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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 16:34
 
 
imagesCA3H8B3SC’est une agitation extrême à l'UMP, laquelle n'en finit pas de payer les pots cassés laissés par Sarkozy...le sarkozysme aura mis fin au projet Chiraquien d'une droite unifiée...la vie politique française glisse inexorablement vers un retour en arrière, du temps du vieux parti gaulliste et de l'UDF .... Sauf qu'aujourd'hui, il existe un Front national de plus en plus puissant.... Fillon ne réfléchit pas beaucoup et il ne regarde que le bout de ses chaussures....
 
Jacques Chirac, jeune premier ministre de Valéry Giscard d’Estain, auquel il avait fait la courte échelle pour accéder à l’Elysée, avait compris qu’il fallait moderniser la vie politique française en unifiant la droite. Jacques Chaban Delmas, encore auréolé de son aura de gaulliste progressiste que Georges Pompidou avait écarté du pouvoir, était son seul rival, rival vieillissant, peu habile à la manœuvre. L’élection présidentielle de 1974 lui ouvrait en grand les portes du pouvoir. Chirac dégomma littéralement ce pauvre Chaban Delmas en emportant avec lui 39 parlementaires et quatre ministres gaullistes pour soutenir le jeune et avenant Giscard d’Estaing dès le 1er tour. Il mène cette opération avec le pilotage de deux stratèges hors pair Pierre Juillet et Marie-Françoise Garaud.
 
Le premier étage de la fusée étant monté, très vite, il comprit la nécessité de paralyser tout ce que pouvait incarner Giscard d’Estaing comme modernité et réformisme. Avec la participation active des deux mêmes conseillers, il rompt dès le 26 juillet 1976 en remettant sa démission. La création du RPR à la mesure de son ambition est en marche. Il passera même par la case trahison, en coulant la deuxième candidature de Valery Giscard d’Estaing et en favorisant l’élection de François Mitterrand.
 
Il ne se doutait pas qu’il lui faudrait encore attendre 14 ans, à savoir deux mandats de François Mitterrand avec une incursion le temps de la cohabitation de 1986 à 1988. Il consacrera cette longue période à faire de la ville de Paris son fief et à recomposer la droite bien au-delà du simple RPR. Une fois élu Président (1995- 2007) de la République il va peaufiner son projet, comme socle de son pouvoir. Le gouvernement Raffarin sera l’apogée de cette recomposition de la droite sur le modèle anglo-saxon.
 
L’apparition d’un clone en la personne de Nicolas Sarkozy, tout aussi assoiffé de pouvoir et bien déterminé, va bouleverser complétement ses projets. Peu à peu, sans pouvoir s’opposer à la montée inexorable de Sarkozy, l’UMP qu’il a consacré en 2002, lui échappe.
 
Passons sur les 5 années de Nicolas Sarkozy où celui-ci s’évertue à faire perdre toutes les élections, y compris celle du Sénat, à son camp. L’élection de François Hollande plonge l’UMP dans une crise sans précédent. La campagne très à droite et le flirt avec l’électorat entamé dès la dernière ligne de la campagne par Sarkozy a semé le venin au cœur même du vieux parti gaulliste. Les alliés de fraiche date, finalement, en provenance du centre ne pouvait à partir de 2012 laisser s’installer une telle dérive. Le premier affrontement Fillon/ Copé, violent, énorme, incompréhensible ouvre en grand cette fracture entre une droite prête à tous les compromis avec la nouvelle extrême droite incarnée par Marine Le Pen et les républicains de droite fermement opposé à toute alliance.
 
Certes Fillon, par ses derniers propos ne fait pas preuve d’une grande clairvoyance politique, l’ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy démontre là ses propres limites intellectuelles et politiques. A trop regarder le bout de ses chaussures, il est en train de se prendre les pieds dans le tapis. Mais ce faisant, c’est toute la droite qu’il entraine dans sa chute.
 
Et dire que ces hommes là se réfèrent encore au général de gaulle ! Le retour vers le passé est en marche, les familles éparpillées du centrisme sont rentrées en grande discussion. Elles ont une terrible faiblesse, l’absence d’un leader de la dimension d’un Giscard d’Estaing, ce n’est pas un Borloo, un Raffarin ou même un  Bayrou qui peuvent incarner une grande espérance et une alternance politique crédible..
 
Chirac avait compris que la seule manière de barrer la route au Front national était l’unification de la droite et du centre. Dans le monde où il habite désormais et où il ne peut malheureusement, ni entendre ni comprendre grand-chose, il serait effaré de la bêtise avec laquelle ses anciens lieutenants sont en train de faire un boulevard à Marine le Pen. Lui l’homme, le président le mieux élu de la Ve république avec 82,21% des suffrages exprimés, qui au-delà de la droite et du centre avait rallié les voix de la gauche pour faire barrage au danger fasciste de la famille le Pen.
 
Pendant ce temps-là, dans le marigot politique de la droite t du centre barbotent toute une série de petits bébés nés il y a peu sous le sarkozisme, prêts à tout pour faire la peau à leur ancien mentor.
 
 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 15:01

7132577873_6a3a99273b.jpgNous avions bien connu des déboires depuis la loi DADVSI avec Renaud Donnadieu de Vabres, puis les missions qui se sont succédées sous Sarkozy pour aboutir à la loi Création et Internet qui accoucha de l’Hadopi. Dieu sait si le groupe socialiste à l’Assemblée nationale avait vaillamment combattu sur tous les fronts, légiférant à la surprise générale sur la licence globale. Christian Paul avait été de tous ces combats avec talents et une maitrise impressionnante du sujet. La gauche était donc très attendue.

Après quelques chassés croisés sur l’Hadopi et le projet de création d’un centre National de la Musique (CNM), le PS installé rue de Valois en la personne d’Aurélie Filippetti allait, sans doutes aucun, mettre en œuvre les avancées espérées depuis décembre 2005 au moins… que nenni, il fallut passer, une fois de plus, par la case Mission. La procédure est bien connue de tous les familiers de la vie politique, quand un sujet vous dérange, quand il est bien épineux, pour gagner du temps, on nomme une personnalité à la tête d’un groupe de travail et on lui confie Une Mission.

C’est à Pierre Lescure que revînt ce travail et cette tâche ingrate. Pour bien solenniser cette démarche le Président de la République et la Ministre de la culture employèrent le terme d’Acte II de l’exception culturelle. Ni plus, ni moins. On donnât du temps au temps, un peu plus d’une année. Et surtout, il fût constitué toute une escouade autour de Pierre Lescure, composée d’experts et de spécialistes, du moins l’étaient-ils sur le papier.

