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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 15:50

 

AméricainsLes réactions à mon début de « carnet de voyage dans le Grand Ouest américain » ont suscité des réactions d’adversité et de rejet des Etats-Unis qui me laissent perplexe… C’est un sentiment largement partagé, dans le milieu bobo parisien (qui est le mien). Chaque élection présidentielle aux Etats-Unis apporte son lot de commentaires désobligeants, avec la sempiternelle sentence définitive : « les américains sont des gros cons ».

 

Et tout y passe, dès le 17e siècle l’activité exterminatrices des colons avec les populations locales, les indiens en l’occurrence. La violence, bien sûr, la floraison d’armes à feux, la constitution des Etats-Unis  qui autorise ces armes à feux. C’est le deuxième amendement qui garantit à tous citoyens américains de porter des armes (Bill of Rights). La violence sociale à l’égard des minorités. Les anciens G.I.’s, vétéran de la guerre du Vietnam abandonné sur le macadam, l’esclavage pas si vieux que cela, la crise qui engendre aussitôt le déclassement social.

 

Mais il y a aussi le libéralisme économique qui tue, la référence aux fameux Chicago’s Boys de Milton Friedman, la contamination de ces idées perverses en Europe. Le travail de sape pour ruiner la protection sociale et les acquis du Front Populaire en France.

 

Les Etats-Unis ignorerait la protection sociale que ce soit les retraites où la santé, mais aussi le coût exorbitant de l’éducation. Les salariés ne connaissent ni les congés payés (très réduits en fait) ni un code du travail qui les protégerait des patrons. Embauché du jour au lendemain, certes, mais virés aussi le soir même.

 

Bref cela tonne, cet impitoyable exercice de procureur, se fait sans que la parole soit donnée à la défense. Mais les français sont-ils les mieux placés pour instruire un tel procès ? Que ce soit dans le passé ou dans le présent il y aurait beaucoup à dire et à raconter. Il n’y a pas de quoi être fier de la société française d’aujourd’hui et je ne vois pas en quoi nous serions la lumière capable d’éclairer le monde.

 

La démocratie française est très récente, nous n’avons donné le droit de vote aux femmes qu’à la Libération alors que les américains le faisaient en 1920. C’est le président Wilson qui fit ce pas de géant. Certes les luttes actives d’Alice Paul et Lucy Burns, ainsi que le National Women Party avaient fait le nécessaire (voir le magnifique film Iron Jawed Angels). Il faudra attendre l’ordonnance du 21 avril 1944 pour qu’en France les femmes (et les militaires) votent pour la première fois aux élections municipales le 20 avril 1945. Quel beau pays !

 

La proclamation de l’Indépendance et de la république, a lieu le 4 juillet 1776, bien avant 1789. Si les pères fondateurs se sont inspirés du siècle des lumières en Europe, ils ont aussi puisé dans les racines de la Glorieuse révolution de 1688 en Angleterre. Nous mettons volontiers en avant nos propres penseurs : Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau, mais c’est vite oublié de que des Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Thomas Paine, Samuel Adams,  Robert Livingston mais aussi John Locke en Angleterre ont eux aussi largement contribué à édifier la notion de République, d’Etat de droit, et de Libertés individuelles…

 

C’est seulement seize ans plus tard le 21 septembre 1792 que les députés de la Convention, proclament l’abolition de la Monarchie en France. Ils ne proclameront jamais directement la république mais dès le lendemain ils décident de dater tous les actes de l’An 1 de la république.

 

Quand à revenir sur « ces gros cons d’américains » … on peut noter plus subtilement  que la critique vise à pointer la culture américaine comme une sous-culture, héritière d’une grand culture européenne (principalement britannique, allemande et française…). Il est vrai que le « nouveau monde » ne date que de seulement deux siècles… est-ce pour autant qu’il ne faut la voir que comme un sous-produit hégémonique imposés de force au monde entier avec comme seul symbole la bannière étoilée, la tarte aux pommes et la batte de baseball ?

Mais vraiment est-il nécessaire de rappeler, ne serait-ce que fugitivement, que les Etats-Unis d’Amérique loin de seulement copier ont eu de grands créateurs dans toutes les disciplines et qu’en 200 ans ils ont largement rattrapé leur retard en produisant :

 

La littérature.

Erskine Caldwell publie Le petit Arpent du bon Dieu en 1933, John Steinbeck Les Raisins de la colère, publié en 1939, reçoit le Prix Pulitzer en 1940. Malgré la période noire du maccarthisme, Arthur Miller écrit et fait jouer Les sorcières de Salem. On peut citer, mais il y en a tant …Ernest Hemingway, James Fenimore Cooper, Edgar Allen Poe, Margaret Fuller, Mark Twain, Edgar Rice Burroughs, Jack London , Ezra Pound, Howard Philips Lovecraft, F. Scott Fitzgerald, John Dos Passos, William Faulkner, Anaïs Nin, Eugene O’Neill, Paul Bowles, Tennessee Williams, Isaac Asimov, Ray Bradbery, Sam Shepard, Paul Auster,   etc… 

 

Le cinéma.

John Ford adapte au cinéma les raisins de la colère et en fait un chef d’œuvre de l’histoire du cinéma. Richard Llewellyn, lui réalise  Qu'elle était verte ma vallée, autre grande référence cinématographique qui retrace la vie des mineurs du Pays de Galles. L’immense Charlie Chaplin avec Le Dictateur en 1940 et Les Temps modernes en 1936, entre autre. Franck Capra, bien sûr avec Vous ne l'emporterez pas avec vous (1938), Mr. Smith au Sénat (1939).

 

La musique avec George Gershwin, mais c’est aussi l’invention du jazz, du Ragtime, du Rapp, du Négro Spiritual et du Gospel, la musique Country, le Blues, la Soul et le Funk, le Rock en Roll et la Pop Music

 

L’architectureavec immense Frank lloyd Wright, et Richard Buckminster Fuller, James Wines, Frank Gehry, I. M. Pei, Pietro Belluschi…

 

Mais il faudrait aussi traiter les peintres, les sculpteurs, les photographes etc…

Enfin je ne peux que conseiller la lecture de l’excellent ouvrage de Frédéric Martel De la Culture en Amérique qui fait plus que relativiser l’appréciation peu flatteuse des français à l’égard des américains. Le livre est une bombe dans les milieux intellectuels en France, la preuve par quatre est faite que les américains ont développé un mode d’organisation culturel tout aussi efficace, si ce n’est plus que notre système étatique et interventionniste. Quelques chiffres comme repère :

 

- Nombre d'artistes (2002) : 2 millions, soit plus qu'en Europe39 (ce chiffre comprend - les acteurs, les musiciens et les écrivains)

- Nombre de bibliothèques : 120 000 (soit un des plus hauts taux au monde par habitant)

- Nombre de musées : 17 500 (dont 1 000 musées d'art)

- Nombre de compagnies de danse professionnelles : 250

- Nombre d'orchestres symphoniques : 1 800 (dont orchestres permanents 900, dont - orchestres professionnels 350)

- Nombre de compagnies d'opéra : 96

- Nombre de théâtres professionnels à but non lucratif : 1 270

- Nombre de théâtres communautaires (Noirs, Hispaniques, Gays...): 7 000

- Scolarisation 2e degré pour 100 (en 2003) : 85,3

- Scolarisation 3e degré pour 100 (en 2003) : 81,4

- Pourcentage d'une classe d'âge entrant à l'université : 81 % (contre, 54 % environ en France sans compter les CPGE, les IUT/BTS et autres formations non universitaires) [Chiffre Unesco, 2001-2002]

- Nombre de téléviseurs pour mille habitants (en 2003) : 938

- Livres publiés (titres) (en 2006) : 150 000 (dont seulement 1 500 environ en traduction soit près de 1 %)

- Pratiques culturelles des Américains de plus de 18 ans en 200239 : 40 % ont fait une sortie culturelle dans l'année (hors cinéma : foire, concert de rock, artisanat)

- 3 % sont allés à l'opéra

- 12 % sont allés au théâtre (hors comédie musicale)

- 11 % sont allés à un concert de jazz

- 27 % ont fréquenté un musée d'art

 

Bon… on peut zapper et retourner à une investigation plus nuancée et plus balancée de la société américaine, vue du côté du Grand Ouest ?

