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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 14:28
Gelée de coings

Histoire.

Les coings proviennent d’un arbre, le cognassier. Celui-ci est réputé originaire d’Asie mineure et du Caucase. Ce sont les Romains er les Grecs qui l’ont importé en Espagne, puis en France.

Ils l’utilisaient cuit et très sucré avec du miel.

Ingrédients.

  • 3,8 kg de coings bien mûrs (très jaunes et denses)
  • 150 cl d’eau
  • 2 citrons
  • 1 gousse de vanille
  • du sucre fin cristallisé à doser en fonction du jus obtenu.

Matériel.

  • une marmite à confiture (bassine en cuivre ou tout récipient, style cocotte)
  • 8 pots à confiture
  • une cuillère en bois
  • une écumoire
  • une passoire très fine ou une étamine

Préparation.

Lavez les coings, sans les peler, bien les essuyer. Vous les coupez en morceaux avec le cœur et les pépins (important pour la bonne prise de la gelée). Les faire cuire avec la gousse de vanille (coupée en deux) et le jus des deux citrons, approximativement une heure, jusqu’à ce qu’ils soient tendre, utiliser un couteau pour mesurer cette cuisson.

Ensuite vous placez la passoire fine au dessus d’un récipient et versez le jus de cuisson, ainsi que les morceaux de coings.

Il faut laisser l’ensemble égoutter toute une nuit, en pressant très légèrement les coings cuits, pour accentuer la couleur.

Le lendemain mesurez le jus, ici cela représente deux litres de jus. Il faut compter 350 g de sucre par ½ litre de jus.

Vous ajoutez donc à vos deux litres de jus, 1,4 kg de sucre. Mélangez bien le tout, portez à ébullition. Il fait compter environ 30 mn de cuisson à partir de l’ébullition, écumez régulièrement le dépôt blanchâtre de la cuisson, pour obtenir un ensemble homogène en couleur.

Le test de la goutte de gelée sur une assiette froide permet d’apprécier le temps de cuisson, attendre son refroidissement et vérifiez que sous la pression de votre doigt la goutte se tient et se ride légèrement au passage du doigt.

Ebouillantez vos pots à confiture et les couvercles, remplissez les, bien à sec, et serrez fort le couvercle.

Voilà c’est fait.

La gelée de coings accompagne très bien la choucroute et tous les plats à base de gibier.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:18

Ces images sont la manifestation de l'expression de la terreur d'état ... j'ai vécu cela en juillet 1977 à Creys-Malville où nous étions des centaines de milliers à protester contre le projet de centrale nucléaire de Superphènix... Un jeune homme de 30 ans y est mort Vital Michalon. J'étais là, membre du comité d'organisation représentant la Lorraine.

J'ai hélas aussi connu cet autre acte de barbarie qu'a été l'assassinat de Malik Oussekine en 1986 ...

Aujourd'hui, c'est aussi un affaire Rémy Fraisse pour le pouvoir en place qui a la responsabilité de mener des opérations de maintien de l'ordre sans violence policière, ce sont eux qui ont les moyens, pas les manifestants, malgré les débordements. Combien de morts parmi les forces de l'ordre?

Moi je pense à la famille et à tous ceux qui ont aimé Rémy ...

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 15:08
Fleur Pellerin : un Ministère de la culture rétréci?

Chaque jour amène une nouvelle épreuve pour la gauche modérée et humaniste. Après avoir révélé, qu’elle ne lisait plus de livres depuis deux années, la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin a profité des 24e Rencontres cinématographiques de Dijon pour exposer sa conception de la culture. Et là, franchement ses propos sont pires que ceux aux Inrocks et sa méconnaissance de l’œuvre de Modiano.