A la surprise générale, le groupe Lescure fît un excellent travail et surtout il prit le soin de mener une large consultation en ne laissant personne sur le bord. A cet aulne-là, le changement était entré dans l’air du temps. Ce travail sérieux débouchât sur 80 propositions. Un sentiment général, plus ou moins mitigés selon les origines (producteurs, auteurs, interprètes, FAI…) planait sur le secteur. Mais nous n’en étions qu’au rapport. Raison il fallait garder, la réalité des actes était à l’épreuve. Décrets et textes de loi étaient attendus pour concrétiser l’affaire.

Outre la mise à mort de la sanction pénale pour les internautes délictueux, le rapport contenait une pépite : … une taxe sur les appareils connectés pour financer la culture et surtout un dispositif prêt à prendre le relais sur la redevance actuelle de copie privée. Aurélie Filippetti s’était même avancée jusqu’à promettre sa mise en place dans le projet de loi de finance 2014 avec l’assentiment des professionnels de la musique et de l’audiovisuel.

De tout cela, il n’y a que la mise au pas de l’HADOPI et le transfert de ses compétences au CSA qui fût mis en œuvre. Pour le reste il faudra attendre, le Président de la république l’a proclamé : pas de nouvelles taxes en 2014. Pause fiscale ! Ceci pour le plus grand bonheur des lobbyistes triomphants sous Sarkozy, dont on pensait que l’arrivée de la gauche au pouvoir avait limité l’influence : le syndicat Gitep Tics , à savoir l’ensemble des constructeurs d’équipement terminaux et les FAI.

Comme d’habitude, sans honte aucune, les vieux réflexes bureaucratiques prirent le dessus sur la politique et la rue de Valois décida, en attendant (depuis 2005 !) d’ouvrir une énième mission : Sur la musique en ligne et le partage de la valeur entre artistes, producteurs et sites Web, confiée à un haut fonctionnaire (comme de bien entendu) Christian Phéline, conseiller maître à la Cour des comptes et fin connaisseur de l’économie de la culture, il a été membre du cabinet de Catherine Trautmann au ministère de la Culture de 1998 à 1999), il est rapporteur général de la commission de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits depuis 2006, et membre du collège de la Hadopi depuis 2012.

Bon, encore une fois, après avoir vu plancher successivement la mission Olivennes et les accords de l’Elysée, la mission Zelnik (avec Jacques Toubon et Guillaume Cerutti ), la médiation Hoog et défiler les quatre ministres de la culture : Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnadieu de Vabres, Christine Albanel et Frédérique Mitterrand, nous en sommes encore à la même case départ avec une cinquième!

Serions-nous sans mémoire, pour nous laisser traiter de la sorte  et accepter sans renâcler que Mme Filippetti annonce, sans rire, qu’aucune mesure ne sera prise  avant les conclusions de cette mission à la fin de l’année, au mieux. Et pendant tout ce temps-là, de missions en missions, de ministres en ministres la révolution numérique avance à grand pas fragilisant tout l’édifice de la création, le menaçant même d’une mort brutale.

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 13:47
Le quotient familial.

 

Voilà une mesure qui avait tout son sens : il s’agissait de redistribuer des ménages sans enfants vers les ménages avec enfants. Les études montrent que l’arrivée d’un premier enfant entraine une baisse de 13% du niveau de vie du couple, le second enfant entraine une chute supplémentaire de 2%, puis de 5 à 10 % à partir du troisième enfant.

 

Le quotient familial, instaurés en 1945, a été mis en œuvre pour éviter que les ménages avec enfant avec des revenus modestes, moyens ou aisés ne soient pas pénalisés. Même avec l’instauration du quotient familial, la pénalité subsiste… une famille avec trois enfants dispose d’un niveau de vie inférieur de 25 % à celui d’une famille sans enfants. Et c’est sans prendre en compte « l’impôt caché » sur les familles pour ce qui concerne les vacances, nécessairement plus chères puis qu’imposées en période de vacances scolaires où les tarifs pratiqués par les professionnels sont les plus élevés.

 

Jusqu’alors le mécanisme était le suivant : une réduction d’impôt en fonction du nombre d’enfant avec un plafond fixé à 2 000 euros par demi-part, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé de le baisser à 1 500 €. Ce sont, certes, les familles les plus aisées qui seront touchées. Ce geste devrait rapporter 1 milliards d’euros en 2014 et concernera 1,3 millions de ménages (environ 12% des ménages avec enfants, pourcentage contestée par l’UNAF qui parle plutôt de 20% !).

 

La prestation d’accueil du jeune enfant (Paje)

 

Même politique, pour les enfants qui vont naître après le 1er avril 2014, l’allocation de base de 184 euros sera divisée par deux pour les ménages dont les ressources dépassent 3 250 euros de revenu mensuel pour les couples avec un seul revenu, et 4000euros pour un couple avec deux revenus.

 

Cette fois ce sont 280000 ménages qui seront concernés par cette mesure et le gouvernement y gagnera 460millions deuros d’économies dici à 2016.

 

La Suppression de la réduction d’impôt pour les enfants scolarisés au collège, au lycée et à l’université.

 

Le gouvernement a décidé de supprimer la réduction d’impôt accordée pour les frais de scolarité des enfants au collège (61 euros), au lycée (153 euros) et récemment il a étendu cette suppression aux étudiants (183 euros).  

 

La mesure touche encore 1,6 millions de ménages et rapportera cette fois ci 445 millions d’euros au gouvernement.

 

Le montant du congé parental.

 

Actuellement il est majoré de 184 euros par mois pour les familles des plus aisées, c’est à dire celle dont les revenus dépassent le plafond de l’allocation de base de la Paje. A partir d’avril 2014 son montant sera identique pour toutes les familles, encore une économie de 190 millions d’euros.

 

La majoration de 10% des retraites pour les familles de plus de 3 enfants.

 

La réforme des retraites a été aussi l’occasion de revenir sur l’avantage des 10% de bonus sur la retraite des parents ayant élevés au moins trois enfants. Dans un premier temps ce bonus qui ne rentrait pas dans le calcul des impôts des retraités  va être comptabilisé dans leurs revenus. C’est donc une augmentation des impôts payés par ces foyers fiscaux et donc un abaissement de leur pouvoir d’achat qui est programmé. Le gouvernement annonce, pour un second temps, son remplacement par un système de forfait réservé aux femmes… à suivre !

