12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 15:00

Pina%20Bausch%201A titre de boutade je dis bien souvent que le mouvement surréaliste a bien plus pesé sur « le sens de l’histoire » que le Front Populaire. C’est une provocation, dont le but est bien de mesurer que dans l’art et la manière de changer le monde, l’art et les créateurs sont parfois tout aussi puissants que les hommes politiques à « changer la société ».

 

Certains le sont délibérément, comme les surréalistes qui sont porteurs d’un projet de société et tissent des liens aussi bien avec le freudisme que les différents mouvements de contestation qui se manifestèrent en Europe. De la théorie des rêves jusqu’à l’émancipation des peuples opprimés, les surréalistes ont créé artistiquement le levier sur lequel l’Histoire allait appuyer et ceci longuement.

 

Exemple : le groupe Alternative orange » groupe d’opposant polonais au régime communiste se réclamait du « manifeste du Surréalisme » auquel il ajoutait le qualitatif «  Socialiste ».

 

L’artiste n’est pas indifférent, même lorsqu’il le nie à son temps, il s’en nourrit nécessairement même dans l’abstraction la plus absolue.

 

Nicolas de Staël par sa peinture et son suicide raconte la profondeur de son rapport à l’infini, tout ce qui fuit « le Concert » en étant l’expression absolue et pourtant il peindra aussi la série des Footballeurs en 1952, trois ans avant son suicide. Sa peinture est fluide, pleine de filaments qui se perdent par accidents, mais il jette ainsi dans ce qui pourrait être de l’indifférence à l’ordre sociétal, un défi qui n’en finit pas de marquer les esprits qui visitent encore son œuvre.

 

Théâtre, musique, danse, cirque, arts plastique concourent à raconter, à parler de, à sous-entendre.

 

« Le café Muller » de Pina Bausch est une autre illustration de ce propos. Chorégraphe d’exception elle introduit le « théâtre » dans la danse, au risque de choquer les puristes, j’en ai vu la première représentation au festival mondial du théâtre de Nancy en 1978, la violence de la passion de ce spectacle se retrouve dans le film de Pedro Almodovar « parle avec elle » et je suis dès les premières secondes du film avec le personnage du film qui regarde Pina Bausch dansé et « cela parle » pas seulement de l’art, mais bien de la réflexion plus complexe du corps au langage, ici même de l’absence de langage ; mais pourquoi parle-t-on de théâtre dansé ? Mais justement parce que les corps exprime la structure même de la tragédie, comme la fait remarqué l’écrivain allemand Heiner Müller, il dit : « je me suis trouvé soudain face à un théâtre et qui était sans texte et qui m’a touché ».

 

Cette anatomie du corps renoue avec la poétique profonde des plus profondes inquiétudes existentielles.

 

On peut multiplier les exemples qui démontrent le mouvement d’aller et retour entre l’art et l’histoire, s’ils se racontent, ils s’inspirent tout autant.

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Published by Jean Pelletier - dans Culture
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commentaires

christian gerard 16/10/2012


ça y est, j'ai remis la main sur le blog, à la fois pour culpabiliser pour mon jardin si esseulé et maltraité, exil oblige, et pour partager ce lien entre l'art et l'histoire. Combien cette chine
où je vis illustre ce principe. En dehors des "faiseurs de fric" à la mode, combien de temps faudra-t-il à un AI Wei wei pour être reconnu comme le témoin d'une époque glauque, même si elle
semble florissante économiquement.


Enfin, Mo Yan vient d'obtenir le Nobel de littérature, c'est un début ..

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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , Jean Pelletier est Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI, il est professeur associé à l'université d'Evry
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , Jean Pelletier est Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI, il est professeur associé à l'université d'Evry

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