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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:00

crise2.jpgAprès des informations trompeuses publiées dans l’après midi de hier, le résultat, même s’il donne un avantage à la coalition de gauche, est catastrophique pour la gouvernance du pays. C’est aussi un sévère signal adressé à l’Europe, à Mme Merkel et M. Cameron, chantres allemands et anglais de la rigueur. François Hollande lui-même doit être perplexe sur ces résultats qui ne tranchent rien.

Trompé par les médias italiens, j’ai commis une erreur en écrivant :

« Dans l’échelle des pires situations possibles, celle d’un retour en force de Sylvio Berlusconi, la catastrophe a été évitée, bien qu’en seconde position avec ses alliés à 29 %, il n’est pas en mesure d’influencer la composition du gouvernement. Dans le pire relatif, celui de l’ingouvernabilité… les électeurs ont nettement répondu pour donner la main absolue à Bersani pour qu’il puisse former son gouvernement. »

 

Car c’est l’inverse qui s’est produit. Berlusconi battu, oui si on regarde les chiffres en pourcentage. Il est légèrement devancé dans les deux chambres par la coalition de gauche menée par Pier Luigi Bersani qui obtient 29,5% des voix à la chambre et donc 340 des 630 sièges, grâce à la prime donnée au 1er arrivé. Mais Berlusconi a fait une remontée spectaculaire et inattendue en regroupant les forces traditionnelles de droite en Italie. Et surtout il devance en siège la gauche au sénat sans pour autant attendre la majorité.

 

L’horizon du Sénat est présentement bouché, même une alliance de la gauche avec le centre n’atteint pas la majorité, tant Mario Monti n’a pas réussi sa percée dans ces élections. Mais sans cette majorité, le futur Président du conseil ne peut être investi par le Sénat, or il doit l’être par les deux chambres.

 

L’extravaguant Beppe Grillo avec son mouvement M5S a réussi une percée plus importante que ne l’annonçait les sondages, et même les premières analyses au début du dépouillement. Il a fait un carton chez les jeunes, c’est ce qui explique sa relative moindre percée au Sénat, puisque pour participer à son vote il faut être âgé d’au moins 25 ans (23,9% des voix). Régionalement il a aussi fait une percée en Sicile (30% des voix). Ces voix, c’est à la gauche qu’il les a majoritairement prises et à la droite, en partie aussi. Il est la troisième force politique du pays talonnant la droite et la gauche. Beppe Grillo, qui ne se présentait pas, a donné le ton sur son blog : "Nous serons une force extraordinaire. Nous serons cent dix au Parlement, mais dehors nous serons des millions."

 

Quel peut être l’issue politique de ces élections, une impasse qui conduirait inexorablement dans quelques mois à une nouvelle élection complète ou partielle (seulement le sénat). Ou bien Grillo qui a dit, ne vouloir d’accord avec personne, se voit bousculer dans son propre camp, instable par nature car conjoncturel et nouveau. Certains de ses élus pourraient organiser un accord avec la gauche au Sénat. C’est le cas du maire de Parme Federico Pizzarotti qui a déclaré : « Comme au conseil régional de Sicile où nous sommes importants pour garantir le gouvernement [de centre gauche] de la région, nous pouvons l’être aussi au niveau national. »

 

De son côté Berlusconi avec ses 30,71% au Sénat, contre 31,63 % à la gauche cherche à exploiter et à engranger ses résultats. Encore une fois en tête au Sénat en nombre de sénateurs, il pense être en situation de négocier. Excluant tout accord avec Mario Monti, il se dit ouvert à un accord avec le centre gauche… difficile tout de même.

Conclusion, le vote est terminé, les bulletins décomptés, et c’est de décanter qu’à besoin l’Italie. De réfléchir aussi à son destin, car frappée par le chômage, avec un déficit record, et une montée de la précarité, les italiens ont voulu remercier nettement Mario Monti et la parenthèse de la rigueur qu’il a incarné. Populaire auprès de la banque européenne, du FMI et des fonctionnaires à Bruxelles, il a montré ses limites dans son propre pays, l’essentiel pourtant. C’est la même question que posent les peuples de l’Europe du sud : Grèce, Italie, Espagne et Portugal, arrêtez de nous étrangler au nom de la sacro sainte finance internationale, ne laissons pas les bourses nous dicter notre destin. Bientôt en Allemagne les urnes seront aussi ouvertes… des surprises peuvent aussi advenir, car les peuples du Sud n’ont pas le monopole de l’indignation.

 

Pendant ce temps là les bourses européennes aux aguets baissent (Paris -2,1%, Milan –-3,9%, Francfort -1,7%), et les financiers préparent les sanctions : l’écart des taux obligataires avec l’Allemagne se tendent. Les taux à dix ans de la péninsule montaient aujourd’hui jusqu’à 6,3 %, de quoi étrangler encore plus le pays.

La vraie question est, comment les peuples européens peuvent s’organiser pour à la fois réfuter les politiques de rigueur qui appauvrissent les plus pauvres d’entre eux, et en même temps trouver les réponses aux marchés ?

 

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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