 

Réduction de l’abattement pour frais de garde

 

L’avantage que représentait l’abattement sur les impôts de frais de gardes a été réduit dès 2012. L’impact se fait déjà sentir avec une baisse des emplois liés aux gardes à domicile. Ce dispositif, mis en place à l’époque de Lionel Jospin permet aux familles qui font garder leurs enfants de moins de 6 ans de bénéficier d’un crédit d’impôt de 50 % des sommes dépensées dans la limite de 2 300 € par enfants. La cour des comptes estimait à 985 millions d’euros le coût de ce dispositif en 2011

 

En conclusion, cela fait beaucoup. Ce ne sont pas les annonces de la création de 100 000 places de crèches, les 100 000 « solutions d’accueil » chez les assistantes maternelles et l’accueil de 75 000 enfants de plus en école maternelle qui vont faire disparaitre le sentiment qu’avec les dispositifs adoptés, les familles vont payer plus d’impôts et bénéficier d’une assistance financière réduite. Si les plus pauvres ont été relativement épargnés (mais elles ne le seront pas avec au 1er janvier la hausse des taux de TVA) les classes moyennes sont la cible fiscale de ce gouvernement.

 

On attendait d’un gouvernement de gauche pris dans l’étau des déficits creusés par les années UMP, un peu plus de courage, de clairvoyance et de lisibilité. C’est une politique au jour le jour qui se dessine, décidée par des énarques en rupture avec les réalités de la société française. C’est en vain que l’on se tourne vers le Président de la république pour qu’il dise quel est son projet pour la France, dans une Europe en crise et un monde qui se fragilise.

 

Avec un profil social-démocrate qui ne s’assume pas, François Hollande a été choisi par les français pour leur épargner une révision drastique de leur système de protection sociale. Aucun d’entre eux ne s’attendait, comme en 1981, à des avancées sociales. Les français s’attendaient plutôt à des sacrifices, mais des sacrifices répartis avec justesse. C’est ce « bémol » là qu’ils ne retrouvent pas. Pendant que l’on s’attaque à leur porte-monnaie, les fortunes de Mme Liliane Bettencourt et de M. Bernard Arnault ne cessent de progresser. La fortune des 550 français les plus riches a progressé de 25 % en un an. Voilà à quoi a servi l’effort financier demandé aux familles !

 

 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 14:22

C’est le 8 septembre que jean Véronis serait mort, à l’âge de 58 ans des suites d’un accident comme l’ont indiqué les membres de sa famille. Très connus des milieux Bloggeurs, cette nouvelle a fait le tour de la Toile avec consternation et surprise. C’est une personnalité haute en couleur et qualités qui disparait ainsi.

Jean Véronis est né le 3 juin 1951 à Toulon, universitaire et blogueur apprécié par sa connaissance du sujet et observateur aguerri des éléments du discours politique. Il était professeur de linguistique et d’informatique à l’Université d’Aix Marseille. Sa parfaite connaissance des Nouvelles technologies de l’Information l’ont conduit à conseiller de nombreuse entreprises, dont Orange et Pages Jaunes.

Il est aussi le fondateur de la société Jean Véronis Technologies (jvTech), connue pour son traitement automatique des langues et surtout la fouille de textes.

Récemment, il venait de fonder avec Benoît Raphaël une start up Trendsboard pour se positionner sur le marché de la veille en temps réel pour les salles de rédaction. Cet outil, du moins cet algorithme, dont il était le père, apportait aux journalistes la possibilité d’analyser, mais surtout d’anticiper l’ensemble des phénomènes du Buzz sur la Toile, en particulier les blogs, les réseaux sociaux et Twitter

Il avait enseigné quelques années aux Etats-Unis, au Vassar Collége.

Il doit sa notoriété à son blog sur les Technologies du langage, l’un des plus fréquenté de la communauté française. Au départ créé essentiellement pour ses étudiants, la qualité de ses articles, la pertinence de ses appréciations, sa vision du présent et du futur ont vite attiré un nombre considérable de lecteurs. Il est d’ailleurs classé par le journal le Monde en 10ième place d’une liste des bloggeurs les plus influents du moment.

Pendant la campagne présidentielle de 2007, il a travaillé sur les éléments de langages des différents candidats et mis le premier en ligne des outils appropriés pour suivre et analyser la campagne électorale. Il inaugure ce que l’on appellera plus tard le « Datajournalisme ». De cette campagne il publiera deux ouvrages : l’un avec Estelle Véronis (son épouse) et un  autre bloggeur influent Nicolas Voisin un livre d’entretien avec François Bayrou « Confidences »  (Max Milo) et l’autre avec le linguiste Louis-Jean Calvet « Les Mots de Nicolas Sarkozy » (Au Seuil).

Il sera tout aussi présent pendant la campagne de 2012. Il créée avec le journal le Monde un blog d’observation du web politique, intitulé « Politcosphère » où il décortiquera les « je » répétitif du candidat Sarkozy et la désormais célèbre anaphore « moi président… » de François Hollande.

Son savoir-faire et savoir dire, l’amèneront naturellement à collaborer avec plusieurs émissions de télévision et de radio : J'ai mes sources sur France Inter, Travaux Publics sur France Culture, l'heure de Pascale Laffite-Certa sur Europe 1, Déshabillons-les sur Public Sénat, Arrêt sur Images sur France 5, Esprits Libres sur France 2, Ce soir ou jamais sur France 3.

Rappelons pour ceux qui le connaissez pas que son pseudonyme sur Twitter était @aixtal… et qu’il y était très présent,

L’influent benoît Raphaël dit de lui : « qu’il était un des pères de l'analyse sémantique en France, et notamment de la reconnaissance du langage et de l'analyse de communautés. Ce sont des champs qui se développent et font partie de cet univers qu'on appelle le big data ».

En un mot la blogosphère perd un homme de talent, qui avec poésie et humour savait commenter et décrypter l’actualité. Homme de livres et de culture, il surfait pour autant avec brio et aisance, à l’affut des défis intellectuels qu’il pouvait relever. La tête tournée vers le futur il n’en était pas moins un citoyen actif de notre société. Tout sauf un homme de science enfermé dans sa citadelle et ses certitudes, il participait à l’élaboration et l’interprétation du nouveau monde numérique qui s’impose à nous.

Désormais @aixtal ne réponds plus… et cela nous laisse pantois et presque sans voix.

Quelques réactions :

Fleur Pellerin @fleurpellerin

Tristesse à l'annonce du décès du linguiste/blogueur J. Véronis (@aixtal), explorateur du web & des réseaux sociaux, et analyste politique

 

Le Monde @lemondefr 

Mort de Jean Véronis (@aixtal), universitaire et blogueur http://lemde.fr/18ev31e

Benoît Thieulin @thieulin  11 Sept 

 

Jean veronis @aixtal, nous a quitté ! Le net Francais en deuil. Que d'échanges et de lectures passionnantes grâce a lui. Il nous manquera

.

