile où la participation au frais des maisons d’accueil. On estime de 350 à 500 euros par mois la différence que doivent assumer les familles (selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques - Drees)..Certaines le font en se privant sur leur propres revenus (les enfants uniques sont lourdement pénalisés au regard des familles nombreuses), d’autres vendent le patrimoine de leurs parents.

 

On ne peut pas dire que rien n’est fait, mais ce n’est visiblement pas assez. Aujourd’hui l’ensemble de ces dépenses représentent 24 milliards à la charge de l’état (dont 15 milliards pour la Sécurité Sociale), 5,3 milliards pour les collectivités locales, 10 milliards pour les particuliers. En projection on estime que les besoins à venir sont de 10 milliards d’euros en plus par an.

 

Dans la population 4,3 millions de personnes sont concernés directement et confrontés à l’aide vis-à-vis d’un parent devenu dépendant. Les statistiques indiquent qu’ils consacrent 6 heures en moyenne par jour à cette tâche. Et… la même étude indique que 40 % d’entre eux se déclarent dépressifs. Une étude de la Haute Autorité de santé nous dit que 60% d’entre eux décèdent dans les 3 années qui suivent le début de la prise en charge de leur parent.

 

Le coût moyen du placement dans une maison de retraite est de 1 857 euros (c’est une moyenne qui ne reflète pas tout à fait la diversité des cas) – étude KPMG. C’est deux fois plus que la pension moyenne d’une femme… cela donne une idée de l’urgence à traiter la situation.

 

Quelles sont les pistes à ce jour ? On ne peut se référer qu’aux déclarations de la ministre. Celle-ci a promis que le gouvernement prendrait les mesures afin d’encadrer les loyers actuels des maisons de retraites. Comment, on n’en sait rien.

De son côté Malakoff Médéric pointe le fait que 18 % des salaries de plus de 40 ans sont dans la situation de porter un parent dépendant. La ministre a là une piste de travail sur les aménagements de travail que l’on pourrait organiser pour les aider à faire face. De Quelles ordres seront les propositions, là aussi mystère.

L’urgence presse, aujourd’hui on a un peu moins de 1 millions de personnes dépendantes, ce chiffre va doubler dans les 30 ans.

 

Les pistes : 1 point de CSG supplémentaire cela rapporte 10 milliards d’euros, en même temps cette idée est déjà préemptée pour d’autres besoins. Une nouvelle cotisation sur les salaires, avec le débat sur la compétitivité cela ne va pas être facile à faire passer. Du côté des successions on peut envisager un prélèvement spécifique.

 

La ministre a fait valoir pour positiver ce dossier que la dépendance était aussi un chantier économique en devenir. La foule des futurs retraités dépendants représente un marché lucratif pour toutes les sociétés spécialisées dans la domotique et la robotique, convoquées spécialement pour trouver des solutions sur l’option privilégiée par tous : le maintien à domicile. Oui le vieillissement s’il est une charge montante est aussi une filière industrielle à lui tout seul. Ce sont pas moins de 350 000 postes d’aides à domicile ou aides soignants qui devront être créés. Par anticipation, il faut songer à leur formation et à leur statut.

 

En tout cas, sur ce dossier, comme bien d’autres, hélas pour lui, le gouvernement est très attendu.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 16:07

musique1.jpgVoilà une information de première importance, la chute incessante depuis 1999 des ventes de musique s’est interrompue pour la première fois. C’est l’information que vient de communiquer l’IFPI (Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique). Elles ont même progressé de 0,3 % en 2012, avec un volume de 12,62 milliards d’euros ou 16,5 milliards de dollars.

 

Frances Moore Directeur général de l’IFPI a déclaré que ces résultats : sont des succès durement acquis par une industrie qui a su innover, qui s’est battue et s’est transformée en une décennie». L’IFPI regroupe 1 400 maisons de disques dans le monde.

 

C’est en 1999 que le marché de la musique avait atteint son sommet à 28,6 milliards de dollars. On mesure, rapporté au chiffre de 2012 la chute vertigineuse de cette industrie en raison de l’arrivée des nouvelles technologies qui ont bouleversé l’usage de la musique, et bien sûr le téléchargement qui a propulsé au zénith le principe de la gratuité. Une certaine paralysie de ces mêmes industries n’a pas arrangé les choses.

 

Longtemps, on eu le sentiment que les ventes numériques n’arrivaient pas à décoller du fait de l’archaïsme des industriels. Tout en augmentant, ces ventes n’étaient pas en mesure de compenser les pertes du monde physique. Sauf que depuis 2012, elles ont réussi à compenser et à équilibrer les ventes. Aujourd’hui avec 5,6 milliards de dollars, le secteur du numérique représente 34 % du chiffre d’affaire total du secteur.

 

C’est donc fait, il a fallu un peu plus d’une dizaine d’année pour y arriver, le secteur de la musique s’est adapté au contraintes du numérique. L’IFPI a comptabilisé en 2012 4,3 milliards de téléchargement légaux de chansons et d’albums dans le monde, soit + 12% par rapport à l’année précédente.