 

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 14:03

San-francisco-Fisherrman-wharf-copie-1.JPGLa première journée à San Francisco…je dirai presque enfin ! Car le point d’orgue de ce circuit Grand Ouest américain reste pour moi la rencontre avec San Francisco. Ville fantasmagorique qui a nourrit pendant plus de 45 ans mon imaginaire et ma culture, l’attente fût longue, les rendez-vous plusieurs fois manqués.

Nous entrons dans la ville par le Sud, en provenance de l’aéroport international de San Francisco. Il n’est qu’à 12,9 km du centre de la ville. Par sa taille et son importance, il se situe juste derrière celui de Los Angeles pour la Californie et occupe tout de même la 23e place dans le classement mondial pour son trafic de passagers.

Nous quittons l’autoroute pour nous glisser dans la ville par la partie basse du port qui nous mène directement au Fisherman’s Wharf, littéralement le Quai des pêcheurs, ceux-ci ne sont plus qu’un lointain souvenir. L’        activité portuaire a quasiment disparu et se limite à accueillir dans sa partie basse les ferries qui communiquent avec l’ensemble de la baie. Le Ferry Building abrite le terminal de ces ferries et se situe dans le quartier d’Emabarcadero. Il a été construit et inauguré en 1898 sur le modèle de la tour Giralda (Séville, en Espagne). Sa haute tour surmontée d’une immense horloge est visible de tous les points dominants de la ville et donne ainsi un repère pour qui veut trouver le chemin du port.

San-Francisco-Ferry-building-copie-1.jpgAujourd’hui l’activité se concentre sur une nouvelle destination : le tourisme. La visite de l’île d’Alcatraz est au programme, ainsi que de nombreuses promenades dans la baie et jusqu’au Golden Gate. Et bien sûr la voile de plaisance qui connait cette année son couronnement avec l’accueil de l’American Cup. Il reste néanmoins une activité de croisière, le port accueille chaque année plus de 80 paquebots en route pour le Mexique ou l’Alaska.

Le port a conservé sa physionomie d’origine, à savoir un alignement de pontons (Piers) en bois, perpendiculaires à la côte, entrecoupé de vastes hangars servant à l’époque d’entrepôts. Jadis le port de San Francisco fût le plus important port de la côte occidentale, détrôné aujourd’hui, plus bas, par celui de Los Angeles et les cargos desservant désormais, à proximité, le port d’Oakland (en face de la baie).

Heureusement rien ne fût détruit et après une longue période d’obsolescence les hangars et les pontons retrouvèrent une activité et une destination. Avec la rénovation du port de Londres (les Docklands), celle de San Francisco est l’une des plus réussie au monde : bureaux, centres commerciaux, restaurants, musées et espaces d’exposition. Le Pier 39 est sans conteste le plus célèbre et a contribué à faire de Fisherman’s Wharf la 3ième attraction touristique des Etats-Unis, véritable point d’appui de la politique touristique de la ville, la 5e ville américaine en nombre de touristes étrangers accueillis.

Le Pier 39 est aussi fameux en raison des nombreux phoques et éléphants de mers, très démonstratifs qui donnent à toutes heures un spectacle très apprécié des touristes. L’autre attraction est sans conteste d’ordre gastronomique, puisque c’est là que se dégustent les crabes de Dungeness (un peu cher pour très peu de chairs…) et les clam chowder que l’on sert dans des boules de pain creusées.

Pour les désargentés, juste en face du Pier 39 il y a de nombreuses boutiques où tout cela s’achète à la volée avec un petit square, et des bancs pour déguster le plus simplement possible ces fruits de mer et en accompagnement un chanteur à la guitare, voir un orchestre. Pour les mieux lotis et plus exigeants, il y a de nombreux restaurants, réputés et dans les mêmes mains depuis plusieurs générations (Pompeii's et Alioto's #8,..). Le point central est sans conteste le Bubba Gump Shrimp Co. (39 Pier Ste M210, San Francisco, CA 94133-1023), tout au bout de la jetée avec une vue superbe sur la baie et l’île d’Alcatraz. Il doit sa célébrité à l’hommage permanent qui y est rendu au film Forest Gump. La décoration est originale et reprenant les habits, les photos et les citations les plus connues du film, celui passe en boucle sur de larges écrans vidéo. L’ambiance y est animée, on y fête visiblement de nombreux anniversaires, donc c’est assez Bruyant, même si on arrive à se glisser dans des places plus intimes en bordures des baies et de la vue.

san-francisco-vue-sur-le-port-de-la-coit-tower.jpgNe manquez surtout pas en sortant, juste à gauche le célèbre banc du film avec les chaussures et la boite de chocolat, mise en scène gratuite pour la photo souvenir. Bref je le recommande, malgré son côté restaurant de chaine (il existe de nombreux restaurants Bubba Gump Shrimp dans tous les Etats), la nourriture est typiquement américaine (éviter tout de même le crabe, beaucoup trop cher), l’ambiance chaude et la vue superbe. De bons souvenirs garantis.

Tout le quartier fourmille de boutiques de toutes sortes, véritable caverne d’Ali Baba regorgeant de bibelots souvenirs et vêtements à l’enseigne de San Francisco. Faut-il pour autant y faire ses courses ? Non c’est assez cher… mais si le temps vous manque tout y est.

Pour les amoureux sincères de la mer n’oubliez pas de passer au Pier 45 visiter la petite chapelle en mémoire des pêcheurs disparus de Californie.

Même si le Fischer’s Wharf est incontournable, il est néanmoins le quartier type à touristes… cela peut en rebuter certains plus à la recherche de l’authenticité… qu’ils trouveront sans peine en s’écartant rapidement de cette fourmilière.

Justement, pas très loin se trouve un autre point dominant qui mérite le détour : la San-francisco-Coit-tower.JPGCoït Tower… la manière la plus attractive d’y accéder consiste de faire l’effort d’y monter à pied, en traversant le quartier italien, puis une volée d’escaliers traversant un petit parc ombragé. Au pied du monument, après avoir repris son souffle, une vue circulaire sur San Francisco s’offre à vous du port jusqu’au Golden Gate. C’est un moment de grande paix et de belle sérénité.

Avant d’y accéder, un peu d’histoire pour mieux comprendre ce monument au nom si surprenant. Le bâtiment de 64 mètres de hauteur a été construit en 1933. C’est avec l’argent et la volonté d’un personnage haut en couleur Lillie Hitchcock Coit (la veuve d’un riche banquier) qu’elle fût bâtie à l’honneur des pompiers de San Francisco, dont elle était la marraine. C’est un personnage particulièrement excentrique doté d’une belle fortune. Son amour des pompiers remonte à son enfance, quant à l’occasion d’un important incendie, âgée de 15 ans elle prêta main forte aux pompiers, rameutant la foule autour delle. Sa rencontre avec le feu et surtout la très célèbre Knickerbocker Engine Compagny number five fit d’elle la mascotte des pompiers de San Francisco, au point qu’elle a été enterrée avec leur non moins célèbre casque. Elle fût reconnue comme pompier honoraire et paradait à pied ou à cheval dans tous les défilés de compagnies de pompiers devant la Knickerbocker.

San-Francisci-lillie-Hitchcok.jpgTelle George Sand en France, elle fumait le cigare et portait le pantalon à une époque où seule sa fortune pouvait la faire admettre dans la société californienne. Elle a laissé un tiers de son immense fortune à la ville de San Francisco qui fit construire la tour à son nom à l’emplacement d’un sémaphore qui reliât toute une ligne sur la côte.

Elle a servi de décors à plusieurs films, dont L’Inspecteur ne renonce jamais, et surtout pour le film tout aussi célèbre Sueurs froides d’Alfred Hitchcock.

Accessoirement, moyennant quelques dollars vous pouvez accéder à son sommet (par un ascenseur) pour atterrir dans une salle à ciel ouvert où se révèlera le même spectacle que 74 mètres plus bas… Il faut aussi noter, bien que peu intéressantes, les nombreuses fresques murales à l’intérieur représentant des scènes de la vie quotidienne de la baie.

Pour les très courageux, c’est à gauche en sortant, redescendant les marches de la volée d’escalier que vous tomberez sur le départ de la très longue Lombard Street, avec une paire de jumelle vous apercevrez, très au loin, les méandres fleuris de San-francisco-Lombard-street.jpgchrysanthèmes de la partie touristique de la rue. Cela descend fortement dans un premier temps, puis cela remonte, redescend et remonte fortement.

Mais c’est déjà une autre histoire.