Vincent Feltesse @VincentFeltesse 

Si le décès de Veronis, @aixtal , est avéré, très forte émotion. Souvenirs des campagnes et des analyses de 2007 et 2012.

 

 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:01

San Francisco est une ville en attente, on la sent suspendue, éparpillée. Elle est san-francisco-vues.jpgd’essence gracquienne, Julien Gracq aurait pu en faire une de ses destination littéraire, lui qui a travaillé sur « la forme d’une ville ». Peut-être aurait-il pu en lever une partie de ses mystères. Sa découverte est un événement, là aussi au sens que met Julien Gracq dans ce mot, un évènement, non pas un fait qui se pose là dans son insolente certitude, mais quelque chose de l’ordre de l’incident, de l’aventure, de l’épisode… On n’en sort pas indemne. Quelque chose est arrivée…

Oui, ce sentiment de l’exceptionnel, ne peut rendre à lui seul la force du sentiment éprouvé. C’est l’arrivée finale, le lieu, l’endroit et pourquoi pas la ville où je devais inévitablement me trouver, ne serait-ce que le moment venu. Pas d’hébétudes, d’indolences, ni de troubles quelconques, mais la connaissance intime, intérieure d’une vérité rencontrée. Toute ma vie, ce qui faisait mon essence profonde, chaque apprentissage, chaque découverte trouvaient leur légitimité d’un seul coup, comme cela d’un simple regard sur la ville.

San Francisco inspire le sentiment de la pause, de l’escale. Un port elle fût, un port pour les âmes en vagabondages elle reste. Est-elle mystérieuse ? Pas tout à fait, juste un peu vaporeuse, elle donne le sentiment d’abonder, au contraire de promesses. San Francisco reste encore empreint de son histoire, au XIXe siècle, à ses débuts, elle n’était qu’un amas de tentes et de baraque en bois que prolongeait un océan de bateaux à perte de vue. Juste un début de landes et de collines abandonnées qui s’offraient aux yeux du voyageur.

Je vois encore la « folie » de ses collines se bousculer sur un si petit promontoire pour prendre leur place, « exister » semble-t-elle murmurer. Ville à priori San-francisco-musee-de-Young.jpgimpossible, ville inaboutie, et pourtant ville tout court ! Je ferme les yeux, je suis en haut de la tour du musée de Young, dans l’embarras de ce panorama infini, je sens les forces telluriques à l’œuvre et les esprits qui ont nourri cette terre de leurs créations et de leurs désirs. Mes pensées s’égarent dans des pérégrinations incertaines… je remonte le passé et je sens la proximité sauvage de ce qui fait San Francisco…

Ville fatigante, éprouvante, je monte et je descends, je m’enivre de ces secousses. Je sens sous mes pieds l’histoire des incendies et des tremblements de terre, la dévastation n’est pas loin, mais le sentiment de la renaissance plane à jamais sur ces terres bénies. Ville fragile, posée là au hasard des voyages de colons à la recherche de leur Eldorado et de leur Eden.

Ville patchworks, nécessairement, elle est l’aboutissement  de destins bâtards et hasardeux qui se confondent et dont les gênes construisent ainsi un monde au hasard de leurs mémorances. C’est un peuple de souvenirs qui se met à l’ouvrage dans une nuit qui s’étend sans ombre, véritable et authentique.

Ville liberté, où ses entrailles ne sont pas des ventres repus, mais de nombreuses et folles sédimentations de sentiments contradictoires. Les pas peuvent s’égarer en toute liberté, sans entraves. Celui que je ne suis pas n’est pas très loin de moi, d’une rencontre improbable la ville fera un festin d’entrevues festoyantes.

Ville façade, chaque pas est une aventure qui se doit, se mérite. Les maisons se répètent et s’égosillent dans un murmure incessant, bleues, roses, jaunes pâles, elles semblent se serrer dans un empressement serein, aux seuls fins d’accueillir la suivante qui ne manquera pas de venir à son tour ; Leur murmure est un appel au foisonnement.

Aux façades répondent de vastes avenues et des rues qui s’entrecroisent selon un plan inconnu. Rectangles et carrés dominent cette architecture, parfois fastidieuse à la régularité monotone. Mais cette uniformité n’est qu’un semblant, un geste juste san-farncisco-la-plage.jpgposé-là qui d’un seul coup conduit à une grève insensée, la ville est là, installée sur le bout des lèvres d’une promesse venue de l’océan, du Pacific.

Plages immenses qu’agite un rivage de soubresauts, plages dorées par une lumière de fin du jour, douce et parfumée     d’où montent les brumes froides et ondoyantes qui finissent par peupler la ville d’un linceul provisoire. Celui-ci va et vient, sa mécanique est obscure, mais il occupe les pensées des habitants de San Francisco et ceux qui y viennent là, pour chercher à comprendre cette fin probable de l’histoire.

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 14:20

C’est une majorité qui s’est prononcée l’année dernière aux présidentielles et Francois-Hollande.jpgaux législatives. Nul ne peut en douter sans remettre en cause gravement le principe même de la démocratie. François Hollande et sa majorité parlementaire ont été élus pour 5 ans. Il faut l’accepter, pour autant cela ne suffit pas pour endiguer la vague de « regrets » qui monte dans le pays. Les sondages sont catastrophiques et reflètent bien cet état d’âme.

Pour autant, il reste à François Hollande et sa majorité un socle solide, pas moins de 30 à 35 % de français qui résistent à passer dans une opposition sans nuance. J’ai à mon échelle sondé la partie de mon entourage qui avait voté Hollande à la dernière présidentielle. Ils se déclarent tous dans le dernier tiers des opinions favorables. Cependant ils ont tous enchainé sur un « mais » d’avertissement.

Cette partie de l’opinion, encore favorabl,e reste fragile, elle n’est pas du tout convaincu par la politique menée jusqu’ici, et surtout ils sont unanimes à critiquer l’absence de lisibilité dans le projet présidentiel. Le candidat n’avait pas de programme et ne souhaitait pas s’engager sur des promesses dont il avait l’heureux pressentiment qu’il ne pourrait pas les tenir.

 Cahin caha la campagne s’est déroulée dans un climat de rejet de Nicolas Sarkozy, lequel de son côté ne développait pas pour autant un programme, mais tirait à hue et à dia pour tracter  vers lui le maximum de l’opinion Front national. Il n’y a pas eu de véritable débat présidentiel, de fond, d’échange sur des idées et des programmes, tout juste des brides mal assemblées de part et d’autres pour faire l’illusion d’un programme.