 

Le chiffre d’affaire des services de musique en streaming a bondi de 44%, ce sont désormais 20 millions d’utilisateurs réguliers dans le monde. Une société comme Deezer est considérée comme ayant atteint sa maturité. Ce marché représente en 2012 10% du chiffre d’affaire de la musique numérique.

 

Les nouvelles sociétés de la musique numérique continuent de se développer : Spotify avec ses 5 millions d’abonnés payant et Deezer avec plus de trois millions et une espérance de forte croissance devant elles.

 

Pour les titres, c’est la canadienne Carly Rae Jepsen qui a réalisé la plus grande vente mondiale avec 12,5 millions d’exemplaires de Call me Maybe.

Psy, qui a révolutionné  le monde du net avec sa chanson Gangnam Style est 3ième au classement, avec 9,7 millions de ventes.

Pour les albums, c’est l’inattendu Adèle qui a triomphé pour la deuxième fois, dans ce classement d e l’IFPI dans le monde entier avec « 21 » et 8,3 millions d’albums vendus.

 

Mais si le numérique décolle enfin, les ventes physiques représente encore 58 % du chiffre d’affaire (61 % en 2011).

 

L’IFPI continue à dénoncer les ravages du net incontrôlé : «Nos marchés restent faussés par les téléchargements illégaux et gratuits de musique»… «C’est un problème face auquel les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer, notamment en exigeant une plus grande coopération des annonceurs, des moteurs de recherche, des fournisseurs d’accès internet et d’autres intermédiaires».

 

En France, nous sommes toujours dans l’attente des propositions de la mission Lescure, attendues vers le mois d’avril et bien sûre ce qui sera retenu par le gouvernement dans le projet de loi qu’il déposera sur le bureau de l’Assemblée avant la fin de l’année. De la même manière tout le monde est suspendu à la décision que la cour de justice européenne doit prendre prochainement, dans l’année dit-on. Nous sommes tous « suspendus à ces lèvres de pythies » pour connaitre la sauce à laquelle la création sera mangée dans les prochaines décennies.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 10:46

Hessel1.jpgStéphane Hessel est mort dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 février. Il avait 95 ans. L’information a immédiatement fusé sur l’ensemble des réseaux sociaux, tant cette personnalité avait su nouer avec l’opinion publique des liens particuliers.

 

Il est né le 20 octobre 1917 à Berlin fils des artistes Franz et Hélène Hessel. Couple mythique, puisqu’ils inspireront à la fois l’écrivain Henri-Pierre Roché et le cinéaste François Truffaut avec « Jules et Jim ». Dans la réalité, la fin de cette histoire sera non pas un suicide, mais une séparation. C’est sans aucun cet univers familial qui lui donnera cette étonnante sensibilité qui l’accompagnera toute sa vie et son penchant pour la poésie.

 

Normalien et diplômé d’études supérieures de philosophie, diplomate, écrivain et poète, il a marqué profondément le XXème et le début du XXIème siècle. Résistant pendant la seconde guerre mondiale, il rejoint le Général de Gaulle en 1941. Il intègre les Forces aériennes libres comme navigateur bombardier. En mission en France, il sera arrêté le 10 juillet 1944 et déporté à Buchenwald. En janvier 1945 il est transféré à Dora où il travaille à la construction des célèbres V2. Le 4 avril 1945 l’avancée américaine pousse les nazis à déplacer leurs prisonniers. Il en profite pour s’évader et rejoindre l’armée américaine, qu’il intègre. C’est avec son unité qu’il rejoint Paris, le 8 mai 1945.

 

Dès novembre 1945, il intègre le Ministère des Affaires étrangères (reçu 4ème au concours). Nommé comme ambassadeur en Chine, il rejoint finalement l’ONU qui a sa préférence.

Aux côtés de René Cassin, il contribuera à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, proclamée le 10 décembre 1948.

Il sera aussi l’un des proches collaborateurs de Pierre Mendès-France (1954-1955). Il occupera de nombreux postes diplomatiques qui le mèneront de Saigon (1955-1957) à Alger (1964-1968).

En 1977, Valéry Giscard D’Estaing le nommera ambassadeur de France à l’ONU.

En 1981, François Mitterrand lui confiera plusieurs missions, dont celle de participer à la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, chargée d’assurer l’indépendance de l’audiovisuel vis-à-vis du pouvoir politique (1982-1985).

Parmi ses nombreuses actions de diplomate « militant » rappelons qu’il avait été nommé médiateur dans la très médiatique affaire des sans papiers de l’église Saint Bernard (1996-1997).

C’est en 1958 qu’il s’engage dan la politique en rejoignant le club Jean Moulin. Proche de Michel Rocard il adhérera au parti Socialiste en 1986. Dont il s’éloignera au moment du traité de Maastricht, européen convaincu et militant il signe en compagnie d’anciens résistants une pétition « Pour un traité de l’Europe sociale ».

