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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 11:17

francois-hollande-s-est-defini-face-a-david-pujadas-sur_340.jpgCe matin en écoutant une grande radio périphérique, j’écoutais un humoriste et fermant les yeux je voyais notre président en salopette de plombier, la boite à outils en bandoulière, debout sur une barque dans la tempête et cherchant le cap… ce matin les commentaires sont saignants et l’opinion semble ne pas avoir été séduite par cette prestation, qui, hormis le décor n’était pas si mal que cela.

 

Pour la forme.

Les français ont la mémoire courte… et le président normal ne passe pourtant pas. Ainsi l’effort de simplification du décor voulu par Claude Sérillon est un échec patent.  Les deux hommes flottaient dans un immense décor vide, certes la crise est là, mais était-il nécessaire de lui donner une telle place ? A force de solliciter les communicants, on tire un poil trop fort sur l’imagination et  avec du neuf on finit par faire du rien.

S’il fallait être simple, le principe du plateau avec du public (des êtres humains en fait …) n’a pas été inventé pour rien, il « humanise » l’émission… Le direct depuis le bureau de l’Elysée donne plus ou moins de solennité selon l’installation des journalistes et du Président.

Le choix entre les deux formules dépend du moment. Présentement François Hollande avait besoin d’affirmer son autorité, à un moment où tous les indicateurs montrent qu’il existe un doute sérieux dans l’opinion, mais les français étaient aussi dans l’attente d’un cap. La réponse s’imposait d’elle même : le direct depuis le palais de l’Elysée. Nul besoin d’un master en communication politique ou d’un doctorat en sociologie pour comprendre cela. Difficile de comprendre une erreur aussi grave de la part d’hommes et de femmes, au pouvoir et normalement armés intellectuellement pour ne pas commettre d’aussi grossières erreurs.

Le Président s’est exprimé avec clarté et simplicité, sans embarras, il a répondu à toutes les questions. Certes Pujadas est resté courtois, il n’a pas cherché à mettre le président en difficulté. Certains le lui reprochent. Mais ce n’est pas un exercice de télé réalité, avec une course à l’audience, c’est un moment où le président doit s’expliquer, le dialogue se doit d’être ouvert.

François Hollande continue à cultiver l’image d’un homme honnête et compétent. En clair il fait bien le job, rien à lui reprocher de ce côté là, on est très loin des dérapages de son prédécesseur. Mais est-ce suffisant ?

 

Pour le fond.

C’est une tout autre affaire …. Complexe. Il a d’emblée affirmé que s’il était en héritage d’une situation difficile, il ne fuirait pas ses responsabilités. Mais tout de même la pression et l’attente sont énormes sur un homme au pouvoir depuis seulement 10 mois auquel on demande de résoudre des problèmes que d’autres n’ont pas réussi en 10 ans. Il faudrait ne pas le perdre de vue.

Mais cet argument n’est visiblement pas entendable par les français plongés dans une crise majeure. L’angoisse et la peur ont pris le dessus…  ils ont le sentiment qu’une course contre la montre s’est engagée et qu’ils en seront les victimes expiatoires.

Le niveau de chômage est tel qu’aucune famille n’est épargnée, quand dans certaines familles ce sont tous ses membres qui sont décimés.

La sincérité de « vouloir faire bien » de ce gouvernement n’est pas en cause, le problème serait qu’on doute de la qualité de leur écoute sur ces souffrances au quotidien. Sur ce registre J.L. Mélenchon n’a pas tort quand il pointe cette insuffisance.

L’isolement des Palais nationaux est une réalité, c’est un frein à la compréhension de l’opinion politique.

Par ailleurs il a clarifié le cap sur les 75%, les impôts, les allocations familiales, le cumul des mandats et les retraites. Sujet on ne peut plus oscillants ces derniers mois. On peut être ou ne pas être d’accord, c’est un autre sujet.

Que la droite soit déçue, on la comprend, François Hollande n’a pas annoncé la baisse des impôts pour les plus riches, ni le versement d’un chèque de plusieurs millions d’euros à l’héritière du groupe L’Oréal et encore moins qu’il allait fouetter les plus pauvres en les faisant travailler plus (juste un peu plus longtemps dans le cadre des retraites..). Pour cela il aurait fallu voter plus largement pour Nicolas Sarkozy.

Non le plus étonnant est venu de J.L. Mélenchon qui sur Europe N°1 est apparu comme le premier opposant à François Hollande. Rien n’a trouvé grâce à ces yeux. Il a qualifié cette intervention par : « L’Elysée est enlisée », blague à deux balles, en ajoutant encore une couche : « Je vais faire une blague à la Hollande, tiens de vais faire un instant de Hollande ». Il l’a exécuté par  un président « désincarné, presque déshumanisé ».

L’UMP n’a plus grand chose à faire puisque Le Parti de gauche a décidé de faire le travail à sa place.

La question de la place des amis de J.L. Mélenchon dans l’exécutif des collectivités territoriale est définitivement posée.

Si la confrontation d’idées est juste, et le Parti Socialiste a su au cours de l’histoire démontrer qu’il en était capable pendant ses congrès (un peu trop au goût de certains !) de s’écharper sur les idées, là cette attitude, qui avait commencé pendant la campagne, n’est plus tolérable.

En attendant l’heure des bilans qui viendra vite, mais de grâce qu’on laisse un peu de temps, le président s’est fixé une première échéance pour le chômage et le retour de la croissance : la fin de l’année, soit un an et demi après son arrivée au pouvoir, la responsabilité de ceux qui croient encore que la droite au pouvoir  n’est pas une fatalité, est énorme.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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commentaires

christian 29/03/2013 13:44


Et si on changeait le fusible ?  F. Hollande et J.M. Ayrault sont sur le même registre d'hommes courtois, calmes et peu saillants. On dit qu'il ne faut pas mettre un personnage "fort" à
Matignon, parce que cela gênerait le Président. Est-ce bien sûr ? parce que, pour le moment, il en prend plein la g.... Et le premier Ministre ne le protège en rien ! Quid d'un Valls, d'une
Aubry, voire d'un Fabius ? Ecraseraient-ils le chef de l'état ? Pas évident, parce qu'il faudrait qu'ils se coltinent avec la réalité, avec des épaules un peu plus larges que celles du titulaire
actuel, vu la conjoncture, ça laisse peu de place au putsch !

Jean Pelletier 29/03/2013 19:30



C'est ce que je voulai suggérer il  y a un peu plus d'une semaine quand je parlai de remaniement.



Marie 29/03/2013 11:51


Bonjour Monsieur Pelletier,


je vous suis depuis pas mal de temps et aujourd'hui je prends le clavier pour vpous répondre.


Oui, vous avez raison, et le dénigtrement fait à Hollande est insupportable !! les gens aiment le faux, le factice, le hableur, les beaux parleurs : le vernis quoi !


Hollande, devra trainer son boulet de "mal-aimé encore très longtemps ! et la presse n'est pas là pour l'aider !! J'en suis désolée  :(


Bonne journée à vous.

Jean Pelletier 29/03/2013 12:00



Chère Marie,


oui et de fait, avec l'appui de médias complaisants "accabler Hollande" devient un sportt national y compris du nouvel observateur, de Marianne et de libération..


 


bien à vous



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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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