L’assemblage présidentiel et législatives sur un même mandat, n’est pas l’idée du siècle. Car les législatives qui auraient pu être la session de rattrapage au titre des idées n’a pas eu lieu. Trop proches du premier scrutin, la campagne fût fugace et  s’est contentée de donner simplement une majorité au président élu. Sarkozy sortait essoré de ses 5 années de pouvoir frénétique et agité, distribuant à tous vents ses largesses aux souscripteurs richissimes de sa cause, Hollande présentait l’avantage d’être un socio-démocrate, peu causant, certes, mais qui donnait l’impression qu’il serrerait les boulons mais en évitant la casse sociale.

C’est ce contexte là, qu’il faut avoir à l’esprit pour bien comprendre l’état d’esprit des français aujourd’hui. Ce gouvernement au jour le jour creuse sa tombe…en accumulant les décisions toujours dans le sens de faire payer un peu plus aux salariés modestes et aux classes moyennes, avec un discours contradictoire. L’ère des regrets a commencé très vite, le correctif budgétaire de 2012 a donné le la, le budget 2013 a été on ne peut plus clair, et celui de 201  s’annonce terrible.

L’annonce d’une « pause fiscale » par le président est une plaisanterie de mauvais goût. Il a bien tort de gouverner avec les seuls énarques, qui n’en ont rien à faire de la France, des français et de la société.  La feuille d’impôt est bien là, et les français concernés sont bien obligés de faire leur compte… et le compte n’y est justement pas.

Pour 2014, se profilent déjà : la hausse de la TVA (et elle n’est pas si invisible que cela..), le relèvement des cotisations retraites, la baisse du quotient familial, la suppression de certaines niches fiscales (qui ne concernent pas seulement les riches) plus des menaces en l’air : un impôt sur les propriétaires occupant leur appartement (cela ne s’invente pas) !

Certes, les très hauts revenus sont touchés, mais pas tant que cela, Mme Bettencourt voit sa fortune croître indéfiniment sans avoir à lever le moindre petit doigt. Les analyses de Thomas Piketty à cet égard sont édifiantes. Dans « le capital au XXIe siècle » il démontre que les inégalités aujourd’hui sont encore plus fortes qu’en 1913, que la rente a tiré tous le bénéfice de la croissance au détriment du travail.

Les hauts revenus sont à contribution, mais les moyens aussi… et la surprise de ce côté-là est totale, car les concernés n’avaient pas du tout compris cela pendant la campagne présidentielle.

Que les entreprises et les entrepreneurs deviennent le sujet de toutes les préoccupations du gouvernement et que les ménages soient mis à la diète, pourquoi pas, encore faudrait-il que François Hollande s’assigne enfin un programme clair et cohérent dans lequel ses présentes actions s’inscriraient avec une bonne lisibilité pour les quatre ans à venir.

Un pacte de croissance, voilà ce qu’il manque cruellement aujourd’hui, les efforts d’aujourd’hui avec les justes compensations à venir et un plan de justice sociale étalé sur les quatre années à venir.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 12:45

Alors que le Grand Orient de France rend un hommage appuyé, ce soir à la Allende.1.jpgmémoire de Salvador Allende, il est de notre devoir de nous souvenir de ce jour-là… le 11 septembre 1973, dans le palais de la Moneda, les armes à la main, ils assassinaient la liberté, l’égalité et la fraternité en la personne du Président du Chili. Cette dictature durera jusqu’en 1990.

Ce jour-là, les putschistes militaires, avec à leur tête le sinistre Général Pinochet, prenaient le contrôle de la capitale. En prélude à des milliers d’arrestation, ils avançaient vers le palais présidentiel, siège officiel du pouvoir, mais surtout le symbole d’une démocratie triomphante et portée par un Front Populaire, incarné en la personne du président socialiste Allende. Les bombardements avaient déjà atteint le palais présidentiel en flamme, les principaux collaborateurs d’Allende avaient quitté les lieux à sa demande express., seule la Radio Magallanes fonctionnait encore, et Salvador Allende s’est adressé une dernière fois au peuple chilien, message désormais partie intégrante du patrimoine de l’humanité.

« Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son de ma voix. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et humilier. Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure ». Cette voix, couverte par les rafales de mitraillettes   je ne peux pas l’écouter sans avoir la chair de poule, alors que quarante longues années se sont écoulées. Ce message-là, à un prix, celui du sang et du courage. Un long tunnel sombre et obscur allait s’ouvrir sur dix-sept interminables années de terreur.

Mais je pense aussi Víctor Lidio Jara Martínez, célébre chanteur chilien, assassiné par Chili-victor.jpgles militaires après qu’on lui est coupé les doigts le 15 septembre. L’écrivain Miguel Cabezas, témoin de la scène raconte :

« " On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l’officier, une hache apparut. D’un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d’un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s’écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6 000 détenus.

 L’officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : " Chante maintenant pour ta putain de mère ", et il continua à le rouer de coups. Tout d’un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l’on entendit sa voix qui nous interpellait : " On va faire plaisir au commandant.   Levant ses mains dégoulinantes de sang, d’une voix angoissée, il commença à chanter l’hymne de l’Unité populaire, que tout le monde reprit en chœur.

C’en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D’autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort »

Cela se passait dans le stade de Santiago du Chili. Le général criminel Augusto Pinochet règne sur le pays, il a alors 58 ans et déchaîne toute sa haine à l’égard de l’Unité Populaire, il en traquera les moindres replis et s’acharnera à détruire ses artisans un par un, avec une barbarie sans pareil.  

L’attaché naval militaire américain, chargé du lien avec les autorités putschistes ose écrire à son gouvernement : « la réussite du putsch est proche de la perfection… » ; Pinochet crée dans les premières heures du coup d’état la DINA, véritable police secrète qui orchestrera une répression terrible, systématique et foudroyante. Oui l’attaché militaire américain avait trouvé les mots justes, terribles et criminels, mais justes.

Ce sont des centaines de personnalités politiques, syndicales et artistiques qui sont exécutés chaque semaine. La terreur nazie est de retour. On sait aujourd’hui, que ce ne sont pas moins de 1 271 personnes qui ont été assassinées durant les trois premiers mois du coup d’état. La valse effroyable de la torture et du meurtre bat son plein sous le regard et l’autorité directe des généraux putschistes et du premier d’entre eux, Augusto Pinochet.

