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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 16:14

 

Le 33ième salon du livre fermera ses portes ce soir, lundi 25 mars, après 3 livres1.jpgjournées bien remplies par les éditeurs, les lecteurs et les libraires, bref toute la filière du livre. Au centre des débats, plus que jamais : le livre numérique et toutes les interrogations qu’il suscite.

 

La question du livre numérique renvoie à son support : la liseuse qui se différencie de la tablette numérique par son procédé technique adapté à la lecture : l’encre électronique. La liseuse est rentrée en pleine confrontation avec la tablette numérique, qui elle fait usage d’un écran rétro-éclairé, lequel même réglé à son plus bas niveau n’est pas adapté à la lecture prolongé d’un livre. Pourtant la réponse du marché est assez claire, alors que les ventes des tablettes numériques s’envolent, celles des liseuses aussi bien sur le marché américain que français sont en légère baisse.

En 2012, le marché français représente 3,6 millions de tablettes vendues pour seulement 300 000 liseuses (Institut GFK).

La bataille fait donc rage dans l’univers impitoyable du livre numérique (e-book). Après un succès incontesté de la Kindle d’Amazon, lancée en 2007 (il y a à peine 6 ans), les ventes de tablettes numériques sont en train de l’emporter sur les liseuses aux USA, mais aussi en Europe. 2012, fait date : Amazon a bradé ses Kindle pour accélérer ses efforts et les vente de son Kindle Fire, la réponse à l’Ipad d’Apple. Toutes les études menées à ce jour montrent que le consommateur préfère le regroupement d’un maximum de fonctions sur sa tablette, et il a une tendance naturelle à y inclure la lecture de livres numériques. Cette tendance est à suivre, mais pour ma part, elle ne signe pas la fin des liseuses… qui peuvent encore faire valoir leurs spécificités dans les années à venir.

J’ai longtemps hésité à l’achat d’une liseuse, étant déjà suréquipé en Smartphones, tablettes numériques et portables, j’ai sauté le pas. C’est vers Sony que je me suis tourné avec sa liseuse PRS-T2. Je ne le regrette pas, « le tout en un », si attendu, devient vite un peu lourd à gérer et prouve ses limites. Avec ma liseuse, j’ai à la fois trouvé un confort de lecture inégalé (grâce à l’encre électronique) et toutes les fonctions que l’on peut attendre et celle que l’on n’a pas vu venir.

Avec le stylet on peut prendre des notes (écritures ou frappe au clavier), marquer les pages, surligner les passages, écrire à la volée sur la page, accéder sur un mot au dictionnaire et à sa traduction dans plusieurs langues ou encore sa définition sur Wikipédia. Car bien sûr, sous réserve d’une connexion WIFI, la liseuse donne accès au web… pour commander ses e-books en priorité, mais l’accès aussi à son blog et toutes les recherches possibles par le Web.

La lisseuse stocke sur sa mémoire environ 2 000 livres que l’on peut classer, bien sûr, comme n’importe quelle bibliothèque physique. Il s’ajoute la possibilité d’y adjoindre une mémoire complémentaire.

Outre les livres et revues diverses, la liseuse peut accéder au document de votre ordinateur par plusieurs accès en PDF ou avec Evernote

Par ailleurs le lien avec Facebook (ou son propre blog) permet de faire partager à tout instant ses découvertes et ses émerveillements de lecture. Le lien avec les réseaux sociaux est inclus dans la liseuse.

Les prix des liseuses sont nettement inférieurs à ceux des tablettes numériques, difficile de donner des chiffres, alors que les offres avantageuses font rages. On trouve une bonne lisseuse à partir de 70 à 100 euros. On est très loin du prix de l’Ipad !

Reste le prix des livres numériques.

J’ai déjà pu télécharger gratuitement une bonne partie de la littérature antérieure à celle du XXème siècle. Premier étonnement, car, jadis (c.a.d. avant l’avènement du numérique) pour cette littérature, même libre de droit, il fallait payer les livres. Aujourd’hui ce « continent » de la littérature mondiale est accessible gratuitement, c’est un premier effet notable et positif du numérique.