De même il sera aux côtés des résistants pour la commémoration du 60ème anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance, enjoignant aux jeunes générations de relire ce texte et de le faire vivre en assumant l’héritage de la résistance et en faisant avancer les idéaux de démocratie économique, sociale et culturelle. Il milite auprès des sans-logis et en 2009, il soutient les listes d’Europe Ecologie aux élections européennes.

 

Après avoir soutenu Nicolas Hulot dans la primaire des écologistes, il apporte son soutien à Martine Aubry dans le cadre de la primaire présidentielle socialistes de 2011.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont une biographie, « Danse avec le siècle » aux éditions du Seuil (1997) et un recueil de poésie chez le même éditeur « O ma mémoire, la poésie, ma nécessité ». Il a publié par ailleurs : Dix pas dans le nouveau siècle (2002), Citoyen sans frontières (2008), Le Chemin de l’espérance avec Edgar Morin (2011), Engagez-vous (2011), livre d’entretiens avec Gilles Vanderpooten.

 

A 93 ans il signe un best seller mondial « Indignez-vous » qui sera la source d’inspiration du mouvement des Indignés en Espagne, aux Etats Unis, au Royaume Uni et en France.

Cet opuscule de 32 pages, vendu 3 euros, interpelle les jeunes et les appelle à refuser la soumission à l’indifférence, et à se révolter contre toutes les injustices dans le monde.

Vendu à deux millions d’exemplaires en France, il sera édité à plus de deux millions d’exemplaires dans une quarantaine de pays.

 

Voilà cet homme qui a traversé le siècle, qui à 94 ans entreprend une tournée mondiale, il enchaine les aéroports internationaux, accueilli par des foules dominées essentiellement par les jeunes. Né à Berlin, élevé en France entre les deux guerres mondiales, résistants, ancien déportés, diplomate plaidant la cause des droits de l’homme, il salue encore aujourd’hui les révolutions arabes. Il est toujours et encore l’homme debout, empli d’espérance et de joie, capable de soulever des foules entières dan son indignation de « jeune homme ».

 

Toutefois, il sera à l’origine d’une violent polémique en déclarant le 5 janvier 2009à l’égard de la politique israélienne : "En réalité, le mot qui s'applique est celui de crime de guerre et même de crime contre l'humanité." Il ira jusqu’à soutenir une campagne de boycott des produits israëliens.

 

Nous garderons de lui cet un éternel sourire, empli de confiance envers l’avenir et les hommes. Dans un monde profondément bouleversé traversé par une crise économique anxiogène pour les peuples, il livre une magnifique leçon de savoir vivre et savoir être.

 

Grand officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-45, Rosette de la Résistance

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:00

crise2.jpgAprès des informations trompeuses publiées dans l’après midi de hier, le résultat, même s’il donne un avantage à la coalition de gauche, est catastrophique pour la gouvernance du pays. C’est aussi un sévère signal adressé à l’Europe, à Mme Merkel et M. Cameron, chantres allemands et anglais de la rigueur. François Hollande lui-même doit être perplexe sur ces résultats qui ne tranchent rien.

Trompé par les médias italiens, j’ai commis une erreur en écrivant :

« Dans l’échelle des pires situations possibles, celle d’un retour en force de Sylvio Berlusconi, la catastrophe a été évitée, bien qu’en seconde position avec ses alliés à 29 %, il n’est pas en mesure d’influencer la composition du gouvernement. Dans le pire relatif, celui de l’ingouvernabilité… les électeurs ont nettement répondu pour donner la main absolue à Bersani pour qu’il puisse former son gouvernement. »

 

Car c’est l’inverse qui s’est produit. Berlusconi battu, oui si on regarde les chiffres en pourcentage. Il est légèrement devancé dans les deux chambres par la coalition de gauche menée par Pier Luigi Bersani qui obtient 29,5% des voix à la chambre et donc 340 des 630 sièges, grâce à la prime donnée au 1er arrivé. Mais Berlusconi a fait une remontée spectaculaire et inattendue en regroupant les forces traditionnelles de droite en Italie. Et surtout il devance en siège la gauche au sénat sans pour autant attendre la majorité.

 

L’horizon du Sénat est présentement bouché, même une alliance de la gauche avec le centre n’atteint pas la majorité, tant Mario Monti n’a pas réussi sa percée dans ces élections. Mais sans cette majorité, le futur Président du conseil ne peut être investi par le Sénat, or il doit l’être par les deux chambres.

 

L’extravaguant Beppe Grillo avec son mouvement M5S a réussi une percée plus importante que ne l’annonçait les sondages, et même les premières analyses au début du dépouillement. Il a fait un carton chez les jeunes, c’est ce qui explique sa relative moindre percée au Sénat, puisque pour participer à son vote il faut être âgé d’au moins 25 ans (23,9% des voix). Régionalement il a aussi fait une percée en Sicile (30% des voix). Ces voix, c’est à la gauche qu’il les a majoritairement prises et à la droite, en partie aussi. Il est la troisième force politique du pays talonnant la droite et la gauche. Beppe Grillo, qui ne se présentait pas, a donné le ton sur son blog : "Nous serons une force extraordinaire. Nous serons cent dix au Parlement, mais dehors nous serons des millions."