Au final, le bilan de ces années noires, ce sont aussi plus de 7 000 personnes arrêtées pour leurs opinions, parquées dans des stades et déportées. Mais ce sera aussi un million de Chiliens qui vont s’enfuir du pays et prendre le chemin de l’exil. Ils échappent aussi aux nombreux camps de concentrations ouverts par le nouveau gouvernement sanguinaire de Santiago du Chili : Chacabuco au nord du pays, Penalolena aux portes de la capitale.

chili-palis.jpgUn silence de mort souffle sur le pays, saigné au plus profond de son âme… il se perd parmi les morts jusqu’aux murs du cimetière de Santiago où 3 500 noms rappellent à l’humanité entière leur martyr et leur sacrifice.   

N’oublions jamais ce crime contre Allende, contre le peuple chilien, et contre l’humanité entière. N’oublions jamais ces criminels et surtout ne perdons pas de vue que cette action été directement pilotée par les services de la CIA, avec à leur tête Henry Kissinger, étrangement prix noble de la paix et le président de Etats-Unis d’alors, Richard Nixon. Ceux-ci s’étaient fixés comme but d’éliminer toutes les forces de gauche du continent sud-américain. Ce plan avait un nom : le plan Condor… les massacres pouvaient commencer !

Mais aujourd’hui, 40 ans après le Chili restauré dans la démocratie, mais toute l’Amérique du Sud aussi s’est sortie des griffes du plan Condor et a mis en échec les sordides arrangements américains. Oui, les dernières paroles de Salvador Allende étaient prophétiques, les « grandes avenues »  se sont belles et bien ouvertes aux peuples d’Amérique du sud. Mais elles sont encore fragiles… les américains, encore eux, les grandes oligarchies financières, les réactionnaires de tous poils y sont aux affuts… pour déstabiliser les régimes démocratiquement mis en place.

Aujourd’hui, l’association des magistrats du Chili a présenté ses excuses pour ces « actions et omissions », dixit ! La vigilance est plus que jamais de rigueur et la « paix » fragile, les forces obscures à l’œuvre il y a quarante ans, les bourreaux de Salvador Allende ont des « enfants » prêts à exécuter toutes les mauvaises œuvres !

 

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Published by Jean Pelletier - dans Histoire
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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 15:51

Les français sont le premier groupe de touriste étranger à visiter la Californie. san-francisco-chercheur-d-or.jpgSan Francisco, après Londres est la ville qui comprend la plus grande communauté française. Ils seraient  de 70 000 à 100 000 à San Francisco. Etudiants ou travailleurs ils ont fait un choix parfois temporaire, le plus souvent définitif. Le charme exceptionnel de la ville, la baie, l’océan Pacific et les grands parcs opèrent presque instantanément sur l’esprit du voyageur.

Les jeunes populations sont les plus captives. La ville regorge de lieux à leurs mesures et d’évènements incroyables. L’un d’entre eux a lieu chaque année à Pâques, il consiste en une phénoménale descente de tricycles sur Lombard Street, plus excentriques les uns des autres. Le quartier français n’y est pas bien important, contrairement aux autres nationalités. On le surnomme parfois Little France. C’est un espace qui se situe le long de Bush Street et autour de Belden Place et Claude Lane. Il comprend surtout des cafés, des restaurants et des hôtels.

Mais les français n’ont pas le réflexe de se concentrer urbanistiquement, ils se noient dans la ville, ils s’y confondent. Plusieurs repères sont nécessaires : le Minna, un mixte de bar, galerie d’art et boite de nuit est l’un des points fixes où se retrouvent les jeunes français, qui se trouve dans Downtown, à deux pas du Financial District. Ensuite il existe aussi des French Tuesday, soirées plutôt chics où se donnent rendez-vous les français les plus branchés. Selon Le Chronicle, principal journal de San Francisco, il y aurait une cinquantaine de restaurants français (Le Café Tartine, la Fringale, le Ticouz, le Garçon French Restaurant, le Café Claude,Le Florio Bar & Cafe  …).  Comme souvent à l’étranger, le 14 juillet est l’occasion de se rappeler à sa citoyenneté. C’est au Café de la presse que revient le soin d’y célébrer notre fête nationale, sur Belden Place, entre Plouf et le Café Bastille.

Le consulat de France recense environ 1 500 étudiants inscrits dans les universités de Berkeley ou Standford… ce sont aussi 8 000 français qui travaillent dans la Silicon Valley.

Mais ce temps présent est loin de refléter la réalité historique et l’importance que la communauté française joua dans l’établissement de la ville. La petite France, comme on dit couramment occupait dans le passé une zone géographique bien plus importante, que le quartier chinois contiguë n’a eu de cesse de grignoter. Ainsi existait-il un grand magasin City of Paris qui connut un succès notable jusqu’à sa disparition en 1981, on y visite encore la verrière centrale du magasin.

On ne peut passer sous silence  l’église Notre-Dame-des-Victoires, qui date de 1856. Mais passablement détruite par le grand tremblement de terre de 1906, elle fut entièrement reconstruite en 1908. C’est aussi un rendez-vous important, chaque dimanche matin, on y célèbre une messe en français.

Au départ la baie de San Francisco fût espagnole du XVIIe au XVIIIe siècle. C’est à partir de 1776 que les colons espagnols ont commencé à bâtir la ville, essentiellement un village de toiles dans un premier temps au milieu duquel trônaient le Presidio et la mission espagnol (construite par Juan Bautista de Anza). Mais c’est déjà en 1741 que la première ruée sur le site se produit à l’initiative de navigateurs russes qui y trouvent nombre de fourrures de loutres de mer. Ceux-ci descendaient de l’Alaska pour peu à peu s’intéresser à la côte californienne. Ce sont les espagnols qui, les premiers, mirent fin à cette tentative russe en s’implantant sur la baie. Puis les anglais firent une percée en la personne de James Cook.

Les français franchissent le seuil en la personne d’inconnus : Pedro Prat, qui sera le chirurgien de l’expédition espagnol de Juniero Serra en 1769 et Pedro Roy (de Lorient) dont les archives indique qu’il sera le parrain d’un indien. Mais c’est en 1786 qu’il faut attendre l’arrivée du célèbre François Galaup de la Pérouse qui jette l’ancre dans la magnifique baie de Monterey au sud de San Francisco. Son récit de voyage démontre qu’il passa devant le promontoire de San Francisco et sa baie sans voir ni l’un ni l’autre, déjà cachés par une brume tenace. C’est donc un gouverneur espagnol qui lui fit un chaleureux accueil à son escale à Monterey, alors capitale de la Californie

La description de La Pérouse du site est enthousiaste : « "Nul pays n’est plus abondant en poisson et en gibier de toutes espèces"…, …"Nos cultivateurs d’Europe ne peuvent avoir aucune idée d’une pareille fertilité"…, parlant de la baie " couverte de pélicans, et emplie de baleines. On ne peut exprimer ni le nombre de baleines dont nous fûmes environnés, ni leur familiarité ; elles soufflaient à chaque minute à demi-portée de pistolet de nos frégates, et occasionnaient dans l’air une très grande puanteur." .

