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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 11:50

Le rapport du Professeur Didier Sicard remis au Président de la république le 18 touraine2.jpgdécembre a établi que la loi Léonetti ne permettait pas de répondre aux situations et aux préoccupations exprimées par les personnes atteintes de maladies graves et incurables, de leurs familles et des personnels soignants. Il a saisi le Comité consultatif national d’Ethique pour qu’il se prononce à ce sujet. Un projet de loi devrait en découler … pour un calendrier indéterminé à ce jour.

L’histoire de Vincent Lambert, 37 ans, victime d’un accident de la route en 2008 et des démêlés judiciaires entres les différents membres de sa famille, mais aussi l’hôpital de Reims sont exemplaires. Cela souligne d’autant plus cruellement la nécessité de prendre à bras le corps ce sujet. Alors que l’hôpital avait pris avec son épouse la décision d’arrêter l’alimentation et l’hydratation normale, le juge des référés, saisi par les parents a enjoint ce samedi 11 mai l’hôpital de rétablir celles-ci.

Le juge reproche à la direction de l’hôpital de ne pas avoir consulté les parents de Vincent sur cette décision. Vincent a été dans un coma profond, puis à partir de 2011 dans un coma dit « pauci-relationnel ». A savoir un état qualifié de végétatif chronique, avec, selon les médecins peu de chances de s’améliorer. Le patient bouge les yeux, ressent la douleur, mais il est dans l’impossibilité de communiquer.

Vincent avait fait savoir, avant son accident, qu’il refusait tout maintien en vie artificielle en cas de problème. C’est sur cette base que sa femme et l’un de ses frères ont donné leur feux vert aux personnels soignants de l’hôpital de Reims pour tout arrêter. Mais les parents, non consultés avec deux de leurs enfants ont saisi la justice pour contester cette mesure.

Le docteur Eric Kariger, directeur de l’unité de médecine palliative au centre hospitalier universitaire de Reims a déclaré : « A l'issue d'une procédure collégiale de réflexion, l'arrêt de son seul traitement, l'alimentation artificielle, a été décidé. Cette décision n'a pas été prise à la légère. L'intention n'était pas de faire mourir Vincent mais de considérer que ses soins étaient devenus déraisonnables." Avec seul contact permanent, celui de l’épouse, l’équipe s’en est remis à elle pour la prise de décision. Le docteur Kariger reconnait leur erreur: « "Très tôt, nous avons vu que la mère de Vincent ne pourrait accepter une décision d'arrêt de soins. Mais nous avons failli dans l'accompagnement d'une famille très compliquée. Nous aurions dû contacter les parents.».

Situation embarrassante pour tous et douloureuse. La famille est déchirée, d’un côté les parents et de l’autre côté, l’épouse soutenue par trois demi frères, une sœur et un neveu. Pour Joseph, le frère de Vincent il : « a l'impression que la volonté de son frère a est piétinée au nom de valeurs qui ne sont pas les siennes", il parle "d'instrumentalisation" à propos de la démarche de sa mère, membre de la Fraternité Saint-Pie X, un mouvement catholique intégriste. A ceci, la mère de Vincent répond : « On n'a pas besoin d'avoir des convictions religieuses pour défendre ses enfants ».

C’est donc une famille déchirée autour du lit d’agonie d’un homme qui avait clairement manifesté sa position sur le sujet, les uns et les autres sont meurtris et la justice, est démunie pour y faire face.

Aujourd’hui, les choses ne font qu’empirer, la mère de Vincent considérant que l’équipe médicale a failli, demande le transfert de son fils dans un autre service de son choix. De son côté l’épouse, soutenue par une partie de la famille affirme s’y opposer avec force.

L’équipe du docteur Kariger subit aussi le traumatisme de cette bataille judiciaire autour d’un mourant. Il a déclaré :"Je ne suis pas propriétaire du malade, mais mon devoir moral, à part si une décision est imposée, est de continuer à accompagner Vincent. Un changement de structure serait une grave erreur, le patient étant habitué aux voix et à l'ambiance du service".

L’apaisement est encore loin…Marie, la sœur de Vincent a le dernier mot : « J’aimerai que justice et médecine s'entendent pour laisser Vincent partir, malgré la souffrance qu'on peut avoir à se séparer de lui.".

Oui vraiment il y a nécessité à trouver une solution législative adaptée

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 10:25

Riche de ses 80 propositions, le rapport Lescure n’est qu’un rapport administratif, le telechargement.jpggouvernement conserve son libre arbitre quant aux choix des mesures à prendre. Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication vient d’annoncer les premières décisions du gouvernement et celles-ci, bien que limitées pour l’instant, vont dans le bon sens et sont plutôt bien accueillies par les milieux professionnels.

Parmi les intéressés à la cause, figure Jacques Toubon ancien ministre de la culture (UMP), il vient de donner son opinion, élogieuse en l’occurrence sur le travail accompli. Il indique qu’il « marque un progrès etréalise ce que nous avions engagé en 2009 au sein de la mission Zelnik ». Il souligne l’intérêt de la proposition du passage à la gestion collective pour la musique en ligne : « Les professionnels finiront-ils par l’accepter ou finira-t-on par l’imposer par la loi ? ». Avec clarté et intelligence il rappelle que ce sont deux camps qui s’affrontent à l’aune de la politique culturelle « celle de la facilité du nombre pour qui les milliards d’internautes ont forcément raison face à quelques milliers d’artistes, et de l’autre, le camp de l’exigence de l’esprit et de la culture. Le rapport Lescure « réconcilie les deux approches ».

La coupure d’internet, prévu par l’HADOPI pour sanctionner les contrevenant, pirates du net, va donc être supprimée. La décision est prête, « sous la forme d’un décret, donc extrêmement rapidement, dans le mois qui vient » a annoncé clairement la Ministre. La suppression de l’Hadopi est aussi acquise et le transfert de ses compétences et missions à la Haute Autorité du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), est déjà en cours. C’est à un membre de la commission Lescure que revient le soin d’organiser ce transfert. Jean-Baptiste Gourdin vient, à cet effet, d’être nommé directeur du cabinet d’Olivier Schrameck, président du CSA. Il aura la responsabilité particulière, dans ses fonctions, des « questions numériques ».

Jean-Baptiste Gourdin est bien connu des milieux du numérique. Enarque, magistrat de la Cour des Comptes, il a secondé Didier Selles dans le cadre de la mission de préfiguration du centre National de la Musique (CNM). Ce dernier a été enterré très tôt par Aurélie Filippetti. Il a surtout été au sein de la mission Lescure l’efficace coordinateur de la mission sur l’adaptation de l’exception culturelle à l’économie numérique et rédacteur du rapport final. Au CSA il coordonnera la mise en place de la riposte graduée et veillera à faire de celui-ci le «régulateur de l’offre culturelle numérique ».

Une vingtaine d’agents de l’HAdopi devrait être transférés au CSA pour l’exécution de ces nouvelles missions du CSA, Marie-Françoise Marais, présidente de l’HADOPI doit rencontrer cette semaine Olivier Schrameck pour échanger à ce sujet.

Pour la mise à mort de l’HADOPI, il faudra en passer par la loi. Un projet devrait être présenté au Conseil des ministres avant la fin du mois de juillet. La ministre est restée plutôt vague sur la suite du calendrier parlementaire, particulièrement encombré à ce jour. Elle s’est contenté d’un simple « examen le plus rapide possible … à la rentrée ».

Reste la fameuse taxe sur les appareils connectés de 1%, chargée de prendre progressivement la succession de la rémunération pour copie privée. Là, les choses se gâtent, pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des finances a clairement dit : « Il n’y aura pas de nouveaux impôts ni de taxe l’an prochain ». Mais dans les allées du pouvoir et rue de Valois, on persiste et la rumeur fait état d’une adoption de cette nouvelle taxe dans le projet de loi de finances 2014.

 

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 17:04

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Ingrédients :

-      une épaule d’agneau d’environ 1,8 kg

-      une gousse d’ail

-      300 gr de tomates cerise

-      Deux échalotes

-      Un bouquet de thym

-      4 feuilles de lauriers

-      1 filet d’huile d’olive

-      Du sel fin

-      1kg de haricots verts frais

Préparation :

Pour l’épaule d’agneau (vérifiez la provenance, française bien sûr..), sortir une bonne heure à l’avance la viande du frigidaire.