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 13:52

Nourris plus qu’abondamment par la culture américaine, nous décollons de san-francisco.jpgParis, direction San Francisco pour un vaste programme de visites dans le grand ouest américain. Les figures mythiques sont nombreuses : San Francisco est une allégorie à elle toute seule, la Maison Bleue, le Golden Gate, les rues qui montent et qui descendent (Bullit..) le berceau du jeans avec Levi Strauss & Co, La Silicon Valley, l’Université de Berkeley,  le Grand Canyon, Las Vegas, Los Angeles, Hollywood, les plages de Santa Monica, Venice , Malibu, Santa Barbara … Impatience manifeste pour ce rendez-vous crucial avec l’imaginaire incarné….

Trois thèmes majeurs dominent l’imaginaire de Frisco.

Le film Bullit et Steve McQueen ont ancré dans l’imaginaire collectif les décors de San Francisco. La folle course poursuite de la Ford Mustang GT Fastback de 1968 est un grand classique de l’histoire du cinéma. Elle érige les rues de San Francisco en images mythiques connues du monde entier. Les images s’affolent et l’on voit en accéléré les paysages de Potrero Hills, les rues de Russian Hills, de Marina District, les rues sont à pic, on aperçoit les célèbres cable cars. En fond de décors surgissent Coit-Tower.JPGfantasmatiquement l’île d’Alcatraz, la Coït Tower… le mythe de Frisco est né au rythme pétaradant de la Mustang conduite par Steve McQueen et de la Dodge plus sourde, la musique de Lalo Schifrin répétitive, puis assortie de cuivre entêtants, appuie cette initiation.

La Maison Bleue, pour les français essentiellement, est un point de passage obligé. Cette chanson de Maxime Le Forestier a été un immense tube dans les années 70 jusqu’à s’ancrer définitivement dans le top 10 des chansons françaises éternelles. Il est vrai qu’elle résume tout un pan de l’histoire de San Francisco et de l’épopée La-maison-bleue.jpgHippies. Avec le peu d’argent gagné grâce à ses premiers succès, Maxime Le Forestier part pour San Francisco. Il a une adresse comme point de chute, il y restera plusieurs semaines, partageant la vie d’une communauté hippie au nom mystérieux de Hunga Dunga … De retour en France pour remercier les habitants de la Maison bleue il leur composera une chanson, sans imaginer que celle-ci allait connaitre une telle destinée.

C'est une maison bleue

Adossée à la colline

On y vient à pied

On ne frappe pas  

Ceux qui vivent là ont jeté la clé

On se retrouve ensemble

Après des années de route

Et on vient s'asseoir

Autour du repas

Tout le monde est là

A cinq heures du soir

Quand San Francisco s'embrume

Quand San Francisco s'allume

San Francisco

Où êtes-vous

Lizzard et Luc

Psylvia

Attendez-moi

Le Golden Gate est à San Francisco ce qu’est la Tour Eiffel à Paris, un signe emblématique. « La Porte d’or » est le pont suspendu qui relie la ville de San Francisco à celle de Sausalito, il franchit le détroit qui délimite la baie avec le Golden gatePacific. Long (1970 m.), large (30 m. et élevé (230 m.) il domine la partie haute de la ville. Souvent la brume venue du Pacific l’ondoie d’un voile flottant qui parfois masque certaines de ses formes. Il est le fantôme de la ville, le gardien des mystères, la porte éternelle qui s’ouvre sur le pouvoir de l’imaginaire. Sa construction a débuté en 1933 et s’est achevés seulement en 1937.

C’est le cinéma qui a contribué à l’édification de sa légende. Ce sont des dizaines de films qui ont pris appui sur son légendaire tablier et ses deux tours dressées. En1958, Hitchcock i s’inspire de son décor pour « Sueur froide », Mickael Jackson l’enrôle dans son clip «  Can You Feel It » en 1980 et le voile d’un arc en ciel. Tous les grands du cinéma s’y mettent, James Bond en 1985 dans « Dangereusement vôtre » mène un combat homérique au sommet même du pont, 1994 « Entretien avec un vampire » se clôt dramatiquement sur le pont, l’une des scènes les plus célèbres est sans conteste celle de « Rock » en 1996 où Nicolas Cage et Sean Connery, pilotant deux avions de chasse passent sous le pont avant d’aller larguer leurs bombes sur la forteresse d’Alcatraz.

Le cinéma s’acharne à le faire disparaitre : dès 1955 « Le monstre vient de la mer », il affronte une pieuvre géante qui finit par le détruire, dans « X-Men » Magnéto le défait avant d’accéder à Alcatraz, « Magnitude 10,5 »  voit son effondrement suite à un gigantesque séisme, « Fusion » ce sont les rayons micro-ondes du soleil qui le fond fondre, enfin le film d’animation s’en empare dans « Monstres contre Aliens » c’est un énorme alien qui le détruit en apothéose du film…

Mystique, il est aussi le point de passage : en 2011 « La Planète des singes : Les origines » l’armée des singes le traverse en sentier de gloire, en 2010 « Le livre d’Eli » les deux personnages centraux se retrouvent enfin sur le pont. 2000 c’est la sortie de « Boys and girls » il est le trait d’union entre les deux adolescents…

Modernité oblige, les jeux vidéo les plus célèbres s’en inspire comme le jeu Grand Theft Auto, Midtown Madness 2 ou encore Woman’s Murder Club et bien d’autres

Nombreuses sont les séries américaines en vogue qui épousent sa cause : « Sliders », « Monk », « Charmed », ‘Raven » et bien sûr les célèbres « Chroniques de San Francisco » adaptée du roman qui a fait le tour du monde d’Armistead Maupin.

La littérature, le cinéma, l’architecture, la peinture et la musique… ont accompagné mon existence et les Etats Unis d’Amérique y occupent une place de choix. La Californie est manifestement un peu plus importante dans cette mythologie que les autres états. L’histoire des pionniers, la construction du cinéma à Hollywood, la génération beatnik ont créé cette centralité. J’ai toujours rêvé fortement l’Amérique, elle fait partie de ma construction intellectuelle. Dans mon milieu de Bobos parisiens, cet enthousiasme est de mauvais aloi. L’Amérique c’est le Grand Satan pour nombre d’intellectuels, pseudo ou pas.

Qu’importe, moi je me laisse guider et porter par le rêve américain. Un vol low cost avec la compagnie Xl-airways, bien moins désastreux qu’annoncé, onze heures de vol tranquille, la jeune fille assise à côté de nous fait partie de notre groupe, les autres sont répartis dans le reste de l’avion. C’est au compte-goutte que notre guide à l’arrivée dénombre ses futures brebis. Les quatre derniers se font attendre… cela commence bien. Il faudra pourtant que ces 39 personnes prennent l’habitude de respecter la règle commune du rendez-vous.

C’est enfin parti, il est 18h25, nous sommes partis de Paris à 15h50, drôle de manière de remonter le temps. L’impatience est totale et ce sera la frustration, avec laquelle il nous faudra bien nous habituer à vivre tout au long de ce voyage. Le temps de sortir, il est déjà bien tard et c’est l’atterrissage dans un motel un peu sinistre à deux pas de l’aéroport, un repas d’une tristesse infinie et le Golden Gate à quelques miles, toujours invisible. La star se fera désirer toute la nuit, nuit infinie d’attente et d’avidité impatiente.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 13:36

Avant de rapporter plus en détail le contenu et les enseignements de ce voyage, bus.jpgquelques conseils pratiques à mieux connaitre avant de s’aventurer dans un voyage organisé. Cela représente bien des avantages, mais aussi moult inconvénients, ou du moins il faut savoir s’y préparer, ce que je n’avais pas nécessairement bien fait.

En règle générale, le voyage organisé (où tout est prévu, jusqu’à la pension complète) se révèle bien moins cher qu’un voyage que vous allez organiser vous-même en faisant toutes les réservations. Sur le Grand Ouest américain en incluant Las Vegas et le Grand Canyon cela représente facilement plus de 4 000 km. Outre la différence de prix, il vous faudra conduire et donc prendre en compte la fatigue que de longues étapes vont nécessairement générer. Et le peu d ‘autonomie que vous allez en retirer, sera d’appuyer un peu plus sur le temps consacré à telle visite, ou bien de vous accorder une pause à une terrasse bien méritée. La réservation personnelle des étapes, vous impose aussi de respecter ces choix et donc de courir après le temps.

