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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 16:41

article_revue-presse2.jpgCe chiffre astronomique ne vient pas d’une newsletter à sensation, mais du très sérieux travail d’investigation mené par le député René Dosière. Apparenté PS, cet opiniâtre représentant du peuple s’est attaché à l’ouvrage titanesque de débusquer les dépenses de fonctionnement du gouvernement. Il vient d’en faire un livre : « L’argent de l’Etat, un député mène l’enquête » aux éditions du Seuil.

Les révélations sont nombreuses et surprenantes. Ce sont plus de 425 questions écrites que le parlementaire a posé aux principaux intéressés. Quelques ordres de grandeur donnent une idée de ce que le gouvernement Fillon, champion de la rigueur pour les français, s’est appliqué à lui-même.

Fillon a utilisé l’avion deux fois plus que son prédécesseur Dominique de Villepin. L’Elysée avec Nicolas Sarkozy dispose d’un parc automobile de 121 véhicules, il était de 55 sous Chirac. Le même Sarkozy dépense 2,2 millions en sondage là où Chirac n’en engageait que pour 500 000 €. Et l’Elysée de dire qu’il ne s’intéresse pas aux actuels sondages qui placent François Hollande en tète de la prochaine élection présidentielle. Quelle farce !

C’est à René Dosière que nous devons une information majeure : un ministre coûte en moyenne 16,72 millions d’euros à la collectivité par an : frais de personnel, communication, loyer, frais de fonctionnement et train de vie. A titre de comparaison dans l’échelle de valeur du personnel politique un député coûte à la même collectivité  500 000 €.

Il faut donc regarder de près les engagements des candidats sur la composition de leur gouvernement. Une équipe resserrée à 15 ministres n’est pas une mince économie. Nicolas Sarkozy l’avait promis dans son projet présidentiel d’avril 2007 « Ensemble tout est possible ». Quelle blague, l’équipe de François Fillon comprend aujourd’hui, outre lui-même 15 ministres pleins, 7 ministres délégués et 7 secrétaires d’états, soit 30 personnes.

Le calcul du mensonge d’état est simple, à 16,72 millions le ministre actuel, et 15 ministres en trop, l’ardoise s’élève à 250,8 millions d’euros par an ! Soit une économie de 1 milliard 254 millions d’euros sur 5 ans. On estime à 20 millions d’euros le coût de construction d’un collège, cela aurait donc permis la construction de 62,7 collèges sur la période.

En effet parlons d’économie et de réduction du train de vie de l’état.

Histoire de vous mettre définitivement mal à l’aise, jetons un coup d’œil sur l’évolution des salaires des collaborateurs des ministres ; au hasard ceux du ministre des affaires européennes, le pointage de notre député curieux et investigateur démontre que la moyenne mensuelle des trois salaires les plus élevés est passée de  6 695 euros en juillet 2010 à 10 403 euros en mai 2011, soit une hausse de 55 %.

Les salariés français apprécieront ! On aimerait qu’à l’occasion des émissions télévisées et des débats politiques les journalistes mettent en questions ces intéressantes et instructives données.

Dans ces conditions, il semble que la proposition de François Hollande de baisser de 30 % la rémunération du Président de la république et des membres du gouvernement ne soit plus suffisante.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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commentaires

andreani 09/02/2012 15:01


Oui, mais y a des ministres qui coûtent plus cher que d'autres:


La Cour des comptes s'intéresse à un épisode méconnu qui a coûté cher à la puissance publique. Nous sommes en 2004, Nicolas Sarkozy dirige le ministère de l'Économie. Déjà à l'époque, les
bud-gets sont difficiles à boucler et le futur président de la République cherche activement à limiter le déficit public... Le 19 novembre 2004, il annonce dans un communiqué s'être mis d'accord
avec le gouverneur de la Banque de France pour une "gestion plus active des réserves de change de l'État". Il s'agit en fait d'en finir avec la gestion de bon père de famille des réserves de
change, grâce à la vente de 500 à 600 tonnes d'or sur les 3 000 tonnes détenues alors par la Banque de France. Le métal jaune, qui ne rapporte pas d'intérêts, doit être remplacé par un
portefeuille en devises censé améliorer les rendements. L'État table sur un revenu supérieur à 200 millions d'euros par an.

Moins lucide que ses partenaires :
Sauf que l'opération est tout sauf une bonne affaire. Entre décembre 2004 et septembre 2009, la BDF se sépare d'un cinquième de son stock de métal fin (589 tonnes). Et empoche, en cumulé, un
pactole de 4,67 milliards. Mais le cours de l'or, lui, continue de s'apprécier ! Depuis trois ans, il a pris 94 %. Au final, si le programme n'avait pas été exécuté, la valeur des réserves en or
de la Banque de France aurait atteint 19,4 milliards d'euros à fin 2010, quand celle des réinvestissements en devises s'élevait à seulement 9,2 milliards d'euros !

Étonnant quand on sait que "le rythme de mise en oeuvre du programme de vente" devait dépendre du jugement du gouverneur de la BDF sur son opportunité, "en particulier au vu de l'évolution des
cours observés sur le marché de l'or". Plusieurs pays, engagés dans des programmes similaires, ont d'ailleurs choisi d'y mettre fin plus tôt, comme la Belgique en 2005, le Portugal en 2006 et
l'Espagne en 2007. Pas la France.

Jean Pelletier 09/02/2012 15:27



Cher Jean-marc,


Merci de ce complement d'information qui démontre la marge de manoeuvre existance quant aux économies à réaliser sur le train de vie de l'état.


jean


 



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L'auteur

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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook  et mon compte twitter
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Bonne lecture.
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