L’ARP (la Société civile des Auteurs, Réalisateurs et Producteurs) invite à l’occasion de ses rencontres annuelles le ministre de la culture et de la communication à la clôture de ses travaux. Elle n’a pas été déçue …

Celle-ci a dévoilé très clairement sa conception de la culture, ce qui risque de faire grands bruits. Elle a exprimé sa foi en l’économie et la technologie … son souhait de « travailler pour donner aux consommateurs ce qu’ils attendent ». Le vocabulaire n’est pas innocent, on entend « contenus » là où on aurait aimé entendre « œuvres », on entendu aussi « marché », lorsqu’on aurait aimé entendre « public, les personnes … »

On a bien entendu la phrase : « l’attention est la ressource rare, pas les contenus ». Un peu plus loin, elle poursuit, le rôle du gouvernement est «d’aider le public à se frayer un chemin dans la multitude des offres pour accéder aux contenus qui vont être pertinents pour lui». Dans ces conditions, l’idée même du ministère de la culture, tel qu’André Malraux et ses successeurs jusqu’ici, semble bien enterrée.

La politique de la culture qui consistait à ouvrir le public vers tous les horizons culturels, n’est plus. Quant à la singularité et la pluralité des « objets culturels » ,il n’en n’est plus fait état.

Depuis la révolution française, l’Etat a fait de par sa volonté, la politique culturelle. Lorsqu’il invente le musée du Louvre, il ne répond pas à une attente du public, mais il créée les conditions de sa rencontre avec les œuvres d’art.

Et n’oublions pas les années Lang dont le mérite a été le foisonnement, l’ouverture vers tous les horizons culturels, même les plus difficiles.

Pour Fleur Pellerin, l’objectif assigné à la rue de Valois est d’imposer dans le vaste marché des objets culturels, le « made in France » (Hommage discret à Arnaud Montebourg), là où nous attendions politique culturelle, nous avons assisté à un discours de politique commerciale.

Nous voilà, une fois de plus bien embarrassés par cette vision « économisante » et technocratique, bien en phase avec le reste, à savoir la restriction du social, du travail, des territoires et donc de la culture.

La France rétrécie, à petits feux, semble bien envisager une culture étroite, assignée à l’économie.

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 16:25

Chaque jour qui passe nous livre son lot de sottises et de médiocrités, en voilà une belle, notre ministre de la culture (je devrai dire Sinistre) est incapable de citer un livre de Modiano, écrivain français prix Nobel de littérature ... Au secours Jack Lang revient nous vite.

Entre un député qui ne paye pas ses impôts et une ministre de la culture qui avoue ne pas avoir lu un seul livre depuis deux années ... voilà la jeune et nouvelle élite dont c'est doté le Parti Socialiste , c'est à pleurer ... Bon petit rappel :

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 15:55
Carton rouge pour François Bayrou.

L’ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle, qui a appelé à voter François Hollande au second tour, a formulé ce matin au micro d’Europe 1 une bien curieuse proposition. Il enjoint à François Hollande de dissoudre l’Assemblée et de provoquer ainsi des élections présidentielles. Enfin le pire, de nommer à leur issue Nicolas Sarkozy Premier Ministre.

Nous nous verrions ainsi affublé d’un bien sinistre attelage Hollande/Sarkozy. Et c’est ainsi que le pays serait sauvé et que le bal des réformes pourrait commencer. On imagine aisément, le train de réformes les plus sauvage pour nos systèmes de protection qui pourrait commencer. Quant aux Français, ils se verraient doter, à la tête de l’exécutif, des deux personnages politiques qu’ils détestent le plus.

Bayrou a sans doute perdu la mémoire et a fait l’incroyable impasse du train de casseroles judiciaires que se trimbale Nicolas Sarkozy. Ainsi donc, pour Bayrou, celui qui a fait exploser ses comptes de campagne en infraction totale de la loi, qui a favorisé la mise en place du plus vaste système de fausses factures, jamais vu, avec la société Pygmalion et l’UMP, aurait l’autorité pour réformer les finances de la France, lui qui a mené au bord de la ruine financière et morale son propre parti.