Première impression, le temps devient élastique, au bout de 15 jours j’avais le sentiment d’être parti depuis toujours… une immersion complètement réussie. Cela défile vite, très vite, l’organisation du Tour Opérateur prévoit de vous faire voir un maximum de choses, cela crée des obligations, celle en particulier de vous laisser à chaque fois très peu de temps pour chaque visite. Aussi est-il difficile d’échapper au groupe et au guide… heureusement dans ce cas précis le groupe et le guide étaient presque parfaits. La promiscuité était acceptable et les règles de vie communes respectées par tous.

Ce dernier point est particulièrement important. Un voyage organisé est de fait un voyage communautaire, et il faut être capable de le vivre comme tel. Cela veut dire que les horaires donnés doivent être impérativement respectés, toute dérive personnelle impacte le groupe en entier et peut générer d’importantes tensions. On imagine aisément, comment un tel voyage pourrait tourner au cauchemar… Le calendrier ne vous autorise que des espaces de libertés limités de 20 mn à 2 heures au grand maximum. Et c’est généralement plutôt 20 minutes…

Bien sûr cela génère de la frustration, on sent à certains moments poindre dans le groupe un début de colère envers le guide. Ce dernier étant le point de repère, l’horloge permanente, que dis-je le chronomètre de tout instant, c’est contre lui que se lèvent les récriminations. C’est de fait injuste, l’organisation générale lui étant déléguée, il se doit de prendre en compte les attentes de tout le monde.

Certes nous aurions aimé profiter d’un peu de temps pour se baigner à Malibu ou Santa Barbara, s’arrêter au moins un  quart d’heure à Venice… mais d’autres ont trouvé de leur côté que l’heure et demi pour les magasins d’usine était trop court !

38 personnes c’est presqu’autant d’états d’âmes et de goûts et d’envies différentes. Seul le guide est capable de les fédérer correctement. Les frustrations passent vite… avec le programme qui se met en place… on voit tant et tant de choses si belles, si magiques, il y a tellement de surprises et d’émotions…

Le guide n’aime pas, par définition, que l’on s’immisce dans son programme. Avec un peu de diplomatie, malgré ses réticences, on peut arriver à ses fins. Nous avons eu une ouverture à Santa Barbara qui permettait le choix entre une heure de visite en ville ou une heure de plage, non prévue initialement. C’est jouable, mais une fois, rien qu’une fois sur deux semaines, il faut donc bien jouer de ce joker-là.

Le guide, aussi bon soit-il et sympathique, est menteur. Il se le doit, sa mission, première étant de ne pas vous perdre (vous êtes 39 !), il se doit en effet de vous dissuader de toutes velléité d’indépendance qui sont autant de sources d’ennuis et de stress pour lui. Alors lorsque vous lui dites que vous aimeriez visiter l’aquarium de Monterey qui est le plus grand au monde, pendant l’heure du déjeuner, il vous dit que ce n’est pas raisonnable et que cela coûte très cher 80 dollar l’entrée par personne (c’est faux j’ai vérifié après). Vous voulez vous baigner ? Absurde personne ne se baigne même au sud de la Californie (Malibu par exemple) l’eau y serait glacée. Mais là vous jouez votre joker et la petite permission accordée à Santa Barbara vous fait découvrir une plage magnifique et une eau acceptable (mais pleine de méduses !). Bref le guide est prêt à tous les mensonges pour vous dissuader de vous éloigner du groupe.

On le comprend un peu plus tard lorsqu’en plein parc national des séquoias géants, le membre de votre groupe le plus technophile, il a un GPS avec lui, se perd dans la forêt et-ne se présente pas au départ… là pas question de partir à sa recherche, tout le groupe y passerait et s’y perdrait… mais il y a des petits malins qui s’y proposent. Le non du guide est catégorique et sans appel. Que lui est-il arrivé en définitive ? Erre-t-il toujours dans la forêt des séquoias géants? Non, le guide a pris l’initiative de mener le bus et le groupe jusqu’à l’aire d’accueil du parc pour y donner un petit quartier libre et pendant ce temps-là il est reparti sur le lieu de « la disparition » où l’infortuné promeneur a fini par apparaitre…tout penaud, le GPS à la main.

Du côté pratique il faut bien organiser son bagage, l’itinérance vous empêche de vous installer chaque jour. La valise ne reste qu’ouverte, il faut accéder facilement à la trousse de toilette, aux médicaments le cas échéant, et au linge de rechange.

Les lessives n’étant pas possible, il n’est pour autant pas nécessaire de charger sa valise, le voyage est l’occasion (particulièrement aux USA) d’acheter de nombreux vêtements. Le poids des bagages étant limités (généralement en charter à 20 kg en soute), prévoir une marge au départ pour accueillir sans stress les nombreux achats de toute sorte qui ne manqueront pas de survenir. Pour les petites lessives à la main qui ne manqueront pas de survenir, prévoir d’emmener les cintres qui vous permettront de faire sécher dans la nuit votre linge.

La route est longue, il s’agit d’un bus… difficile de demander pour soi un arrêt. Aussi règle générale, chaque fois que des restrooms(Toilettes) se présentent à vous les utiliser systématiquement. Cela vous libérera l’esprit, il n’y a rien de pire qu’une envie pressante non satisfaite !

Il faut pour bien gérer les étapes, un minimum d’organisation. Le numérique passant par-là, il vous faut un adaptateur pour les prises USA (prévoir de l’acheter avant de partir), une prise multiple pour recharger les smart phones, la ou les tablettes numériques, le ou les appareils photo (d’où la prise multiple). Premier geste à l’arrivée de l’hôtel, installer tous ses appareils pour ne pas se retrouver en panne le lendemain. Il existe bien dans les bus modernes une possibilité de prise USB pour les recharger, mais vous n’êtes pas seuls !

Le WIFI est pratiquement en accès libre dans tous les hôtels américains, même les plus modestes, ainsi que les cafés et les restaurants, n’hésitez pas à demander le password, il vous sera gratuitement offert. Ne pas oublier chaque fois que cela est possible de vous connecter et de charger ainsi vos emails. Skype est aussi une belle invention qui vous tiendra à proximité de vos proches en un tour de main, mais attention, à bien prendre en compte le décalage horaire.

Si vous êtes une famille nombreuse et voyageuse, facebook est aussi un moyen formidable pour rester connecté, avec le petit dernier parti de son côté en Thaïlande, par exemple et vos enfants restés en France ou bien votre mère âgée (que vous aurez initialement initiée aux technologies nouvelles, si… cela est parfaitement possible, un peu de pédagogie suffira …).

Enfin la nourriture, préparez-vous à manger de médiocrement à « pas mal ». Le tour opérateur fait des économies de ce côté-là, l’entrée « feuille de salade vertes » est abusive, mais en même temps les repas révèlent des surprises. Et au moment où votre frustration est au maximum, vous avez droit à l’arrêt dans le restaurant typiquement américain, décoré avec le bar, la serveuse qui vous verse du café généreusement, comme dans les feuilletons et films américains… Mais on ne peut pas tout avoir…, c’est un choix et le voyage organisé ne privilégie pas la gastronomie, même locale.

Pour les hôtels, même chose, le service est minimum, en même temps vous arrivez à votre chambre en fin de journée et vous vous levez à l’aube (Oui c’est aussi bon à savoir, oubliez les grasses matinées). Du moment que le lit est bon, les draps propres ainsi que la douche… et c’est le cas. Vous oublierez que pour vous loger le moins cher possible votre tour opérateur vous lâchera au fin fond de campagne improbable où il n’y a rien à voir le soir. Bien souvent ce sera la visite d’un super marché… mais c’est aussi riche en renseignements. D’abord parce que vous y trouverez de tout, y compris les médicaments de base.

Et l’eau… il est important de boire, même si vous n’êtes pas lâchés dans la vallée de la mort (Death Valley)… il faut boire régulièrement de l’eau. Cela représente beaucoup d’eau sur quinze jours. Si votre budget est serré cela vaut le coup de faire provision dans les supermarchés. C’est d’ailleurs là que votre chauffeur de bus a fait ses provisions pour mettre à votre disposition dans une grande glacière des petites bouteilles d’eau, moyennant une contribution dite « volontaire » de 1 dollar par bouteille !

Enfin à la fin du voyage en soyez pas surpris que l’on vous annonce un pourboire volontaire de 2 dollar/jour pour le chauffeur de bus et de 3 à 4 dollar/jour pour le guide. Et oui, bienvenue en Amérique, où les patrons ne rémunèrent pratiquement pas leurs employés, c’est au groupe de le faire… d’ailleurs les compagnies qui affrètent les bus réservent les groupes un peu importants comme le nôtre (39) à des chauffeurs méritants et ayant de l’ancienneté, les plus jeunes auront accès à de plus petits groupes 8 à 12… le pourboire s’en ressent nécessairement.