Epluchez plusieurs gousses d’ail et coupez-les en plusieurs morceaux en pointe pour en piquer le maximum dans la viande (en utilisant un couteau très pointu pour faire l’ouverture).

Placez l’épaule dans un plat allant au four, mettez vos tomates cerise tout autour, coupez les deux échalotes en plusieurs morceaux et placez sur l’épaule 2 feuilles de lauriers, salez. Coupez abondamment sur votre épaule votre bouquet de thym (frais et fleuri de préférence), ainsi que sur les tomates cerise.

Préparez vos haricots verts en les rinçant bien à l’eau froide

Cuisson :

Préchauffez le four, mettre le plat à cuire environ 45 minutes, en le couvrant d’un papier alu et en vérifiant à partir de 30 mn la cuisson, pour ajouter un peu d’eau dans le plat et arrosez plusieurs fois le rôti avec le jus.

Ajustez le temps de cuisson en fonction de votre goût, viande rosée ou bien cuite. Pour mémoire l’agneau se déguste plutôt rosé.

Faites cuire dans un fait tout vapeur vos haricots (environ 30 minutes), en ajoutant du gros sel et les 2 feuilles de laurier restante.

Service :

Découpez votre viande en tranches et disposez dans un plat d’accompagnement vos haricots, récupérez le jus de cuisson avec les tomates cerise confite et versez sur vos légumes.

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 15:23

Rappelons-nous, comment les dernières élections législatives des 24 et 25 février, se 540981818_f414b13eca.jpgsont soldées, après une courte victoire de la gauche, par un gouvernement bancal de coalition dirigé par Enrico Letta (centre gauche), avec un retour en fanfare de l’inusable Berlusconi. Et surtout, ces élections avaient entériné un échec des instituts de sondage et la montée en puissance du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) de Beppe Grillo avec un quart des voix et pour conséquence un blocage du système politique.

Dimanche et encore hier, les italiens étaient à nouveau convoqués aux urnes pour les élections municipales. Le faible taux de participation a marqué ce scrutin. Ainsi à Rome où il s’agissait d’un test grandeur nature, après la mise en place d’un gouvernement d’union nationale composé de ministres de droite et de gauche, la chute du nombre de votants est pointé par de nombreux journaux : «Places vides et abstentions: en Italie, le divorce avec la politique explose», titrait le quotidien romain La Repubblica. La chute à Rome est de 20%, pour une baisse de 15% au niveau national.

Ce ne sont pas moins de 7 millions d’Italiens qui ont été appelés aux urnes. A Rome le maire sortant, le néo-fasciste Gianni Alemanno, rallié à Silvio Berlusconi se retrouve face à Ignazio Marino du parti démocrate (Gauche), soutenu par le chef du gouvernement. Ce dernier a semble-t-il repris la main à Rome avec 42,5 % des voix, contre 30 % au maire sortant. Le test a été concluant, même s’il faut encore un deuxième tour pour désigner le nouveau maire de Rome. Le mouvement Cinq étoiles tombe à 15% après avoir fait 25% en février.

Cette fois-ci, les résultats sont plus conformes à ce que les politologues attendaient des législatives. La gauche fait plus que tenir le choc avec un PD qui maintien et conforte ses positions, un PDL et son allié de la Ligue du Nord en recul et le Mouvement 5 Etoiles à sa place, de petit parti populiste astreint à la protestation.

Ce dernier créé la surprise en n’étant présent à aucun des seconds tours des 9 et 10 juin. On revient au grand thème classique du duel droite/gauche un peu partout. Que ce soit à Rome ou à Sienne, où dans cette ville symbole, pour Beppe Grillo, de la corruption (scandale de la banque Monte dei Paschi) le candidat de son parti ne décolle pas des 10 %... cela rappelle Le Front de Gauche en France. L’intransigeance dont il a fait preuve à l’issue des législatives, paralysant la mise en place d’un gouvernement de gauche, a montré son impuissance à l’action politique, et nombreux sont les électeurs à le lui faire payer moins de trois mois après. Il est vrai qu’à sa décharge, son parti ne disposait ni de l’expérience, ni des moyens en conséquences pour affronter correctement ces élections locales.

De son côté la gauche, en situation d’échec à concrétiser sa victoire aux législatives, reprend de la hauteur avec un parti démocrate (PD) en bien meilleur position pour le deuxième tour. Il a d’ores et déjà engrangé cinq chefs-lieux (dont Pise et Vicenza), ainsi que la région Frioul Vénétie Julienne et devrait en remporter d’autres au second tour.

Silvio Berlusconi revient là où ses nombreux scandales avaient fini par le reléguer en deuxième position, derrière la gauche, confirmant ses pertes de février (environ 8 millions de voix), entrainant aussi son allié la Ligue du Nord dans son déclin. Sa stratégie de retour au pouvoir par la mise en place d’un gouvernement d’union nationale ne lui a pas permis de se refaire une santé à bon prix. Et c’est tant mieux, les procès continuant de « cerner » Le cavaliere.

Attendons le deuxième tour, mais ce retour aux réalités n’est pas forcément une bonne nouvelle pour le Président du conseil Enrioco Letta. Ce retour à une forme de bipolarisme politique devrait forcer le PDL et ses alliés à revisiter leur stratégie de conciliation et à adopter une attitude plus offensive qui mettra à mal ce « gouvernement de la bonne cause », en place depuis peu.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 15:08
   
C’est un grand constitutionaliste que nous perdons aujourd’hui, celui qui marchait
dans les pas du doyen Vedel. Guy Carcassonne vient de mourir subitement à 62 ans, d’une hémorragie cérébrale que rien ne laissait présager. Cet ancien conseiller de Michel Rocard laisse un grand vide derrière lui, tant sa présence dans les médias était devenue, ces dernières années, usuelle.
 
Dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’il était en voyage à Saint-Pétersbourg avec sa femme, Claire Bretécher, célèbre auteure de bandes dessinées, il a été victime d’une hémorragie cérébrale foudroyante. Ils ont eu ensemble un fils Martin.
Cette nouvelle m’émeut particulièrement, elle évoque un passé déjà lointain (plus de 35 ans déjà…) où nous nous sommes côtoyés dans l’équipe de Michel Rocard. Jeune diplômé de l’université il faisait partie de l’équipe de l’héritier de Pierre Mendés France qu’incarnait dans les années 1970, Michel Rocard. A la fois rigoureux en politique, sage et réfléchi, il était aussi plein d’humour avec une ironie parfois féroce, tout aussi féroce que les personnages de sa compagne Claire Bretécher.
Il est né un 14 mai de l’année 1951. Il fera toutes ses études de droit à l’université de Paris X, obtenant sa licence en droit (1971) puis ses diplômes d’études supérieures en droit public (1972) et en sciences politiques (1973). Il conduira avec brio sa thèse d’Etat en droit sur la transition démocratique en Espagne (1979). Il sera un premier temps conseiller juridique du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, puis celui de Michel Rocard, lequel se prépare à l’élection présidentielle de 1981 où il ne se présentera pas, ralliant au final celle de François Mitterrand.
Il passera l’agrégation en 1983 et rejoindra l’Université de Reims où il enseignera le droit public, puis ce sera le retour à ses premiers amours : Paris X à Nanterre en 1988.
Il entamera une carrière politique aux côtés de Michel Rocard, à son cabinet de Ministre de l’agriculture de 1983 à 1985. Puis de 1988 à 1991, comme conseiller à Matignon, en charge des relations avec le parlement. Il nouera à loisir les majorités nécessaires à l’action publique de son patron et explorera toutes les finesses de l’action parlementaire.
Joueur de rugby dans sa jeunesse au Paris Université Club (PUC), il en a gardé la pugnacité, le goût pour l’offensive et un sacrosaint respect pour les règles.
Très proche du célèbre constitutionnaliste français Georges Vedel, il en assumera l’héritage et participera à tous les grands débats publics sur la politique et la société. Il signera une tribune régulière dans l’hebdomadaire Le point et de temps en temps au quotidien Le Monde. Il avait aussi contribué à la réflexion sur la modernisation des institutions initiée par Nicolas Sarkozy et présidé par Edouard Balladur. Contrairement à son collègue et ami Olivier Duhamel, partisan d’une 6ième république, il prend le parti de la Constitution de 1958, dont il défendait la souplesse et l’adaptabilité aux circonstances. Il revendiquait ouvertement l’absolue interdiction du cumul des mandats, qu’il accusait de contribuer à l’affaiblissement du Parlement.
On a pu le voir encore dernièrement dans un documentaire diffusé par la chaine Arte sur « La Ve république et ses monarques ».
Amoureux de la vie, inventif et curieux, proche de ses étudiants à la faculté, fidèle en amitié, il a tout au long de sa vie (trop courte) cherché à réinventer la vie, faisant sien ce slogan un peu désuet du parti socialiste des années 70/80.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 13:53

Mine de rien, entre les deux élections partielles chez les français de l’étranger, celle sénat3du Lot et Garonne (pour succéder à Jérôme Cahuzac) et celle probable dans les Bouches-du-Rhône pour cause d’inéligibilité de Sylvie Andrieux, la courte majorité absolue du parti Socialiste à l’Assemblée nationale se trouve menacée. C’est une difficulté de plus pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault qui ne sont pas à l’abri d’autres éventuelles législatives partielles dans les quatre années restantes.