Aux USA 23% des américains lisent des livres numériques en 2012, ils étaient 16 % en 2011. C’est donc bien un mouvement qui monte. Il y a beaucoup d’idées toute faites qui circulent dans l’opinion sur le numérique, l’e-book n’y échappe pas. Il faut juste le temps d’adaptation au grand public, que l’information circule, que la valeur d’exemplarité se diffuse parmi les lecteurs.

Si la gratuité d’une bonne partie de la littérature sera un facteur d’accroissement, le prix du livre contemporain pose un réel problème. Alors qu’internet permet (un peu comme dans la musique) à de nombreux auteurs de se signaler au public en dehors des circuits traditionnels de l’édition, avec des ventes de livres numériques à très bas prix entre 0,99 et 5 euros, les éditeurs, eux, essayent de garder la main et proposent leurs ouvrages à des prix trop élevés de 19 à 30 voir 35 euros. Avec juste une décote de prix de 20 à 30 % ce n’est pas raisonnable et surtout tenable dans le temps.

Pour l’heure, le marché de l’e-book est encore faible : 15% aux USA, 8% au Royaume Uni et 2% en France. Nicolas Gary, cofondateur du site d’information spécialisé Actualitte précise en rapportant le chiffre de 0.6% du CA total de l’édition.

Pourtant c’est entre 2011 et 2012 que la bascule a été observée, le volume de lecture numérique a augmenté de 11 %, au même moment les ventes papier ont baissée de 3,76% (Etudes de l’OJD et Audipresse).

Si la France « résiste » mieux au numérique qu’aux USA, cela tient à la structure de notre réseau de librairies indépendantes, très important en France. Aux USA l’achat numérique est souvent rendu nécessaire par l’immensité des territoires et le phénomène omniprésent des bestsellers qui siphonnent la presque totalité du marché.

Le catalogue des livres numériques est moins important en France qu’aux USA. Mais le prix élevé reste le frein principal au livre numérique et à l’achat de liseuses. Le public ne comprend pas (et il a bien raison) cette décote plus proche de 20 que de 30 %, alors que le livre est dématérialisé et ne supporte plus aucun coût de distribution et de lieux de vente.

Aujourd’hui, le marché c’est 100 000 œuvres littéraires disponibles en numérique en France, 15 % c’est la proportion de lecteurs ayant eu accès au moins à un livre numérique dans l’année (baromètre SOFIA-SGDL) et 2 millions de fichiers ont été téléchargés en 2012 (Institut GFK).

Les éditeurs sont encore frileux, ils ont peur de la copie, du piratage, de l’absence et du retard de la législation en ce domaine. 2013 semble être le signal du mouvement, le prestigieux trio Gallimard/Eyrolles et Fleurus vont proposer à la vente de coupler l’achat physique et numérique pour seulement un ou deux euros de plus. C’est insuffisant, mais c’est le signal que le mouvement en profondeur a commencé.

L’effort entrepris est important, ainsi l’opération ReLIRE (pilotée par le Cercle de la Librairie, le Syndicat national de l4edition) représente la numérisation de 500 000 livres, dits « indisponibles », à termes, avec un 1er objectif de 60 000 titres en littérature et sciences humaines. Pendant 6 mois, en l’absence de toute manifestation d’ayants droits, les œuvres seront numérisées par la BNF.

D’autres ont compris que le livre numérique c’était aussi le multimédia, on voit apparaitre des ouvrages de fictions, lu avec une musique d’accompagnement, ou encore des développements multimédia sur la lecture même du texte, comme des vidéos d’archives dans des ouvrages historiques… le livre « augmenté » n’est plus pour demain il est déjà d’aujourd’hui.

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Published by Jean Pelletier - dans Littérature
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commentaires

christian 26/03/2013 12:38


Super tuyau. ma collègue espagnole est également tombée amoureuse de sa liseuse Sony ! c'est ce qu'il me faut.

Jean Pelletier 26/03/2013 14:28



oui sans hésiter et à 99,99 eurso en promo au salon du livre c'était une bonne affaire.


 


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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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Bonne lecture.
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