Cette arrivée de La Pérouse, avec son prestige et sa notoriété marquera les esprits en France. Le reporter de l’époque Gaspard Duché de Vancy, qui était l’artiste officiel de l’expédition fit un compte rendu magnifique de la réception de la Pérouse et de son entourage par la mission, franciscaine de Carmel, livrant à l’histoire la toute première image de la future Californie.

Il faudra presqu’une quarantaine d’années pour que les premières voiles françaises fassent leur apparition et que les colons français débarquent de toutes sortes : marins officiels ou déserteurs, trappeurs, baleiniers, artisans et commerçants. Le métissage est déjà à l’œuvre, la plupart arrivent célibataires et fondent leur famille sur place. C’est le Mexique qui contrôle alors la région, et son gouvernement facilite cette émigration en octroyant assez facilement des concessions de terre. Cette arrivée française se fait massivement sur Los Angeles, Monterey, Santa Barbara…

Mais du côté de San Francisco, tout reste à faire pour les français. On note tout simplement l’établissement de Victor Prudon sur un petit lopin de terre, avec juste une cabane en 1839. C’est à cette époque que les capitaines Abel Aubert Dupetit Thouars et Cyrille Pierre Théodore Laplace abordent la baie de San Francisco avec La Vénus et l’Artémise. . Leur description est éloquente : "Qu’on se figure un immense lac d’eau salée, séparé de l’océan par de hautes falaises et ne communiquant avec ce dernier qu’à la faveur d’un canal, large à peine de quelques centaines de toises et assez profond pour donner passage aux plus forts bâtiments." Cette petite Méditerranée, est un bassin "assez vaste, assez profond pour contenir à l’aise toutes les flottes du monde !"

Second chroniqueur connut de l’histoire, Edmond Paris, lieutenant de cette expédition fait quelques croquis qui rendent déjà compte du déclin de la mission espagnol.

Les années 1830 et 1840 sont celles d’une déferlante française qui se fixe et se convertit au mode vie local alors que l’Espagne perd définitivement pied, ceci au milieu d’un cosmopolitisme absolu, la Californie s’ouvre au reste du monde.  

Parmi cette population, hybride, un français surgit Louis Pichette, il franchit l’obstacle des montagnes en 1821. Autre nom français célèbre et controversé de cette période trouble, Michel Laframboise, ce trappeur canadien français avait pour base l’Orégon et faisait des incursions accompagné d’importants équipages, pour piller généralement la fourrure 

Le Général Sutter relate les intrusions du trappeur dans son territoire baptisé Nouvelle Helvétie : "J’ai défendu à Laframboise à pêcher le Castor mais malgré cela il fait tout ce qui lui plait…. Ils font ce qu’ils veulent parce qu’ils sont cette fois 60 hommes, et cela est assez pour ruiner le Castor tout à fait ; parce qu’ils sont si forts, ils font ce qu’ils veulent et ne respectent pas du tout les Ordres du gouvernement et je peux vous assurer que mes Vaches sont en grand Danger car avec ces 60 hommes il y a au moins 40 femmes et une quantité d’enfant et des chiens et tout cela veut manger…" C’est le début de la légende du Grand Ouest américains. Près de Stockton, Laframboise organise une petite ville dite de French Camp, où s’organisent les premiers marchés d’échanges de fourrures contre de la nourriture, des chevaux et des armes.

Joseph Yves le Limantour est un, breton célèbre, qui posséda longtemps une large partie de San Francisco. Jean-Jacques Vioget fit en 1837 la première peinture de San Francisco qui s’appelait alors encore Yerba Buena. Témoignage exceptionnel puisqu’on y voit les collines encore sauvages avec en tout et pour tout deux maisons : Celle de William A. Richardson et de Jacob Primer Leesse.

Deux ans plus tard, notre aquarelliste s’installe dans la maison de Jacob Leese et parcourant les collines à cheval, il fit le premier relevé topographique du site.  On lui doit un second compliment pour y avoir créé la première taverne. Possédant de nombreuses terres, ce suisse-français s’enrichit considérablement dans ce qui allait devenir la ruée vers l’or.

C’est par le traité de Guadalupe Hidalgo que les Etats-Unis achètent la Californie le 2 février 1848 au Mexique. Dans la foulée Johann Sutter, suisse allemand découvre de l’or sur ses terres… c’est la ruée à laquelle participent de nombreux français, on les estime alors à vingt-cinq mille. C’est considérable, ils prennent l’habitude de se regrouper dans les rues dites Montgomery et Commercial, surnommées French Town. La ville pousse, on comble les abords de la baie pour mieux s’établir. On construit, les espaces se définissent en fonction de leur usage économique, social, politique et très vite ethnique.

Revenons à Jean-Jacques Vioget, on le surnomme à l’époque Don juan Vioget. Il incarnera l’esprit et le costume californien : courte veste bleue, pantalons noirs, épaisse moustache. Il fait des émules : Don Luis, un bordelais du nom de Jean-Louis Vignes fonde les vignobles californiens, en améliorant les cépages  des franciscains. En 1851 à la tête du vignoble El Aliso il produit 1 000 barils par an de vin, mais aussi des oranges et des pêches.

La Meuse fut le 1er navire en provenance directe de France qui atteint la baie de San Francisco le 14 septembre 1849. Puis ce sont des dizaines de navires français qui se suivent, le spectacle est insolite, un encombrement incroyable de bateaux jetés, pèle mêle, dans la baie, et une mer de tentes sur le rivage.

Voilà le témoignage d’un français participant à cette épopée :

« Peu à peu, l’horizon s’élargit, à travers la forêt de mâts, nous apercevons une partie de la ville et les camps d’émigrants établis sur les flancs de la montagne qui domine la baie, l’océan, le goulet et la presqu’île où s’élève San Francisco inconnue, déserte, il y a deux ans ; aujourd’hui couverte de maisons en planches, en tôle, de toutes formes et de toutes grandeurs, de tentes de toutes couleurs, s’étageant en amphithéâtre, abritant une population d’aventuriers, de vagabonds, de banqueroutiers, de repris de justice, de marchands, de banquiers, de marins déserteurs, de croupiers, de gens sans nom, sans patrie, clairsemée d’honnêtes chercheurs d’or, ouvriers ou spéculateurs venus de toutes les parties du monde. C’est donc en face, et à deux kilomètres de ce grand champ de foire cosmopolite, au milieu de 300 navires, arrivés, arrivants, forcés de stationner pendant de longs mois après le déchargement, faute de frêts et de matelots qu’à 5 heures 1/2, aujourd’hui 14 décembre, la Cérès jette l’ancre. »

San Francisco pousse encore, restaurants, cafés et maisons de jeux se multiplient. Les français sont essentiellement banquiers, importateurs et courtiers en gros, marchands au détail, artisans, médecins, mais aussi spéculateurs et manœuvres.