Actuellement le PS détient 294 sièges (276 membres du groupe socialiste, républicain et citoyen et 17 apparentés et les deux députés français de l’étranger invalidés par le conseil constitutionnel), ce qui lui confère la majorité absolue, un confort non négligeable pour faire avancer ses propositions de réformes, sans devoir négocier quoi que ce soit avec les Verts, le front de Gauche ou le Parti Communiste. Mais le seuil de cette majorité absolue est à 289, l’avance est donc bien courte…6 sièges !

D’ores et déjà les résultats du 1er tour des deux législatives partielles chez les français de l’étranger sonnent le glas de deux sièges. La 1ère circonscription, celle du Canada et des Etats-Unis, place largement en tête le candidat officiel de l’UMP Frédérique Lefebvre, ancien secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy, avec 29,15% des suffrages exprimés, devant le candidat socialiste qui avec ses 24,98% de voix ne dispose pas pour le second tour de suffisamment de réserves pour rééditer l’exploit de sa collègue Corinne Narassiguin, dont l’élection avait été invalidée par le conseil constitutionnel.

Pour la 8e circonscription, celle des pays d’Europe du Sud plus Israël, la candidate socialiste Marie-Rose Koro (14,61%) est éliminée dès le 1er tour. Seule la candidate de l’UMP Valérie Hoffenberg (21,84%) affrontera Meyer Habib (15,35%) soutenu par l’UDI centriste. Cela s’est fait de peu… mais c’est fait, dans un contexte de démobilisation record pour ces deux circonscriptions des français de l’étranger : 89,63% de taux d’abstention pour l’une et 86,53% pour l’autre.

294 moins deux sièges, cela ne fait plus que 292 sièges pour le parti socialiste. Les 16 et 23 juin va avoir lieu l’élection législative partielle de de Villeneuve-sur-Lot pour élire un successeur r à Jérôme Cahuzac, qui a éclaircit le débat en renonçant à se présenter. Heureusement, car un sondage indiquait dans ce cas de figure que Bernard Barral, le candidat investi par le Parti Socialiste serait éliminé dès le 1er tour. La circonscription, pourtant un fief du PS, est probablement perdu au bénéfice de l’UMP. Les élections partielles ne sont généralement pas favorables au pouvoir en place. Le désamour absolu des français qui frappe l’exécutif socialiste est de bien triste augure.

La situation actuelle de Sylvie Andrieux dans les Bouches-du-Rhône ajoute à la pression sur le groupe socialiste à l’Assemblée national qui pourrait y perdre encore un siège et passer à 290 sièges, et risquer de perdre à termes la majorité absolue qui est à 289.

L’ensemble des quatre législatives partielles qui ont eu lieu depuis l’automne ont été défavorables au PS. Celles en cours et à venir devraient confirmer cette tendance.

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 15:23

- 16 [intérieur – jour]

 

On est au centre de la station. Dans le hall de la Croisette. Il y a une foule énorme, désordonnée.

Des gens dorment à même le sol, d’autres circulent et distribuent des couvertures et de la nourriture. La caméra se promène et accroche des visages où se lit une fatigue totale.

 

 

 

- 17 [intérieur – nuit]

 

Julien est dans la chambre de la comtesse. Le froid a tout envahi. La lumière est bleuâtre. Julien allume plusieurs bougies. Les fenêtres sont ourlées de givre. Il y a du givre un peu partout. Olga est allongée sur son lit toute habillée .Le visage et presque bleu. Il y a du givre blanc et gris dans sa chevelure rousse.

Olga est morte. Julien reste seul aux Pléiades. Il se souvient…

 

Musique : « If » de Pink Floyd (extrait de Atom Heart Mother)

 

 

 

 

 

- 18 [intérieur – jour]

 

OLGA

 

Mais enfin Julien cela rime à quoi ?

 

JULIEN

(Pensif)

 

A rien…

 

OLGA

 

Mais pourquoi à rien ?

 

JULIEN

(Faisant visiblement un effort pour parler)

 

J’ai grandi…. J’ai vécu…. C’était plutôt cool, maman s’occupait de tout. J’avais tout…

 

OLGA

Tout ?

 

JULIEN

 

Enfin presque tout, je n’avais jamais d’effort à faire. Maman pensait à tout, elle facilitait les choses… c’était sans fin… un fardeau …au bout d’un moment…

 

OLGA

 

Au bout d’un moment, mais quel moment ?

 

JULIEN

 

C’est bien cela le problème, je ne me souviens pas à quel moment cela a commencé… il fallait que cela finisse.

 

OLGA

 

Ce n’est pas sérieux ! C’est une réflexion d’enfant gâté.

 

JULIEN

 

Gâté, c’est cela, c’est le mot juste !

 

OLGA

 

Le mot juste ?

 

JULIEN

 

Gâté au sens de corrompu, comme un fruit trop mûr que l’on laisse trainer, oublié, et qui finit par pourrir.

 

OLGA

 

C’est peut être un peu fort !

 

 

JULIEN

 

Non c’est exactement le mot qui convient.

 

 

- 19 [intérieur – nuit]

 

Retour dans la chambre désormais mortuaire d’Olga. Julien contourne le lit. Il y a un petit secrétaire. Il l’ouvre et prend une bougie pour mieux voir. Il y a là un coffret à bijoux. Il l’ouvre aussi, joue quelques instants avec un collier de perles. Sur une petite étagère du secrétaire, il y a un paquet de lettres entouré par un ruban rose noué. Il le défait et prend la première lettre.

C’est une enveloppe un peu vieillie, avec une adresse écrite d’une écriture nerveuse, à peine lisible. On distingue un timbre ancien, peu identifiable. Français ? Etranger ? On ne le sait pas.

Il déplie méticuleusement trois feuillets de papier à lettre, bien rempli d’une écriture bleue pâle, très fine qui courre … julien lit à haute voix. On voit son visage pâle à la lueur des bougies, de profil est en arrière plan le décor funéraire de cette chambre désormais glacée.

 

JULIEN

 

« Olga,

Je ne peux me résoudre à ce silence. Pour moi c’est encore hier, comme si le temps n’était jamais passé, n’avait pas fini par estomper ce qui avait été notre histoire. Dix ans déjà ! Et pourtant je t’écris toujours avec la même régularité, une fois tous les deux mois, et je me heurte au même silence ! Jamais tu ne réponds à mes lettres. Je ne sais même pas si tu les lis, et si tu les lis, si tu les gardes, si au moins tu y penses, de temps en temps. Si tu les jettes !

Mais … moi, j’écris toujours avec la même ferveur, avec la certitude que tu me lis et que tu gardes en toi pour toujours ces mots que je jette ainsi fébrilement sur le papier.

Je garde confiance en toi… Je vis grâce à ce fil invisible qui me relie à toi. Je mène une vie paisible. Je fais même des choses… j’existe malgré tout avec une vrai vie et tout ce qui va avec : le travail, les amis, les vacances, les économies, les joies et les peines … Les saisons passent, les années aussi. Mais je garde en moi cette vie secrète et souterraine qui t’atteint sûrement malgré la distance et les années qui glissent, oublieuses et paresseuses, toutes ces journées  qui entassent un fatras de souvenirs pour plus tard.