Mais vous aurez la joie d’entendre votre chauffeur de bus s’esclaffer à la remise de la petite enveloppe et à vous embrasser comme du bon pain, sans d’ailleurs avoir pris la précaution d’en voir le contenu exact. Car aux touristes français le guide remet des enveloppes à remplir, car parait-il nous sommes pudiques et gênés sur ces sujets-là.

Enfin dernières précautions, si pour une somme modique (c’est souvent le cas) on vous propose un séjour libre de deux à trois jours. Dans notre cas c’était à San Francisco, faites le et goutez au bonheur de flâner en toute liberté après 14 jours de visites guidées. Vous débarrasserez vos souvenirs de toutes les frustrations accumulées précédemment.

Pour le prix du voyage… les langues se délient au bout de quelques jours, ne vous étonnez pas des écarts de prix payés par les membres de votre groupe. Leçon tirée de notre subtile enquête, le prix fort est payé par ceux qui réservent un an à l’avance, les malins, ou les distraits comme nous qui se prennent par la main 8 à 10  jours avant le départ, bénéficient de prix imbattables jusqu’à 30 % de moins !

Voilà… maintenant place au voyage lui-même.

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:13

Golden-gate.jpgAprès un voyage riche en découverte, je prépare une série d'articles pour partager mes impressions et mes apprentissages des USA.
En tout cas un voyage époustouflant, et la rencontre d'une réalité inattendue....
À suivre!

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 13:23

2016 n’est pas un horizon si lointain que cela et deux ans et demi pour préparer sa Clinton-Hillary.jpgcandidature ne sera pas de trop. On l’a compris, à plusieurs occasions, Hillary Clinton sera candidate en 2016. Il faudra bien sûr que le camp démocrate l’adoube et que le peuple américain en fasse de même. Quelle belle allure ce serait pour la démocratie américaine d’avoir choisir successivement un président noir et une femme, une leçon au monde entier !

Les symboles ne sont pas innocents et surtout ils portent loin. La candidature d’Hillary Clinton est aussi un espoir pour une bonne partie du peuple américain. Première dame, elle avait tenté, en vain, de faire avancer un programme de protection sociale. Barack Obama a pris le relais, mais en Amérique toute idée sociale se heurte au mur des conservateurs de tout poil, y compris dans le camp démocrate. Mais Hillary a de la suite dans les idées, cette femme progressiste ne lâchera rien… elle n’a pas vu venir la menace Obama dans son camp. Mais elle a su, une fois battue, peser très lourd dans le camp démocrate. A la surprise générale le Président élu l’a choisie pour diriger le département d’Etat, fonction la plus élevée et la plus enviée.

Retour en arrière sur un parcours exceptionnel. Hilary Diane Rodham Clinton est née le 26 octobre 1947 à Chicago dans l’Illinois. Elle aura donc 69 ans en 2016 si elle brigue la Présidence des Etats unis d’Amérique.

Son père était républicain et sa mère démocrate, de quoi donner du goût au débat politique. Ses parents sont des fans de Sir Edmund Hillary, l’alpiniste néo-zélandais qui va vaincre le mont Everest. Quelle bonne idée de lui donner comme prénom Hillary… cela lui donnera de la motivation à avancer… elle le fera, brillante élève elle sera élue au conseil de sa classe. Méthodiste assidue, elle fera campagne avec le mouvement des droits civiques. Elle assiste au meeting de Martin Luther King à Chicago… cela lui laisse une marque indélébile : le goût des autres…

C’est à 17 ans qu’elle commence son premier combat politique avec la campagne du sénateur républicain Barry Goldwater. Elle est donc républicaine et à l’université féminine de Wellesley elle préside le mouvement des Jeunes républicains. Mais elle rallie aussi les manifestations opposées à la guerre du Viêt Nam. Elle va rompre avec les républicains lorsque ceux-ci désigne Richard Nixon comme candidat à la présidentielle.

Elle intègre la prestigieuse Yale Law School où elle fera la rencontre de Bill Clinton… ils feront ensemble la campagne de George McGovern en 72, battu par Nixon.

Elle devient avocate, brillante et déterminée. Elle épouse Bill Clinton en 1975, avec qui elle aura sa fille Chelsea. Cette fois, c’est à la cause de son mari qu’elle se rallie, tout en faisant valoir ses opinions. Bill devient gouverneur de l’Arkansas, elle la première femme avocate associée dans le célèbre cabinet juridique « Rose ».

Elle sera la première dame des Etats-Unis d’Amérique aux côtés de Bill Clinton de 1993 à 2001. Elle donnera à sa fonction une orientation nouvelle, en pesant sur la politique du gouvernement. Le président la nommera dans son équipe de conseillers à la Maison Blanche, plus particulièrement chargée du système de santé. Son projet de réforme échouera devant les instances législatives.

Elle sera au centre de tous les scandales qui agiteront les deux présidences Clinton : Whitewater (enrichissement personnel..) et Lewinsky où elle soutiendra sans faille sans mari, même après ses aveux d’infidélité.

Cette période contribuera largement à façonner sa personnalité et son image dans l’opinion américaine. Pour les républicains très à droite elle est une « libérale » au sens américain, à savoir une socialiste, une gauchiste. Ils n’ont pas supporté la manière dont elle a fait évoluer le rôle de la Première dame. Sa manière de s’immiscer systématiquement dans les affaires politiques de la Maison Blanche en ont fait un véritable bouc émissaire de la droite américaine.

Par contre, pour les américains modérés, démocrates, voire de gauche elle est une icône vivante de leurs combats : pour les droits civiques, l’égalité homme-femme, la mise en place d’un programme d’assurance santé, la défense des droits des femmes dans le monde, la prise en charge des enfants les plus démunis… Bref elle est en bonne position théoriquement pour succéder à son mari. Ce qui aurait été une première. En attendant elle se fait élire Sénatrice démocrate de l’Etat de New York de 2001 à 2009.

2008, elle pense que son heure a sonné et elle se jette dans la bataille des primaires du parti démocrate. Donnée gagnante, elle se voie concurrencé par un jeune outsider Barak Obama ; celui-ci monte peu à peu en puissance jusqu’à la battre après une campagne violente et éprouvante. Il a réussi à incarner face à elle une image plus jeune, plus novatrice, celui qui pouvait vaincre et « faire »…

Toutefois elle sera secrétaire d’Etat des Etats unis dans l’administration Obama  jusqu’en 2013, où elle laisse la place à John Kerry. Coup de fatigue, elle a fait une commotion cérébrale, ou bien juste le moment de prendre le recul pour partir une fois de plus à l’assaut de la Maison Blanche ?

Cette femme aura été choisie cinq fois par le célèbre journal Time pour figurer dans la liste des cent personnes les plus influentes au monde. Et 2011 et 2012, ce sera cette fois Forbes qui la place en deuxième position de la fameuse liste des femmes les plus puissantes au monde !

Sa trajectoire exceptionnelle fait d’elle une des femmes politiques les plus brillantes de toute l’histoire des Etats Unis. Elle occupe le devant de la scène politique depuis plus de 25 ans. Cette médiatisation est à double tranchant car les conservateurs en ont fait une cible prioritaire pour dénoncer « l’Amérique laxiste, l’Amérique socialiste ». Elle est nettement notée à gauche de l’hémicyclique du Sénat, malgré ses efforts pour essayer de recentrer son image.

Récemment elle a dit combien elle souhaitait à l’Amérique une femme présidente : « Je voudrais dire, de façon hypothétique, que j'espère vraiment que nous aurons de mon vivant une femme présidente. » ; cela augure d’une belle bataille à venir. Pour les républicains c’est déjà fait, ils se sont mis en ordre de bataille face à elle, ne laissant rien passer. Alors que CNN et NBC viennent d’annoncer la production d’une minisérie et d’un documentaire sur Hillary Clinton, les républicains tirent à boulets rouges sur les deux chaines dénonçant un « favoritisme politique inadmissible ».

