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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 16:36

Retour sur enfance ce week-end dans le village familial, berceau de mon enfance : Harreville les chanteursHarréville-les- Chanteurs. Le temps y a fait son triste ouvrage. Jadis la maison familiale s’ouvrait sur un paysage champêtre : la Meuse y traçait son chemin entre de tranquilles prairies, elle façonnait le paysage par ses courants, ses fosses et  ses méandres.

Je voyais à peu de distance le pont de pierre aux arches solides qui faisait le lien entre les deux parties du village. L’église se haussait le col au-dessus des toits orange. Un paysan insouciant a revendu le large près qui occupait l’essentiel de notre point de vue. Un « industriels » peu scrupuleux y fait un garage à camions, puis y ajouta un imposant entrepôt métallique. De faillite en faillite l’ensemble devint un véritable dépotoir… nos pays étant peu militant, tout ceci se fit dans l’indifférence générale des habitants, à mon seul désespoir et de mon frère qui y réside désormais. Mon père peu enclin à la contestation laissa faire…

Difficile de comprendre les motivations politiques d’aménagement du territoire. Aujourd’hui au nom d’une certaine écologie (qui pourtant laissa faire cette monstruosité en bord de Meuse) s’intéressant au cours d’eau, j’ai appris (et vu de mes yeux) que le bief d’Harréville avait été détruit. Ce bief historique et faisant partie du patrimoine du village alimentait une turbine d’une petite usine (la fonderie et l’Usine Bickel), coutellerie un temps. Mais surtout  cette retenue sur la Meuse, depuis plus de 150 ans avait façonné les 2 à 3 kilomètres de la rivière en amont. Plus de hauteurs avait donné une rivière large avec des fosses et de nombreuses variétés de nénuphars et plantes aquatique

Il faut savoir et je peux en témoigner, que le bief abritait une variété de moule d’eau douce (incomestible) : la Margaritifera margaritifera ou mulette, nous indique Wikipédia  « est un mollusque lamellibranche des rivières claires d'Europe, de Russie, du Canada et de la façade Est des États-Unis. C'est une espèce connue pour sa durée de vie exceptionnelle (plus d'un siècle), mais qui est au bord de l'extinction bien que protégée ».

Nous nous amusions (sans savoir la rareté de l’espèce) à les pêcher avec des petites baguettes, c’était à celui qui attraperait la plus grosse… et bien c’est fini la destruction du bief a « effacer » leur biotope naturel. Où sont-ils les écologistes si enclins à défendre la nature ?

Ce crime commis, l’eau a descendu de plusieurs marches, la rivière s’est littéralement vidée laissant un spectacle pitoyable sur plus d’un kilomètre. La société de pêche locale ayant quasiment disparue, peu de monde s’en est ému.

Mais quelle est cette administration qui peut ainsi « décider » d’effacer un bief, son histoire industrielle et le paysage entier d’une rivière. La crise frappe à grand coup, l’argent manque de toute part… mais l’administration et ses technocrates trouvent encore les moyens pour commettre ce crime parfaitement inutile.

Il y aurait parait-il un « plan de continuité de la Meuse » ainsi mis en œuvre et qui menace tout prochainement le prochain village de Bazoille-sur-Meuse. Dépêchez-vous d’aller y admirer le spectacle de le Meuse retenue, avant qu’on ne la lâche à son tour.

Voilà la triste histoire que je me devais de vous narrer, celle de la suppression et de la mise à mort d’un bief alimentant une usine qui a structuré la vie, l’histoire et le paysage d’une commune chère à mon cœur…

 

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Published by Jean Pelletier - dans Patrimoine
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commentaires

Aldebert 06/08/2013 07:59


Bonjour,


Je ne peux qu'être en phase avec cet écrit moi qui suis le petit fils Bickel et très attaché à "l'Usine" comme on disait à la maison et son environnement.


C'est en fait un vrai massacre sous"bonnes raisons" divulguées par les techniciens du syndicat de la Meuse et c'est beaucoup d'argent dépensé pour une continuité inutile et dévastatrice .


Ceci étant dit, ces travaux ont été présentés au Maire (qui a  "oublié" d'en parler à son coneil en termes clairs), ont fait l'objet d'une enquête publique- mais que peut faire le
commissaire si personne ne vient à ses permanences et j'en sais quelque chose étant moi même commissaire-enquêteur- ils ont été financés par de l'argent public et je reste persuadé que seuls
quelques Harrévillois attentifs se sont rendus compte de ce qui se passait.


La vie communale est très difficile à faire vivre et seule l'information peut y changer quelque chose - nos blogs en témoignent - ce n'est pas le cas à Harréville ou le pouvoir est entre des
mains d'une personne dont la vision des choses s'arrête à la sortie du bureau de la Mairie, ne surtout pas voir plus loin.


Voyons la brillante gestion de la faillite Masson, des locaux de l'ancienne poste, de l'assainissement de la rue de la Mothe, ...


Pour ces actions on peut peut-être encore y changer quelque chose, pour la Meuse c'est trop tard.

Jean Pelletier 06/08/2013 11:39


Oui la faillite Masson, je crois savoir qu'il ya une ardoise impayée d'environ 100 000 euros à la Mairie, c'est beaucoup pour une petite commune. Les élections ont lieu l'année prochaine... peut
être y aura-t-il du changement? Bien amicalement


Marie 05/08/2013 21:34


Que c'est triste ....comme je vous comprends ...je compatis réellement !!!


Combien de cicatrices, blessures faisons-nous subir à la nature, au nom de la scro sainte rentabilité ....


De mon côté, je connais également ce problème : sur mon île, ce sont les écluses que l'on a détruites, dans la région, c'est le bocage qui a subit le même outrage ....au nom de la modernité !!!!


Seuls, nos souvenirs ont une vie...... illustrés sur de vieilles cartes postales .... 

Jean Pelletier 06/08/2013 11:36


Chère Marie, Les outrages, c'est bien le mot juste.... quel monde allons nous laisser derrière nous? Bien à vous.


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L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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Bonne lecture.
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