Chacune de mes lettres est un moment que je réserve, que je soustrais au temps qui passe. J’entends encore cet accordéon et ces violons qui s’étirent dans une mélodie aussi triste et aussi oublieuse que les jours qui passent.

Olga, je n’ai qu’un amour, malgré les histoires que je peux vivre ici et là. Certaines intenses et qui durent et d’autres plus passagères, qui glissent et s’évaporent, souvent dans l’ennui.

Mais mon amour pour toi va grandissant dans un désert qui me sert de vie. Je ne nie pas les oasis qui peuplent ici et là cette immensité de sable, sauvage et qui m’envahit.

J’ai plusieurs vies qui rebondissent comme le caillou plat qui ricoche sur la surface de l’eau. Mais l’eau, elle, elle est toujours là, livide, douce et amène, les nuits étoilées s’y reflètent et s’y succèdent… tout cela dans je ne sais plus quel ordre.

Olga je t’aime. »

 

 

Gros plan sur le visage diaphane de Julien, à la manière de Georges de La Tour (« La Madeleine Pénitente »)

 

 

- 20 [extérieur – jour]

 

Dans les rues de Paris, Julien marche le long des grands boulevards (boulevards des Italiens). Il fait gris, la foule est énorme, il passe parmi les gens, le regard fermé, comme replié vers l’intérieur.

Il avance avec ce qu’il sait, plein de cette certitude, parfois il heurte un passant sans même se rendre compte…Les voitures glissent lentement sur la chaussée dans un mouvement incessant.

La caméra qui l’accompagne de face s’arrête pour le laisser passer,  puis en se retournant le fixe de dos, pour le voir disparaître peu à peu dans la foule.

 

Musique : « Lets Dance » de David Bowie

 

- 21 [extérieur – jour]

 

Julien en parka vert, emmitouflé,  bonnet sur la tête, il marche avec difficulté dans la neige où il s’enfonce profondément, il a pris le petit chemin qui va dans la forêt.

Il ne neige plus, le soleil brille et le ciel est d’un bleu intense  (le bleu lumineux outremer « International Klein Blue, mis au point par l’artiste Yves Klein en 1956 ).

Le paysage de montagne est resplendissant, tout gonflé par cette neige immense et puissante qui a tout englouti.

On voit Julien s’éloigner dans ce paysage avec le même mouvement que dans la scène précédente où il disparaît dans la foule.

Bientôt il n’est plus qu’un point qui se confond avec le blanc étendu, surplombé par le ciel bleu couleur Yves Klein …

La tempête est finie.

 

Musique : « The End » des Doors.

 

Finir avec cette image avec la voix de Jim Morrison, générique de fin.

 

FIN.

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 15:21

- 7 [extérieur – nuit tombante]

On entend juste les rafales du vent siffler entre les branches des sapins et secouer le manteau de neige. La route qui monte vers la forêt est presqu’invisible. Peu à peu la neige a redessiné  la géographie du Jardin Alpin. Ce n’est plus que vallonnements entrecoupés de larges plats qui laissent à peine deviner ce qu’était encore la route il y a quelques jours.

C’est l’heure du crépuscule, les réverbères font des halos de lumière, seuls points de références, la plupart des résidences sont éteintes et inoccupées.

Tout est beau et c’est l’infini du silence qui sculpte le paysage, les lignes géométriques s’effaçant peu à peu sous le poids de la neige …

Le plan panoramique s’arrête sur les Pléiades où trois zones de lumières donne encore le ton..

Musique de Philip Glass « Estudes N°1 » extrait de Etudes for Piano Vol 1

 

- 8 [Intérieur – nuit] « les angoisses de julien »

 

Julien en jeans, en pull roulé  dans un couloir de la résidence frappe à une porte, il tient un paquet de gâteau à la main.

 

La porte s’ouvre, Julien entre chez Olga.

 

JULIEN

(en imitant Jacques Brel)

J’vous ai apporté des gâteaux… les gâteaux c’est si bons …

 

OLGA

 

Je ne m’appelle pas Madeleine… entre, je vais te faire du thé.

 

La caméra les accompagne, on passe l’entrée, puis on pénètre dans le séjour, un peu sombre, des tableaux foisonnant, des tentures tombantes, des fauteuils un peu partout. Olga s’affaire derrière le bar, elle prépare le thé.

Julien, un peu embarrassé finit par s’asseoir.

 

JULIEN

 

Maman m’a chargé de vous embrasser et je le fais bien volontiers.

 

OLGA

 

Menteur, ta mère ne sait même pas que tu es là !

 

JULIEN

 

Pourquoi dites vous cela ?

 

OLGA

 

Parce que je te connais par cœur, depuis tout ce temps. Quand tu as cette mine et que tu déboules comme çà, avec un temps à ne pas mettre un chien dehors…

 

JULIEN

 

C’est vrai … je suis parti comme çà… je ne lui ai rien dit, pas un mot, pas un papier… je ne pouvais pas lui parler. Comment lui dire… que malgré tout et envers contre tout je suis de plus en plus mal.

 

OLGA

 

Mal ? Comme malade ?

 

JULIEN

 

Moquez-vous !

 

OLGA

 

Je ne me moque pas. Je ne sais simplement pas faire face à çà… et je plains ta mère.

 

JULIEN

 

A çà…. ? Vous plaigniez ma mère ?

 

OLGA

 

Oui çà… toi, tes gestes embarrassés, tes mots qui ne veulent plus dire grand chose … oui çà. Je ne vois comment ta mère pourrait s’en tirer.

 

JULIEN

 

Et bien çà alors… si je m’attendais à çà… je vous savez plus généreuse !

 

OLGA

(Avec un large sourire, elle apporte un plateau avec le thé et les gâteaux)

Mais je suis généreuse avec toi … regarde je t’ai préparé le thé comme tu l’aimes, brûlant !

 

- 9 [extérieur – jour]

 

Le matin à l’entrée de l’immeuble il est tombé encore beaucoup de neige réduisant à néant le travail de dégagement de la veille.

Les trois garçons se mettent à l’ouvrage avec une pelle et des morceaux de planches… ils se plaignent de l’absence des concierges. Vanessa est restée en retrait sous le porche de l’entrée. Elle tente de les convaincre de se replier sur le centre de la station. Julien visiblement influençant Aldo et Arturo ne veut rien entendre.

[A écrire]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 10 [extérieur – jour finissant]

 

On voit une avalanche descendre la montagne, la vallée résonne de ce bruit étrange.

Panorama sur la montagne sous l’éclairage de la tombée de nuit.

Musique de  « Pensa en mi » de Luz Cazal

 

- 11 [intérieur – nuit]

Dans l’appartement de Julien.

Soudain un portable sonne …. Julien est surpris, il décroche et se place devant la cheminée.

 

JULIEN

 

Allo ? Allo … oui maman, c’est toi… je ne t’entends pas bien … le téléphone passe un peu…juste un peu.

(Silence)

Si, bien sûr je suis content de t’entendre …non je ne t’ai rien dit.

(Silence)

Je ne pouvais pas te parler …oui je suis à l’appartement, à Courchevel.

(Silence)

Comment j’ai fait ? Je me suis débrouillé, je connais tout de même le chemin….oui  le train, je t’entends pas bien …

(Silence)

Oui je sais la tempête … et alors ce n’est que de la neige… il fallait que je le fasse, maman, je t’en supplie… ne pleure pas

(Silence)

Oui je vais me débrouiller …tu me l’as bien appris… je sais il y a les provisions… les bougies… Olga ? elle est là oui nous nous sommes parlés, elle t’embrasse.. Maman, je ne t’entends presque plus… maman je ne t’entends plus …

(Julien détache le portable de son oreille et le pose sur la table basse, il reste déconcerté)

 

- 12 [extérieur – jour] – « le troisième jour »

 

Scène dans l’entrée de la résidence. On voit à travers les portes de verre que la neige s’est encore accumulée durant la nuit, dressant un mur empêchant toute sortie.

 

VANESSA

 

 

Mais enfin, regarde, tous les appartements du 1er étage sont sous la neige maintenant ! La porte est bloquée, même en partant sur le champ ce sera une véritable galère, même sans Olga si elle persiste à vouloir rester ici avec ce fou de Julien.

 

ALDO

 

Ok ok Vanessa c’est bon arrête de geindre … on va partir, mais je te préviens je ne pars pas sans Julien et Olga, à toi de les convaincre. Arturo et moi on va commencer à déblayer pour nous faire un chemin jusqu’à la piste..On passera par le bas par la piste du Jardin alpin. Tu as essayé les portables ? On ne passe toujours pas ?