La bataille a commencé…

 

 

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 15:52

Qui n’a pas eu cette expérience malheureuse d’appeler un taxi et de se voir mettre en attente une vingtaine de minutes pour s’entendre dire, « tous nos taxis sont occupés, rappelez dans une dizaine de minutes »…Ou bien essayez un samedi soir de trouver un taxi libre du côté du Châtelet…. Paris manque de taxis… et c’est bien la seule capitale au monde où il est impossible de lever la main et d’obtenir illico son taxi…. Ah! Manhattan… pays heureux. La petite application Uber est venue mettre son gros grain de sel dans le monopole des taxis parisiens.

Internet est synonyme de liberté à l’infini… les applications nous facilitant la vie tombent du ciel comme des hallebardes. La société Uber nous vient de Californie et elle vient de s’implanter récemment à Paris. Son patronyme si étrange est dans toutes les bouches des diners parisiens, adultes comme ados. C’est le saint graal pour les noctambules de tout âge.

De quoi s’agit-il? Au lieu de tenter de commander un taxi ou de faire la queue à un arrêt, vous avez la possibilité de commander par cette petite application sur votre iPhone un chauffeur privé, ni plus ni moins. En l’activant vous vous géolocaliser, et sur votre écran les chauffeurs disponibles à proximité apparaissent sous forme de petites icones. A vous de jouer, vous cliquez sur l’un d’entre eux, il a votre téléphone, vous avez le sien, vous pouvez toujours vous appeler. Celui-ci vous retrouve avec la géolocalisation. Gros avantage le compteur ne commence à tourner que lorsqu’il vous charge. Le montant de la  course estimée accepté, vous avez une voiture de luxe à votre disposition, le règlement se fait par votre carte bleue enregistrée dans l’application, il n’y a donc pas d’échanges d’argent. La facture arrive peu après sur votre compte email.

Les tarifs sont à peine plus élevés que les taxis dits normaux et l’on se rattrape largement sur le fait que le véhicule n’arrive pas déjà « chargé « au compteur. Par ailleurs en optant de passer son compte par twitter vous bénéficiez régulièrement de code promotionnel avec à la clé quelques dizaines d’euros d’économies. La qualité est au rendez-vous, car comme tous ces services gérés par le Net, vous pouvez  (et vous devez) noter votre chauffeur et mettre une appréciation…

La société a été fondée à San Francisco en 2009 par Garrett Camp, Travis Kalanick et Oscar Salazar. Elle a connu un succès foudroyant.

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 13:51

PISANI.jpgMon premier vrai job, à la sortie de Sciences Po, fût de travailler avec Edgard Pisani, comme assistant parlementaire. Ma vie commençait bien… En 1979, Pisani « éclairait » encore fortement l’opinion publique… sa vie était une véritable légende. Résistant, Ancien ministre de De Gaulle, en rupture avec la droite en mai 1968, il soutient la révolte étudiante (il faut relire son discours à l’Assemblée de l’époque), et rejoint enfin le Parti Socialiste après 1974.

Cette rencontre fût mémorable. C’est Eric Orsenna, qui était mon professeur d’économie à Science Po, qui me mit en contact avec lui : « Il cherche un assistant parlementaire au Parlement européen, c’est un bon job, un bon départ dans la vie professionnelle… ». Rendez-vous fût pris… mais dans le train Paris Strasbourg… j’habitais alors Nancy, donc sur le trajet. Un horaire de train, un wagon, un numéro de place donné par sa secrétaire au téléphone… étrange entrée en matière. Le cœur battant, inquiet j’embarquais et trouvais rapidement le compartiment.

Il faut s’imaginer aussi physiquement Edgard Pisani, belle allure, un profil taillé dans le marbre à la manière des princes italiens. De fait j’entrais dans sa vie, au rythme même de sa vie, l’allure d’un train à grande vitesse. C’était sans doute un peu trop vite, trop rapide, il me fallut quelque temps pour trouver mon équilibre. Je dois cette adaptation à sa secrétaire au Sénat et surtout à son épouse de l’époque Isola Pisani qui tempérait son ardeur à mon égard. Il fallait faire vite et lui démontrer très vite si l’on était à la hauteur, à la sienne….

Quelques jours après mon embauche, je me souviens d’une réunion en petit comité avec Christian Blanc, directeur de cabinet de Michel Rocard et Jean-Paul Ciret son responsable de communication. C’était bien avant 1981, à un moment où Michel Rocard tentait sa chance pour la présidentielle. Il fallait lui préparer un papier pour le journal le Monde. Et bien sûr Edgard Pisani se tourne vers moi, Jean va le faire… oups, heureusement Isola y mit le holà à mon grand soulagement.

Il reste néanmoins qu’Edgar Pisani fut mon premier formateur… exigeant, tyrannique à l’excès, mais aussi paternel, affectueux.. J’ai avancé alors à pas de géant avec lui. Lorsque nous traversions le jardin du Luxembourg pour rejoindre le Sénat, il parlait à voix haute, il me parlait : c’était comme si l’histoire n’était plus un livre… elle était là… pour moi, pour moi seul à cet instant.

Le destin frappe à la porte. Ma sœur ainée, bien plus âgée que moi, eut son premier poste d’institutrice au Haute Marne à Liffol-le-Petit. Sa première visite officielle fût celle d’Edgard Pisani préfet du département de 1947 à 1955 … je le lui raconte et cela l’amuse…

Notre histoire s’est achevée tristement. Très proche de sa femme Isola, je la croise sur le boulevard Saint Germain m’apprêtant à aller gare de l’Est prendre mon train pour Nancy. Je le voie bien, elle est mal…, elle est souvent mal (elle a perdu son unique fils à l’âge de 19 ans, tué dans un accident de moto). Nous parlons un peu, elle s’apprête de son côté à retourner à Valpuiseau dans l’Essonne où les Pisani ont leur propriété. J’hésite à la laisser seule et lui propose de l’accompagner. Elle ne veut rien entendre et m’encourage gentiment à rejoindre ma famille à Nancy. C’est un ange qui passe à cet instant sur moi, sur ma vie … mon destin aurait pu basculer tragiquement.

Je prends mon train, sur le quai, ma femme m’attend, ce n’est pas dans ses habitudes, vues mes nombreux allers et retours entre Nancy et Paris. Elle est blanche comme un linge… « Mme Pisani s’est tuée accidentellement en voiture, ils viennent de l’annoncer au journal de 20 heures… ». Cette rupture marqua la fin aussi de mon aventure professionnelle, c’était à quelque mois de la victoire de François Mitterrand à la présidentielle de 1981. Le jour de l’enterrement d’Isola, sortait son dernier livre (elle était écrivain) dont le titre était : « Mourir n’est pas mourir », cela ne s’invente pas.

Edgard Pisani est né le 9 octobre 1918 à Tunis, il va bientôt avoir 96 ans à la rentrée. A l’âge de 18 ans il « monte » à Paris pour s’inscrire en Khâgne. La guerre arrêtera ses études, qu’il ne reprendra jamais… l’aventure commence. Il rejoint la résistance intérieure. Tout jeune homme il contribue activement à la libération de Paris (C’est Michel Piccoli qui interprète son rôle dans Paris brûle-t-il ?)

Il est naturellement remarqué pour sa bravoure par le Général de Gaulle et le Conseil national de la résistance, qui le nomment sous-préfet en 1944, il a 24 ans ! Il devient le chef de cabinet du préfet de police de Paris, puis directeur de cabinet du ministre de l’intérieur André Le Troquer en 1946, il épousera sa fille. C’est à cette date qu’il sera nommé préfet de la Haute Loire, puis en 1947 de la Haute Marne. Il sera sénateur de ce département de 1954 à 1961 au groupe du rassemblement des gauches républicaines et de la gauche démocratique.

Il poursuit sa carrière et fonde le Mouvement pour la réforme (MPR, gaulliste de gauche), il devient député en 1967 UD-Ve .Sa carrière ministérielle commence en 1961 comme Ministre de l’Agriculture dans le cabinet de Michel Debré, puis de Georges Pompidou de 1962 à 1966. Il sera un grand ministre de l’Agriculture qui marquera la mémoire du monde paysan ; il sera aussi le père de la Politique Agricole commune de la CEE (la PAC). Il sera aussi ministre de l’Equipement de 1966 à 1967, il quitte la majorité gaulliste en désaccord avec la volonté de Georges Pompidou de gouverner par ordonnance. Mai 68 sera l’occasion pour lui de rompre définitivement avec la droite. Il retournera au Sénat de 1974 à 1981, d’abord comme non-inscrit, puis il rejoindra le groupe socialiste.