Mais dans quel pays vivons nous, où un homme politique, qui se dit de premier plan, formule des solutions aussi mafieuses … On rêve … ou plutôt on cauchemarde ! Et toute cette discussion misérable peut prendre tranquillement place sur une grande antenne, avec des journalistes aguerris, qui n’y voient rien à redire.

C’est, hélas, la France où nous avons le malheur de vivre. Un pays gangréné par une corruption qui s’immisce à tous les échelons de l’état et du personnel politique. Un candidat à l’élection présidentielle qui, profitant de ses accointances avec les puissances économiques viole outrageusement la loi, des députés qui ne payent pas leurs impôts et trafiquent leurs déclarations, un ministre du budget qui planque son argent sur un compte en Suisse, des trafics de frais personnels indûment imputés au budget public etc…

Et pour Monsieur Bayrou, ce joli petit monde est parfaitement habilité à aller expliquer aux millions de français qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, que ce n’est pas encore assez et qu’il faut se serrer la ceinture pour économiser et encore économiser.

Cette proposition discrédite définitivement l’individu Bayrou, devenue l’apôtre de la magouille. Marine Le Pen doit encore se frotter les mains et compter tous ses petits suffrages qui s’accumulent au fil du temps et des déclarations les plus insensées de toute une classe politique à la dérive qui a perdu pied avec les réalités.

Non, Monsieur Bayrou, relisez la constitutions que vous ne devez pas bien connaître, François Hollande a été élu en mai 2012, avec un mandat qui courre jusqu’en 2017, avec une assemblée légalement élue, elle aussi en juin 2012. Seul un renversement de cette majorité pourrait ouvrir une crise politique à l’intérieur de l’actuelle majorité, qui ne nécessiterait pas nécessairement une dissolution, tout au mieux un changement de gouvernement.

Vous êtes bien pressé de retourner à la soupe, Monsieur Bayrou et vous offrez au pays l’horrible spectacle de la cupidité et de la soif de pouvoir absolu dans le déni absolu des règles démocratiques.

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 09:28
La France en panne de génie ?

Chaque jour, une charge nouvelle … hier le premier Ministre (qui n’a fait que 5,63% lors des primaires à la présidentielle) reprend son antienne : retirer la mention de socialiste à son parti. Ce matin, c’est au quatrième personnage de l’état, le Président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone de remettre à sa place Manuel Valls, c’est inédit sous la Vème République. Alors que le redressement économique attend encore, que Bruxelles s’apprête peut être à sanctionner la France, le chef du gouvernement fait de l’idéologie à « deux balles ».

Sommes nous déjà résignés, déjà habitués à cette atmosphère délétère ? A défaut de voir le pays descendre dans la rue pour dire son ras-le-bol, ce sont donc les politiques eux-mêmes qui ont pris la décision de mettre le bazar dans le pays et de frapper fort au cœur même des institutions, tout est bon, anathèmes et trahisons sont au menu de ce festin digne du film de Marco Ferreri « La grande bouffe ».

Entre un ancien président qui n’hésite pas à imposer son retour à son camp, en dépit du flux de casserole juridiques qu’il traine, et la pagaille au Parti socialiste où un concours de meilleur flingueur de François Hollande a été ouvert … les français ont le choix pour mieux vomir leur dégout de la politique.

Dommage que pour le faire ils aient choisi l’égout du Front national. Pensant avoir fait un cauchemar, je me réveille un matin en me disant, je ne souhaite pour rien au monde un tel pays pour mes enfants. Hélas, ce n’est que la vérité… Dégouté par la droite et la gauche, un nombre sans cesse croissant de français ont choisi la voie du pire, celle de l’extrême droite avec le Front National. Cela fait froid dans le dos.

Pourtant ce pays a des qualités, de l’avenir, du courage et de l’imagination … mais avec une classe politique aussi dévalorisée, on ne voit pas bien d’où pourrait venir le sursaut.

Ce grand pays, celui de Montaigne, de Montesquieu, de Voltaire et de Hugo, de Camus et de Sartre, de Jaurès, Clémenceau, Blum, De Gaulle, Mendés France et Mitterrand, est donc en panne de génie ?