 

Quel peut être l’issue politique de ces élections, une impasse qui conduirait inexorablement dans quelques mois à une nouvelle élection complète ou partielle (seulement le sénat). Ou bien Grillo qui a dit, ne vouloir d’accord avec personne, se voit bousculer dans son propre camp, instable par nature car conjoncturel et nouveau. Certains de ses élus pourraient organiser un accord avec la gauche au Sénat. C’est le cas du maire de Parme Federico Pizzarotti qui a déclaré : « Comme au conseil régional de Sicile où nous sommes importants pour garantir le gouvernement [de centre gauche] de la région, nous pouvons l’être aussi au niveau national. »

 

De son côté Berlusconi avec ses 30,71% au Sénat, contre 31,63 % à la gauche cherche à exploiter et à engranger ses résultats. Encore une fois en tête au Sénat en nombre de sénateurs, il pense être en situation de négocier. Excluant tout accord avec Mario Monti, il se dit ouvert à un accord avec le centre gauche… difficile tout de même.

Conclusion, le vote est terminé, les bulletins décomptés, et c’est de décanter qu’à besoin l’Italie. De réfléchir aussi à son destin, car frappée par le chômage, avec un déficit record, et une montée de la précarité, les italiens ont voulu remercier nettement Mario Monti et la parenthèse de la rigueur qu’il a incarné. Populaire auprès de la banque européenne, du FMI et des fonctionnaires à Bruxelles, il a montré ses limites dans son propre pays, l’essentiel pourtant. C’est la même question que posent les peuples de l’Europe du sud : Grèce, Italie, Espagne et Portugal, arrêtez de nous étrangler au nom de la sacro sainte finance internationale, ne laissons pas les bourses nous dicter notre destin. Bientôt en Allemagne les urnes seront aussi ouvertes… des surprises peuvent aussi advenir, car les peuples du Sud n’ont pas le monopole de l’indignation.

 

Pendant ce temps là les bourses européennes aux aguets baissent (Paris -2,1%, Milan –-3,9%, Francfort -1,7%), et les financiers préparent les sanctions : l’écart des taux obligataires avec l’Allemagne se tendent. Les taux à dix ans de la péninsule montaient aujourd’hui jusqu’à 6,3 %, de quoi étrangler encore plus le pays.

La vraie question est, comment les peuples européens peuvent s’organiser pour à la fois réfuter les politiques de rigueur qui appauvrissent les plus pauvres d’entre eux, et en même temps trouver les réponses aux marchés ?

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:18

vatican1.jpgLa démission surprise de Benoit XVI entraine toute sorte de rumeurs qui vont bon trains dont celle d’un lobby Gay… Mais de tout temps le Vatican a su dégager de bonnes odeurs de souffre, des célèbres Borgia, à la papesse Jeanne et en passant pas l’Enfer de sa bibliothèque.

 

La bibliothèque Vaticane.

C’est la bibliothèque publique de l’Etat du saint Siège. Sa fondation remonte aux papes Nicolas V (1451) et Sixte IV (1475). Elle est l’une des plus modernes au monde, numérisée en partie, son accès est strictement réglementé. Seul les chercheurs et érudits les mieux placés peuvent y avoir accès et encore n’ont-ils pas accès à tout. Elle comprend 1,6 millions de volumes et imprimés antiques et modernes, 8 300 incunables (livres imprimés avant 1500), 150 000 manuscrits, 300 000 pièces de monnaise et médailles.

Une partie de la bibliothèque est consacrées aux archives secrètes du Vatican, ce sont-elles qui entretiennent tous les mystères. Le caractère « secretus » signifie au premier chef « privé ». Elles ont été fondées par Paul V (1605-1621), on dit qu’elles font près de 85 kilomètres de rayonnage… Elles se composent, pour la partie la plus connue, des archives des représentations pontificales, des différents conciles et des fonds privés.

 

La virulence passée de l’église catholique (inquisition, procès, buchers, excommunications, interdictions..) a alimenté au fil des siècles l’idée d’une bibliothèque cachés où se trouveraient tous les livres et œuvres interdits, mis à l’index. De là est née une pensée occulte attribuant des pouvoirs de manipulation au Saint Siège à travers divers ordres mystérieux. Deux ouvrages, au retentissement mondial ont contribué à diffuser cette idée : « Le Nom de la Rose » d’Umberto Eco et « Anges et >démons » de Dan Brown.

 

L’Enfer de la bibliothèque.

Le terme d’Enfer est employé dans toutes les bibliothèques pour désigner le lieu réservé au stockage d’ouvrages jugés pervers, néfastes, dangereux, voir pornographique : « L’Origine du monde »  de Gustave Courbet, le « traité des trois imposteurs », ouvrage prônant l’athéisme au XVIIème  siècle. On dit s’y trouver aussi : l’Aggripa » ou « Livre des démons », la « Bible noire » et nombre de traités de sorcellerie.

