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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 15:18

USA.jpgLa campagne américaine pèse moins, cette fois dans les médias français, qu’il y a quatre ans. Sans doute notre actuelle politique nationale est trop présente pour laisser une place plus importante à nos amis américains. C’est regrettable, car l’issue de cette élection au 6 novembre 2012 n’est pas sans conséquence sur notre vie de tous les jours.

 

Mode d’emploi pour les français qui n’y comprennent rien.

 

Contrairement à l’élection présidentielle française, l’élection américaine se fait à scrutin indirect. Ce dernier permet l’élection de « grands électeurs » qui réunis en collège désigne le président des Etats-Unis, ainsi que le vice-président. Aussi les sondages d’opinion qui testent les électeurs directement ne sont pas significatifs, et pourtant les médias français nous rabâchent les oreilles avec. Seules les estimations à partir de la désignation des grands électeurs par Etat sont significatives. Le processus dure sur une année. Mais la règle du « Winner-takes-all » a été adopté par la majorité des Etats, à savoir le candidat vainqueur, même à la majorité simple remporte tout les sièges de l’Etat. Seul le Maine et le Nebraska y échappent.

 

Du coup ce système crée une incompréhensible distorsion entre les votes populaires et ceux des grands électeurs. En 1972 Richard Nixon obtient ainsi 95 % des grands électeurs et 60 % des voix populaires. Plus près de nous on se souvient encore du match en 2000, entre Al Gore et George Bush, le candidat démocrate Al Gore est battu alors qu’il obtient 550 000 voix de plus que George Bush, mais c’est dans l’Etat de Floride que tout s’est joué, car avec 550 voix d’avance Georges Bush gagne la Floride et ses 29 sièges. Sans compter que les procédures de votes étaient très contestables.

 

Ce système favorise le bipartisme. On a vu des élections ou un troisième candidat en obtenant 20 % des voix populaires n’avait aucun grand électeur à son actif (C’est le cas de Ralph Nader). Notons cette bizarrerie, un grand électeur peut parfaitement décider de changer de camp au moment du vote du Président. Rien ne peut le contraindre.

 

Seuls les partis démocrates et républicains émergent dans la course. Parfois un troisième homme fait surface et réussit à communiquer pendant la campagne sans la moindre chance d’être élu. Ross Perot en 1992 et 1996 et Ralph Nader en 2000, 2004 et 2008 firent ainsi parler d’eux.

 

Il s’écoule entre le début novembre (moment du vote) et la date du 20 janvier (prise de fonction effective du nouveau président) une assez longue période dite de « transition » qui favorise le passage d’une administration à la suivante.

 

Les grands électeurs sont au nombre de 538. Le nombre de grands électeurs est obtenu à partir du nombre additionné des sénateurs (100) et des députés (435) et on ajoute 3 délégués pour le District fédéral de Columbia. La Californie, le plus peuplé des Etats comprend 55 délégués et les huit les plus petits 3 délégués.

 

Pour faire le point à un mois de l’élection, Obama est en tête avec 184 grands électeurs, Romney lui en totalise 177 de sûrs. Et il reste surtout 177 grands électeurs à conquérir sur une quinzaine d’états incertains dit Swings states.

 

On trouve de tout parmi ces états hésitants : la Floride avec 29 sièges, le Montana avec 3, l’Ohio avec 18 sièges est très convoité. La bataille se joue âprement Etat par Etat.

 

Madame soleil ?

 

Ces particularismes américains impliquent aussi une bonne connaissance de certains Etats clefs. Cinq d’entre eux, les plus peuplés et situé aux quatre coins des USA garantissent à celui qui les emporte tous l’élection présidentielle. Ce sont : La Californie, le Texas, la Floride, l’Etat de New York et l’Illinois.

 

De la même manière si on regarde l’ensemble des élections américaines le Missouri donne systématiquement la tendance nationale.

 

Ces états sont donc observés à la loupe et dans la dernière ligne droite ils font l’objet de toutes les attentions des candidats au même titre que les 177 Swings states.

Mais la manière la plus sûre d’y comprendre quelque chose est sans aucun doute le livre d’Elizabeth Vallet : « Comprendre les élections américaines, la course à la Maison Blanche » aux éditions Septentrion (2012)

 

Ou en est-on ?

 

Le dernier débat de mardi soir sur la politique étrangère a permis à Barak Obama de l’emporter sur son challenger. Ceci aux dires des principaux observateurs ? En même temps la politique étrangère n’est pas ce qui intéresse le plus les américains. Il n’est donc pas sûr que cet avantage d’un soir permette au président sortant de marquer l’écart. Certes le pilonnage des incertitudes, zones d’ombres et erreurs de Mitt Romney par Barak Obama l’affaiblit. D’autant plus que le président sortant s’en est amusé en raillant ses prises de positions plus qu’incertaines : » «Vous dites que notre marine a moins de navires qu'en 1916, eh bien gouverneur, nous avons aussi moins de chevaux et baïonnettes.»

Bref les sondages, ainsi que les estimations en nombre de grands électeurs placent les deux candidats dans un coude à coude très serré. Encore une fois les abstentionnistes joueront un rôle décisif dans le fait d’aller ou pas voter. La grande démocratie américaine dépend donc de la mobilisation d’une partie de sa population qui ne s’intéresse en rien au processus démocratique. Triste leçon !

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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