Nous avons les prix Nobel d’économie et de littérature, encore cette année … mais en politique nous sommes à l’étiage le plus bas de notre histoire : Zemour et Trierweiler caracolent dans les ventes …

Le Parti Socialiste invente Martine Aubry, comme son aile gauche … et Montebourg /Valls comme ses prochains poulains ! François Mitterrand doit se retourner dans sa tombe. C’est le PS tout entier qui vire à droite toute !

Le travail de redressement est extrême, il sera long et douloureux, vidé de ses militants écœurés, c’est toute une redéfinition de son logiciel politique qu’il va devoir entreprendre.

En attendant, la longue descente aux enfers est inéluctable pour un certain temps. Au final, nous sommes le recours, chacun d’entre nous doit prendre son destin en main, en attendant que viennent les femmes et les hommes nouveaux qui seront capable de réinventer la politique.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 15:10

Ma maison, il me faut bien en parler. Du plus loin que remonte ma mémoire elle est là, elle occupe mon esprit, elle offre un refuge, elle apaise toute tristesse, tout regret … immobile, immense, belle, invincible telle une île dans un vaste monde. Elle occupe une place de choix dans toute mon enfance, elle me livre des souvenirs chauds, tendres et chaleureux, et son jardin …

Ah ! le jardin, le royaume de mon père. Bien plus tard, une fois parti de la maison, à chaque visite nous avions un rituel dont je me souviens avec une intense émotion, des larmes chaudes et bienveillantes me viennent à cette merveilleuse évocation, tant elle résume en un tout, ce qu’était mon père. Homme de paix et de respect, plein d’humanité, bon père et je ne peux qu’imaginer bon époux, et bon fils.

A peine la voiture garée sur le devant de la maison, mon père ne manquait pas de surgir et toutes affaires cessantes nous faisions le tour du jardin empruntant chaque allée, commentant tels travaux récents, un nouveau massif de fleurs, un arbuste planté, les rosiers, les pivoines et les iris, la monnaie du Pape, les marguerites oranges et les lys et puis c’était le potager, immense et infini, un travail de titan on y trouvait de tout.

Enfants je participais fiévreusement à chaque cueillette, les groseilles pour les confitures, les fraises et les framboises pour les glaces, les cornichons et les haricots pour les conserves. A chaque pas, il prélevait carottes nouvelles, petits pois, pommes de terres pour le déjeuner où le diner. Goût délicieux et quasiment disparus aujourd’hui de légumes à peine recueillis et cuisinés avec de petits lardons qu’il préparait lui même, le tout accompagné d’une laitue du jardin.

J’ai encore le souvenir de l’avoir visitée à l’âge de 4 ans, avant son achat par mes parents. Elle appartenait à la famille Daubrive et je me souviens d’une balançoire sous un immense noyer où la jeune fille de la maison, surnommée Nadette, me poussait, une jeune fille longtemps amoureuse de mon frère ainé Daniel, amour sans retour, car mon frère n’aimait que la rivière et les bois.

Il connaît chaque cri d’oiseaux, reconnaît tout envol et voit les traces d’animaux invisibles dans les chemins des bois. Il connaît surtout la rivière par cœur, chaque courant, chaque fosse et m’amenait à de secrètes sources boire une eau parfaitement cristalline au plus chaud de l’été.

L’été, il y avait un pommier au milieu d’un champ, des pommes de moisson déjà mûres. Il en cueillait quelques unes, à la pause lorsque nous pêchions le brochet et sur un feu de bois mes frères cuisaient ces pommes sur de simples baguettes. Quel goût exquis pour le petit enfant que j’étais.

Aujourd’hui la maison et le jardin lui appartiennent. Et c’est un bonheur permanent de le savoir. Il y a quelques années mon frère Michel a acheté un terrain contiguë, longtemps convoité. Un vaste triangle entre la voie ferrée, notre propriété et la route qui mène à la gare, bordée d’un ruisseau. Ils y ont fait creuser un étang qui aujourd’hui vient compléter harmonieusement mon souvenir et mes pas d’enfants.