 

Seul le Pape ou toute autres personnes dument mandatées par lui peut y pénétrer. On raconte que Jean Paul II, aurait été vu en larmes, à la sortie de sa 1er visite.

 

Pour être un peu plus sérieux, on sait s’y trouver de nombreux parchemins, lettres, épîtres et livres datant des premiers siècles du christianisme qui pour d’évidentes raisons d’orthodoxie religieuse ne peuvent être rendu publics. Ce sont les sources mêmes du christianisme, trop incertaines et fragiles pour être accessibles.

 

L’histoire même des luttes sanglantes pour le pouvoir au Vatican ont livré leurs lots de secrets inavouables. Enfin toutes les archives de la très sainte inquisition y sont !

Certains ont persuadés que l’on y trouverait les origines de la véritable identité secrète de Jeanne d’Arc et les révélations encore cachées des secrets de Fatima.

 

On dit s’y trouver aussi les manuscrits retrouvés dans les grottes de Qumran et même l’évangile de Thomas….bref de quoi faire douter la terre entière.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 15:55

Italie1.jpgLes bureaux de vote viennent de fermer en Italie où l’on votait depuis dimanche pour le renouvellement des deux chambres : Assemblée et Sénat. Le mode de calcul était différent pour les deux chambres et particulièrement complexe. L’alliance de centre gauche menée par Pier Luigi Bersani est arrivée très nettement en tête avec 34,5 % des voix, ce qui lui assure la majorité à la Chambre et au Sénat.

Le sort politique de l’Italie ne nous est pas indifférent, c’est la 3ième  économie de la zone euro. Son « orientation » politique et économique aura des conséquences sur la politique européenne et sur l’évolution de la monnaie commune : l’euro. Dans l’échelle des pires situations possibles, celle d’un retour en force de Sylvio Berlusconi, la catastrophe a été évitée, bien qu’en seconde position avec ses alliés à 29 %, il n’est pas en mesure d’influencer la composition du gouvernement. Dans le pire relatif, celui de l’ingouvernabilité… les électeurs ont nettement répondu pour donner la main absolue à Bersani pour qu’il puisse former son gouvernement.

  Un grand perdant, toute fois, Mario Monti, injustement remisé à la 4ième place avec 9 % des voix, c’est un camouflet pour « le professeur »

Un grand gagnant, qui va venir perturber le tour de table, est Grillo, qui avec les 19 % de son Mouvement Cinq Etoiles (M5S) occupe une place de choix. Toutefois il incarne un vote protestataire, fort mais qui ne porte en soi aucun débouché. Mais en nombre à la chambre, il sera en mesure de faire monter une nouvelle génération d’élus jeunes et offensifs.

Ce résultat était très attendu des marchés, car l’Italie avec un endettement à 120% de son PIB a encore du chemin à faire pour retrouver les bonnes grâces de Bruxelles. A cet égard l’attitude de Mario Monti sera aussi observée à la loupe. Va-t-il participer à ce gouvernement, en soutien passif ou en occupant une place de 1er choix comme vice-président du conseil ou comme ministre de l’économie ?

La bourse de Paris a salué l’événement avec un bon de 1,87%. La coalition de gauche obtiendrait au sénat 163 sièges (majorité absolue à 158), ce qui lui assurerait la majorité des deux chambres. Bersani n’aura même pas besoin de négocier avec Grillo pour cette majorité au Sénat.

François Hollande ne peut que se féliciter de ce bon résultat obtenu par la gauche italienne. Il se sentira un peu moins seul lors des sommets à Bruxelles, avec une Italie qui viendra en contrepoint de ses propositions de politique de relance, avec la crédibilité des urnes derrière elle.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 13:43

Fridrich-Charles3.jpg

Voilà un personnage qui mérite un moment d‘attention, pour qui s’intéresse à l’Art Nouveau. L’Ecole de Nancy connait une renommée sans cesse grandissante, grâce à des artistes comme Emile Gallé[1], Eugène Vallin[2], Victor Prouvé[3], Jacques Grüber[4] et Louis Majorelle[5] …Charles Fridrich va jouer dans le mouvement un rôle singulier pour l’époque, celui de « promoteur » du mouvement, tout en étant aussi un créateur dont on a tout récemment redécouvert le talent.

La Maison d’Art Lorraine.

Il est né à Nancy en 1er août 1876, fils d’un marchand tapissier. Sa famille est originaire de Lay-Saint-Christophe, son grand père qui y est né s’installera à Nancy en 1838. C’est donc dans une tradition familiale que Charles s’intéressera très tôt à la tapisserie. Il passera son enfance dans un univers d’étoffes, de motifs de décoration et bien sûr d’aménagement qui vont très vite décidés de son avenir.

Il fait ses études à l’Ecole municipale des Beaux Arts de Nancy. C’est en 1899 qu’il expose pour la première fois ses « fameuses » tentures.

