Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 14:56

C’est une bien drôle d’atmosphère qui a pris corps, inquiétante, d’où tout peut surgir, même le pire. Une partie de la droite et une partie de la gauche viennent d’achever leur exercice de primaire, présenté comme la panacée d’une démocratie renouvelée. Le résultat est catastrophique et dessine désormais un paysage politique désemparé, privé des boussoles les plus élémentaires.

À droite : une primaire pour rien.

À droite, après avoir désigné, à la surprise générale, l’ex premier ministre de Nicolas Sarkozy, présenté comme un parfait monsieur Propre, c’est la dégringolade… comment faire avec un candidat qui annonce comme tout programme de serrer la ceinture à tous les Français, mais qui a manigancé pour assurer à son épouse des revenus aux montants insensés avec à la clef une forte suspicion d’emplois fictifs, et rattrapés aussi par l’encaissement de chèques illégaux quand il était sénateur, ce qui est ni plus ni moins un détournement d’argent public. Et ce n’est pas l’incroyable arrogance que François Fillon affiche qui va le tirer d’affaire. Et voilà les républicains déjà à la recherche d’un autre candidat. Alain Juppé ayant signifié qu’il ne jouerait pas les suppléants, le nom de Gérard Larcher, l’actuel président du Sénat circule. Ce n’est pas sans rappeler la candidature d’Alain Poher en 1969, on en connaît le merveilleux résultat. Mais nous n’en sommes pas là, François Fillon s’accroche, comme toujours dans ces circonstances là, on se souvient avec quelle belle assurance Jérôme Cahuzac a tenté de sauver sa mise en déniant les faits jusqu’à l’absurde.

Le dilemme, continuer avec François Fillon et plomber définitivement le résultat de la droite, avec un risque certain d’élimination au second tour, changer de candidat avec un mode d’emploi incertain qui fera nécessairement piètre figure. Ah, où est-il le beau temps où le comité directeur de la droite choisissait son candidat ?

 

À gauche : une primaire dévastatrice pour le PS.

À regarder de plus près les résultats, on voit que l’électorat militant du PS c’est partagé entre Valls et Hamon, à parité, ce sont les électeurs non encartés du PS qui ont fait la différence et ont assuré la large victoire de Benoît Hamon. J’avoue que, comme militant du PS, la pilule ne passe pas, à quoi bon militer au PS si la désignation à un scrutin déterminant comme celui de la présidence de la république, nous perdons la main pour la donner à un électorat de « gauche » qui va, qui vient. À quoi bon consacrer du temps de l’argent… si nous les militants passons la main à d’autre pour désigner celui qui sera « notre candidat » ?

Je crois que nous nous sommes bien fait « avoir » en acceptant un peu vite, ce qui paraissait une belle idée… la primaire.

La primaire qui a désigné Ségolène Royal en 2006, puis François Hollande en 2012 ont creuse le sillon fatal au PS, qui aboutit à une organisation en décomposition, qui vient d’affronter quatre années au pouvoir avec l’incessant pilonnage d’un important groupe de députés socialistes, soutenus en sous main par la candidate malheureuse en 2012, Martine Aubry. Cette dernière n’est pas en reste, elle soutient vigoureusement le candidat des frondeurs Benoît Hamon… et finit d’enfoncer définitivement le mandat de François Hollande.

On voit bien qu’au PS nous sommes au comble de la confusion. Un candidat désigné, contre la volonté de la moitié des militants du PS, un Emmanuel Macron, qui a eu l’intelligence de rester en marge de cette désignation « panier de crabes », et des élus de la sensibilité « gauche de gouvernement » qui partent en masse rejoindre le camp d’Emmanuel Macron.

Ainsi donc, Benoît Hamon, au nom du PS, va faire une campagne qui consistera à renier les cinq années du PS passé au pouvoir, nous ne sommes pas loin du grand écartèlement.

Voit-on un militant qui durant toutes ces années a fait les marchés de France, tract à la main pour défendre la politique menée par François Hollande, faire de même pour vanter les mérites d’un Benoît Hamon qui est le symbole même des frondeurs qui ont « pourri » toute la mandature de François Hollande.

Il fut un temps où, je me souviens que nous les rocardiens avons rallié et mené la campagne de François Mitterrand, c’était une autre époque. Le PS était composé de courants, les débats y étaient francs et parfois violents, les congrès y mettaient fin, aujourd’hui depuis trop d’années le PS est composé d’écuries d’hommes et de femmes… On voit où cela nous mène.

Ainsi donc, ces deux procédures qualifiées par les médias de rénovation de la vie politique ont largement contribué à jeter le trouble sur une vie politique déjà à la dérive, du fait des trop nombreuses malversations commises par les deux camps.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pelletier - dans politique
commenter cet article

commentaires

christian 31/01/2017 08:41

Organiser une présidentielle à quatre tours, ce n'est effectivement pas l'idée du siècle ! Cela sonne vraiment le glas de la V république. Le futur proche est inquiétant. Seul petit espoir qui vient des USA, l'entame catastrophique du mandat Trump, va peut être rafraichir un peu l'ardeur des admirateurs du FN...

Jean Pelletier 31/01/2017 10:47

Christian, tu me sembles bien optimisme à propos de l'effet Trump sur m'électorat FN, bien au contraire cela ne peut que conforter le courant autoritaire qui existe dans notre pays et qui trouve satisfaction auprès de Marine Le Pen .... désolé mais le peu d'espoir reste dans la capacité des français à élire un président clairement social démocrate ....

Présentation

  • : Le blog de Jean pelletier
  • Le blog de Jean pelletier
  • : Pour suivre l'actualité politique, la défense de la propriété intellectuelle et suivre quelques conseils en gastronomie et en histoire
  • Contact

L'auteur

  • Jean Pelletier
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook  et mon compte twitter
https://www.facebook.com/jean.pelletier
77https://twitter.com/jmpelletier
Bonne lecture.
  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques. Vous pouvez vous abonner à ce blog ou me suivre sur ma page facebook et mon compte twitter https://www.facebook.com/jean.pelletier 77https://twitter.com/jmpelletier Bonne lecture.

Version anglaise

<a href= »http://fp.reverso.net/jmpelletier52-over-blog/4946/en/index.html« ><img src= »http://flavius.reverso.net/img/languages/code.png«  style= »float:left; padding-right:8px; » title= « anglais«  height= »15px ; » alt= »Reverso Localize » /></a>

Recherche