 

VANESSA

 

Je te l’ai déjà dit aucun portable ne fonctionne  quelque soit le réseau. Et nous n’avons pas de ligne fixe. Nous n’avons que la radio comme source d’infos.

 

Arturo et Aldo prennent la pelle et une planche et ouvrent difficilement les portes de l’entrée, la neige tombe à l’intérieur, c’est tout un monticule qu’il faut dégager pour accéder à l’extérieur. Ils commencent à déblayer.

 

 

- 13 [intérieur – jour]

 

Chez Olga, intérieur très hétéroclite, influence russe certaine…

Olga est allongée sur une méridienne avec une couverture en crochet sur ses genoux et ses jambes, une chevelure rouge tombe sur ses épaules. Julien est assis sur un petit tabouret.

Vanessa est plantée devant eux… vindicative…

 

VANESSA

 

Mais enfin julien tu es irresponsable d’encourager Olga à rester par ton attitude, elle n’a pas ton âge !

 

JULIEN

 

Cela finira par s’arranger.

 

VANESSA

 

 Mais quand ? En attendant on a dépassé la limite de tous les dangers. Nous sommes restés bien trop longtemps. Ce sera une galère de redescendre d’ici.

 

OLGA

 

Là… tu voies je serai un poids pour vous.. Je reste.

 

 

 

VANESSA

 

Ce n’est vraiment pas ce que j’ai voulu dire. Et n’en prenez pas prétexte pour refuser encore de partir. Aldo n’est d’accord pour rejoindre la station que si vous venez tous les deux. En refusant vous nous mettez tous en danger.

 

JULIEN

(Qui caresse la main d’Olga)

 

 Pas de chantage Vanessa, pas de dramatisation. On croirait que tu ne sais pas ce que c’est la montagne.

 

VANESSA

 

Ah oui, je ne sais pas… et le préfet lui non plus. L’ordre d’évacuation des stations alpines a été donné hier. Si on veut avoir une chance d’être évacué, encore faut-il que nous ayons rejoint le centre de la station.

 

OLGA

(Elle se lève et repousse gentiment Julien, elle resserre cette fois son châle contre elle.)

 

Il fait froid… je me demande si le chauffage marche encore ?

 

VANESSA

 

C’est vrai qu’il fait froid d’un seul coup, Julien tu devrais aller voir au sous sol si la chaudière marche encore.

 

JULIEN

 

Moi ? Mais je n’y connais rien (Vanessa le foudroie du regard, ils se font face en silence) Bon… c’est bon j’y vais, j’y connais rien en tout cas si elle ne marche plus.

Il sort de la pièce Olga et Vanessa restent seules.

 

VANESSA

 

Je ne vous comprends pas Comtesse… vous entretenez Julien dans sa dépression en voulant rester ici. Vous aussi vous n’êtes pas responsable.

 

OLGA

 

Responsable ! Quel grand mot que voilà, la responsabilité, on croirait un sujet du baccalauréat de philosophie  Qu’est ce que la responsabilité ? Sommes-nous en charge du destin des autres ? Parce que je ne voudrai pas partir j’entrainerai vos destins respectifs ? Que fais-tu ma petite du libre arbitre ?Qu’est ce que cela veut dire que chacun s’abrite, abrite sa propre responsabilité sous la décision des autres ?

 (Elle s’esclaffe !)

 Mais enfin Vanessa  tu es libre de partir, seule ou accompagnée de Arturo d’Aldo de Julien s’il le souhaite. Et moi je suis libre de rester là. Tiens, même de rester là même s’il n’y a plus de chauffage et d’électricité !

 

VANESSA

 

Vous dites n’importe quoi.

 

OLGA

 

Ah Vanessa

(Elle gronde soudain)

Ne parle pas comme cela à ton ainée… Cela ne durera pas. Cela n’a jamais duré… cela ne me fait pas peur de rester et d’attendre dans l’inconfort. Si tu savais ma petite, ce que c’est vraiment l’inconfort.

(Elle reste un moment songeuse)

Tu ne t’attarderais pas à des questions de ravitaillement en produits frais, de chauffage et même d’électricité

(Elle redevient songeuse)

 L’inconfort..

(Elle fait un mouvement des épaules).

…C’est d’avoir passé sa vie… c’est ce rétrécissement du monde à l’aube de la mort. Bouger… chaque pas, chaque mouvement est un rappel, le rappel inexorable du temps qui a passé. Il ne reste guère d’échos au monde   dans cet inconfort là.

(elle appuie fortement ces derniers mots).

 

VANESSA:

(Un peu troublée)

 

Excusez moi Comtesse je ne cherchais pas à vous blesser. Mais je crois tout simplement qu’il y a un risque réel à rester là.

 

OLGA

(Elle appuie lentement chaque mot)

 

 Un risque… réel….à rester ici (silence très appuyé) C’est peut être justement ce qui est bon pour moi (elle réfléchit) le risque, c’est bien cela qui peut encore avoir le goût du sel. La vieillesse en ralentissant toute chose, en rétrécissant l’espace et l’idée que l »on s’en fait endort terriblement ma petite fille. J’ai commencé l’automne d’un long sommeil. Et j’aimerai bien me réveiller une dernière fois, la dernière sans aucun doute, oui me réveiller.

 

VANESSA

(Interloquée par les propos d’Olga qu’elle en bafouille)

 

 Mais enfin c’est à peine incroyable ce que vous dites (puis brutalement elle enchaine), avec ce froid, c’est vrai qu’il fait de plus en plus froid (comme pour elle-même), cette neige c’est le grand linceul blanc qui vous attend et somme tout assez silencieux !

 

OLGA

 

Comme c’est joliment dit et quand bien même ce  serait un bien, grand linceul blanc.. Oui un immense linceul blanc

(Elle reste rêveuse)

 

VANESSA

(Qui marche dans tous les sens)

 

Je ne sais plus quoi dire !

 

OLGA :

 

Et bien ne dis rien ma petite fille.

 

 

VANESSA

(Outrée)

 

 Comtesse ne m’appelez pas « petite fille » cela ne marche pas, c’est vous la petite fille… capricieuse de surcroit, pas moi !

 

OLGA

 

Si tu veux.

 

VANESSA

 

Oh mais moi je ne veux rien, rien que partir de cet enfer blanc.

 

OLGA

 

Tu vois, c’est là la différence, pour toi c’est l’enfer, pour moi ce sera mon paradis.

 

VANESSA

(En sortant de la pièce)

 

Tant pis pour vous Comtesse, moi seule ou avec d’autres je pars.

 

OLGA

(Restée seule) 

 

 Et bien au moins comme cela elle aura compris ce que c’est le libre arbitre.

 

 

 

- 14 [intérieur – nuit]

 

Julien est allongée sur la banquette, un feu dans la cheminée, la télévision est allumée, il y a là encore de la neige sur l’écran On entend juste la radio.

Julien les yeux fermés peut-être dors-t-il ? Peut être n’entend –t-il plus rien.

 

Musique « Il pleut sur Santiago » d’Astor Piazzola.

Interruption brutale de la musique par un flash spécial. Cela ne modifie en rien l’attitude de Julien.

 

LA RADIO

 

 « Flash spécial. Le gouvernement vient de prendre la décision de décréter l’état d’urgence sur tout le territoire. Les intempéries n’ont toujours pas cessé et la vaste dépression anticyclonique s’est étalée sur la totalité de l’Europe. Des vents violents ont causé des dégâts considérables sur la totalité de la cote atlantique et bretonne. Le reste du pays est soumis à des pluies tropicales. Les cours d’eau ne cessant de monter en dépassant largement les côtes d’alerte ont occasionné de nombreuses évacuation en urgence et l’intervention des pompiers, militaires et gendarmes ; on déplore déjà de nombreuses victimes.

La neige qui tombe sans interruption depuis quinze jours sur la totalité des massifs montagneux a contribué à l’isolement de la plupart des stations de montagne. Vent, pluie et neige contribuent à une destruction progressive de toutes les infrastructures du pays, voies de transport, approvisionnement et moyens de communication s’affaiblissent. Suite à la destruction de nombreux relais hertzien certaines régions ne reçoivent plus la télévision.