Revenons à 1956, le confort n’existait pas encore, juste l’électricité et même, pas encore l’éclairage publique.

Pour le petit garçon que j’étais, la bâtisse me semblait imposante composée de coins et recoins. Nous n’avions pas l’eau courante. Mon père, militaire et ingénieur détourna une partie de la source du jardin pour mener l’eau courante sur un large évier en pierre dans la cuisine. Mes grands parents eux disposaient d’une pompe à main qui ramenait l’eau du puits jusqu’à leur cuisine. Pas de salle de bains, pas de WC, juste des toilettes, dites aujourd’hui sèches par les écologistes, dans une petite cabane dans le jardin, près du lavoir.

J’étais pourtant un enfant de la ville, à Nancy nous disposions d’une salle de bain et de WC, ce qui me rendait pénibles ces toilettes puantes, peuplées d’araignées et autres bestioles.

Pour le reste, l’eau chaude venait d’une cuisinière à bois avec deux réservoirs, bien moins dangereux que les grosses bassines au coin des fourneaux, à l’origine de graves brûlures sur les jeunes enfants.

Pas de chauffage, juste le fourneau de la cuisine et la cheminée de la salle à manger. Mon enfance est pleine de ces soirées au coin du feux à se perdre en contemplation dans les flammes, à en mesurer toutes les textures et toutes les couleurs. Pas de télévision, pas de téléphone et même pas de radio.

Le soir venu, mon père faisait chauffer dans le four de grosses briques rouges qu’il emballait dans du papier journal et montait les placer dans les lits des chambres au premier étage où régnait un froid glacial. Qu’il faisait bon de se glisser sous les couvertures en s’enroulant au plus près de cette source de chaleur. Les matins étaient curieux et interminables, se lever ou pas se lever, alors que ma bouche lâchait à chaque expiration de larges volutes de vapeur dans un froid polaire.

Une fois les volets ouverts, les carreaux livraient à leur tour de curieuses constructions géométriques à base de givre … leur finesse et surtout leur étrangeté aléatoire débridaient mon imagination qui y voyait là des signes, venus d’un ailleurs, qui ne pouvaient que signifier quelque chose, malheureusement d'indéchiffrable à ma toute petite personne.

Petit, je dormais dans la chambre de mes parents, mon lit était collé contre un placard immense, recouvert par la tapisserie, mais dont les lignes laissaient encore deviner l’ampleur. Je l’appelai le placard à cauchemar … en ignorant tout de lui, j’imaginai bien entendu le pire à base d’esprits, fantômes et sorcières en tout genre.

D’autant plus qu’il trainait dans la maison toute sorte de livres anciens, dont un en particulier qui traitait des cas de vampires, alors … lorsque j’apprenais que l’on pouvait dans un cimetière retrouver la tombe d’un vampire, en faisant franchir les tombes par un adolescent nu et vierge sur un cheval blanc…

Sur la droite de la maison se tient une toute petite cour qui a la particularité de couvrir l’emplacement d’une ancienne maison qu’habitait le seul fabriquant d’horloges du village. Cette révélation me fascinait , tant l’espace me semblait contraint. J’imaginais une espèce de Gepetto local au milieu d’un bric à brac de mécaniques horlogères et de marionnettes en bois. Aujourd’hui il ne reste plus qu’une avalanche de roses grimpantes qui consacrent ce cimetière secret.

Enfin dans le jardin, il y avait l’ancien lavoir, lieu de déboires pour les plus petits des cousins qui y faisaient régulièrement de bruyantes et humides chutes. La tradition a été conservée par les générations suivantes, si j’en crois mes enfants et mes neveux et nièces.

