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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:58

Le Président de la République ne disposerait plus que de 4 % d’opinion favorable selon la dernière enquête du Cevipof et du journal Le Monde, qui portait sur un échantillon de 17 047 personnes interrogées entre le 14 et le 19 octobre. C’est une bien mauvaise nouvelle pour un Président qui ne se départit pas d’une opinion publique de plus en plus hostile à son mandat. L’heure s’approche où il devra annoncer s’il brigue un second mandat, tout en acceptant de passer à la moulinette d’une primaire à gauche.

Le temps de l’introspection est venu.

Quelle bien étrange introspection à laquelle François Hollande va se prêter, replié au fond de son palais de l’Élysée, au milieu de collaborateurs qui ouvertement ne cachent plus leur scepticisme, avec un parti socialiste réduit à l’impuissance, divisé et en perte de vitesse sur tous les fronts, et ses électeurs de 2012 qui le lâchent. Tout se murmure à son sujet, il n’y a plus de tabou, les uns avancent la candidature de Manuel Valls, les autres celle de Ségolène Royal…

Comment en est-il arrivé là ? Peut-il encore être le candidat de la gauche en 2017 ? Ces 4 % sont bien par trop cruels pour refléter une pensée de fond solidement ancrée. Ces 4 % font supporter à François Hollande la dérive démocratique que connaît la France… il incarne par sa présence au sommet de l’état les décennies d’impuissance et de mensonge que la gauche et la droite n’ont pas cessé d’asséner au français. Je ne veux pas l’exonérer de ses erreurs, mais il faudra bien à un moment parler aussi de ses réussites, il endosse le costume de la « victime expiatoire » de toute une classe politique qui a corrompu notre système démocratique, en ouvrant un boulevard à une extrême droite triomphante.

 

Une responsabilité collective.

Il est assez ridicule de voir, au cœur du débat de la primaire à droite, des candidats se bousculer les uns et les autres et faisant comme si de rien n’était, comme s’ils n’avaient pas contribué, eux aussi, à largement désespérer la France. N’étaient-ils pas tous au cœur des cinq années du mandat de Nicolas Sarkozy, qui a laissé le pays exsangue financièrement et politiquement ? Ne voient-ils donc pas que par ricochet ces 4 % les touchent directement ? Et franchement, Alain Juppé, le candidat du renouveau ? Quelle mauvaise blague et combien la mémoire des éditorialistes est courte, creuse et vide !

Et parlons de tous ceux qui à gauche sont prêts à concourir à la primaire, en espérant faire croire qu’ils apportent un sang neuf : Benoit Hamon, Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron, pour ne citer que les plus importants, franchement par leur comportement, leur propos, ils font intrinsèquement partie des 4 % eux aussi. Ils manient allégrement la trahison et le boniment.

Quant aux verts… c’est l’absolue quintessence de cette dégradation démocratique, des batailles picrocholines et des candidatures insignifiantes.  

Toutes ces femmes et ses hommes politiques auraient tort de ne pas prendre leur part dans ces 4 % de discrédit qu’endosse François Hollande.

 

Un bilan bien plus nuancé qu’il n’y paraît.

Alors, parlons un peu de ce président exécré… il a tout tenté pour échapper à ce nœud gordien que s’apprête à trancher une horde de candidats à sa succession. Pourtant, c’est avec sagesse et recul, qu’il assume sa tâche dans un climat de haine à son égard, il parle toujours avec modération de ces opposants et agit en se tenant à distance de cette médiocrité environnante. Je crois qu’à ce sujet tous ont oublié la honte des propos sans retenue de Nicolas Sarkozy président et encore aujourd’hui candidat.

Alors qu’il y a ceux qui veulent diviser et opposer les Français entre eux, il y a François Hollande, qui fidèle à sa fonction, ne dit et ne parle que dans un esprit de réconciliation des Français entre eux. Alors qu’il exerce un magistère puissant, il ne s’est jamais abaissé à poursuivre ou à se venger de ceux-là mêmes qui le traînaient dans la boue. Puisse l’avenir nous garantir au moins ce modèle absolu de « retenue » que François Hollande a su garder tout au long de son mandat.

 

Une politique internationale respectée.

On le dit faible, indécis, parfois léger, parfois imprudent… alors qu’il est seulement prudent, réfléchi, qu’il consulte, qu’il pèse et soupèse. Il s’est montré constant avec le Front National et les dangers qu’il représente. Face à un Barack Obama (si adulé par les élites françaises), lui indécis et faible, il a pris ses responsabilités au Mali en faisant la guerre. Alors que le pantin de Mélenchon lui administrait un terrible quolibet de « Capitaine de pédalo », c’est un président sage et responsable qui a su gérer la France en face des attentats les plus meurtriers et cruels qui soient. C’est aussi un président à la manœuvre, en collaboration avec la chancelière allemande, qui a su gérer la crise en Ukraine et les tensions avec la Russie. Sur l’Europe, on le dit impuissant et sous la domination d’Angéla Merkel, s’il n’a pas pu renégocier le fameux « pacte budgétaire européen » il a été en mesure de lui opposer un « pacte de croissance européen » et d’œuvrer pour la mise en place d’une union bancaire, voulue par Mario Monti. Certes il n’a pas, pour reprendre ses propos au Bourget, mis au pas la finance internationale, mais il a contribué à ce qu’elle soit un peu mieux encadrée.

Des mesures concrètes pour le bien du pays.