La victoire de François Mitterrand ne lui ouvrira pas en grand les portes des ministères comme il l’espérait, il s’imaginait bien Ministre de l’Education, ce sera Savary qui l’emportera. L’épisode de son soutien à la candidature de Michel Rocard est resté en travers de la gorge de François Mitterrand. Il sera toutefois nommé à la commission, de Bruxelles pour représenter la France. Et c’est là que nos chemins se sont séparés.

La crise en Nouvelle Calédonie amènera le Président de la République à faire appel à lui, il le nomme Haut-commissaire de la république en Nouvelle Calédonie de 1984 à 1985, puis ministre plein de mai à novembre 1985. Avec Christian Blanc il fera un excellent travail et réussira à ramener la paix par une réorganisation administrative du Territoire et l’inscription dans le calendrier d’un référendum à l’autodétermination.

De 1986 à 1992 (il a 74 ans) il occupe les fonctions de chargé de mission auprès du Président de la république. Il présidera aussi l’Institut du Monde Arabe de 1988 à 1995, présidence houleuse et difficile. Il entre au Conseil économique et social en 1992.

D’un point de vue familial il épousera aussi en secondes noces Fresnette Ferry, la fille d’Abel Ferry (le neveu préféré de Jules Ferry, né en 1881-mort dans les tranchés en1918). Il est le père du journaliste Francis Pisani et de l’économiste Jean Pisani-Ferry.

Il est l’auteur d’une multitude d’ouvrages du Général indivis, éd. Albin Michel, 1974 qui réunit ses souvenirs du général de Gaulle à l’Utopie foncière, édit. Gallimard, 1977, préfacé par Michel Rocard, le Socialisme de raison, éd. Flammarion, 1978, Un vieil homme et la terre, éd. du Seuil, 2004, le sens de l’Etat, éditions de l’Aube, 2008.

Pour finir j’aimerai le citer, lui si bien placé pour résumer son engagement : «on me prend pour un sage, alors que je suis quelqu’un de « fou ».

Jean-Marie Guilloux a dit de lui : « Car plus qu’une figure, vous êtes une voix… Celle d’une exigence constante et reconnue. Car jamais, Edgard Pisani, vous n’avez changé de cap. Guidé à la fois par une inébranlable conviction républicaine issue de la résistance et une inclination constante pour le destin des hommes, vous êtes l’animateur du combat incessant pour un équilibre du Monde ».

Encore récemment, toujours sur le pont, malgré son grand âge il préconisait de créer sous l’autorité de l’ONU un « conseil international de la sécurité alimentaire et du développement », chargé de la gestion et de la prévention des crises. Celui-ci aurait autorité sur les choix stratégiques de la FAO, du FMI et de la Banque mondiale.

Edgard Pisani, continue encore aujourd’hui à consulter, à être entendu par les plus grandes autorités de la planète, il pense, il réfléchit, il s’affranchit…

Cette grande âme s'est éteinte le 20 juin 2016.

 

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 16:36

Retour sur enfance ce week-end dans le village familial, berceau de mon enfance : Harreville les chanteursHarréville-les- Chanteurs. Le temps y a fait son triste ouvrage. Jadis la maison familiale s’ouvrait sur un paysage champêtre : la Meuse y traçait son chemin entre de tranquilles prairies, elle façonnait le paysage par ses courants, ses fosses et  ses méandres.

Je voyais à peu de distance le pont de pierre aux arches solides qui faisait le lien entre les deux parties du village. L’église se haussait le col au-dessus des toits orange. Un paysan insouciant a revendu le large près qui occupait l’essentiel de notre point de vue. Un « industriels » peu scrupuleux y fait un garage à camions, puis y ajouta un imposant entrepôt métallique. De faillite en faillite l’ensemble devint un véritable dépotoir… nos pays étant peu militant, tout ceci se fit dans l’indifférence générale des habitants, à mon seul désespoir et de mon frère qui y réside désormais. Mon père peu enclin à la contestation laissa faire…

Difficile de comprendre les motivations politiques d’aménagement du territoire. Aujourd’hui au nom d’une certaine écologie (qui pourtant laissa faire cette monstruosité en bord de Meuse) s’intéressant au cours d’eau, j’ai appris (et vu de mes yeux) que le bief d’Harréville avait été détruit. Ce bief historique et faisant partie du patrimoine du village alimentait une turbine d’une petite usine (la fonderie et l’Usine Bickel), coutellerie un temps. Mais surtout  cette retenue sur la Meuse, depuis plus de 150 ans avait façonné les 2 à 3 kilomètres de la rivière en amont. Plus de hauteurs avait donné une rivière large avec des fosses et de nombreuses variétés de nénuphars et plantes aquatique

Il faut savoir et je peux en témoigner, que le bief abritait une variété de moule d’eau douce (incomestible) : la Margaritifera margaritifera ou mulette, nous indique Wikipédia  « est un mollusque lamellibranche des rivières claires d'Europe, de Russie, du Canada et de la façade Est des États-Unis. C'est une espèce connue pour sa durée de vie exceptionnelle (plus d'un siècle), mais qui est au bord de l'extinction bien que protégée ».

Nous nous amusions (sans savoir la rareté de l’espèce) à les pêcher avec des petites baguettes, c’était à celui qui attraperait la plus grosse… et bien c’est fini la destruction du bief a « effacer » leur biotope naturel. Où sont-ils les écologistes si enclins à défendre la nature ?

Ce crime commis, l’eau a descendu de plusieurs marches, la rivière s’est littéralement vidée laissant un spectacle pitoyable sur plus d’un kilomètre. La société de pêche locale ayant quasiment disparue, peu de monde s’en est ému.

Mais quelle est cette administration qui peut ainsi « décider » d’effacer un bief, son histoire industrielle et le paysage entier d’une rivière. La crise frappe à grand coup, l’argent manque de toute part… mais l’administration et ses technocrates trouvent encore les moyens pour commettre ce crime parfaitement inutile.

Il y aurait parait-il un « plan de continuité de la Meuse » ainsi mis en œuvre et qui menace tout prochainement le prochain village de Bazoille-sur-Meuse. Dépêchez-vous d’aller y admirer le spectacle de le Meuse retenue, avant qu’on ne la lâche à son tour.

Voilà la triste histoire que je me devais de vous narrer, celle de la suppression et de la mise à mort d’un bief alimentant une usine qui a structuré la vie, l’histoire et le paysage d’une commune chère à mon cœur…

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:36

Retraites-copie-1.jpgAlors que Jean-Marc Ayrault s’apprête à conduire une nouvelle réforme des retraites aux vues du rapport Moreau et des mises en garde du Comité d’Orientation des Retraites (COR) sur l’accroissement du déficit qui fait craindre  un « trou » de l’ordre de 20 milliard d’euros d’ici 2020, si rien n’est entrepris, peut-être faut-il rappeler les efforts qu’ont fournis les français depuis une vingtaine d’année.

Ils ont été considérables, tous les « curseurs » agissant sur les retraites ont été déjà actionnés par les gouvernements successifs promettant à chaque fois que c’était la dernière. Il y a eu quatre grandes réformes, dont l’ampleur permet de mesurer combien les français qui partent aujourd’hui à la retraite ont perdu. Le système est complexe et compliqué :

-      La durée de cotisation, à savoir les trimestres nécessaires pour obtenir sa retraite dite » à taux plein »,

-      L’âge légal de départ à la retraite, qu’il est loin le temps en 1982 où François Mitterrand ramenait l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans…

-      La mise à la retraite d’office, longtemps à disposition des employeurs pour se débarrasser de leurs salariés ayant atteint l’âge légal et le nombre de trimestres a été supprimée par Sarkozy,

-      L’éventuel alignement des régimes du public et du privé, qui présentent encore aujourd’hui des écarts importants au profit exclusif du secteur public. Il y a tout un débat … sur le sujet,

-      Les régimes spéciaux, véritables citadelles où les avantages s’accumulent et narguent le reste de la population. Le plus bel exemple est celui des députés  1 300 euros net/mois pour chaque mandat de 5 ans. C’est le régime qui présente le meilleur rapport qualité/prix. On y compte les salariés d’EDF, de la Banque de France, de France Télécom (aujourd’hui Orange)…

-      Le montant des cotisations aussi bien salariale que patronale, c’est un levier puissant, le préféré des syndicats, mais c’est la ligne rouge à ne pas dépasser pour le patronat, risque de baisse de la compétitivité,

-      Le nombre des meilleures années retenues pour le calcul de la retraite, c’est une véritable retraite de Russe qui s’est ainsi engagé sur les 20 dernières années,

-      La pension de réversion, c’est ce qui est dû ou pas au décès, elle est versée sans conditions de ressources dans le public, elle est subordonnées dans le privé à un plafond (bas) des ressources du conjoint survivant,

-      Les différents avantages « boostant » les retraites : l’abattement de 10% pour frais professionnel (Une curiosité), le bonus de 10% pour avoir élevé 3 enfants…

-      La Contribution Sociale Généralisée (CSG), celle-ci est de 7,5 % pour les salariés, alors que pour les retraités elle oscille entre 3,8 et 6,6 %, elle a l’avantage de toucher tous les revenus y compris ceux du capital.