La communauté française est importante, elle acquière une renommée spécialement dans : la restauration (bien sûr), l’importation de vins (déjà), la coiffure, le commerce des fleurs… arrive alors le spectacle, et l’on attribue à un français la première représentation, théâtrale, en décembre 1849 par Jules de France et un acteur dénommé Jourdain. C’est une communauté essentiellement d’hommes qui s’installe, rejoint dans la foulée des salles de jeux et bars de toute sorte par les premières femmes : croupières, femmes dites galantes et actrices… le petit peuple des commerçants et artisans commence à avoir lui de son côté des épouses, essentiellement françaises.

Dans ce tournoiement passionnel et virevolté surgit encore un autre français célèbre de l’histoire de San Francisco, c’est Joseph-Yves Limantour. Face à cette ruée humaine, avide en terrains, il fait valoir ses droits sur la presque moitié de la ville, soit 17 756 acres ! Certains payent, d’autres non, les procès s’enchainent, il finira par perdre en 1858, lorsque la commission fédérale d’examen des titres lui donnera tort.

La ville s’installe de plus en plus durablement et les villages de toiles laissent la place à de jolies maisons en bois. Mais la ville est encore un centre de trafic, livré à la violence. En 1856, on relève la constitution d’un Comité de Vigilance chargé de remettre de l’ordre, 200 français y participent. Ils s’attaquent à tous les métiers. Les français réussissent plutôt bien et occupent le haut de la bourgeoisie naissante.  On cite quelques noms célèbres comme Abel Henri Barthélémy Guy (Banquier), les frères Sabatiè et surtout François Alfred Pioche avec Jules Barthélémy Bayerque qui vont fonder une très importante banque.

Alfred Pioche est un exemple, c’est le 20 février 1849 qu’il débarqua dans le port de San Francisco. C’est un pionnier, il a tout juste 32 ans. Il débute comme commerçant en ouvrant une boutique à Clay Street de produits français. Cette activité lui réussit bien. C’est dans cette période, entre 1849 et 1851 que le nombre de français passera de 12 à 20 000 ! Il fait fortune et fonde ainsi la Pioche Bayerque & Co. Mais lancé aussi dans l’immobilier il investit et ouvre de grand chantier de déboisement pour créer des rues et des maisons dans le quartier qui deviendra celui de La Mission et la Hayes Valley. Il obtient en 1857 la concession d’un chemin de fer et construit en 1860 la ligne de Market Street Railroad.

La réussite de ces français conduit le gouvernement de Paris à ouvrir un Consulat en 1850 à San Francisco. Le premier consul français fut Louis Gasquet, d’abord établit en 1845 à Monterey. Jacques Antoine Moerenhout lui succède et contribue à répandre en France la ruée vers l’or.

Le vingtième siècle s’ouvre  sur une large cité.  François de Tessan s’exprime ainsi en 1912 : "Naguère, nos compatriotes étaient réunis dans un quartier d’un caractère nettement particulariste. De même, il y avait la colonie espagnole, où se rencontraient Mexicains, Chiliens, Péruviens hispano-américains et de véritables Catalans ou Andalous… et les Italiens aussi avaient conquis tout un district. La ville nouvelle a disséminé ces colonies ou les a obligés à fusionner plus ou moins avec les Américains. Seule la Chinatown a gardé intégrale son originalité asiatique.… Le charme de San Francisco réside dans cette étrange mêlée des races - mêlée audacieuse qui se poursuit dans l’admirable décor dont la baie est l’ornement le plus grandiose. Sans peine on pourrait abriter là toutes les flottes du monde. S’étendant sur 677 kilomètres carrés, elle offre dans l’échancrure même, au bord de laquelle se dresse la reine du Pacifique, un champ de 22 kilomètres carrés dont la profondeur va de 8 à 90 mètres. Les rivières de Sacramento et de San Joachim, navigables pour les bateaux d’assez fort tonnage, complètent harmonieusement le système des communications par eau."

Texte inspiré des travaux de Claudine Chalmers et Annick Foucrier sur l’histoire de la Californie française.

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Published by Jean Pelletier - dans Voyage
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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 10:41

images.jpegIngrédients

 

Un pâte feuilletées pur beurre roulée

Un pot de tomates séchées

300 gr de lards fumés coupés en dés

250 gr de gruyère râpé

 

 

Préparation

 

Faites revenir dans du beurre vos lardons, 10mn.

Dérouler votre pâte feuilletée, répartissez les lardons, les tomates séchées et ajoutez le gruyère râpé. Dans une feuille de papier aluminium placer votre pâte, rouler la avec les ingrédients, en serrant bien la préparation. Placer deux bonnes heures au frigidaire le boudin ainsi façonné pour durcir la pâte.

 

Sortir du frigidaire et sur une planche à découper faites des tronçons réguliers de 1 cm d’épaisseur. Faites préchauffer votre fou, placer sur la plaque beurrée au préalable, vos tronçons. Faite cuire une quinzaine de minutes, en surveillant la cuisson, les tronçons doivent dorer et pas bruler.

 

 

Facile à préparer et pas cher, délicieux à déguster en famille et avec des amis en apéritif.

Vous pouvez réaliser des variantes avec les ingrédients de votre choix.

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 10:24

 

 

430.jpegIngrédients :

 

2kg de pommes de terre (choisir une variété pour salade qui se tien à la cuisson

2 gros oignons rouges

1 bouquet de ciboulette fraiche

Pour la sauce :

30cl d’huile d’Olive

3 cuillérées  à soupe de moutarde forte

5 à 6  cuillérées  à soupe de baume de vinaigre balsamique

Plusieurs pincées de sel fin

 

 

Préparation

 

 

Faite cuire les pommes de terre à la vapeur (15 mn).

Couper alternativement en rondelles les pommes de terre et les oignons rouges (en fins morceaux) et hacher la ciboulette dans un grand saladier.

 

La sauce.

 

Dans un gros bol battez à la fourchette l’huile d’olive, la moutarde et le vinaigre balsamique, pour faire une mayonnaise sans œuf, ajouter le sel.

 

Versez la sauce dans le saladier la sauce et remuez bien. Préparer la salade le jour même sans la mettre au frigidaire.

Et déguster cette préparation .

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  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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Bonne lecture.
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