En amont, mes frères ont construits un bassin à poissons où ils conservent les vifs dont ils se servent pour la pêche au brochet, grand sport familial. Si mon père a bâti son rêve autour d’un jardin, mes frères eux on fait le leur dans la vaste grange à droite de la maison d’habitation, à partir de multiples cannes à pêches bien alignées les unes à côtés des autres, bottes, goujonnières et musettes, épuisettes et boites à plomb, hameçons de toutes tailles et flotteurs en liège fabriqués à partir de bouchons de bouteille de champagne. Parfois j’y faisais un peu le bazar… mes frères Daniel, Michel et Pierrot, les idoles de mon enfance.

Je n’ai jamais su bien pêcher, trop impatient, maladroit et incertain. Pourtant je les accompagnais matin et après midi, petit à la traine portant fièrement la goujonnière et parfois la musette pleine … patiemment assis à leur côté pour fixer le bouchon immobile qui allait soudainement filer droit sous l’eau. Moment d’extase avant la prise, d’un mouvement vif ils ferraient d’un coup sec le brochet ,qu’il fallait selon la taille ramener plus ou moins rapidement jusqu’a la rive.

C’est alors que la fin de journée s’avançait que nous entendions le cor de chasse dont mon père se servait pour rameuter sa marmaille jusqu’à la maison, dix neuf heure l’heure inexorable du diner.

Je ne sais pas où est désormais ce cor de chasse, mais je sais très bien encore combien ce moment était précieux.

Je donnerai si cher pour revivre ces instants d’intenses bonheur.

Avec l’âge je me suis éloigné de la maison, de mes frères et de son jardin, c’est ainsi qu’à huit ans j’ai pris mon envol avec mon petit vélo bleu pour découvrir les alentours et qui et quoi peuplaient ce monde si vaste.

Mes grands parents, mes nombreux cousins et cousines de Vittel, de Liffol-le-Grand, de Montpellier et de Paris, mes oncles et mes tantes allaient prendre le relais.

Nous sommes en 1960 … à suivre.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 15:02
La commission Junker adoubée par le Parlement européen :  le problème Moscovici

Si le vote à une très large majorité par le Parlement européen en faveur de la commission présidée par Juncker est une bonne nouvelle pour le Président François Hollande, elle risque d’affaiblir encore plus sa très courte majorité à l’Assemblée nationale du fait de la situation embarrassante de Pierre Moscovici.

En effet, le complexe mécanisme qui devait éviter à Pierre Moscovici de démissionner et permettre son remplacement automatique par son suppléant tombe à l’eau à (5 jours près). C’est la majorité absolue à l’Assemblée qui se voit menacée par une élection partielle, devenue inéluctable dans la 4ième circonscription du Doubs.

Explication : débarqué du gouvernement au mois de mai, Pierre Moscovici redevient automatiquement Député. Mais il postule pour un poste de Commissaire à Bruxelles. Si sa candidature est retenue, il doit démissionner et ouvre ainsi une incertitude sur le sort de sa circonscription (Le PS a perdu toutes les partielles depuis 2012). En cas de perte de cette dernière le gouvernement n’aura plus la majorité absolue à l’Assemblée.

Matignon avait trouvé une astuce, en confiant une mission temporaire à Pierre Moscovici, c’est son suppléant qui lui succède, tel est le code électoral. Mais, hélas, ce même code électoral prévoit aussi que pour cette disposition s’applique, la mission doit être prolongée au delà de six mois … et c’est la que « le hic » fait mal.

Le décret nommant Pierre Moscovici a été publié le 5 mai …il aurait donc fallu que Pierre Moscovici se maintienne à la tête de sa mission jusqu’au 6 novembre… en fait la victoire de M. Juncker intervient un peu trop tôt, au grand dam du gouvernement français.

Pierre Moscovici est condamné à démissionner de son siège de député avant le 1er novembre, provoquant ainsi une élection partielle, incertaine et plus qu’incertaine pour le PS.

Aujourd’hui le groupe PS et apparenté est tombé à 289, suite à plusieurs élections partielles perdues systématiquement. En perdant la 4ième circonscription du Doubs il passe à 288, sous le seuil fatidique de la majorité absolue.