-      Le principe d’indexation des pensions, celui-ci a considérablement fluctué ces 20 dernières années

-      Distinguer les actions qui relève du régime dit « général » la retraite de la Caisse Nationale Assurance Vieillesse (où le gouvernement a son mot à dire) du régime des retraites complémentaires gérées directement par les syndicats de salariés et les représentants du patronat.

Tout cela pour dire à la fois la complexité du dossier, le rôle qu’y jouent directement l’état mais aussi les syndicats et le MEDEF.

En 1993, c’est Balladur qui s’y colle le premier.

Il n’ose pas s’attaquer aux régimes des fonctionnaires, c’est donc le secteur du privé qui ouvre le bal avec un allongement conséquent de la durée de cotisation pour obtenir sa retraite à taux plein, on passe carrément de 37,5 à 40 annuités. Et oui, pour tous ceux qui aujourd’hui sont à 41,5 annuités, l’effort a été dantesque et l’on parle d’aller jusque ‘à 42,43 voire 44 annuités !!! Mais Balladur actionne un autre curseur : celui de l’indexation des pensions, fixée jusqu’alors sur les salaires (depuis 1983), elle passe sur les prix, moins avantageux à l’époque. Et enfin le tir de mortier : le calcul des pensions ne se fait plus sur les 10 meilleures années mais sur les 25 … L’impact est sévère, les économies sont substantielles, mais c’est le début de la dégringolade pour le niveau de vie des retraités… les trente glorieuse sont loin. Un rapport de la CNAV estime la perte de pouvoir d’achat à plus de 6%.

Alain Juppé, un petit tour et s’en va…

Deux ans plus tard le Premier ministre de l’époque Alain Juppé tente en 1995 d’aligner la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle du privé, ramenée précédemment par Balladur de 37,5 à 40 annuités. Le Bazar est général, les grèves s’étendent, les cortèges des manifestants enflent pour relever le défi de Juppé lancé aux manifestants. Il s’y casse les dents et doit remiser son projet de réforme. Les syndicats ont démontré leur capacité d’agir dans la fonction publique. Sous Balladur les salariés du privé n’ont rien pu faire et les syndicats se sont révélés impuissants … sous Juppé ils ont montré leur puissance. Depuis cette fracture subsiste, elle s’est même agrandie.

2003, François Fillon s’attaque à nouveau au secteur public.

L’ambition annoncée est « haute » le Premier ministre qui ne craint pas les mots, parle de « première réforme globale de notre système de retraite depuis l’après-guerre », Balladur a apprécié. La barre fixée est haute : combler le déficit à l’horizon 2020 : On verra depuis lors ce qu’il en est advenu de cette vantardise. Cette fois-ci, malgré les manifestations elle passera, il faut aussi dire que le revirement brutal de l’une des deux plus importantes confédérations ouvrières : la CFDT, n’y est pas pour rien. Elle y laissera des plumes, sa signature donnée à François Fillon au dernier moment suscitera une des plus graves crises qu’elle ait eu à connaitre, entrainant la démission de nombreux de ses militants. Cette action entrainera un bouleversement du paysage syndical par la création de nouveau syndicat comme SUD.

Cette fois l’alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires et du privé est faite à 40 années pour tous, avec un horizon effectif à 2008. Pour le justifier on reprend à nouveau une ritournelle désormais bien connue : l’allongement de la durée de vie, du moins son espérance… Il lui faut aussi agir pour mieux le justifier sur le problème des séniors sur le marché du travail, avec une mesure symbole, la mise à la retraite d’office pour l’employeur passe de 60 à 65 ans … il est mis fin aux nombreux plans de préretraites extrêmement coûteux à la collectivité. Enfin une invention (classique) celle de la carotte une surcote pour tous les séniors acceptant de continuer à travailler, une fois atteint leur durée de cotisation.

Quel bilan de cette réforme du siècle ?  La CNAV constate en 2008 que l’âge moyen de départ à la retraite a baissé entre 2003 et 2006 passant de 61,4 ans à 60,7 ans. C’est le début de l’enfer pour les séniors, alors que tous les discours concourent à vouloir augmenter leur temps de travail, ceux-ci sont massivement éjectés du monde de l’entreprise et ceci de plus en plus tôt. A cette époque on parlait de véritable difficulté pour un sénior de 57 ou 58 ans à retrouver du travail. Aujourd’hui on est tombé jusqu’à 45 ans !!!

2008, c’est le tour des régimes spéciaux.

L’angle d’attaque est rude, Nicolas Sarkozy ne veut rien lâcher. Les régimes spéciaux, ce sont certaines entreprises publiques ou professions qui bénéficient de facilités pour partir à la retraite plus tôt en raison de la dangerosité ou la pénibilité de leur travail. Notions qui, si elles avaient leur vertu il fut un temps, méritaient une révision. Citons un peu en vrac : la SNCF, EDF, la RATP, les mineurs, les marins, les instituteurs…. Cela pèse tout de même 5 millions de salariés.

Les régimes spéciaux se voient impactés, comme précédemment les fonctionnaires par une durée de cotisation relevée de 37,5 années à 40. Leurs taux de cotisation plutôt bas sont aussi augmentés. Enfin, nouvelle invention : la décote pour le salarié qui part à la retraite avant 65 ans et sans avoir le nombre de trimestres requis.

2010, on croyait cela terminé, mais Eric Woerth vint !

Comme rien n’y faisait et que le déficit continuait à croître, c’est Eric Woerth qui prit le taureau par les cornes en affirmant prendre les mesures radicales assurant un retour à l’équilibre en 2018… on verra ce qu’il en fut… Les plans sont de plus en plus fournis et les garanties sociales de plus en plus érodées :

-      L’âge légal de départ à la retraite passe de 60 à 62 ans pour 2018 (échéance ramenée par la suite à 2017)

-      A 65 ans un salarié pouvait bénéficier de la retraite à taux plein même s’il n’avait pas tous ses trimestres,  il lui faudra désormais attendre 67 ans

-      Et comme il en faut un peu pour les fonctionnaires, leur taux de cotisation nettement plus bas que les salariés du privé est aligné de 7,85% à 10,55%

-      Et enfin la durée de cotisation est encore une fois (la troisième) mise à l’épreuve, elle passe de40 ans à 41 ans et un trimestre en 2013. Puis à 41,5 annuités en 2017 pour tous ceux nés en 1955.

Aujourd’hui… nous sommes encore à l’épreuve… la cinquième réforme celle de Jean-Marc Ayrault se profile. Il a pour lui l’histoire, il sait par quel chemins compliqué le régime des retraites est passé. Il connait tous les leviers sur lesquels il peut appuyer. Il en connait les avantages et les inconvénients. La crise pèse une fois de plus sur les décisions, le chômage est au plus haut, la compétitivité des entreprises françaises est mise à mal. Syndicats et patrons prônent des solutions radicalement différentes. Cela fait trois années déjà que les salaires dans la fonction publique sont gelés…

On dit les retraités d’aujourd’hui aussi aisé que les salariés… la rumeur court que cette fois-ci le gouvernement mettrait essentiellement les retraités à contribution… certes, mais les retraités de demain, comment impacteront ils ces mesures, ceux qui après le chemin de croix d’une perte d’emploi à 52 ans, ont connu le « trou à pauvreté » après la fin de leur indemnités chômage et arriveront à l’âge de la retraite avec non pas une décote, mais un véritable effondrement de leur retraite…

N’est-ce pas enfin ce problème majeur, celui de l’emploi des seniors français (ou plutôt celui du non-emploi) qui devrait être pris à bras le corps. Car la situation est en fait schizophrénique    d’un mouvement on ne parle que d’augmenter le temps de travail pour suivre l’augmentation de l’espérance de vie, et d’un autre mouvement les entreprises se débarrassent massivement de leurs séniors…

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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