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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:11

Petit retour en arrière.

Les études en sciences politiques démontrent que les changements de majorité politique en France ne s’opèrent pas à partir d’électeurs qui décident de passer de la droite à la gauche et réciproquement. Les votes sont bien plus structurés et figés que cela. Cela se produit, sur un volant d’électeurs moins marqués politiquement. Mais cela ne suffit pas pour l’emporter.

Non, le changement s’opère en fonction du taux de mobilisation d’un camp par rapport à l’autre. Ainsi en 1981 le PS, derrière François Mitterrand, a su créer un mouvement massif de mobilisation de l’électorat de gauche, alors qu’en face, après les misères que Jacques Chirac avait faites à Valéry Giscard d’Estaing, l’électorat de droite s’est beaucoup moins mobilisé. C’est cette différence qui a permis à Mitterrand de l’emporter. De la même manière en 2007, Nicolas Sarkozy a mené une très bonne campagne qui a mobilisé largement l’électorat de droite, alors que Ségolène Royale n’a pas su ou pas pu mobiliser le sien.

Francois Hollande 15-8d519Etat d’esprit de l’électeur lambda.

Pour bien comprendre cette idée de mobilisation d’un camp politique, il faut avoir à l’esprit que l’électeur lambda ne consacre d’une faible partie de son esprit à la question politique, contrairement aux classes privilégiées. Son esprit est saturé par des questions existentielles de base : son emploi (comment le trouver ou comment le garder), l’éducation de ses enfants (feront-ils mieux que lui, c’est du moins son aspiration essentielle), bref ils se débattent dans des problèmes matériels très concrets. Aussi le fait d’aller voter pour son camp est tout à fait accessoire. S’il existe une forte dynamique dans son camp, il peut se distraire de ses préoccupations et prendre part et intérêt dans la campagne, c'est-à-dire aller voter et parler autour de lui. Si cette dynamique n’existe pas, il est fortement susceptible de rester chez lui au moment du scrutin.

Un conseil d’ami.

J’aimerai que François Hollande lise ces lignes et prenne bien conscience de ce fait. A cette heure il n’a toujours pas créée cette dynamique. Encore ce matin, dans le quotidien Libération, il ne fait qu’état de formules très larges et peu précises. Son angle d’attaque est concentré sur la mise en cause du bilan de Nicolas Sarkozy. Ses lieutenants font de même en taclant fortement le Président de la République.

Est-ce bien utile, celui-ci est au plus bas des sondages, faut-il pour autant consacrer autant d’énergie à le dénigrer ?

Que le candidat socialiste, susceptible d’être présent au second tour, comprenne bien les attentes et la disponibilité des français. Comment assurer à chacun un emploi, sauvegarder celui qui existe, créer l’emploi pour celui qui n’en a pas ? Comment garantir à chacun que son niveau de retraite sera digne et ne baissera pas à l’avenir ? Comment redonner au système éducatif son rôle d’ascenseur social ? Comment permettre au plus grand nombre d’accéder à la propriété de son logement (une solide garantie de retraite complémentaire) ?

Conclusions.

C’est en face de ces questions très précises et concrètes que l’on attend de François Hollande des propositions toutes aussi concrètes et intelligibles au plus grand nombre.

Il dit dans son adresse aux Français publiée dans Libération que « les Français souffrent », certes, on ne l’a pas attendu pour faire ce triste constat. Il s’en suit une longue digression sur ces malheurs « ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, dégradée».

Il faut de toute urgence que François Hollande disent au français comment il compte s’y prendre. S’il ne le fait pas il s’expose à un sévère revers, car ces français « ordinaires » se détourneront de lui afin de parer au mieux à leurs « souffrances » quotidiennes qui les assaillent.

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Published by Jean pelletier - dans politique
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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Bonne lecture.
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