Avec le dernier vote où ce sont 39 députés frondeurs qui se sont abstenus lors du vote des recettes du projet de budget pour 2015, celui-ci est passé de peu avec 266 voix pour et 245 contre.

Et ce sont quand même quatre anciens ministres qui se sont abstenus : Aurélie Filippetti (culture), Benoît Hamon (éducation), Delphine Batho (écologie) et Cécile Duflot (logement).

Désormais Manuel Valls est à la merci du vote des députés radicaux de gauche. On comprend mieux la négociation à la va vite qu’il a du mener avec le chef de file des radicaux de gauche Jean-Michel Baylet. C’est la réforme territoriale qui perd de son intérêt puisque le premier ministre a reculé sur la disposition essentielle, à savoir la disparition des départements.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 11:07

Dans cette société où le "jeunisme" fait les ravages que l'on connait, voilà un homme d'état qui encore toute sa place.

Ringard? Vous avez dit ringard écoutez jusqu'au bout et jugez ...

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 14:51

Cette nuit, l’un des plus important patron du CAC 40, Christophe De Margerie est mort dans des circonstances tragiques et brutales, son avion s’est écrasé au décollage de l’aéroport de Moscou et s’est immédiatement embrasé avant que les secours ne puissent intervenir.

Les hommages rendus à sa personnalité sont nombreuses. Pourtant il y a bien une affaire « Total » du fait que cette société, qui fait des bénéfices énormes, ne paye pas ses impôts en France (5,4 mds d’euros de dividendes distribués en 2013 à ses actionnaires).

Mais le tweet de Gérard Filoche, membre du bureau national ne passe pas avec cette interrogation « Le successeur nous volera-t-il moins ? » à peine quelques heures après la mort de ce dernier.

C’est violent, violent pour sa famille, pour ses amis, voir les salariés et collaborateurs de Total. Monsieur Filoche avait pourtant un certain talent à nous faire partager son empathie pour les salariés et son combat pour une société plus juste et plus respectueuse des hommes qui la composent.

Est-ce ainsi qu’il conçoit le monde de demain auquel il aspire ? Pour un homme qui aspire œuvrer pour le bien commun, qui prononce le mot justice et humanité, c’est inquiétant et cela jette un discrédit absolu sur sa parole politique et révèle que l’homme ne vaut pas grand chose en fin de compte.

Depuis on assiste au triste spectacle de la haine … récidive de Filloche qui n’a rien compris, demande pressante et indécente de certains membres de l’UMP pour exiger que le Parti Socialiste procède à son exclusion. Il fallait l’oser, qu’il nettoient devant leur porte et au plus haut niveau.

Le débat politique vaut-il qu’à la mort d’un capitaine d’industrie on se monte une petite combine de déstabilisation, du gouvernement et du PS ?

On pourrait imaginer d’autres débats plus sereins sur la nécessité quand on est militant de respecter les morts, ils sont hors combat, il y a suffisamment de vivants à combattre, pour s’acharner sur la triste dépouille de ce Monsieur mort tragiquement et qui laisse nécessairement de la peine et du chagrin derrière lui.

Peut-on respecter son adversaire, sans ricaner au plein milieu d’une tragédie. Cela me rappelle les cons qui avaient titré à la une de leur journal « Bal tragique à Colombey-les Deux-Eglises : un mort » à l’annonce du décès du général De Gaulle.

On a déjà dû subir ces dernières semaines les infamies d’une ex-compagne du Président de la république, les écarts indécents d’un Arnaud de Montebourg, l’ingratitude d’une Delphine Batho, les propos infâmes et répugnants d’un Zemmour, il nous faut constater encore aujourd’hui l’ignominie de Gérard Filoche.

Notre société est donc tombée bien bas, relevons nous les manches pour donner plus d’humanité au débat politique. Nous en sommes tous responsables, agissons !

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Présentation

  • : Le blog de Jean pelletier
  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
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L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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Bonne lecture.
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