Seule la radio reste encore un moyen de communication et encore pour ceux qui disposent de pile, puisque c’est progressivement l’ensemble du réseau électrique qui s’affaisse…. »

 

Julien se lève..; Il va à la fenêtre regarder la neige qui tombe toujours.

 

Il aperçoit une enveloppe glissée sous la porte, il se baisse et la ramasse et l’ouvre.

 

Pendant qu’il lit la lettre on entend la voix de Vanessa :

 

 

 

VANESSA 

Julien,

Puisque rien n’y fait … que ton entêtement conforte celui de la comtesse, nous avons décidé de partir et de rejoindre le centre de la station, comme cela a été recommandé par de nombreux messages à la radio. Nous sommes si désolé de vous abandonner ainsi. J’ai laissé les clefs de l’appartement. Sers-toi de tout ce dont tu auras besoin, il y a encore des provisions. N’hésite pas. (Il prend le trousseau de clef à la main) et même si cela devait devenir terrible tu peux tout bruler pour alimenter la cheminée. Je crois, malheureusement contrairement à toi que la neige ne va pas s’arrêter et que la catastrophe n’est plus imminente. La catastrophe est déjà là !

Mais peut être qu’en rejoignant le plus grand nombre, celui des réfugiés au centre de la station, nous allons au devant de déconvenues. Qui sait qui sera le plus heureux ? Pour ne pas dire le plus sauvé ! Toi et Olga, seuls au monde aux Pléiades, à ne prendre soin que de vous mêmes ? Ou nous au cœur de l’humanité avec tout ce que cela peut comporter d’inconvénients ?

L’avenir nous le dira … ou peut être pas parce qu’il n’y aura plus d’avenir.

Nous t’embrassons et prends bien soin de la vieille comtesse.

Vanessa.

 

- 15 [intérieur – nuit]

 

Appartement de Julien. Il est assis dans un fauteuil. Olga est près de la cheminée où flambe un feu de bois, fait de débris de bois brisé et de détritus. L’appartement est assez désordonné. Des assiettes traînent ici et là, des vêtements sont épars.

 

 

OLGA

 

Julien, tu n’aurais pas dû rester.

 

JULIEN

 

Ah oui… et pourquoi ?

 

OLGA

 

Tu n’es pas resté pour moi, tu sais !

 

JULIEN

 

Ah oui… c’est ce que vous croyez ?

 

OLGA

(Se tournant un peu vivement vers lui)

 

Bien sûr que non. Tu es resté parce que tu as bizarrement décidé de faire quelque chose ici. Quelque chose qui m’échappe et que je en comprends spas.

 

JULIEN

(Prenant un air non chaland)

 

Je ne savais pas Olga que vous aviez une parenté avec le bon docteur Sigmund Freud !

 

OLGA

(Énervée)

 

C’est cela moque toi de moi. Il n’y a rien de psychanalytique (elle appuie ce dernier mot) dans tout cela. Tu es resté pour toi-même. D’ailleurs je ne te reproche rien. Je ne t’avais rien demandé.

 

JULIEN

 

Et vous Olga ? Qu’est ce que vous finissez ici ? En restant ?

 

OLGA

 

Je n’ai rien à finir mon garçon. Ce n’est pas pareil… à mon âge, tu me vois redescendre à la station dans ces conditions épouvantables, dans une ambiance de déroute et de campement improvisé. Merci j’ai déjà donné.

 

JULIEN

(Plus sérieux)

 

Ah oui ? Il y a longtemps ?

 

OLGA

 

Il y a bien longtemps mon petit garçon, mais je ne t’en dirai pas plus. Tu n’as pas besoin de savoir ce que les personnes « finissantes » comme moi emportent avec elle.

 

JULIEN

 

Les personnes finissantes … comme cela est bien sentencieux.

 

OLGA

Penses ce que tu veux, tu n’as pas besoin d’en savoir plus.

 

JULIEN

Savoir ?

 

(Musique montante : Erik Satie, les Trois Gnossiennes)

 

OLGA

Oui, savoir… le savoir, tu sais ce que c’est. Ce ne sont pas les mots, mais plutôt les morts ou encore plus les « oubliés », ceux que l’on laisse derrière soi, par vanité. Savoir… c’est vivre cette expérience de l’exil… ce moment enfin qui s’étire tout au long de l’âge. Tout ce que l’on a laissé derrière soi. L’a-t-on vraiment voulu ce départ ?

 

JULIEN

Comme tout cela est triste… je vous savais plus rieuse, Olga.

 

OLGA

(Se reprenant et forçant sur le côté enjoué)

 

Mais je suis rieuse, jeune homme.

 

(Elle remet de l’ordre dans ses cheveux et ses vêtements d’un geste un peu sec, nerveux, comme si elle avait été « négligée » un moment, rien qu’un moment…)

 

Mais bien sûr, rieuse, je l’ai toujours été. Pour toi. C’est pourquoi je n’ai pas de compte à te rendre.

 

JULIEN

 

Mais moi je ne demande rien… rien, vraiment.

 

OLGA

 

Voyons Julien tu demandes…  Tu demandes toujours, c’est ce que j’aime tant chez toi. Il te faut partir Julien

 

JULIEN

(Rêveur)

 

Partir… mais voyons Comtesse, je suis déjà parti.

 

 

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Published by Jean Pelletier - dans Littérature
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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 15:12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Tempête…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scénario de Jean Pelletier

Avril 2007

 


 

 

 

 

 

 

Synopsis :

 

 

 

 

Julien, en détresse psychologique et identitaire se réfugie à Courchevel dans l’appartement de sa mère, situé sur le haut de la station dans le Jardin Alpin et qui fait partie d’une petite résidence sous forme de chalet, comme bien d’autres dans la station.

Une tempête de neige fait rage au moment de son arrivée dans l’appartement. Celle-ci va durer jusqu’à devenir une catastrophe écologique de grande ampleur, isolant la station du reste du pays durant de longues semaines.

Seuls résidants dans le chalet : Julien, une vieille comtesse Russe dénommée Olga, un groupe de trois jeunes italiens : Aldo, Arturo et Vanessa.

Très vite la situation ira en se dégradant, seul Julien et Olga resteront alors que les jeunes italiens descendront se réfugier au centre de la station où les attendra un désordre total…

 

Sans électricité, des réserves de nourritures s’épuisant, juste un transistor le reliant au monde extérieur Julien s’installe dans cette débandade,  armé de l’éducation « à la survie » que lui a enseignée sa mère, de ce fait il bénéficie du stock de nourriture, de bougies, de piles et de toute sortes d’ustensiles accumulés par sa mère.

 

Julien survit dans ce monde crépusculaire et il se souvient avec douleur …à l’ombre d’Olga.

Tous deux, à chaque bout de leur vie, l’un commençant, l’autre finissant, partagent le même désarroi et s’enferment d’une certaine manière dans un complexe de « finitude ».

 

 

 

Les personnages :

 

JULIEN, vingt cinq ans, brun les yeux verts, filiforme

 

OLGA, très âgée, une chevelure rousse, flamboyante (sous laquelle on devine la teinture !)

 

VANESSA, italienne, peu d’accent, blonde, yeux bleus, très jolie

 

ALDO, italien, un fort accent

 

ARTURO, italien, un fort accent

 

 

1 - [Extérieur nuit]. « Le retour »

 

La tempête de neige fait rage, de gros flacons tombent dru et troublent la visibilité. Julien emmitouflé dans son blouson, sac à dos remonte à pied la piste du jardin Alpin.  On aperçoit, de manière très floue les « œufs », qui relient le haut du jardin d’alpin au cœur de la station, immobilisés par la tempête. Le vent souffle en rafale, il fait très froid. Heureusement pour Julien le trajet n’est pas trop long, mais la piste est raide et il s’enfonce dans une neige non damée, aucun skieur en vue ... il songe aux raquettes qui l’attendent au chalet et qui lui seraient bien utiles.

Musique : « La Muerte Del Angel » d’Astor Piazzolla.

 

2 - [Intérieur nuit].

 

Julien, 24 ans, brun les yeux verts, il a les cheveux courts, en jeans, chemise rouge, le blouson et l’écharpe de couleur sont sur le canapé. Un feu de bois brûle dans la cheminée.

Julien est dans la pièce principale, de grandes baies s’ouvrent sur la forêt, la neige continue de tomber à gros flocons. Il est assis à la table, on le voit de dos, il écrit. Le sac à dos, non ouvert est jeté à même le sol.