A l’âge de 24 ans, le 15 novembre 1900, il fonde la Maison d’Art Lorraine, société en commandite Charles Fridrich et Cie (au capital de 300 000 francs, « pour la fabrication et la vente de tissus, meubles et objets d’art »), au 38 de la rue Stanislas à Nancy, et aussi à Paris. Un ami de la famille Emile Goutière-Vernolle, qui a fondé  une revue spécialisée la Lorraine Artistes soutiendra son initiative.

Fridrich-Charles1-copie-2.jpgLa façade et la devanture du magasin présentaient un étrange décor plaqué, avec, dans l’esprit de l’Art nouveau, des arbres aux racines fixées avec détail et dont les ramures et feuillages montaient en rampant le long de la corniche, l’effet était saisissant.

Charles Fridrich y vend, bien sûr, les Tissus d’Art qu’il édite et fabrique. Il avait déjà commencé son activité dans la fabrique de son père, sise rue d’Amerval, puis 4, rue de la Salle à Nancy.

Avec son père ils obtiendront un diplôme de mérite à la première Exposition Universelle des Arts Décoratifs à Turin en 1902, et la même année une médaille d’or à Marseille. Face à ses premières difficultés financières, il est obligé de faire appel à de nouveaux capitaux pour maintenir à flot sa société.

C’est un pionnier qui se lance à ses risques et périls. Ambitieux, Il se fixe comme objectif : « …de favoriser l'expansion de l'art moderne, d’organiser dans ses salles des expositions permanentes destinées à faire connaître les résultats obtenus par les artistes, dans leurs recherches d'un art libre et indépendant ». Il organise des expositions permanentes, mais aussi temporaires dédiées aux artistes lorrains dans Fridrich-Charles2.jpgtoutes les disciplines. Il met en place des concours en direction de jeunes ouvriers d’art de moins de 20 ans.

Charles Fridrich réalise de son côté des peluches décorées et colorées, avec un procédé dont il a le secret, des velours frappés et gaufrés, et des tapisseries, les décors sont de Victor Prouvé, Jacques Grüber et Paul Nicolas[6].

Le salon de l’Art nouveau créé à Paris en 1895, par Samuel Bing va lui servir de modèle. Il s’agit de faire de cette Maison d’Art Lorraine, un lieu de diffusion d’un art qu’il définit comme nouveau. Ce sera le tremplin pour les artistes de l’Ecole de Nancy, dont il sera l’un des membres du Comité directeur dès 1901, le nom est, plus précisément, l’Ecole de Nancy. Alliance provinciale des Industries d’Art. Emile Gallé en sera le président. Le nom peut paraitre pompeux, mais il reflète le souci de ses créateurs de donner à leur aventure collective toutes les chances de réussir.

L’aventure va durer seulement trois ans, avec des succursales dans la région Lorraine à Vittel (Station thermale réputée de l’époque) et jusqu’à Luxembourg. Il fera malheureusement faillite en 1903.

Sa société est condamnée à la liquidation financière. Le 22 juin 1903, un volumineux lot de tentures et tissus divers est vendu aux enchères publiques. La vente rapportera peu, la dépression économique est déjà là et se fait fortement sentir à Nancy.

Abandonnant son activité de « prophète » des arts, il poursuivra à la fois son activité de créateur mais aussi de vente de meubles et d’objets d’antiquité, métier dont il excella l’art.

Fridrich-Charles5.jpgNovembre 1904, les nancéiens découvrent salle Poirel, l’exposition d’art décoratif qu’a organisée la Société lorraine des amis des arts. L’espace a été réaménagé par Eugène Vallin, avec l’aide de son ami architecte Alexandre Mienville. Sont associés à l‘exposition : Victor Prouvé, Auguste Vallin (le fils d’Eugène), Charles Fridrich y réalisera l’ensemble des tentures.

Il prononce la même année à l’Académie Stanislas son discours de réception sur « Le décor symbolique ».

Les tissus et les velours…

Sur cette période il va produire beaucoup, avec comme thème majeur d’inspiration la nature, il donnera à ses tentures les noms de : Paysage, Le philodendrons, l’Aquarium, les Capucines, Chèvrefeuilles, Cytises, Clair de lune, les Ombelles, le Chardon, les Courges, Nymphéa… celles-ci seront déclinées en : rideaux, portières, bandeaux, dessus de siège et de pianos, tapis de table, paravents, cadres de glace, coussins etc.

Pour ce qui est « des Ombelles », j’ai le souvenir de les avoir vues accrochées dans le hall du château de Vandoeuvre lorsque j’y habitais. C’est sur un fond de peluche d’une couleur violine, très originale, que se détachent les tiges fleuries d’Heracleum fridrich-Charles8.jpgphundulium, appelées souvent Berce des Près ou Ombelles. L’ensemble est assez majestueux et d’une beauté sereine.

Des les débuts de la chimie, Charles Fridrich va chercher à tirer profit de ses immenses possibilités, particulièrement chromatiques. Il apprend très vite à maitriser la technique qui consiste à modifier les couleurs d’un tissu par l’application de réactifs de nature basique ou acide.