Enfin, dans l’attente d’un bilan plus complet de sa mandature, est-il encore possible de rappeler toutes les mesures qui ont été prises sous son impulsion ?

  • La retraite à 60 ans pour les carrières longues et dures
  • la création des emplois d’avenir
  • l’abrogation du délit de « solidarité » aux sans-papiers instaurés sous Sarkozy
  • la création d’un crédit d’impôt recherche pour les PME,
  • le pacte de responsabilité (le CICE crédit d’impôt compétitivité emploi : 20 milliards d’euros de crédits, les baisses de cotisations patronales au 1er janvier 2015 pour les salaires allant jusqu’a 1,6 SMIC, soit 11 milliards d’allègements de charges, la baisse et enfin la suppression de la surtaxe d’impôt sur les sociétés, soit 10 milliards d’euros)
  • le mariage pour tous
  • la sécurisation des parcours professionnels
  • toutes les mesures pour la moralisation et la transparence de la vie publique (limitation des cumuls de mandats, réduction du train de vie de l’Élysée, etc.. )
  • le début de remise sur pied de l’éducation nationale (création de postes, revalorisation des traitements, mis en place de moyens supplémentaires en commençant par la création de postes.)
  • La création de postes pour la police, la justice et l‘armée, là où Sarkozy n’avait cessé, année après année de supprimer des emplois.
  • Et enfin sur le chômage… qu’il a été long ce parcours de capitaine combattant, imprudent dans ses annonces, mais on final, on sera bien loin du million de chômeurs créés par Sarkozy, la courbe est bien en train de s’infléchir
  • Le déficit public laissé en piteux état par la droite, a été réduit, laborieusement, mais il devrait passer en dessous de la barre des 3 % du PIB,
  • Les dépenses publiques de 56,6 % de la richesse nationale en 2012 tomberaient à 54,2 % en 2017.
  •  

Un mandat bien moins mauvais que celui de Sarkozy ou de Chirac.

Le bilan reste encore a être affiné, mais pour autant voilà un président exécuté jour après jour par une gauche que l’on pourrait en effet qualifier de « plus bête au monde », qui ne mérite en rien cet opprobre des 4 %, alors qu’en bilan comparé avec ses plus récents prédécesseurs il ne s’en est pas si mal sorti et, du moins, a-t-il tracé le portrait d’un homme plutôt honnête.

Alors, lorsque le moment venu, Juppé s’appropriera peut être l’Élysée, les opposants à François Hollande pourront vraiment voir ce qu’est une politique de droite, claire et nette, bien loin de le petite réforme dite El Khomery, certes maladroite et mal appropriée. C’est bien un train de mesures antisociales que la droite, relevant la tête, annonce déjà à tout vent et qu’ils sont bien mauvais tous ces vents froids, violents, et si contraires aux alizés dont le pays aurait bien besoin.

La démocratie confisquée ?

Les réseaux sociaux bruissent de ces débats autour du bilan de François Hollande, du PS et de la gauche. Certains à propos de ce qui est écrit plus haut disent : « Comment peut-on croire encore à ce type ? C’est de l’idolâtrie. »

D’autres répondent : « Il ne s’agit pas de croire, la république n’est pas une religion. » Puis un autre intervient « Entre les scientologues et les énarques, où sont les citoyens et la République », un autre lui répond « La République c’est ce que nous en faisons. »

Autre propos : « La république nous a été confisquée par l’élite issue des grandes écoles… le peuple est dupe, nous sommes dupes. » Auquel répond-on par « être de gauche c’est aussi de croire à l’avenir et d’y contribuer ».

Enfin un sage finit par dire : « C’est grâce à ces querelles incessantes entre partisans d’un profond changement que le système actuel a encore un grand avenir devant lui. Pour ma part, je soutiens le réformisme constructif de J.  car, chaque pierre à son importance et je soutiens l’insatisfaction nihiliste de P. car il nous faut être intransigeant dans nos utopies. C’est ensemble que nous trouverons les points d’appui d’un changement radical de notre société ».

La foi en l’avenir.

La démocratie a-t-elle été confisquée ? Mais pour autant c’est bien au peuple qu’appartient le dernier mot. Et le Peuple est une force énorme lorsqu’il se met en mouvement. Les temps à venir seront difficiles, car il faudra beaucoup d’efforts pour remettre de l’ordre dans les idées et les priorités. Il faudra aussi beaucoup d’énergie au Parti Socialiste pour se remettre debout (Mitterrand l’avait fait de 1971 à 1981, soit dix longues années), mais être socialiste, c’est avant tout avoir foi en l’avenir. Les forces sont là… inemployées, dévoyées parfois, il faut juste que quelques femmes et hommes de bonne volonté se lèvent pour dire, ensemble, leur projet de société solidaire, laïque et pacifiste. Mais au-delà du credo, il faudra dire très précisément ce que cela veut dire, clarifier les probables nécessaires sacrifices et les progrès à imaginer pour les mettre ensemble dans la balance et que le fléau de cette dernière penche enfin du bon côté.

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Published by Jean Pelletier - dans politique
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  • Né en 1952, ancien élève de l’Institut d’études politique de Paris et titulaire d’une Maîtrise de Lettres , j'ai   été Directeur des Relations Extérieures de l’ADAMI et professeur associé à l'université d'Evry . Je suis aujourd'hui à la retraite et je continue à enseigner. Ce blog est né d'une passion celle de l'écriture, liée à mon insatiable curiosité., d'où la diversité des rubriques.
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