 

Il écrit sur une feuille blanche avec un stylo plume  Parker, on entend le feu crépiter et planer le silence de l’épais manteau de neige qui recouvre le Jardin alpin.

 

JULIEN (voix off)

 

Il me fallait ce break, me poser… attendre. Cette cohabitation est impossible … infernale… c’est comme une guerre … une guerre invisible qui se trame avec chaque mots, chaque geste et qui se love dans le moindre des silences … une guerre nucléaire qui lâche son poison…avec en filigrane ma propre extinction comme programmée par le temps qui passe.

 

(Un temps…il lève les yeux  et son regard se porte  à l’extérieur à travers la baie vitrée, la lumière porte sur les premiers sapins habillés et comme plombés de blanc, un blanc réverbérant une lumière satinée. Il reprend son travail d’écriture, le plan est de biais, on le voit de profil, une petite mèche tombante sur le front).

 

Ce visage … ces yeux ..; ces mains.. , ce corps grandissant faisaient obstacles à mon imaginaire. Mon esprit était devenu physique, cette identité que je portais depuis 24 ans avait fini par prendre racine, une forme énergique, mais aussi allergique, envahissante et qui s’opposait avec violence au principe de la cohabitation. Il fallait l’admettre… j’allai de plus en plus mal et même l’alcool, les tranquillisants ne suffisaient plus à apaiser ce début d’incendie

 

Julien se lève … et se dirige vers la cheminée, il attise le feu, remet une bûche … et va à la fenêtre, la nuit épaissie par la tempête plombe la visibilité … un no man’s land s’est installé entre lui et le reste du monde, il est à un point d’équilibre qu’il a choisi.

 

 

3 – [intérieur nuit].

 

La nuit est très avancée Julien en bas de pyjama, le torse nu est encore debout, le feu dans l’âtre est mourant. Seule une petite lampe éclaire la pièce les rideaux ont été tirés, on ne voit plus rien de l’extérieur.

Juste cette petite pièce là, confinée… encore un peu plus un bout du monde, mais un tout petit bout, juste en équilibre… avant la chute.

 

Il va vers la petite bibliothèque et appuie  sur un bouton : on entend la voix de Jeanne Moreau qui chante « Indiana Song ». Il est de dos et écarte juste un bout du rideau, c’est une fente qui s’ouvre à la nuit. Le feu jette ses dernières lueurs dans la pénombre.

 

« Chanson,
Toi qui ne veux rien dire

Toi qui me parles d'elle

Et toi qui me dis tout

Ô, toi,

Que nous dansions ensemble

Toi qui me parlais d'elle

D'elle qui te chantait

Toi qui me parlais d'elle

De son nom oublié

De son corps, de mon corps

De cet amour là

De cet amour mort

Chanson,
De ma terre lointaine

Toi qui parleras d'elle

Maintenant disparue

Toi qui me parles d'elle

De son corps effacé

De ses nuits, de nos nuits

De ce désir là

De ce désir mort

 

A travers le rideau entrouvert, la caméra sort de la pièce et fini son travelling sur les sapins, la neige et la nuit…

 

 

 

 

 

 

 


 

4 – [extérieur nuit].

 

On entend la fin de la chanson et la voix si lente, si articulée de Jeanne Moreau, si expressive sur un panorama de nuit entre les arbres, caméra porté à l’épaule qui s’enfonce dans la nuit  sur le dernier couplet :

Chanson,
Toi qui ne veux rien dire

Toi qui me parles d'elle

Et toi qui me dis tout

Et toi qui me dis tout »

 

On sent les branches lourdes et humides des sapins qui frôlent le mouvement de ce passant invisible de la nuit.

 

5- [extérieur jour].

 

Julien emmitouflé, la pelle à la main tente de dégager les abords de la résidence, la neige a tout envahi. Elle  continue de tomber sous forme de lourds flocons.

Julien réussit à dégager l'entrée  et commence à s'attaquer  au petit chemin qui monte  vers la route, devenue invisible.. Il en refait le tracé de mémoire.

Olga apparaît dans l'entrée.

 

OLGA

 

 Julien?

 

Julien s'interrompt et se retourne vers l'entrée, on distingue une vieille dame enroulée dans un somptueux châle aux couleurs chatoyantes qui tranche de fait aves l'immaculée blancheur du manteau neigeux qui a tout recouvert aux alentours.

La caméra se rapproche sur un gros plan, et l'on distingue un visage ridé, avec un charme extraordinaire, quelques mèches rouges qui débordent du châle enveloppant la tête, on voit une paire de boucles d'oreille  multicolores

 

OLGA

 

Julien?

 

(Julien distingue à peine le visage d'Olga, redescend de quelques marches en sa direction.)

 

OLGA

 

Tu es arrivé hier?

 

JULIEN

 

Oui.. Qu’est-ce qui tombe. Hein? On n'a pas vu autant de neige depuis.. depuis jamais en fait, non?

 

OLGA

 

Oui, comme tu dis, depuis jamais, tu as écouté les nouvelles?

 

JULIEN

 

Non.. Je suis arrivé hier soir. Cela  a été une sacré galère de monter jusqu'à la station en taxi. J'ai cru qu'il allait me laisser en carafe... en fait il m'a monté jusqu’au Praz et j'ai pu prendre les derniers œufs.. Je suis  monté aux Pléiades à pied par la piste.

 

OLGA

 

Julien tu ne trouves pas étrange tous «ces accidents climatiques»? Ici il neige  mais dans le reste du pays il y a des inondations spectaculaires un peu partout.

 

JULIEN

 

Comtesse... la planète se dérègle ...il fallait s'y attendre…. Le réchauffement climatique devient tangible. Ce n’est plus seulement un slogan écolo… mais une réalité.

 

OLGA

 

Je suis tout de même un peu inquiète... regarde c'est à peine si tu arrives à dégager  le passage.

 

JULIEN

 

Mais où sont passé M. et Mme Dussort, c'est leur boulot, non?

 

OLGA

 

Je ne sais pas, ils sont descendus à la station il y a deux jours et je ne les ai plus revus.

 

JULIEN

 

Ce n’est pas normal... ce n’est pas sérieux. Et vous Comtesse comment vous vous débrouillez dans tout ce bordel?

 

 

 

OLGA

 

Et bien justement, cela me soulage que tu sois là, je me sentais un peu seul et puis le ravitaillement m'inquiétait pour tout de dire  dans les jours à venir.. Jo ne livre plus, il ne répond plus au téléphone. Et je me voyais mal m'enfoncer dans toute cette neige...

 

JULIEN (sur un ton de reproche)

 

Comtesse ce n'est pas très sérieux d'hiberner dans ces conditions

 

OLGA

 

Peut-être...mais j'aime tellement la neige.

 

(On entend le bruit sourd d'une avalanche au lointain, qui se répercute avec de la neige qui tombe brutalement d'un sapin à proximité de Julien, qui fait un écart pour se protéger..)

 

JULIEN

(essuyant la neige sur ses épaules) :

 

Hé bien dites donc...je l'ai échappé de peu, non? (éclatant de rire).

 

OLGA

Quand tu auras fini, passes me voir, je te ferai un thé bien chaud.

(Elle fait quelques pas, puis se ravise)

 Tu sais avec  nos amis italiens nous sommes les seuls résidents.

 

Elle rentre dans la résidence.

Julien reprend ses pelletées de neige, on entend à peine le bruit de la pelle, la neige a étouffé tout ce qui fait bruit, pour ne dire plus que le silence…

 

-6 [extérieur jour].

 

Trois jeunes gens sont assis dans un petit salon, les murs sont très « style chalet », un feu crépite dans la cheminée.

Ils sont tous très attentifs, on entend juste le transistor.

 

 

LE TRANSISTOR

 

La météo des jours à venir n’est guère plus encourageante. La dépression située sur l’Europe ne bouge plus depuis plusieurs semaines. Elle cause encore de nombreuses pluies dont la conséquence immédiate est la multiplication d’inondations sur l’ensemble du territoire national. L’ensemble des services de secours, pompiers, polices, gendarmerie, armée font difficilement face aux difficultés qui s’accumulent. C’est toute l’économie et la  vie sociale du pays qui est ainsi perturbée. La plupart des grands axes de transport  sont rompus par les inondations en de nombreux points. C’est la raison pour laquelle  le gouvernement a fait appel plus particulièrement à l’armée, au « génie » afin d’installer des ponts provisoires de campagne  pour rétablir la circulation sur les axes prioritaires.