Dans le journal la Maison d’Art Lorraine, le journaliste Gaston Save écrit dans le numéro du 1er avril 1900, grâce à cette technique: « la fantaisie de l’artistes trouve (…) libre carrière, tous les tons, unis ou dégradés, nets de bords ou fondus, clairs ou foncés, irisés ou chatoyants, lui sont donnés sans difficultés techniques, par des réactions très simples, presque sans outillages. Pas de Bains colorants, aucune teinture, donc solidité absolue, comme on peut s’en convaincre par les pièces exposées au plein soleil dans le magasin Fridrich. »

L’art de cet artisan lui permet de passer par les tons de couleurs plus originales les unes que les autres et qui vont caractériser son travail et son art : bleu paon, vert émeraude, bleu au pochoir et toutes ses nuances. Ce sont les indications de la découpe du pochoir qui vont assurer la protection des parties qu’il cherche à préserver de l’attaque des acides. La cire, le Pégamoid[7] ou le Viscoïd[8] vont assurer l’étanchéité nécessaire à la réussite de son travail.

Les effets surprenants obtenus, le sont par l’utilisation de ces caches en buvard épais. Juste après la pulvérisation des acides, ils sont immédiatement retirés ou laissés quelques temps. C’est cette appréciation d’usage qui va permettre la création des nuances et des subtilités des couleurs. Gaston Save parle dans son article du résultat final en ces mots : «Ni un tableau (…) ni une tapisserie, mais un décor en teinturerie harmonieuse et simple n’ôtant rien à l’étoffe de sa souplesse et de son velouté Soyaux.»

L’artiste utilise encore des effets d’écrasements sur les velours et peluches pour accentuer les effets. Enfin c’est à la broderie de rentrer dans le jeu. La machine des brodeurs, « Cornely [9]» peut fixer sur ce fond travaillé des appliques d’une couleur ou d’un matériau différent : soie, fine peau ou encore galons. C’est selon l’investissement recherché. Ces ajouts peuvent en effet couter fort cher.

fridrich-Charles9.jpgLes travaux exécutés autorisent toute sorte d’usage du plus petit au plus grand, l’essentielle des tentures permettent le décor de grandes surfaces murales, de halls et de cages d’escalier.

Il va donc utiliser les techniques propres à la chimie pour son travail et se spécialiser dans la décoration des tissus et tentures d’appartement. Il fixera essentiellement des végétaux, en s’inspirant du japonisme à la mode. Il commercialisera, avec succès, ses peluches décolorées et réalisera de nombreux objets de décoration. Ses matériaux de prédilections seront ; le coton, la laine, la soie, le lin et le velours. Ses principaux motifs seront inspirés par le travail de Louis Hestaux[10].

Tantôt il réalise lui-même les dessins de ses tissus, tantôt il fait appel aux artistes du moment. Il collaborera longtemps avec Ernest Ventrillon, tout jeune débutant, né en 1884.

En 1907, il participera à la commande Georges Malard, pharmacien à Commercy qui souhaite réaliser une devanture inspirée par l’art nouveau. C’est Eugène Vallin qui va la concevoir dans le style de l’Ecole de Nancy, il demandera à Charles Fridrich d’en concevoir le décor intérieur. Elle se visite toujours aujourd’hui.

L’école de Nancy.

Les artistes de l’école de Nancy ont connu un succès foudroyant avec un art dit « nouveau » qui s’inspire des formes de la nature : principalement végétale, on y retrouve les thèmes de l’ombelle, du nénuphar, du chardon, du cucurbitacée, du ginkgo, mais aussi animale, comme les papillons, les libellules et les lézards. Les matériaux employés sont le bois, l’acier, la ferronnerie et la verrerie. L’ambition : exalter la beauté Fridrich-Charles4.jpgde la nature et lui donner sa place dans la maison, ces artistes se veulent populaires.

Les artistes de l’Ecole de Nancy seront architectes (250 ouvrages d’architectures seront restaurés et mis en valeur entre 1998 et 2000), maîtres verriers (Emile Gallé, Jacques Grüber) ébénistes (Louis Majorelle), peintres (Emile Friant[11]), écrivains (Paul Souriau), poètes, journalistes, éditeurs (François-Georges-Oscar Berger-Levrault[12]) et mécènes (Eugène Corbin[13]). La ville de Nancy connaitre une effervescence artistiques exceptionnelles dont il reste de nombreuses traces : le parcours des maisons et le fameux musée de l’école de Nancy.

Fin de vie et descendance…

Charles Fridrich terminera sa vie, aux côtés de son épouse Claire Blondlat, institutrice à Villers-le –Sec (ses deux parents étaient eux mêmes instituteurs) laïque et engagée, au Château du vieux village de Vandœuvre-lès-Nancy, aujourd’hui inscrit à l’inventaire complémentaire des monuments historiques. Il est mort le 12 novembre 1952, médaillé de la guerre de 14-18, avec le grade de colonel, contrairement à toutes les références publiques qui font état de son décès en 1962. Il est enterré au cimetière de Préville à Nancy, comme nombre des ses amis de l’Ecole de Nancy.