Des difficultés d’approvisionnement alimentaires commencent à se faire sentir dans plusieurs grandes villes.

La situation est désormais très tendue dans les principales stations alpines. Le préfet de haute Savoie  a différé jusqu’à aujourd’hui la décision de les faire évacuer.. Les services de la préfecture recommandent aux habitants les plus éloignés des cœurs de station de rejoindre ceux-ci, étant donné que les services de la voirie ne sont plus en situation de dégager les axes routiers. La plupart des remontées mécaniques ont été interrompues jusqu’à nouvel ordre dans la totalité des stations.

Restez à l’écoute, nous vous tiendrons informés au fur et à mesure des dépêches.

 

La musique reprend… « Libertango » d’Astor Piazzola and Yo Yo MA.

 

ALDO (en italien) :

 

Vous ne croyez pas que l’on devrait anticiper et foutre le camp d’ici ?

.

VANESSA

 

Tu dramatises.

 

ALDO

 

Je dramatise … tu as bien écouté ? Et puis de toute façon on ne peut plus faire de ski. Quel intérêt de rester ici ?

 

ARTURO (en italien)

 

Hé hé della calma, ciò non serve a nulla di irritarsi (quindi che riprende in francese) Aldo ha ragione... non si può restare qui... si finirà per trovarsi bloccare, già che i?ufs non funzionano più... è galère di scendere e risalire con il tracciato! Come ci si farà fornire?

[Hé hé du calme, cela ne sert à rien de s’énerver (puis reprenant en français) Aldo a raison… on ne peut rester ici… on va finir par se retrouver bloquer, déjà que les œufs ne fonctionnent plus… c’est une galère  de descendre et de remonter par la piste ! Comment on fera pour s’approvisionner ?]

 

ALDO

(en français avec un fort accent italien) :

 

 Oh ! Toi avec ta bouffe ! On a des provisions  tout de même, tu te passeras de pain et de lait frais quelques jours si c’est nécessaire.

 

(Changeant son point de vue)

 

De fait c’est unique … la montagne est magnifique, jamais il n’y a eu autant de neige.

 

VANESSA

 

Unique tu peux le dire…c’est peut être pour cela que finalement  la prudence nous dicte de redescendre à la station, au moins nous ne  serions plus seul.

 

ALDO

 

Nous ne sommes pas seul… il y a Olga tout de même.

 

ARTURO

 

 Parce qu’Olga te rassure …. Une vieille comtesse russe déjantée !

 

ALDO

 

 Et comment ! C’est une vieille comtesse russe peut être … mais elle est solide.

 

VANESSA

 

Arturo a raison … on prend des risque à rester  là, je me demande ce qu’on fait encore là. Olga…il est vrai que maintenant pour la redescendre à la station dans la profonde, par la piste, ce ne sera pas du gâteau ! Il faut partir et emmener Olga avec nous.

 

 

 

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Published by Jean Pelletier - dans Littérature
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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 11:50

Le moment où il va falloir rentrer dans le vif du sujet approche. La commission Touraine.jpgprésidée par Yannick Moreau va rendre à Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales ses conclusions qui seront le point de départ de la négociation avec les partenaires sociaux. La Ministre vient de redire dans les médias quels seront « les marqueurs politiques » de cette future réforme des retraites.

La commission dite Moreau, du nom de sa présidente Yannick moreau est composée de 5 hommes et de 5 femmes, parité oblige, elle a été installée par le Premier ministre le 27 février avec comme feuille de route : élaborer des pistes de réforme du régime de retraite afin de contenir l’évolution de son déficit et revenir à un équilibre vertueux. Sa composition a été déterminante quant aux objectifs politiques poursuivis.

Tout d’abord, le choix de Yannick Moreau pour la présider est stratégique. Conseillère d’Etat, elle préside par ailleurs le fameux Conseil d’Orientation des Retraites (COR) et à ce titre elle possède une solide expérience et expertise du dossier des retraites. Les autres membres ont été recrutés sur le même profil, celui de l’expertise en matière de protection sociale :

-      Didier Blanchet, rédacteur en chef à l’Insee et membre du COR, spécialiste de l’emploi des séniors,

-      Dominique Libault, conseiller d’Etat et ex-directeur de le Sécurité sociale,

-      Annne-Marie Brocas de l’inspection générale des affaires sociales, ex-Cor et spécialiste de l’égalité hommes/femmes

-      Didier Tabuteau, Conseiller d’Etat, professeur à Sciences Po où il est titulaire de la chaire de « Santé »,

-      Daniel Cohen, économiste de renom,

-      Serge Volkoff, sociologue, spécialiste des conditions de travail,

-      Cécile Van de Velde, sociologue qui travaille sur la jeunesse et les relations intergénérationnelles,

-      Florence Parly, ex secrétaire d’Etat au budget de Lionel Jospin, directrice générale adjointe à Air France,

-      Et enfin, Sylvie François, DRH à La Poste.

Marisol Touraine s’est expliquée sur ce casting de « haut vol » : « J’ai voulu croiser les regards ». En effet, cette composition marque la volonté politique de réunir un point de vue qui soit global, tout en tenant compte de la complexité du dossier : la place de séniors, les conditions de travail, le rapport homme/femme, les relations entre générations…Il fallait impérativement que s’exerce cette multiplicité des points de vue, tout autant que les aspects techniques et surtout financiers du dossier… A cet égard le choix de Daniel Cohen est judicieux, lui qui a placé dans cet axe précis sa réflexion sur ce dossier.

Quelle est la mission exacte qui leur a été confiée ? La lettre de mission dit explicitement : « Identifier les différentes pistes permettant d'assurer l'équilibre des régimes de retraites ». On ne peut être plus clair, s’ajoute à cela le rapport du COR qui fait état d’un besoin de financement important. On se doute que les décisions ne seront pas faciles à prendre et feront l’objet d’une forte résistance, elles ne pourront qu’être impopulaires. Sans révéler un secret, les leviers d’action sont connus : soit baisser le niveau des retraites (comme l’ont déjà fait, à petite dose, les partenaires sociaux pour les retraites complémentaires), soit augmenter les cotisations actifs/employeurs, soit reculer l’âge de départ à la retraite par l’âge légal mais aussi par la durée de cotisation. Un mixte de tout cela peut être imaginé.

A ces leviers parfaitement identifiés s’ajoute un devoir d’équité et de transparence du système.

D’ailleurs la Ministre, interrogée par la chaine d’informations LCI, vient de donner ses orientations : «le système public fera évidemment partie de la réforme des retraites que nous allons engager… Nous avons besoin d’une réforme qui fasse appel aux efforts de tous les Français, mais nous avons surtout besoin d’une réforme de justice parce qu’il reste des inégalités, il y a des injustices qui doivent être corrigées…Pour la gauche, une réforme des retraites, ce n’est pas seulement un exercice comptable, c’est d’abord et avant tout un exercice de justice».

La barre fixée pour l’exercice a été placée au plus haut par Marisol Touraine, avec l’appui tacite de François Hollande, les fonctionnaires ne seront pas sanctuarisés, et l’objectif n’est pas seulement de rétablir les équilibres, à savoir un simple exercice comptable, il s’agit bien de faire une réforme de gauche qui mettra fin aux inégalités et aux injustices dans ce domaine du moins.

Enfin dernière question, peut-on imaginer une réforme systémique du régime de retraite ? Bien que le gouvernement ait indiqué que tout était sur la table, on peut parier que rien ne sera engagé sur le fond, comme le remplacement du système par trimestre par un système à points sur le modèle de l’Allemagne. Le passé des membres de la commission Moreau ne laisse présager rien de tel. Et le calendrier donné par le gouvernement ne laisse pas la place à un big bang d’ampleur.

Les conclusions du rapport sont début juin, avec une concertation des partenaires sociaux, suivie à la rentrée par un projet de loi de réforme. Si on connait d’avance la réaction des syndicats, hostiles à une bonne partie de ces pistes, la question se pose de savoir quelle sera la réaction de la rue et l’ampleur des manifestations qui pourraient à un certain stade paralyser l’action d’un gouvernement de gauche.

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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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