Il a eu deux enfants Jean-Pierre, antiquaire et Jacqueline Kaplan qui fut de nombreuses années (40 ans) engagée dans la vie municipale de Vandœuvre-lès-Nancy, les serres de la ville porte son nom.

Fridrich-Charles.jpgIl a un arrière petit fils qui fait une carrière artistique : Jérôme Kaplan. Après avoir étudié la scénographie à l’école de la Rue Blanche (EBSATT° il dessine aujourd’hui les costumes et les décors de nombreux spectacles en France, comme à l’étranger : à l’Opéra Bastille, les ballets de Monte Carlo, le Ballet national de Shanghai, de Finlande, la Comédie Française, le Théâtre National, de Chaillot. En 2012, il sera honoré du Golden Mask du meilleur créateur de costume pour les décors et costumes des Illusions perdues au théâtre du Bolchoï à Moscou.

Sources :

http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=presentation-men

Alliance provinciale des industries d’art, Ecole de Nancy, statuts, Nancy, 1901

Nicolas E. L’art décoratif lorrain et l’Ecole de Nancy, Nancy, 1917

Musée de l’Ecole de Nancy, broderie et tissus, de François Thérèse Charpentier, 1980, Nancy

Guide de l’Ecole de Nancy, de Christian Debize, Presse universitaire de Nancy, 1993

V. THOMAS, « Charles Fridrich et la Maison d’Art Lorrain », Actes du Colloque, L’Ecole de Nancy et les arts décoratifs, Nancy, 1999, p. 184-193.



[1] - Émile Gallé, né à Nancy le 4 mai 1846 et décédé dans la même ville le 23 septembre 1904, est un industriel, maître verrier, ébéniste et céramiste français. Il est fondateur et premier président de l’École de Nancy en 1901.

[2] - Eugène Vallin est né à Herbéviller en 1856 et est mort à Nancy en 1922. C'est un architecte et menuisier d'art français.

[3] - Victor Prouvé, né le 13 août 1858 à Nancy - mort le 15 février 1943 à Sétif (Algérie) est un peintre, portraitiste, paysagiste, sculpteur et graveur français. Il appartient au mouvement de l'art nouveau.

[4] - Jacques Grüber, né le 25 janvier 1870 à Sundhouse (Bas-Rhin) et mort le 15 décembre 1936 à Paris (Seine), est un artiste plastique et maître verrier français.

[5] - Louis-Jean-Sylvestre Majorelle, usuellement Louis Majorelle est né à Toul le  26 septembre 1859 et est mort à Nancy le 15 janvier 1926. Il était un ébéniste et décorateur français, membre de l’Art nouveau du mouvement de l'École de Nancy dont il fut également vice-président

[6] - Paul Nicolas, dit d'Argental, né le 25 mai 1875 à Laval-sur-Vologne (Vosges) et mort le 22 février 1952 à Nancy, est un maître verrier français.

 

[7] - Le Pégamoïd, produit assez voisin du Celluloïd, se prépare à partir de camphre et de nitro-cellulose dissous dans l'alcool ou dans un autre solvant adapté. On ajoute de l'huile de ricin en petites quantités comme plastifiant. On utilise le Pégamoïd dans la préparation de cuirs artificiels et de toiles cirées. Il peut être réalisé également, pour d'autres emplois, en feuilles transparentes, imperméables et peu combustibles."

[8] - La viscose, abandonnée à l’air, se coagule en donnant de la cellulose hydratée, qui se contracte peu à peu, ce produit solide est le Viscoïd.

[9] - Cette broderie porte le nom le la machine qui l’exécute. Créée au XIXe siècle pour imiter le point de Beauvais, elle a été utilisée au XXe siècle pour le linge de maison et la mode. La Cornely, guidée à la main par l’artisan brodeur, peut réaliser de la broderie « 2fils » et « 3fils », ce qui permet d’apposer des matières sur l’ouvrage en soutache (2 fils) ou d’ajouter une âme à la soutache (3 fils). La machine peut aussi broder une grande diversité de toiles, coton ou lin, soie ou laine, des plus fines aux plus épaisses, soyeuses ou rêches.

[10] - Louis Hestaux est né en 1858 à Metz et est mort à Nancy en 1919, c’est un peintre français.

[11] - Émile Friant est un artiste-peintre naturaliste français né à Dieuze le 16 avril 1863, mort à Paris le 9 juin 1932 ;

[12] - François-Georges-Oscar Berger-Levrault, né le 9 mai 1826 à Strasbourg et mort le 24 septembre 1903 à Nancy, est un éditeur français.

[13] - Jean-Baptiste Eugène Corbin (1867 - 1952) est un artiste amateur, collectionneur d'art et sportif, qui fut un mécène majeur du mouvement Art nouveau de l'École de Nancy.

 

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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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